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Clausette, le webzine « Future of Fashion »

Noémie Balmat,  jeune publicitaire passionnée de mode, est la créatrice et rédactrice en chef du webzine Clausette dédiée à la FashionTech. Ce webzine « Future of Fashion » est dédié à toutes les initiatives qui construisent dès aujourd’hui la mode de demain. Noémie nous raconte son histoire !

Quel est ton parcours professionnel ?

Je suis diplômée d’une école de commerce avec une spécialisation marketing international. J’ai commencé ma carrière professionnelle il y a trois ans en travaillant dans de grandes agences de publicité pour des marques comme Carrefour, Orange, Laurent Perrier, des marques de bijoux, de cosmétique…

Je suis passionnée par la mode et j’ai toujours eu envie de mêler cette passion avec mon travail. Cependant, pendant ma scolarité, on me disait souvent que c’était un milieu auquel il est difficile d’accéder sans le bon réseau de contacts, ou sans avoir fait la bonne école. Et cela s’est vérifié quand j’ai tenté de candidater chez des marques de mode, je n’avais pas de retours.

Alors que je travaillais pour Orange chez Publicis, j’ai découvert que les objets connectés s’appliquaient aussi à la mode, et j’ai commencé à explorer la FashionTech. C’est à ce moment que j’ai décidé de créer un webzine proposant un nouvel angle sur la mode. Cette idée je l’ai eu à l’été 2014, puis, il m’a fallu deux mois pour développer le site en collaboration avec un directeur artistique et un développeur rencontrés en agence. Clausette (dérivé du mot anglais Closet qui désigne le placard, un petit jeu de mot rappelant la mode) a été lancé officiellement en Novembre 2014. C’est un webzine qui propose des articles sur le sujet de l’innovation dans la mode, et j’ai depuis participé à de nombreux évènements FashionTech, où j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de personnes talentueuses dans les domaines de la mode et de la tech.

Quel est l’esprit de Clausette ?

Capture du site

Capture d’écran du site : http://www.clausette.cc/

Comme c’est un webzine tourné vers la mode, j’ai voulu lui donner un design très épuré et esthétique. Par exemple, le choix de mes sujets se fait avant tout sur le fond (pertinence du projet, viabilité, utilité pour le consommateur/l’utilisateur), mais le côté visuel a toute son importance : un bon sujet sans belle image est compliqué à mettre en avant pour moi, car je souhaite avoir une vraie cohérence esthétique sur le site. J’ai par ailleurs fait le choix de ne pas imposer de publicité (pas de pollution visuelle), et donc de ne pas monétiser par la publicité mais plutôt par du conseil pour les marques.

Le site s’adresse à une cible de « Modeurs », des passionnés de mode sensibles à la fois à l’esthétique et à la notion d’innovation, qui ont ou non des notions de technologie. Je parle principalement de mode innovante, qu’elle soit futuriste dans son esthétique ou intègre des composants technologiques / a été produite via un procédé innovant, une sorte de mode améliorée.

Je cherche aussi à intéresser le grand public. C’est pour cela qu’il était essentiel dès le départ d’avoir le site en Anglais et en Français. Cela permet de toucher une audience plus large, d’autant plus que la France est un peu en retard sur la FashionTech : les gens ne s’y intéressent pas forcément, même s’ils sont toujours surpris quand ils découvrent des innovations ; alors qu’Outre-Atlantique, le phénomène est bien plus avancé et connaît un intérêt plus important de la part des gens. Puis le fait que nous soyons submergés d’informations fait qu’on loupe beaucoup de choses, Clausette c’est un endroit qui rassemble les informations les plus cool à propos de cette mode innovante.

Pour ce qui est des sujets abordés, cela va de l’impression 3D appliquée à la mode aux textiles intelligents et connectés, en passant par des réflexions sur le développement durable et l’éthique dans la mode (via notamment des plastiques végétaux ou encore des tissus biologiques). Je cherche par ailleurs à promouvoir la jeune création, car il est primordial selon moi pour un webzine dédié à la mode de demain de parler de ses créateurs. Le jeune créateur d’aujourd’hui incarne par essence la mode de demain.

Quelle est ton actualité ?

Grâce au site, j’ai pu développer une activité freelance en tant que consultante innovation et mode, en proposant aux marques et aux agences qui ont envie d’innover de les aider. Que ce soit dans leur communication, ou via des workshops et séances de brainstorming dédiés à l’innovation dans la mode… Côté communication, avec AVE PARIS, un collectif d’artistes (qui fait autant de la production de contenus publicitaires que des collaborations artistiques sur des produits avec des créateurs ou des marques), je me positionne en accompagnement sur le développement et la production de contenus pour les marques, peu importe leur taille. Je travaille par exemple avec EXOCET sur la partie communication et commerciale ou encore KAREN TOPACIO sur la partie relations presse.

Je réfléchis aussi à comment je peux faire évoluer le site, notamment grâce à mes nouveaux contributeurs arrivés en septembre dernier et parvenir ainsi à rassembler autour de moi des gens qui partagent la même passion.

En parallèle, j’ai rejoint l’agence FRED & FARID, au sein du pôle « Digital Luxury » pour accompagner les marques de mode et du luxe dans leur communication digitale. Le fonds d’investissement du groupe fait notamment partie de Fashion Capital Partners, le premier fonds d’investissement dédié à la FashionTech.

Quel est ton avis sur la Fashiontech ?

Il y a beaucoup de choses intéressantes qui se passent. Il y a de nouvelles technologies que je travaille, à mon niveau, à faire valoriser. Toutefois, je constate qu’encore trop peu d’entreprises du CAC 40 ne semblent être prêtes à prendre des risques pour se lancer dans la FashionTech. C’est pour cela que les start-ups et freelances ont un travail de défrichage à faire pour amener le marché à devenir plus mainstream.

Interlaced 2015Je pense aussi que le grand public doit être plus impliqué. A ce sujet, je collabore avec le collectif londonien INTERLACED depuis février dernier (principalement sur la partie contenus éditoriaux) et je les ai aidés à organiser le Salon INTERLACED 2015 début septembre. L’équipe de préparation était répartie entre Londres, Paris et New York, un beau melting-pot à l’image de notre génération. Le collectif a pour vocation de démocratiser la Fashiontech et les wearables aux yeux des quatre principales parties prenantes que sont les pionniers de la FashionTech, le grand public, le domaine universitaire, et les entreprises. Dans un premier temps, avec du contenu partagé sur le site et ses réseaux. Ensuite avec des événements comme celui de septembre, donnant accès à des tables rondes, des conférences, des expositions. Notre premier événement a notamment présenté avec l’un des 1ers défilés FashionTech en Europe, qui a montré une mode innovante et esthétique, portée par des bloggeuses et mannequins. Le but de cet événement était d’éveiller la curiosité, et nous sommes ravis du résultat.

Enfin, que penses-tu de Modelab ?

J’aime bien votre webzine. Il est plus axé vers les Start-Ups avec un point de vue plus Business, qui je trouve complètent parfaitement le positionnement de Clausette. J’apprécie également beaucoup la partie développement durable, qui est également très importante pour moi, car je pense que c’est à nous, jeunes générations, de faire évoluer les choses. En ce sens je trouve votre démarche très intéressante, car il est indispensable qu’un maximum de médias poussent ce genre de sujets et problématiques afin d’amener le consommateur à remettre en question sa propre consommation, pour à terme exiger une mode plus propre, sans quoi les marques ne changeront probablement pas de comportement.

Un mot pour la fin ?

« Il faut écouter son instinct et sa passion : si on veut faire quelque chose et qu’on travaille pour, ça finira par arriver ».

Estelle
Un brin de curiosité, un œil de lynx pour repérer les dernières tendances de la FashionTech et un clavier pour plume : voilà ma recette pour écrire avec le sourire.

Sources :