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Crowdfunding et mode by Meet My Designer

Le crowdfunding ou financement participatif bouleverse les codes de la mode. Aujourd’hui il est possible de financer ces créateurs et donner la chance à de nouveaux talents de voir le jour.  Pour mieux comprendre les usages de ces plateformes, l’équipe de ModeLab est allée à la rencontre de Boris Mounet, CEO de MeetMydesigner.

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Boris Mounet à gauche – Fabien Millerand à droite –  Fondateurs de MeetMYDesigner

Laura de ModeLab : Boris, d’où t’es venu ton idée de créer Meetmydesigner ?

Boris Mounet, CEO de MeetMyDesigner :

Il y a deux ans, je suis parti à Londres pour voir comment la vie se passe au-delà des frontières de l’hexagone. Et un jour en faisant  du shopping, je me suis retrouvé devant une boutique éphémère où j’ai rencontré des créateurs de mode indépendants. Je me suis rendu compte que ces jeunes talents rencontraient 3  grandes problématiques notamment lorsqu’il s’agissait de lancer leur première collection.

  • Le manque de financement pour fabriquer leur collection
  • Le manque de visibilité pour se faire connaître et acquérir de la notoriété
  • Trouver un type de distribution

Les jeunes marques ont énormément de mal à trouver un point de vente qui respecte leur positionnement et qui leur permet de développer leur vente facilement et si possible à l’international.

Il fallait trouver des solutions à leurs problématiques.

Après être rentré de Londres, je me suis passionné pour le crowdfunding et la  share-economy en général.

Il existait déjà à l’époque le site internet Mymajorcompany.(NDLR : première plateforme de crowdfunding française) où j’avais investi sur des projets.

Finalement pourquoi ne pas permettre aux passionnés de mode, de devenir les mécènes du prochain Yves Saint Laurent ?

J’ai rencontré mon associé Fabien Millerand, puis nous avons fait le Tour de France pour rentrer en contact plus 50 écoles de mode à qui nous avons soumis l’idée :« Vos étudiants vont sortir avec un diplôme ou pas (rires) mais ceux qui auront un diplôme auront une envie c’est deux choses :

  • Lancer une collection
  • Être embauché dans une maison, une marque existante. »

Nous, concrètement, on veut permettre à ces étudiants de trouver facilement du financement via une population de passionnées pour lancer leur collection.

L : Comment fonctionne Meet My Designer ?

B : L’idée est de permettre aux internautes d’investir dans la collection à venir des créateurs.

Première chose, nous avons été la première plateforme de crowdfunding au monde, destinée au marché de la mode, à lancer au même endroit ce que l’on appelle un concept store. Nous permettons non seulement de trouver des fonds nécessaires pour le lancement d’une marque ou d’une collection mais également nous permettons aux créateurs d’ouvrir un corner pour vendre ces pièces via un canal de distribution puissant et international.

Une fois que la collection est financée, le créateur peut lui-même commercialiser ces pièces dans plus de 55 pays sans intermédiaire et sans maîtriser des notions de marketing, ni d’e-commerce.

L : Vous avez donc répondu aux trois problématiques : financement, communication, distribution ?

B : Exact. (rires)  On a souhaité apporter une solution globale aux problématiques que rencontraient des millions de créateurs sur un site unique : meetmydesigner.com

Meetmydesigner aujourd’hui c’est plus 27 000 utilisateurs, 250 créateurs et plus de 25 projets qui ont été financés sur la plateforme, 14 000 pièces de prêt à porter et d’accessoires sur la makertplace.

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L : Comment ça fonctionne : par exemple, je veux acheter une pièce d’un nouveau créateurs. Il va la produire uniquement pour moi ?

B : Pas spécialement, tu as un espace création (pushmydesigner : nouvelle version coming soon) pour présenter ton projet en tant que créateur et exprimer tes besoins. Les utilisateurs ont la possibilité de pré-commander une pièce de la future collection.

L : Donc les « Fashions Angels , c’est nous ?

B : Oui 🙂 et vous avez un grand pouvoir qui implique de grandes responsabilités ! Faire émerger les talents de la mode contemporaine.

L : Quelques mots sur la grande tendance du Crowdfunding ?

B : Oui bien sûr ;).

Aujourd’hui, en 2015, il y aura pas mal de nouveautés. Comme les objets connectés que l’on appelle les wearables que l’on pourra porter, les montres etc. Le crowdfunding dans le milieu de la mode intervient sur ce que l’on appelle la Fashion tech. C’est tout les éléments qui agissent sur la chaîne de valeur du monde de la mode et qui permettent d’apporter un changement radical, d’apporter du digital au cœur de cette industrie.

L : Pensez-vous avoir pu pallier au problème d’uniformité et monotonie de l’offre du prêt à porter ?

B : (rires) C’est ce que l’on essaie de combattre aujourd’hui. Nous voulons sortir du format Mango, H & M etc. Et permettre au maximum de talents  de voir le jour.

Notre désir est d’alimenter les Fashion Weeks avec des créateurs qui sont nés chez nous et qui deviendront les Alexis Mabille, Alexander Wang de demain.

L : Favorisez-vous les créateurs Français ?

B : On aime beaucoup le Made In France mais ce n’est pas un point qui est au cœur de notre stratégie. Nous voulons permettre à tous les créateurs du monde de pouvoir lancer leur première collection. C’est la promesse que l’on a aujourd’hui.

Le problème du Made In France est que les collections que l’on vend aujourd’hui ne sont pas adaptées aux ressources des jeunes qui sont sensibles à ce mode de consommation. C’est le prix qui bloque.

L : Pensez-vous que la France reste encore leader du secteur de la mode ?

: Ah oui ! On en est totalement convaincu. Il faut qu’on arrive à maintenir une avance car avoir le monopole ce n’est pas tout. Il faut que l’on arrive à montrer que l’on sait être innovant. Rentrer de plein de pied dans le mouvement de la Fashion Tech.

Comme Watsize qui permet de trouver la bonne taille sur internet. Il y a tout un tas de start-ups qui sont en train de bouleverser fondamentalement le fonctionnement de l’industrie de la mode et doit être valorisé et de devenir les champions de la FashionTech. Parce que l’on a perdu le combat des wearables, des grosses entreprises tech (Comme Airb&b). On peut encore prendre une position de leader sur la Fashion Tech. Paris est la première destination mode du monde. On doit devenir la première destination Fashion Tech de la planète avec des start-ups à des milliards d’euros qui sont dans cet univers-là.

L : Boris, je te remercie. 

Laura Martinet
Passionnée de Mode et d’Innovation depuis toujours. Aujourd’hui je vous dénicherai les dernières nouveautés de la Fashiontech.

Sources :