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HelloAlix : le chatbot de la mode masculine

HelloAlix voilà le petit nom donné au premier chatbot exclusivement dédié à la mode masculine par son fondateur Camille Fagart.

Forcément, je me devais d’échanger avec lui afin de connaître ses motivations profondes et comment je pouvais être précurseur en utilisant un tel service.

Une première rencontre lors du Who’s Next (WSN) de septembre dernier, nous a permis de mettre un visage sur un projet et de formaliser un rendez-vous.

Donc, je me suis retrouvé au Numa, où l’équipe d’Alix a élu domicile, par un  matin d’automne pour une interview placée sous le signe de l’élégance masculine.

Camille Fagart

Fabrice Jonas (FJ) : Salut Camille, pourrais-tu te présenter ?

Camille Fagard (CF) :  je suis le co-fondateur de HelloAlix, lancé en juin dernier. Et, Frédéric Degouy est mon associé.

FJ : HelloAlix c’est quoi exactement ?

CF : C’est un assistant de shopping virtuel pour homme disponible sur Messenger (la messagerie instantanée de Facebook  ) 7 jours sur 7 et 24h sur 24 pour aider les garçons dans leur shopping en fonction d’un besoin jusqu’à l’achat final.

On s’adresse à une cible qui correspond à la génération Y principalement des trentenaires qui ont un besoin en vêtement et qui utilise quotidiennement  Messenger pour discuter avec leur potes. Avec HelloAlix notre utilisateur va pouvoir obtenir une recommandation de produits personnalisés.

Par conséquent, nous allons lui proposer des solutions comme lui recommander la boutique près de chez lui, l’avertir quand le produit est en solde… En utilisant toujours le même canal : Messenger. Une étude montre que récemment plus de 50% des millenials cherchent à consommer via ce canal. Cela signifie que les plateformes classiques de ecommerce sont maintenant délaissées.

De manière un peu schématique, on peut dire qu’aujourd’hui, les Millenials discutent via Messenger avec leurs ami(e)s et/ou famille et que demain, ils auront une conversation directement avec leurs marques préférées pour acheter des produits et notamment du prêt-à-porter.

FJ : Camille quelle a été votre vision en créant HelloAlix ?

CF : nous voulions être le futur des marketplaces que nous connaissons actuellement, adapté aux usages très spécifiques et hyperconnectés des Millenials.

Nous venons nous adapter aux nouveaux usages. Aujourd’hui les consommateurs ne sont plus sur les réseaux sociaux mais plutôt sur les messageries. En effet, ils veulent un maximum de fluidité et un minimum de friction dans les échanges notamment dans les discussions qu’ils peuvent avoir avec les marques.

HelloAlix vient se positionner là où ils sont : dans la messagerie. Grâce à cela nous pouvons aider les marques à parler avec eux.

HelloAlix

FJ : en étant sur Messenger comment faites-vous pour capter l’attention des utilisateurs ?

CF : Notre robot ne va pas solliciter les personnes si vous ne lui envoyez pas un message. Par contre, si vous lui envoyez un besoin, il va vous répondre. En effet, nous ne voulons pas devenir un espèce de spammeur.

Nous sommes, en quelque sorte, un outil à la demande. Par exemple, quand un utilisateur va émettre un besoin. Nous allons au bout de sa demande.

De manière concrète, notre intelligence artificielle va apprendre au cours des conversations à capter l’attention de notre audience et la retenir.

Ainsi, sur les premiers mois d’utilisation, nous avons un très bon taux de rétention parce que nous arrivons à être pertinents et surtout personnalisés au fur et à mesure de nos échanges avec l’utilisateur.

Nous sommes également un outil de découverte de marques. En d’autres termes, nous nous positionnons également comme un selec-store dans un nouveau canal.

Cet aspect sélectif permet aux utilisateurs de revenir régulièrement.

Par ailleurs, nous souhaitons avoir un très gros turnover sur les marques à découvrir. Ainsi, dans un select-store traditionnel, ils suivent les même marques sur une année qui vont sortir en moyenne 4 collections annuelles. En ce qui nous concerne nous voulons plutôt avoir une sélection réduite mais qui change tous les mois.

Fabrice, ce qu’il faut savoir c’est que sur Messenger nous avons des contraintes techniques. Nous ne présentons qu’un seul visuel avec un texte très court et nous ne pouvons pas faire défiler 25 produits.

Par exemple, si nous avons une demande sur une paire de baskets blanches, nous devons être pertinent dès le début de notre conversation. Nous n’allons pas au-delà de trois ou quatre propositions.

HelloALix

Notre enjeu consiste à être rapidement crédible avec notre audience.

Ce qu’attendent nos utilisateurs c’est qu’on soit un filtre ; ne pas les noyer sous une masse de produits.

À titre de comparaison, sur la plateforme Asos, ils vont vous proposer une centaine de références mais l’utilisateur ne sait pas vraiment quoi choisir.

Sur HelloAlix nous avons pris le parti opposé, nous avons un aspect sélectif et qualitatif. En effet, les hommes de plus de 30 ans deviennent de plus en plus exigeants. L’exemple du blog Bonne Gueule s’avère emblématique d’une génération qui ne s’intéresse pas uniquement aux marques mais à ce que ces dernières aient des valeurs et donne du sens à leurs produits.

C’est pourquoi nous allons chercher des marques qui ont cette dimension éthique et éco-responsable accompagnée d’une dimension qualité-prix.

Nous n’allons pas recommander des produits mass-markets ou à l’inverse des produits du luxe.

Nous avons des marques innovantes comme Maison Standards qui s’est construite sur un modèle éco-responsable, en-dehors du rythme imposé par le marché de la mode. À l’autre versant, nous avons des marques plus traditionnelles comme par exemple Emile Lafaurie qui distribue uniquement via un retail physique. Bien évidemment, ils ont un site mais qui montre uniquement les produits… Vous ne pouvez pas les acheter sur leur site.

Notre chatbot qui est pur techno va diriger nos utilisateurs vers du pur physique. Nous avons réellement un rôle d’aiguilleur. Nous leurs proposons deux choses, soit d’aller sur le site, soit de découvrir le produit dans une boutique physique.

D’ailleurs plus de 50% de notre audience demande à aller en boutique.

FJ : Pour l’année prochaine quel est votre axe de développement principal ?

CF : En 2018, nos usagers pourront payer directement dans Messenger.

 

Vous vous intéressez au renouveau de la mode et comment celle-ci change ?

Je vous invite à lire notre article sur l’évènement Antifashion, saison 2, avec Li Edelkoort.

 

 

 

 

Fabrice Jonas
Créateur du Magazine Modelab, je passe mon temps à rechercher de nouvelles tendances et à les partager. Dandy et flâneur à temps plein comme une philosophie de vivre.