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La FashionTech avec Alice Giordani de Smooth Wearable

Alice Giordani est une actrice incontournable de la FashionTech. A la fois, auto-entrepreneuse, bloggeuse, créatrice et vice-présidente de la Fédération FashionTech, elle nous raconte son actualité et ses projets.

Quelles sont tes activités professionnelles ?

Depuis 3 ans, je suis auto-entrepreneuse en tant que consultante et développeuse web. Passionnée d’IoT (Internet of Things) ou web 3.0, qui consistent à faire des systèmes internet qui sont reliés à des objets physiques, j’aimerais faire avancer les choses afin que les gens soient de moins en moins devant un écran tout en profitant des nouvelles technologies. Depuis un an, je suis également intervenante dans des écoles d’informatiques sur des matières de programmation.

Par ailleurs, depuis bientôt trois ans, je m’intéresse tout particulièrement à l’électronique appliquée au textile. Je suis partie du constat qu’il n’y avait très peu de documentations et d’éléments en français concernant ce domaine. Du coup, à travers mon site Smooth Wearable que j’ai ouvert il y a 1 an, j’ai voulu communiquer autour de l’e-textile en France. Je suis entièrement autodidacte sur ce sujet et j’aimerais produire plus de contenus dans les prochains mois, même si la matière présente est déjà intéressante. Mon site est moins orienté fashion mais plus DIY et découverte de l’électronique textile et systèmes embarqués en général.

Smooth Wearable

Je fais des expérimentations au DataPaulette, au sein du Jardin d’Alice, qui est un hackerspace textile où j’apprends beaucoup, entourée de gens passionnants. Je co-organise avec Florian Briand des ateliers e-textile à La Paillasse pour le TEXTILab. Je fais également partie de l’association Fédération FashionTech  via laquelle j’obtiens une nouvelle visibilité en faveur du développement de mes vêtements intelligents. Je m’inscris parfaitement dans une démarche de partage open source et toutes mes créations sont dictées par le développement durable en général. Etre entourée de personnes motivées, dans des hackerspaces et fablabs, où chacun s’enrichit de connaissances communes, me permet d’avancer sur mes créations et mon site.

Quel est le but de l’association « Fédération FashionTech » ?

Le but de l’association est d’avoir une voix commune tout simplement. Cela implique beaucoup de choses comme réseauter, fédérer des personnes autour de mêmes sujets, regrouper des informations, se faire connaître, avoir une meilleure visibilité, créer ensemble, avoir plus de poids pour ne pas se faire étouffer par les géants des industries techno ou textiles. Nous voulons démocratiser la FashionTech en France.

Quelles sont les actions menées par cette association ?

Les actions que nous menons pour le moment sont principalement la participation à des évènements. Le mois de Septembre a été assez chargé !

Il y a eu Interlaced à Londres, organisé par le collectif Interlaced dont fait partie Noémie Balmat (@noemiebalmat). Ce fut un salon très intéressant puisqu’il était ouvert au grand public et a regroupé des pionniers de la mode, accès innovation textile, systèmes embarqués, wearables…

Ensuite, il y a eu Who’s Next, le salon de mode parisien avec une journée dédiée à la FashionTech. C’est Annick Jehanne, fondatrice de Hub Mode, qui a ouvert les portes de ce salon à l’association.

Le 13 Septembre, je me suis rendue au défilé FashionTech à Dublin pour présenter l’Ocean Dress, une robe lumineuse éco-responsable, parmi d’autres création des membres de l’association. C’est une robe alimentée par des panneaux solaires, soit une énergie propre, et faite à partir de matériaux de récupération (sachets plastique, filets de pêche, toile de patronage). C’est une robe que j’ai réalisé à la Paillasse, dans le cadre des rendez-vous TEXTILab chaque jeudi soir, en collaboration avec Fang Yang de Hall Couture & Valérie Marsaudon de Studio Maximars. Le message que nous avons voulu faire passer avec cette robe est qu’il est possible de combiner progrès, technologie et environnement.

Ocean Dress 2

Crédit photo : Marc Lamey (http://www.marclamey.com/) – Modèle : Ruby Soho (http://rubysoho.portfoliobox.fr/)

Du 18 au 20 septembre, il y a eu le Greenathon, organisé par WAIR avec Caroline Van Renterghem et en partenariat avec Alice Gras de Hall Couture et d’autres acteurs ainsi qu’en partenariat avec Smooth Wearables. En plus d’être partenariat média, j’ai été mentor pour aider les équipes à mettre en place leur projet. Cette initiative qui rassemble beaucoup d’acteurs de l’association est complètement dans l’optique de développement durable, des nouvelles technologies et d’une démarche sociétale différente. J’ai particulièrement aimé cet événement pour son côté hackathon et le matériel proposé qui était très riche. Mes coups de cœur sont pour les projets Smartglove, un gant clavier, et Jungle, une salopette réalisée par mes collaboratrices de l’Ocean Dress, Fang et Valérie, ainsi que Thomas et Emmanuelle, avec une mixité des matériaux intéressante (impression 3D, bio-plastique…).

Smartglove

Source : https://www.facebook.com/Fashion-Tech-Showroom-Paris-351798608346832/timeline/

Puis le 26 Septembre, il y a eu le FashionTech Showroom organisé Alice Gras et Claire Eliot, où j’ai exposé l’Ocean Dress avec mes collaboratrices et présenté mes créations et mon site. Encore une belle occasion de présenter les initiatives mode innovante, tech et éthique !

Salopette

Source : https://www.facebook.com/Fashion-Tech-Showroom-Paris-351798608346832/timeline

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En Octobre, nous avons été présents à la FashionWeek de Beijing et à la Maker Faire de Rome.

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Quel est ton avis sur la FashionTech ?

Ocean Dress 3

Crédit photo : Romain Dona – Modèle : Alice Giordani

.Ayant un profil plus tech, je pense que ce n’est pas évident pour les milieux de la mode et de la technologie de communiquer : ce n’est peut-être pas bien vu dans la tech’ de faire de la mode et inversement mais les deux se rejoignent indéniablement en ce moment. Les personnes avec qui s’est montée l’association, sont vraiment dans cette optique de réunir les deux univers : de faire de l’innovation textile, de mettre en place de nouveaux process et pour cela il y a forcément besoin de personnes techniques. La FashionTech commence aujourd’hui mais va vraiment faire partie intégrante du futur.

En dehors de mes activités et des personnes avec lesquelles j’échange actuellement, la société est en train d’évoluer. La FashionTech est de moins en moins un marché de niche. Par exemple, Google avec le projet Jacquard, nous prépare le terrain ; ou encore Apple avec la Watch alors que les montres connectées existent depuis longtemps. D’une certaine manière, ils rendent la FashionTech accessible au grand public, ils attisent la curiosité des gens et nous allons forcément en profiter.

Estelle
Un brin de curiosité, un œil de lynx pour repérer les dernières tendances de la FashionTech et un clavier pour plume : voilà ma recette pour écrire avec le sourire.

Sources :