Application social shopping : mode d'emploi

Trois applications mobiles qui détrôneront Cristina Cordula

Avec un marché de la mode "SO" concurrentiel et un web 2.0 "SO" dépassé, il était temps d'accueillir nos nouvelles applications social media dédiées au shopping interactif !

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Decoded Fashion : Content, A Brand's Best Friend

Le mercredi 8 avril dernier se déroulait l'événement de Decoded Fashion sous le grand thème du contenu. Il se déroulait à Paris ; au siège de Criteo, 32 rue Blanche, dans le IXe arrondissement. Cette année les challenges étaient autour du brandcontent pour une communication optimale des marques vers les consommateurs.

Le marché de la mode doit prendre un tournant

On le sait, la stratégie éditoriale et les contenus sont devenus le sujet d’occupation numéro 1 des dépenses du marketing digital. Les marques de luxe mode et de beauté n’échappant pas à la règle.

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La stratégie dépend quasi entièrement des contenus, de ce qu’ils génèrent comme trafic, de l’impact final qu’ils ont sur le consommateur et du résultat marketing pur qu’ils engendrent. La règle est simple :

Il faut saisir l’attention (le hook), attirer le « shopper » vers le site en lui faisant utiliser les plus longtemps possible les canaux de communication mis en place, pour au final le faire accéder à l’espace d’achat.

Mais à l’heure de l’hyper-personnalisation des contenus, les marques le savent, il faut avoir une stratégie fine, décalée ou innovante, mais il faut surtout rester centrer autour de l'’acheteur.

Plus ce dernier passe de temps dans le réseau, plus il utilise l’espace d’achat, plus il consomme.

Si le schéma paraît simple et connu depuis longtemps, en revanche le comportement du consommateur, lui, a remarquablement changé. L’évolution digitale via Facebook ou Instagram, ont permis de développer de nouvelles stratégies. Puisque le consommateur est en mouvement, alors les marques ont dû se mettre à son niveau et devenir mobiles.

Morine Oluwole, responsable des partenariats clients du luxe Facebook/Instagram, rappelle quelques chiffres : avec 3 millions de personnes connectées partout dans le monde chaque seconde, nous vivons une révolution.

La révolution digitale !

Le digital est devenu notre quotidien, une activité normale, acquise. Aujourd’hui il est important de souligner que 90% des datas existantes ont été créées les deux dernières années ! Une révolution qui va vite, très vite. On ne peut plus l’ignorer, le digital est au centre de tout.

Mais attention, comme l’étymologie du mot l’indique : digital qui appartient aux doigts, par extension à l’homme. Les gens ne sont quasi plus « off line », la connexion est omniprésente 1,4 billion de personnes se connectent 1 minute sur 5 de leur temps libre.

Sans l’homme pas de digital, il faut alors, selon Morine Oluwole, rendre « humain » le marketing des marques, en s’adaptant au comportement des hommes. Développer une stratégie mobile, plus personnelle, plus proche du fonctionnement du consommateur.

81% des achats sont faits « on line » contre 19% en magasin. Le marketing se fait plus personnel : c’est la stratégie des marques et la raison pour laquelle ça marche ? L’étude du comportement on line.

Tous les paramètres sont analysés, temps de présence sur la « time line » (pas plus de 5 % des news feed), l’intégration de contenus plus attrayants (les vidéos sont devenues le point des campagnes) : tout une mise en scène pour capter de nouvelles cibles.

L’étude du Qui ? Comment ? Combien ? Reste la base de la stratégie des marques qui axent leur campagne de plus en plus sur le brandcontent  et la synergie de applications. Chacune d’elle captant un aspect différent du comportement de l’acheteur  on line  et le dirigeant vers une autre application, dont un nouveau contenu précise l’envie pour un élément  shoppable , et ainsi de suite, jusqu’au site où tout doit être à porter de main du client.

La marque tease sur Instagram par photos ou vidéo courte, dirige sur un contenu plus vaste sur Facebook, qui envoie sur le site où le client obtient enfin ce après quoi il court. Et ceci en créant une histoire qui le place toujours au cœur de l’action : il décide, il a le pouvoir.

Toutes les informations et analysent ont été présentées pour la premières fois, dans le Eshoper Index.

C’est le cabinet international Iventure Consulting, qui propose cet index, gratuit et entièrement téléchargeable sur leur web site. Ce formidable recueil de données montre où le développement des compétences digitales a porté ses fruits.

Il montre aussi que le parcours « omnicanal » du client permet d’identifier des tendances, décrypter le fonctionnement d’une campagne, comment le contenu reste cohérent et directionnel jusqu’à la zone d’achat… On scénarise le produit, on le place bien en vue, soit par possession indirecte des internautes (photos, selfie, wishlists), soit auprès de stars, égéries.

Il réaffirme aussi que le temps passé par le client sur le site est éternisant de ses achats : style insider. Une version papier peut aussi servir, le digital n’a pas l’exclusivité de cette activité, mais au bout du compte le support papier accompagne aussi le consommateur au Web site.

Certaines startups ou grandes marques ont bien compris que devenir un blog, apporter un contenu rédactionnel augmente la fréquentation, le système de plateforme aussi, ou de Windows shopping.

Les cosmétiques redoublent d’inventivité en faisant entrer de nouvelles applications où les utilisateurs peuvent entrer leur photo et se maquiller avec les différents produits, ou encore les shops virtuels.

On reviendra plus amplement sur la très belle initiative de My Precious Life, où l’application permet de créer son carnet de voyage, de restaurant, de shopping, de life style… Une plateforme multitâche à géométrie variable et qui laisse chacun le choix de faire sa version, et de partager ses contenus.my-precious-life-une

Le succès est dans le brandcontent, qu’on se le dise !


Armoire Chaussures

3 tendances des chaussures innovantes

Aaaah les chaussures ! Les chaussures c’est génial ! Des chaussures j’en ai plein ! Ce qui rend Chéri complètement fou ! Mais peut-il comprendre que si j’ai la même paire d’escarpin en double, l’une rouge et l’autre camel, c’est pour que la première puisse s’assortir avec mon sac à main et la deuxième pour les occasions plus détendues ?! Non il ne peut pas, il ne pense pas comme nous, les shoes addicts !

Pour nous mesdames (et vous aussi messieurs, si si vous allez voir) une petite révolution est en marche !
Fini les placards qui débordent sous prétexte que l’on n’avait pas de chaussures assorties à notre nouveau blazer. Fini les sueurs froides quand le 25 du mois on craque pour les petites sandales trop mignonnes qui nous faisaient de l’œil derrière la vitrine (oui oui c’est vrai !) en redoutant que le banquier ne soit pas du même avis…

Pour nous, iShüu Technologie a créé LA chaussure !

                                                                                                                    TADAAAAAAM !

La Volvorii Timeless,
LA CHAUSSURE CUSTOMISABLE

Des chaussures connectées changeant de couleurs et de motifs pour un accord total avec toutes les tenues, via une application pour Smartphones (Android et iOS) !

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(Vous imaginez la place qu’on pourrait avoir dans les placards pour toutes nos autres fringues ?! C’est magique !)

La start-up lituanienne, a eu l’idée de recouvrir la chaussure Volvorii Timeless d’un écran « e-ink » grâce auquel quelques clics suffisent pour changer les motifs et les couleurs. L’ajout d’accessoires est également possible : petits nœuds, perles ou encore chaines pour le tour de cheville. La chaussure est connectée par bluetooth. La batterie, rechargeable, possède une autonomie de 2 à 6 mois, l’ensemble du système étant caché dans le talon.

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Alors, pour celles qui auraient craqué pour la Volvorii, il faudra compter 149$ en précommande pour vous les faire livrer par le père Noël !

Pour ce qui est de la commercialisation, le projet a eu recours au crowfunding (financement par la foule)… A suivre !

Mais l’innovation et la technologie dans le domaine de la chaussure ne s’arrêtent pas à l’assouvissement de nos fantasmes de shoes addicts !

La chaussure peut aussi améliorer d’une manière déterminante le quotidien de nombreuses personnes en difficulté…

 

Ducere Technologies,
créé des CHAUSSURES CONNECTEES POUR MALVOYANTS, Le Chal.

5732270-8545996Le système fonctionne via une application (iOS, Android et Windows Phone) qui utilise la géolocalisation pour guider l’utilisateur dans ses trajets et offre la possibilité d’être piloté par la voix grâce à une commande vocale.

L’utilisateur est ainsi guidé par des vibrations envoyées sur différents endroits du pied en fonction de la direction à prendre. Ces vibrations sont de plus en plus accentuées selon la proximité de la destination. De plus, les informations peuvent être communiqué à l’utilisateur par les hauts parleurs de son téléphone. Ces chaussures disposent d’une autonomie de 3 à 10 jours.

Cette innovation, procédé ingénieux qui révolutionne le quotidien de nombreuses personnes, apparaît comme une réelle avancée technologique au service de la société.

 

Pour le petit coté MADE IN FRANCE, on citera l’entreprise nancéenne qui nous garde les pieds au chaud tout en se préoccupant de notre santé grâce à des fonctionnalités telles que la mesure de l’activité physique, la semelle Digistole.

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Avec un marché dynamique écoulant plus de 400 millions de paires de chaussures en France chaque année, la chaussure a toute sa place au cœur de l’innovation. Celle-ci assurant de beaux jours au secteur de nos précieux souliers.

                                                                                            

 


Biennale Saint-Etienne

Retour sur : La Biennale internationale du Design 2015

Le 3 avril dernier, toute l’équipe de Modelab était présente à la Biennale internationale du Design à St Etienne qui se déroulait du 12 mars au 12 avril 2015. Cette année, pour la 9e édition, le thème était « le sens du beau ».

Modelab-presse

Quel message la Biennale du Design souhaitait transmettre ?

Plusieurs questions étaient au rendez-vous, comme « Quelles valeurs sont véhiculées par l’esthétique ?  Que disent les formes produites sur les modes de vie, les usages et les pratiques d’une société ? Que murmurent-elles sur l’état du monde ? »

Nous avons commencé la visite par l’exposition 2051, qui représentait le futur de notre monde vu par des designers maison EDF R&D .

Exposition inquiétante et qui nous laisse à réfléchir de l'impact qu'ont nos actions sur le monde. Les concepteurs et leurs partenaires ont créé une histoire imaginaire pour montrer les différentes possibilités du futur si notre relation avec l’énergie n’évolue pas.

Contrôle du temps, dépendances aux technologies, nature invisible, auto destruction de notre civilisation mais cela n’est que mon point de vue et ces œuvres permettent de se placer sous un autre angle.

Personnellement, je ne souhaiterais pas que l’évolution de notre société passe par un avenir futuriste représenté dans la plupart des films de sciences-fictions. J’avais l’espoir de trouver des objets avec du sens et qui pourraient apporter une évolution bénéfique en l’occurrence pour le marché de la mode.

Je n’ai pas été déçue ! En effet la suite de cette exposition montrait comment utiliser le design pour améliorer notre mode de vie et de contrer les prédictions de 2051.

 

La Fashiontech au rendez-vous !

Nous avons pu découvrir la chaussure « design to win » de sprint qui a été conçue uniquement pour les athlètes avec des matériaux innovants et des procédés d’impressions 3D. Le but était de réfléchir à comment améliorer les performances de sprint car les chances pour qu’un athlète gagne une course sont nettement augmentées si on améliore les performances de la chaussure de seulement 0,7%.

On se rend compte de l’importance du vêtement dans notre mode de vie. Qu’au-delà du « porter et de l’apparence », il existe une utilité pour faire progresser les capacités de l’être humain : que ce soit à travers le sport, l’éthique, ou la science…

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Florie Salnot - Plastic gold

C’est avec des réfugiés Sahraouis que le projet « Plastic Gold » est né. La designeuse Florie Salnot a voulu prouver qu’avec de simples bouteilles en plastique, il était possible de créer les plus beaux bijoux. La technique est simple, il suffit d'appliquer de la peinture dorée et du sable chaud sur la bouteille en plastique pour ensuite la découper et obtenir un fil doré qui sera tissé pour créer de somptueux bijoux.

Après avoir maîtrisé cette méthode, Florie Salnot a appris aux femmes réfugiées à créer leurs propres bijoux. Une démarche complètement Fashiontech que j’adore et admire. Car grâce à de simples bouteilles ; cette designeuse a permis de relancer une économie locale, de transmettre un nouveau savoir-faire qui passe par le recyclage de nos déchets, une œuvre qui mélange l’éthique, l’écologie et mode.

 

Christophe MACHET, Emilie DE VISSCHER, Audrey GAULARD, Nick PAGET - The Polyfloss Factory

Le plastique est l’une des sources de déchets les plus importantes. Pourquoi ne pas le recycler ? Sans doute que la transformation et la re-création nécessite un coût et des ressources importantes !

The Polyfloss Factory permet de recycler du plastique à l’échelle humaine. Comment ? Me diriez-vous.

Ce procédé permet de créer une grosse barbe à papa de plastique recyclé qui peut être tricotée, emballée, fondue, ou pressée infiniment.

Ces fibres non tissées sont aussi un outil pour l’isolation et utilisées depuis peu par les architectes.

Notre société doit prendre un tournant responsable car même si je suis consciente que tout à un coût, ne pensez-vous pas qu’il est important de prendre soin de notre environnement ? Car finalement c’est grâce lui que l’on tire tous ses bénéfices.

Changement de bâtiment !

Nous avons pu visiter une autre exposition qui était plus axée sur l’impact du digital sur notre mode de vie.

Cityzen Sciences  - D-Shirt

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D-shirt est en cours de développement par la société Cityzen Sciences. Ce tee-shirt intelligent récupère de multiples données durant la performance sportive de l’individu. Le vêtement est composé de capteurs intégrés dans les fibres du tissu qui permettent d’analyser ces performances et de les améliorer en gérant mieux sa charge de travail. Je vous laisse découvrir ce produit à travers la vidéo ci-dessous.

Vincent DUCHE - Olivia BUDNY - Projet Dnsep

Saviez-vous que le visage fait l’objet de divers calculs, mesures et procédés biométriques sur les réseaux sociaux ?

Hier, l’identification était réservée à la justice. Demain, nous pourrons l’utiliser comme outil social et de recherche pour vérifier l’identité numérique de chacun. Le projet d’Olivia Budny et de Vincent DUCHE propose de réfléchir à ce sujet à travers le portrait et les données récoltées d’une jeune américaine présente sur les réseaux sociaux.

Simone C. NIQUILLE - Realface Glamouflage

Heureusement, à chaque problème, Modelab vous trouve une solution :)

Ce projet permet de vous camoufler du détecteur facial ! La technique s’appelle « le camouflage dazzle » et a été inventé pendant la Seconde guerre Mondiale.

Concrètement, il suffit de créer des vêtements avec différentes formes géométriques et visages imprimés. Le détecteur est incapable de faire la différence entre le visage de la personne et celui du tee-shirt porté.

 « Une manière très glam de passer inaperçu auprès des caméras sans être invisible de votre entourage » - Simone C. Niquille

Isao ECHIZEN ET Tsuyoshi ANDO - Privacy Visor

Un peu moins Glam mais toujours aussi utile si on veut trouver une part d’anonymat à l’heure où la société veut tout savoir sur les consommateurs.

Le projet Privacy Visor de Isao Echizen et Tsuyoshi Ando tente de répondre à cette problématique en créant une paire de lunettes qui éblouit les caméras et donc rend inefficace le détecteur facial.

La première paire est composée de LED infrarouges mais elle consomme beaucoup trop d’énergie. C’est pour cela qu’un prototype plus récent permet d’économiser de l’énergie tout en ayant le même résultat.

Laura-Modelab

Ou sinon vous pouvez faire comme moi ! Une technique radicale mais je suis indétectable ! ;)

 

Pour votre plaisir :

Ça aurait pu! Cette exposition a été encadrée par deux enseignants : Denis Coueignoux et Miche Lepetitdidier et une trentaine d'étudiants de l'école supérieure d'art et design de Saint Etienne. Elle représente l'identité visuelle de la 9e Biennale du Design.

Design-Modelab

 

Et pour clôturer cet article je vous parlerais de ma dernière expérience... Juste avant de sortir de l'exposition, mon oreille fut intriguée par un bruit féerique.
J'ai pu voir au loin une pièce fermée de grands rideaux. De nature curieuse, je me suis précipitée à l'intérieur .. Je vous laisse découvrir cette exposition  en vidéo . ;)

 

 


Hussein Chalayan

Entre mode et innovation : retour sur le parcours créatif de Hussein Chalayan

« J’envisage la mode comme une œuvre d’art tout comme un produit industriel. »

1. Portrait - Chris Moore

Le triomphe d’un créateur multifacette

Styliste d’origine turque installé en Grande Bretagne depuis son enfance, Hussein Chalayan est un designer innovateur qui réalise des créations conceptuelles et expérimentales hors du commun. Il érige en art vestimentaire tous types de supports tels que l’architecture, la nouvelle technologie, les sciences, la vidéo, les arts plastiques, le mobilier… En 2000, le Vogue américain le considère comme « l’un des douze designers susceptibles de changer le cours de la mode au cours de la prochaine décennie ». Avant de devenir ce designer futuriste que l’on connait bien, Hussein Chalayan suit des études à la Warwickshire School of Arts puis à la Central Saint Martin et c’est lors de son projet de fin d’étude qu’il fait réellement parler de lui.

Il travaille dès ses débuts pour les plus grands comme la chanteuse Björk, la boutique Colette, la marque Cachemire TSE, Mark & Spencers, Swarovski, TopShop… Il est aussi multiplement reconnu ; il reçoit la première place du Top London fashion design award en 1995 et défile pour la Fashion Week de Londres. En 1999 et 2000 il est nommé «Designer britannique de l’Année » et plus tard en 2006, il reçoit l’Ordre de l’Empire britannique par la Reine d’Angleterre elle-même.

Un designer engagé et ancré dans le monde

La richesse de l’univers du créateur témoigne de ce qui l’intéresse avant tout : le vêtement en lui-même, c'est-à-dire la relation entre le corps et les formes. Il revendique en effet le caractère pleinement conceptuel de ses créations qui s’inscrivent dans le sillage d’une forme d’art contemporain. En effet, son processus fondamentalement créatif ne permet que difficilement le port de ses vêtements. Hussein Chalayan suscite également à travers ses créations la proposition d’une nouvelle vision de la société.

Il livre moins une dénonciation qu’une prise de conscience sur les grands sujets de l’actualité ou de la société en général. Il évoque souvent le thème de l’identité, de l’isolement mais aussi les questions du voile islamique, de la guerre, de la diaspora. Empreintes de ses origines multiculturelles, de ses voyages, de son ouverture d’esprit, ses collections racontent son histoire comme elles racontent l’Histoire. La guerre du Kosovo est un sujet qui le touche particulièrement, ce qui va grandement influencer ses recherches et susciter une volonté d’utiliser le vêtement pour guérir le corps mutilé. (cf. Surgical Corset)

2. surgical corset- The Kyoto Costume Institute, photo by Takashi Hatakeya_fichiers

 

 

 

 

 

 

 

 

Des créations originales mais surtout conceptuelles

Entre étonnement et interrogations, les créations d’Hussein Chalayan s’affirment dès son entrée dans le monde de la Mode. Si nous devions faire un résumé de ses principales œuvres, il faudrait bien évidemment s’arrêter avant tout sur ce qui lui a servi de tremplin au succès : sa première collection Tangent Flows. Celle-ci présente des œuvres comme Buried Dresses qui est directement rachetée par le concept store anglais Browns. Cette série de robes faites de fils de fer rouillés a été enterrée pendant six semaines avant le défilé. Elle soulève la question de la dualité entre l’esprit et la matière.

Une des œuvres les plus marquantes de Chalayan est sa collection printemps-été de 1998 nommée Between. Il y aborde un sujet politique sensible : celui du voile islamique. Le défilé met en scène tout d’abord une femme nue avec pour seul vêtement un masque noir. Une seconde est à moitié cachée par le masque qui tombe sur le milieu de son ventre et ainsi de suite jusqu’à la dernière, entièrement recouverte par un voile noir. Ici, loin de vouloir critiquer la religion musulmane, il pointe du doigt la perte d’identité de l’individu et en particulier de la femme à travers cette occultation du visage. Hussein reprend ce processus « d’habillage-déshabillage » dans sa collection Ambimorphous. Les mannequins sont vêtus de tenues traditionnelles turques et au fur et à mesure du défilé, la tenue s’épure jusqu’à devenir un costume noir classique très actuel et occidental. Ici, l’idée transversale est la métamorphose. L’auteur dit s’être inspiré de l’univers à la fois réaliste et surréaliste d’Alice au Pays des Merveilles mais aussi de la guerre « en tant que force de vie réelle ».

3. Between- Dazed

 

Entre mode et technologie

La véritable singularité du génie créatif de Chalayan réside en sa vision futuriste et innovante qu’il propose lors de ses créations. Dans certaines collections, en particulier celle du printemps-été 2000, il aborde la question de l’innovation en intégrant directement la technologie dans le vêtement. Nous pensons immédiatement à la robe avion Airplane Dress composée de fibres de verre et qui possède la particularité de se commander à distance pour se déployer et s’amplifier en volume. Ici, le corps se trouve métamorphosé et contrôlé par la technologie. Selon la même idée d’un vêtement qui pourrait se déployer ou se rétrécir dans l’air, il conviendrait de citer la collection printemps-été de 2007 One Hundred and Eleven qui met en scène une série de vêtements se modulant à distance.

Airplane dress Chalayan

 

Encore plus avide de repousser les frontières de la mode et désireux de défier les stéréotypes, Chalayan évoque la notion de rapidité dans deux de ces défilés. La collection Inertia, printemps-été 2009, souligne la rapidité des déplacements au sein d’une ambiance issue du monde automobile. Des robes en latex semblent se figer, témoins et victimes d’un crash qui apparaît comme la métaphore de l’accélération du rythme de vie des individus.

5. Inertia -Condé Nast Archives

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De la même façon, la collection Readings un an auparavant, voit défiler des mannequins aux tenues ornées de cristaux Swarovski et équipées de plus de deux cents lasers mobiles qui produisent des rayons rouge à forte intensité, créant ainsi une performance et jeux de lumières spectaculaires.

6. readings - © 2015 by Moritz Waldemeyer

La lumière et en particulier les cycles des climats est une thématique importante pour Chalayan en tant qu’ils apparaissent comme les cycles de la vie et de la mort. Il propose une collection Automne-hiver en 2007 intitulée Airborne qui voit l’installation de plus 15 000 ampoules LED avec d’autres accompagnements de haute technologie pour un défilé tout en lumière.

7. Airborne - From fashion and backConclusion

Innovant, visionnaire et inimitable, tels sont les mots que l’on peut utiliser pour décrire sommairement Hussein Chalayan. Ce grand designer a su révolutionner le monde de la mode en proposant des créations au même titre que des œuvres d’art. Cependant, même s’il étonne avec l’intégration de la technologie dans ses œuvres, il n’est pas le seul à repousser les limites de la mode. Dans ce domaine, on peut aussi citer Alexander MacQueen avec en particulier sa collection Automne-hiver de 2011-2012 qui allie des matériaux métallisés et des volumes 3D.

 

 


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La réalité augmentée et la fashiontech

A l'heure ou les innovations technologiques révolutionnent le monde de la mode ; un procédé audacieux et prometteur attise toutes les curiosités : la réalité augmentée !

Que ce cache t-il derrière cette nouvelle innovation, comment se manifeste t-elle ? Et surtout, qu'elles surprises va t-elle nous réserver ?

Nous avons donc planché sur le sujet pour vous préparer un article tout frais, prêt à consommer !

Mode in Motion : une montre virtuelle à votre poignet

ModeInMotion

C'est une PME de Besançon qui lance le concept sur son site vitrine e-commerce , Mode-in-motion ! Vous pouvez dorénavant essayer vos montres chez vous, confortablement installé devant votre ordinateur grâce à la réalité augmentée. Télécharger en un clic votre bracelet d'essai sur le site, puis admirer le modèle sélectionné sur votre écran. C'est magique !

Un millier de modèles de marques réputées (Casio, Festina, Fosssil, ...) vendues par le biais du site de la boutique, deviennent dorénavant  "essayables" sur un écran d'ordinateur et très prochainement sur des smartphones (IOS et Androïd).

Une fois que vous avez jeté votre dévolu sur une montre, il vous suffit de télécharger et d'imprimer le bracelet d'essai disponible sur le site. Une fois attaché à votre poignet, vous le placez devant le capteur photo/vidéo de votre ordinateur ou smartphone, afin qu'ensuite la montre sélectionnée vienne se placer, taille réelle, sur votre poignet. Magique je vous avais dis !

Après avoir fais un selfie à vos amis, histoire d'avoir leur avis, il ne vous reste plus qu'à commander la dite montre, que vous recevrez par la poste ou en vous rendant dans la boutique.

Bientôt la même chose pour le vestiaire ? Patience ...

Pour en savoir plus, allez voir du côté de Mode-in-Motion.

Sur le même sujet, je vous invite à voir ce que nous prépare Apple.

RideOn : la réalité augmentée sur les pistes

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casque réalité augmentée
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casque réalité augmentée Ride on

La réalité augmentée s'invite sur les pistes de ski. En effet, une start up israélienne devrait lancer en septembre prochain, un masque doté d'un écran capable d'afficher des informations en réalité augmentée.

Muni de ce casque sur la tête, vous aurez le loisir de vous lancer des défis en affichant des pistes de slalom virtuelles,  de localiser vos amis sur les pentes enneigées, que le temps soit clair où enfoui dans un brouillard cotonneux, d'envoyer des messages à vos contacts (uniquement en Bluetooth par l'intermédiaire de votre smartphone), d'afficher diverses informations relatives aux pistes empruntées (météo, temps d'attente aux remontées mécaniques, position des chalets ou des sapins ...). At last but not least, vous filmerez vos exploits afin de les partager sur les réseaux sociaux.

Pour ceux et celles qui meurent d'impatience d'essayer le Rideon, il faudra attendre la saison prochaine et débourser la modique somme de 899 dollars.

Reste à savoir comment le RideOn s’intégrera à l’infrastructure des pistes pour récolter, afficher toutes ces informations et en cas de prise dans une avalanche, faciliter votre positionnement par les secours.

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logo Fitle

Essayage virtuel

Grâce à Fitle, une plateforme de vente en ligne créée par deux français, il est bientôt possible d'essayer des habits sur le net via un avatar en 3D.

Comment ça marche, je vous explique !

D'abord, vous devez vous photographier de face, puis de profil (les 2 côtés), enfin votre dos ... tout cela en gardant vos sous-vêtement.Une fois que vous aurez bien gesticulé, n'oubliez pas de renseigner honnêtement votre poids et votre taille.  Avec ces informations,  Fitle promet de modéliser votre avatar en un temps record.

C'est donc votre avatar qui essaiera pour vous les vêtements que vous aurez sélectionné sur ce site multi marque ; ceux qui iront à votre modélisation 3D, vous ira comme un gant.

Ce n'est pas tout, Fitle retient tous vos achats et essayages, pour ensuite vous soumettre des suggestions en fonction de vos préférences et de votre taille. De cette façon, l'internaute peut ainsi voir si la chemise qui lui plait, se marie bien avec le pantalon qu'il a acheté quinze jours auparavant. Oh, et vous pourrez faire tout ça depuis votre smartphone. Génial non ?

Tentez par l'aventure ? Allez voir du côté de Fitle. En attendant que cela soit possible, entraînez- vous à vous photographier !

A bientôt pour d'autres innovations très wearable !


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Startup : Vardama la fin des tâches

L'avenir de la mode passe également par les nanotechnologies. Pour les non-initiés, c'est une techno de l'infiniment petit. Elle est principalement utilisée dans des secteurs de la biologie ou de l'énergie comme pour les LED. Par contre la mode a toujours été le parent pauvre jusqu'à Vardama.

Cette compagnie américaine située à New York s'est lancée en novembre 2014. Et, elle a développé une technologie appelé Equa-Tek. Dans un interview accordée à Business Insider, l'un des co-créateur, Kaustubh Varma, raconte que "l'idée lui est venue durant un voyage familiale en Inde". En effet "j'étais coincé dans ma chambre d'hôtel à cause d'une forte pluie et je regardais à travers la fenêtre les feuilles d'une plante qui restait impeccable et sèche. Et là, je me suis demandais si mes vêtements pouvaient être pareil ?".

Une startup techno...

Après de nombreux prototypes (plus d'une centaine), leur technologie était enfin au point. Et, il décidèrent de l'appeler Equa-Tek™.

Cette technologie permet au textile de résister aux éclaboussures et donc d'être imperméable. En d'autres termes, si vous êtes fêtards ou si vous avez des enfants un peu turbulents cette marque est faite pour vous.

Mais comment ont-ils réussi ce tour de force ?

En fait, il traite chaque fibre au niveau du microscope en utilisant la nanotechnologie. Ainsi, il traitent chaque fibre que cela soit du coton ou de la soie.

... mais surtout Fashion

Au niveau de la gamme de produit, Vardama a créé des chemises, des costumes et des cravates. On peut s'interroger sur leur choix de segment uniquement homme.

Un début de réponse pourrait venir du fait que cette marque est avant tout techno et qu'à priori les hommes seraient plus sensible à cette valeur que les femmes.

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Cependant, après ce premier succès masculin, Vardama lors de la dernière fashionweek newyorkaise, a dévoilé une collection pour femme.

Conclusion

Cette incursion de la mode dans les nanotechnologies va-t-elle modifier le business de la mode ?

Je ne le crois pas car cette technologie est "invisible". En effet, le principe des nanotechnologies  c'est qu'elle ne se voit pas.

"Innover c'est facile. La difficulté c'est de transformer une innovation en vrai business"

Michael Dell, fondateur de Dell

Ainsi, le fait qu'un costume devienne imperméable devient un plus indéniable. Néanmoins, la mode comme son nom l'indique fluctue en fonction des saisons et cette technologie aussi performante soit-elle ne marque pas, à mon sens, un changement majeur.

En revanche, elle ouvre un champ des possibles notamment sur le développement durable. Les vêtements ont une durée de vie plus longue. Il manque le côté indéchirables et là nous atteindrions le nirvana...

Qu'en pensez-vous ?


CETI

FashionTechDays : pari tenu !

Toujours dans l’esprit curieux et innovant, le Buisness Fashion Forum s’est associé à NUMA Paris le temps des Fashion Tech Days. Pendant 2 jours à Roubaix au CETI, professionnels de la mode, du luxe et de la Tech ont planché dur pour titrer le meilleur de ce grand « brainstorming ».

Impression 3D

Les Fashiontechdays en mode exploratoire

L’objectif : affiner, explorer les technologies mises au service de la mode. Car enfin il apparait clair que sans elles le futur de la mode semble bien compromis.

Un bon timing, les conférences se sont tenues en mode Keynote de 15 min, une formule dynamique qui engage à l’interaction. Au programme on a parlé Sociologie et Matières, de Mode et Robots.

Beaucoup de questions sur la place de la mode dans la société et comment celle-ci, peut être de toute évidence, le lien entre des ressources et la technologie. L’intervention de l’auteur, designer Florence Bost soulignait particulièrement ce dernier point.

Fashiontech

Du côté matières ont n’évite plus la composante « bio », on en fait une force. Recyclage, système-D, DIY, mais surtout qualité. Nous sommes en France, le label compte aussi, il est donc important de répondre des normes sans que celles-ci ne deviennent un frein. Innovation aussi sur le traitement des matériaux, on travaille sur la teinture améliorée et les nanotextiles.

La grande nouveauté technologie c’est l’apparition de l’impression 3D, qui ouvre des perspectives à tout niveau : modèle, mesure, production. Philippe Ribera, directeur régional de Lectra, spécialiste en marketing produit, est intervenu sur les enjeux et les possibilités de l’utilisation de cette nouvelle technologie notamment dans la mode.

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Si le premier jour a tourné autour du produit même, le second est allé vers la commercialisation de celui-ci.

À la recherche d'une commercialisation fashion

Sylvie Loiseau/ Dailyshopwindow, donne le ton de la journée : la vitesse et le e-commerce. La consommation et la commercialisation ont radicalement changé, on le sait mais les intervenants ont aussi insisté sur l’importance de l’humain que l’on oublie trop souvent.

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Lionnel Damm, fondateur de « On boit un café », agence de communication digitale spécialisée dans les réseaux sociaux le rappel : sans humain pas de réseau. Les comportements humains au sein des réseaux, les good et bad buzz, et comment les gérer, c’est le sujet de Fabrice Jonas, qui au terme d’une intervention remarquée et très dynamique, nous aura fait découvrir « le bruit » qu’il faut savoir écouter sur les réseaux pour savoir où parler ! Il faut rester une personne connectée pour devenir un expert.

On a parlé aussi de la place des community managers dont le travail évolue en permanence au sein des réseaux. L’humain une fois de plus au coeur du digitale. Interlocuteur de choix, il permet un discours, une discussion qui donne aux consommateur le beau rôle, car c’est à lui seul que l’on répond.

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Enfin le e-merchandising présenté par Julien Decroix, nous a éclairé sur la façon de mettre en valeur les produits, l’importance du visuel et de la facilité d’utilisation des sites. Comment placer les produits pour les rendre plus accessibles, plus attractifs et améliorer les ventes.

Bref, une première plus que réussite, nous attendons la seconde édition avec impatience.

Emma.


Bjork-Vulnicura

Art, mode, et technologies, un bouillon de cultures…

Ne tournons pas autour du pot, l'art et notamment la peinture ont depuis longtemps influencé de nombreux créateurs de mode, si ce n'est la mode elle-même. Mais d'ailleurs, la mode, de l'art ou du cochon ?

La Haute Couture a toujours été entremêlée avec des mouvements artistiques tels que l’art nouveau, le surréalisme, le dadaïsme, le cubisme, et l’art abstrait. La mode emprunte l’imaginaire aux peintres. Cependant, art et mode sont de nature différente : l’art évolue dans le temps alors que la mode se démode. De plus, elle doit s’adapter au corps humain, de ce fait le vêtement ne peut pas être une œuvre entièrement libre.

Des créateurs comme Jean-Paul Gaultier ou Karl Lagarfeld sont convaincus que la mode n’est pas de l’art. Cependant, la mode peut prendre une position aussi radicale que dans une démarche artistique, et de nombreux défilés sont de purs moments de création proposant un réel spectacle pour le public.

Yves Saint Laurent

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Yves Saint Laurent qui a repris l’art de Mondrian pour ses robes en jersey en 1965 en est un très bon exemple.

So what ?! Me direz-vous, et vous n'aurez pas vraiment tort.

Bjork : une artiste totale

Avec l'avènement des nouvelles technologies, les frontières entre les disciplines artistiques tendent à s'estomper, voire disparaître pour certains artistes. Bjork, illustre bien ce propos, elle qui s'expose au MOMA depuis le 8 mars dernier, est une artiste totale, au sens qu'elle développe des concepts où se mêlent des sons, des vidéos, des robes, des coiffures, des maquillages, des instruments de musique, des photographies, autour de sa musique.

CNNCTD+ connecte pour un projet global

Autre projet total, cette fois-ci de l'autre côté de l'Atlantique, CNNCTD+ est une agence créative New-yorkaise qui a pour principe de ne pas se prendre au sérieux, de participer et d'accueillir dans son tiers lieu, des projets qui mêlent les genres : arts, musique, mode, technologie et sociétés. À ce jour, leur projet le plus récent est également le plus ambitieux.

En effet pour le mener à bien, le fondateur de CNNCTD+, Roman Grandinetti, aka Dj Manero, s'est associé à Bibi Cornejo Borthwick (fille de la créatrice de mode Maria Cornejo et du photographe Mark Borthwick). Ensemble ils ont sollicité 100 artistes majeurs et autres icônes culturels, pour leur demander d'enregistrer images et sons.

CNNCTD+

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La liste des enregistrements sonores et des images inclus un ensemble de notables New-yorkais, comme Santigold, Pharrel Williams, Yoko Ono, Spike Lee, Cindy Sherman et Paz de la Huerta, pour n'en citer que quelques-uns. Pour avoir la chance de découvrir ce projet hybride, vous devez vous rendre à New York et vous procurer un « Playbuttons », un pins sur lequel est fixé un mini lecteur MP3, où encore, au hasard de vos pérégrinations, vous tomberez peut-être accroché sur un mur ou sur un poteau, une des « Sound Graffiti boxes ». Merci de les laisser là où vous les trouverez !

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Pierre Debusschere

Changement de continent, de langue, à la rencontre d'un artiste photographe, cinéaste et plasticien belge. Il s'appelle Pierre Debusschere, son nom ne vous évoquera peut-être rien, mais lorsque je vous dirai qu'à à peine 30 ans, il a déjà réalisé deux clips pour Beyoncé et des campagnes pour Raff Simons et bien d'autres projets encore…

Raff Simons

Son univers fantasmagorique s'exprime en images percutantes, que ce soit dans un de ces films comme « I know simply the sky will last longer than I », un objet cinématographique hypnotisant, dans lequel il déroule un montage d'ambiances poignantes, ou dans ses shootings de mode. Je vous invite d'ailleurs à plonger dans son univers pictural ici-même.

Glass Animals ou quand la musique

Terminons ce tour d'horizon, par un groupe anglais from Bristol, dont l'univers n'a pas fini d'affoler les fashionistas et leurs ami(e)s. On dit de Glass Animals qu'il « réécrit le psychédélisme, taillant dans les murs aveugles d'une époque poisseuse des fenêtres aux vitraux colorés qui ne refusent pas la mélancolie ».

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Sur "Zaba", leur premier album , le groupe de Bristol montre comment le calme et la douceur pouvaient être à l’origine de tempêtes incontrôlées. Car leur musique, sous couvert de pop-songs mélodiques, est un savant maelstrom d’expérimentation, de dance-music et de chamanisme new age, comme en témoigne l'excellente reprise de "Love Lockdown" de Kanye West. Mais pas d’esbroufe d’hypnotiseur apprenti : cette science de la religion vient de chez Animal Collective autant que de la fausse légèreté d’Alt-J. De Glass Animals, on attend des visions d’apocalypse, de paysages cramés et de jungle luxuriante. Oh que oui, vous voulez voir à quoi ça ressemble ...
 

Pour en savoir plus

Pour ceux et celles qui souhaiteraient aller plus loin dans le décryptage des liaisons fructueuses entre l'art et la mode , je vous conseille vivement de lire l'excellent article de la non moins excellente Elisabeth Quin !

Dernière petite chose, pour ceux et celles qui n'auront pas la chance d'aller à New-York pour voir la rétrospective de Björk au MOMA, vous pouvez voir à quoi cela ressemble sur sa page web française.

Enfin, si vous voulez connaître les 4 autres tendances de la Fashiontech en 2015 c'est par là.


WearableTech

Wearable Tech : la convergence de la Technologie, la Mode et du Sport ?!

Du Sexy, du Désirable, c’est le leitmotiv de nombre d’industries qui se “consumerisent”. L’automobile, l’informatique, ou encore de la téléphonie ont mis en défaut notre vision fonctionnelle et ont ouvert une brèche vers des approches centrées sur l’émotion et l’artistique. La FashionTech et le SportTech sont en première ligne de ces bouleversements profonds qui touchent nos façons de concevoir et vendre d’un côté, mais aussi d’acheter et d’utiliser des produits de l’autre.

 

La révolution Wearable Tech ?

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Le consommateur, vous, moi, sommes irrationnels. Nous pensons acheter et consommer de façon rationnel, choisir sur des critères logiques et fonctionnels, nous nous trompons. L’Industrie de la Mode est d’ailleurs l’une des seules industries où nous admettons acheter irrationnellement, nous achetons du style, une marque, une signature, un lifestyle, pour nous mais aussi pour les autres.

 

Les influenceurs en tout genre le savent bien, des milliers (millions?) d’entre eux utilisent leur image pour promouvoir des produits et services, c’est l’endorsement que vous connaissez déjà très bien avec les sports stars et les pop stars. Mais il existe une autre catégorie d’influenceurs plus méconnus, ils sont les influenceurs de la conception et des tendances, les lead users. Ces consommateurs sont particuliers en deux points : ils rencontrent des problèmes et expriment des besoins que rencontrera en masse la population dans un avenir plus ou moins proche.

 

Le Wearable Tech, (ou “informatique vestimentaire” ou encore “technologie à porter”) est pour ces raisons un défi majeur à relever pour les industriels de l’électronique qui voient en cette catégorie de produit un relais de croissance pour leur activité. Mais ils ne sont pas les seuls à s’y intéresser, les grands noms du vestimentaire que ce soit dans le Fashion ou le Sport sont également dans le coup. Créer de nouveaux produits à forte valeur émotionnelle et que l’on va porter sur soi est révolutionnaire. Qui aurait imaginé que les téléphones des années 2000 seraient devenu vecteurs de réussite sociale et créerai des clivages religieux (Google vs Apple ;) ).

 

Spécialistes de l’électronique et du monde de la mode ont plus que jamais besoin les uns des autres pour satisfaire l’équation ultime du XXI° siècle :

Comment créer un produit sexy, fonctionnel et utile, gagner de l’argent en le faisant tout en sachant que nous l'achèterons sur des critères totalement irrationnels ?

Les influenceurs sont logiquement la première réponse à cette question : sportifs, stars, et consommateurs sont désormais observés, analysés, intégrés dans les démarches de conception et ont donné lieu à des évolutions majeures cette dernière décennie… Nous voyons naître de nouveaux évènements et conférences spécialisée aussi atypiques que passionnantes.

 

Les Knicks, Intel, Pigalle, Moonlab, Accenture et des startups, le cocktail gagnant ?

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L’évènement “FAST A/W15: A Fashion x Sports x Technology Experience,” qui a eu lieu à New York en Février dernier est une illustration très intéressante des nouvelles relations qui se tissent pour approcher le marché naissant du Wearable Tech. Intel, leader mondial des microprocesseurs a co-organisé avec Carmelo Anthony (oui, le joueur de NBA des Knicks de New York) et sa Venture Capital et accueilli Pigalle, une boutique française de mode, MoonLab un studio d’enregistrement, Accenture le monstre mondial du conseil et des startups de la Wearable Tech Industry.

 

Pourquoi rassembler ces personnes et organisations qui à première vue n’ont absolument rien en commun ? La plupart des invités ne s’étaient jamais rencontré, un vrai mélange de genre et de fonctions. Mais le Wearable Tech était au centre des discussions, l’évènement a permis à chaque partie d’exprimer sa vision des tendances existantes afin de mieux comprendre les enjeux des 5 ou 10 prochaines années. Quant aux startups, elles ont pu confronter leurs prototypes et approches du marché avec des acteurs de classe mondiale et des influenceurs.

 

Les startups présentes donnent (ou redonnent) une idée des projets en cours de gestation dans l’industrie naissante de la FashionTech :

 

 

Le bracelet Pavlok

 

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  • des chaussures et T-shirts avec Sols et Athos

sols-adaptiv-chaussures-3D-sur-mesure-personnalisable_w_600     Sols adaptiv : des chaussures révolutionnaires et évolutives

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      Spire contrôle votre respiration

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Ces startups ont inventées et travaillent d’arrache pied sur de nouvelles promesses marketing qui nous seront peut-être demain évidentes : créer des vêtements personnels (CMM pour Custom Mass Manufactured) et intelligents, de changer (encore) sa façon de communiquer, de mesurer ses efforts dans un objectif fitness ou musculaire, de diminuer le nombre de gadgets lors de la pratique de votre sport, de vous réchauffer ou vous rafraîchir (Si si).

 

Leurs approches remettent sur le tapis des discussions concernant les business models de ces sociétés comme on les connaît aujourd’hui sur le marché des smartphones. De quoi vivront elles ? De vos données ou de la vente des produits ? D’autres modèles vont ils émerger ?

 

Les challenges qu’ils relèvent et que nous abordons également chez ModeLab sont toujours plus d’actualité. Le juste équilibre de Tim Brown (Ideo) entre désirabilité, viabilité, et faisabilité est désormais aussi accompagné d’une reflexion sur l’éthique et notre volonté de continuer à faire progresser le monde au travers d’innovations.
Et vous ? Qu’est ce que cela vous inspire ? Vous êtes les premiers concernés !