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Annick Jehanne : la glaneuse fashiontech

Mettre en valeur l’écosystème fashiontech français, en interviewant « ceux qui font la fashiontech », c’est le projet de Modelab, que nous concrétisons aujourd’hui à travers une série de portrait.

Pour l’introduire, nous présentons aujourd’hui Annick Jehanne, que j’ai pu interroger lors du Salon Traffic. Pionnière, elle est à l’initiative du premier évènement Fashiontech français : Les FashionTechDays de Roubaix, qui cette année va connaître sa troisième édition.

Pour en savoir plus sur cet évènement singulier, je vous invite à lire ou à relire notre première interview d’Annick.

Chère Annick, peux-tu nous parler de toi et notamment de ton parcours ?

J’ai toujours travaillé dans la mode malgré le fait que ce n’est pas habituel dans ma famille.

Très tôt, j’ai été attirée par le côté innovant et sans cesse en mouvement de la Mode, et j’ai réalisé que je voulais être proche des individus. Les vêtements sont quelque chose qu’on porte sur soi, cela renvoie forcément à l’intimité et à la manière dont on se présente au monde.

Ensuite, j’ai travaillé dans les métiers de la mode et du textile, principalement dans les grands groupes, magasins, marques et aussi dans la vente à distance. Cela m’a permis d’approcher différentes façons de créer et de commercialiser de la mode à des personnes.

Annick Jehanne

Justement c’est une démarche originale, pourquoi t’es-tu intéressée à la FashionTech ?

J’ai toujours été intriguée par ce qui allait se passer demain et j’ai déjà œuvré en tant qu’innovatrice dans un grand magasin…

C’est ce qui me passionne : aller dans tous les grands événements, rencontrer des innovateurs dans le monde pour en tirer des schémas d’évolution plus vastes pour les entreprises de mode. En quelques sortes, je suis une glaneuse d’innovations.

Pourrais-tu nous expliquer quelle est votre ambition sur cette troisième édition de FashionTech days ?

SAMUEL VCULT

À la base, nous ne sommes pas des organisateurs d’événements. La première édition était plutôt petite, en format associatif. Aujourd’hui, nous avons atteint une belle envergure et nous nous associons à une agence d’événementielle. Bref, nous sommes victimes de notre succès (rires).

Nordcréa, l’association qui pilote les FashionTech Days,  regroupe 40 entreprises des Haut-de-France qui veulent une mode plus innovante et surtout plus durable. Ce sont nos deux vecteurs de développement.

Les FashionTech days deviennent de plus en plus importants, déjà grâce à notre partenaire de lieu ; le CETI. Ensuite grâce à nos partenaires qui sont aujourd’hui des grands groupes (Décathlon, la Redoute…) toujours présents pour nos événements et qui nous soutiennent. Nous avons su développer avec eux un partenariat gagnant-gagnant. Ils nous émettent leurs souhaits, leurs envies, et nous essayons d’y répondre : un sacré challenge !

La Région Hauts de France et la MEL renforcent également leur soutien cette année.

 

Le but premier des FashionTech days est de permettre de créer du business entre les innovateurs et les grands groupes. C’est un événement uniquement BtB. Ce qui permet aux start-ups de venir directement parler aux directeurs d’innovation ou Directeur Généraux  des grandes marques, au lieu d’aller « toquer à leurs portes » où l’accès s’avère plus que difficile.

Chez Modelab, nous nous interrogeons énormément sur cette singularité de la Fashiontech française, quel est ton avis sur la question ?

Il y a des start-ups, des acteurs, des personnes qui sont dans des écoles qui créent des projets partout en France et ces acteurs créent des liens, se parlent, défilent, se rencontrent… Je trouve ça très important car c’est un peu un  notre « écosystème » organique.

Je pourrais définir cette Fashiontech à la française comme libre, et associative, car il n’y existe pas de réseau mais des initiatives éparses qui fonctionnent.

En d’autres termes, grâce à la périphérie des actions, nous arrivons à créer un force centrifuge.

C’est la caractéristique de cette FashionTech.

Peux-tu  nous parler des actualités que tu as concernant la mode notamment de HUBMODE ?

HUBMODE est une slow-up : elle a des composantes de start-up comme l’innovation puisque nous sommes les premiers a utiliser des MOOCS pour les formations. C’est-à-dire qu’on peut directement parler entre formateurs et ceux qui se forment à distance.

Mais on est surtout une slow-up parce qu’on est auto-financé.  En fait, c’est nos clients qui nous financent depuis le début. Ils se répartissent en deux catégories : les sociétaires et également les investisseurs individuels.

Concernant les actualités de Nordcréa, bien évidemment il y a avant tout une volonté de réaliser des événements autour de l’innovation durable donc il y a les FashionTech Days mais également la Fashion Revolution Roubaix (le 29 avril) qui rassemble une quarantaine d’acteurs qui font la mode durable dans les Hauts-de-France.

Enfin, Norcréa travaille actuellement sur un coworking et un FabLab uniquement pour les start-ups de mode et textile.

Peux-tu nous donner un peu plus d’informations sur le programme, sur des thématiques ou sur des envies des FashionTech Days ?

Les envies c’était d’y voir plus de créations et on voulait une partie plus expérimentale : faire faire des choses aux visiteurs , ensemble, parce qu’il y a beaucoup de choses qui sont un peu difficiles à comprendre, donc sous forme d’ateliers ça permet de se les approprier.

Realité Virtuelle

Sinon on garde toujours le Hackamode : une cinquantaine d’étudiants qui travaillent sur des projets de grandes entreprises, ainsi que les Keynotes, et les démos de start-ups.

Nous sommes d’ailleurs à l’écoute de tous ceux qui ont quelque chose de très innovant à partager !

Enfin, cette année, on essayera de retransmettre un peu mieux ce que l’on fait avec plus de vidéos et de streaming.

Bref, on ne va pas s’ennuyer !

Fabrice Jonas
Créateur du Magazine Modelab, je passe mon temps à rechercher de nouvelles tendances et à les partager.