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Éclectic : le tailleur masculin qui affectionne les matières techniques

Eclectic est une jeune marque de mode masculine. Pleine d’audace, elle mêle savoir-faire traditionnel et textiles innovants.
Rencontre avec son créateur, Franck Malègue.

Bonjour Franck, pourrais-tu nous expliquer d’où est venue l’idée de créer la marque Éclectic ?

Ma volonté première était d’associer la tradition du maître-tailleur avec les fibres high-tech.
Cette idée plutôt simple à la base s’est avérée complexe à mettre en œuvre. En effet, sur l’entoilage traditionnel, il fallait intégrer des matériaux techniques. Nous avons donc dû ré-ériger la conception de la veste.
En d’autres termes, nous avons dû créer un process de A à Z qui ne pouvait être industrialisé.

Pour en arriver à cette vision de ton produit, tu as dû avoir un parcours particulier. Quel est-il ?

À la base, je viens du monde de la cosmétique. C’est là où j’ai appris à développer des produits selon un business model précis, dont je me suis inspiré pour éclectic. Nous passions plusieurs mois à développer un produit en RD. Puis, nous le lancions sur le marché et le vendions jusqu’à sa mort.

Cette démarche est à l’opposé de celui du monde de la mode. Avec seulement deux collections par an, le monde de la mode ne peut s’épanouir comme il le faudrait.
Ma volonté a été de créer une collection permanente évolutive. Nous n’avons jamais de soldes, comme dans le monde de la cosmétique.
J’ai également une culture très internationale. Pendant des années, j’ai travaillé aux USA et au Japon, finalement très peu en France. Lorsque j’étais à Tokyo, j’ai assisté à une cérémonie du thé pendant laquelle un robot faisait le service. Le Ying et le Yang se mêlaient : tradition et modernité. Le Japon a une admiration pour les maîtres-tailleurs.
De mon côté, je pratique énormément de sport outdoor et j’ai voulu me projeter dans les nouvelles fibres qu’il propose…

On sent que tu adores le produit que tu as réalisé, mais quel est ton avis sur ton client ?

Pour moi, la consommation est à un tournant. Dans les années 60, nous avons assisté à l’avènement d’une consommation de masse. Tandis qu’aujourd’hui dans des marchés matures comme les USA ou le Japon, l’éthique sociale devient de plus en plus prégnante.
Le Fast Fashion connaît une certaine réussite mais elle ne s’inscrit pas dans la durée. À l’instar du Slow Fashion qui se veut sur le long terme. Par exemple, aujourd’hui, on parle de crise mais c’est plutôt un tournant à mon avis. Le luxe ostentatoire est en train de mourir de sa belle mort.
Le consommateur s’intéresse plus à une production responsable et à un prix juste. Le client devient hyper-sensible.

Avec Éclectic, tu as développé des vêtements pour homme, pourquoi ?

Il y a 10 ans, l’industrie de la mode masculine était peu développée. Et, les marques s’adressaient à ce marché comme à celui de la femme, alors que l’homme ne fonctionne pas vraiment de la même manière.
L’homme a besoin de fonctionnalité. Il faut qu’il parle de sa veste comme il parle de sa voiture. Et puis aujourd’hui, nous avons besoin de vêtements ultra-pratiques.

Éclectic vient d’avoir 6 ans, quelles sont les perspectives d’avenir de ta marque ?

Notre business model est uniquement axé sur le retail. En plus de notre boutique du Haut-Marais à Paris et notre espace en concession au Bon Marché, nous inaugurons un nouveau magasin dans le 8e arrondissement cet été.
Sinon, nous souhaitons accélérer notre déploiement à l’international, notamment aux USA avec une première boutique à NY lors du second trimestre 2017.
Fabrice, comme tu l’auras compris, nous envisageons notre développement dans des marchés matures qui comprennent notre ADN comme le Japon, les USA ou des villes comme Londres.
Aujourd’hui, dans notre boutique parisienne de la rue charlot, que nous réalisons déjà 20 % de notre CA sur une clientèle américaine.

Retrouvez Eclectic dans son showroom au 8 rue charlot, Paris 3e, et sur son site e-eclectic.com

Fabrice Jonas
Créateur du Magazine Modelab, je passe mon temps à rechercher de nouvelles tendances et à les partager.