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Comment le wearable invente le futur de la fashiontech

Aujourd’hui, je suis parti à la rencontre de Richard Phan spécialiste des wearables afin d’échanger sur l’avenir des objets connectés dans le domaine de la mode.

Bonjour Richard, pourriez-vous vous présenter.

Je m’appelle Richard Phan et j’ai travaillé 7 années dans la Silicon Valley. J’ai également participé activement à la candidature d’Annecy pour les jeux olympiques. Aujourd’hui, je lance Inventhys qui accompagne les startups et grands groupes dans la création d’objets connectés, développement mobile et mise en place de Cloud.

Richard Phan

Justement parlez-nous de vos clients ?

Nous travaillons avec Schneider Electric, le spécialiste numéro un de la gestion électrique, pour qu’ils arrivent à connecter leurs produits.

Avec Hexo+ qui a développé un drône qui vous filme en train de vous déplacer comme dans un film. Nous les accompagnons sur la gestion de projet : électronique, logiciel embarqué et apps mobiles.

Enfin, nous avons également aidé Nest, spécialiste sur du thermostat connecté, lors de leur installation en France, notamment en formant les installateurs.

Je crois que vous développez une méthodologie pour aider ces startups et grands comptes à développer des objets connectés, pourriez-vous nous en parler ?

Notre modèle s’appelle Connected Device Design Canvas.

Il s’inspire du business model canvas qui permet de développer un produit ou un service dans un marché. Nous l’avons adapté au monde des objets connectés.

Ainsi, il contient deux parties. D’une part, le produit qui s’intéresse à l’usager et comment les données sont collectées et surtout avec quelle technologie.

Chaque brique devant être remplie cela oblige à appréhender la problématique de manière globale.

D’autre part, l’écosystème, avec des interrogations sur le canal de vente (magasins physique ou internet), quelles connaissances à obtenir et définir les bons sous-traitants. D’ailleurs, nous travaillons avec un réseau de partenaires ce qui permet de passer de manière concrète à l’action
Entre ces deux niveaux, bien évidemment nous définissons un modèle économique.

Enfin, je tiens à préciser que nous ne sommes pas uniquement un bureau de conseil mais également un relais pour la mise en oeuvre.

Maintenant que nous vous connaissons un peu mieux, pourriez-vous nous expliquer les spécificités liées à l’industrie de la Mode ?

Tout d’abord, laver un vêtement ne lui fait pas du bien. Vous n’avez jamais pensé mettre votre iPhone dans une machine à laver. En effet, il contient de l’électronique. Et là, c’est le gros problème du textile.

Ainsi, il convient de développer un objet qui supporte le lavage ou qui s’intègre directement dans la tenue donc qu’on peut retirer.

C’est pour cela qu’on voie surtout des bijoux ou des montres connectées.

Concernant le textile, aujourd’hui, la recherche a su créer des composants électriques souples donc ils peuvent s’intégrer directement dans le vêtements.

En revanche la batterie reste un problème. En effet, comment recharge-t-on un vêtement ?

Un autre aspect de la fashiontech qui pourrait intéresser vos lecteurs concerne le déplacement des clients dans les magasins. Grâce à la technologie iBeacon, qui permet de capter les déplacements d’un individu grâce à son téléphone via le bluetooth, nous pouvons savoir ce qu’il regarde, combien de temps il reste devant un article et donc optimiser le parcours d’achat. Les capteurs pour cette technologie peuvent avoir une autonomie d’un an mais cela reste une exception.

Enfin, le wearable produit des données, il convient ensuite de les récupérer. Et à ce jour, le téléphone portable reste la solution la plus simple. La montre connectée est la prochaine étape dans le device qui collecte.

Tout cela nous renvoie donc au big-data ?

Effectivement, l’enjeu consiste à produire des données pertinentes mais surtout à les analyser correctement.

Par exemple, votre tenue connectée produit une data comme votre rythme cardiaque ou votre sudation. Après, il convient de savoir ce qu’on en fait. Une donnée en dehors de son contexte ne sert à rien. Il convient de la mettre en perspective.

Comment pouvez-vous aider les startups qui veulent se lancer dans la FashionTech ?

Dorénavant, il convient que des objets connectés différents se parlent. Ainsi, une semelle connectée pourrait s’interfacer avec un thermostat Nest par exemple, et savoir que votre activité se réduit. Donc elle augmentera la température de votre foyer.

L’avenir de la FashionTech ?

Aujourd’hui, il devient urgent que des métiers qui ne se parlent pas se mettent enfin à dialoguer.
Ainsi, des ingénieurs doivent commencer à échanger avec des tisseuses. Ou que des imprimeurs 3D s’intéressent au packaging d’un vêtement.

Nous sommes uniquement au tout début d’une nouvelle ère.

Fabrice Jonas
Créateur du Magazine Modelab, je passe mon temps à rechercher de nouvelles tendances et à les partager.

Sources :