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FashionTech interview de la créatrice

Depuis quelques temps, je me demande comment nous pourrions mettre en valeur l’écosystème fashiontech français et j’ai réalisé que Modelab pouvait être la parfaite tribune pour justement évoquer ceux qui font la fashiontech.

Ainsi, nous allons démarrer une série d’interview/portrait de celles et ceux qui portent cette singularité française de l’innovation dans la mode.

Lors du Salon Traffic, j’ai pu interroger Annick Jehanne qui a été pionnaire dans ce domaine en lançant le premier évènement Fashiontech français : Les FashionTechDays de Roubaix.

Qui cette année va connaître sa troisième édition. Si vous voulez en connaître un peu plus sur cet évènement singulier , je vous invite à lire ou à relire notre première interview d’Annick.

Chère Annick, peux- tu nous parler de toi et notamment de ton parcours ?

J’ai toujours travaillé dans la mode malgré le fait que dans ma famille ce milieu n’existe absolument.

Très tôt, j’ai été attirée par le côté innovant ainsi que par le fait que je voulais être proche des individus. Les vêtements sont quelque chose qu’on porte sur soi, cela renvoie forcément à l’intimité et à la manière dont on se présente au monde.

Ensuite, j’ai travaillé dans les métiers de la mode et du textile, principalement dans les grands groupes,  magasins, marques et aussi dans la vente à distance. Cela m’a permis d’approcher différentes façons de créer et de commercialiser de la mode à des personnes.

Justement c’est une démarche originale , pourquoi à un moment t’es-tu intéressée à la FashionTech ?

J’ai toujours été intriguée par ce qu’il allait se passer demain. De plus j’ai déjà œuvré en tant qu’innovatrice dans un grand magasin.

C’est ce qui me passionne : aller dans tous les grands événements dans le monde pour en tirer des schémas d’évolution plus vastes pour les entreprises de mode. En quelques sortes, je suis une glaneuse d’innovations.

Pourrais-tu nous expliquer quelle est votre ambition sur cette troisième édition de cette FashionTech days ?

À la base, nous ne sommes pas des organisateurs d’événements. La première édition était plutôt petite en format associatif. Aujourd’hui, nous avons atteint une belle envergure et nous nous associons à une agence d’événementielle. Bref, nous sommes victimes de notre succès (rires).

Nordcréa l’association qui pilote les FashionTech Days  regroupe 40 entreprises des Haut-de-France qui veulent une mode plus innovantes et surtout plus durables. Ce sont nos deux vecteurs de développement.

Les FashionTech days deviennent de plus en plus importants, déjà grâce à notre partenaire de lieu ; le CETI. Ensuite grâce à nos partenaires qui sont aujourd’hui des grands groupes (Decathlon, la Redoute…) toujours présents pour nos événements et qui nous soutiennent. En effet, nous avons su développer à eux un partenariat gagnant-gagnant. Ils nous émettent leurs souhaits, leurs envies, et nous essayons d’y répondre : un sacré challenge 😉

Le but premier des FashionTech days est avant tout de créer du business entre les innovateurs et les grands groupes. C’est un événement uniquement BtB. Ce qui permet aux starts-up de venir directement parler aux directeurs d’innovation ou commerciales des grandes marques, au lieu d’aller « toquer à leurs portes » où l’accès s’avère plus que difficile.

Chez Modelab, nous nous interrogeons énormément sur cette singularité de la Fashiontech française, quel est ton avis sur la question ?

Il y a des starts-up, des acteurs, des personnes qui sont dans des écoles qui créent  des projets partout en France et ces acteurs créent des liens, défilent, se rencontrent. Et je trouve ça très important car c’est un peu un  notre« écosystème ».

Je pourrais définir cette Fashiontech à la française comme libre, et associative car il n’y existe de tête de gondole mais des initiatives éparses qui fonctionnent.

En d’autres termes, grâce à la périphérie des actions nous arrivons à créer un force centrifuge.

C’est la caractéristique de cette FashionTech.

Peux-tu  nous parler des actualités que tu as concernant la mode notamment de  eMODE ?

eMODE est une slow-up : elle a des composantes de start-up comme l’innovation puisque nous sommes les premiers a utiliser des MOOCS pendant les formations. C’est-à-dire qu’on peut directement parler entre formateurs et ce qui se forment à distance.

Mais on est surtout une slow-up parce qu’on est auto financé.  En fait  c’est nos clients qui nous financent depuis le début. Ils se répartissent en deux catégories : les sociétaires et également les investisseurs individuels.

Concernant les actualités de Nordcréa, bien évidemment il y a avant tout une volonté de réaliser des événements autour de l’innovation durable donc il y a les FashionTech Days mais également la Fashion Revolution Roubaix (le 29 avril) qui rassemble une quarantaine d’acteurs qui font la mode durable dans les Hautes France.

Enfin, Norcréa travaille actuellement sur un coworking et un FabLab uniquement pour les start-ups de mode et textile.

Peux-tu nous donner un peu plus d’informations sur le programme, sur des thématiques ou sur des envies des FashionTech Days ?

Les envies c’était d’y voir plus de créations et on voulait une partie plus expérimentale : on voulait faire faire des choses aux visiteurs ensemble parce qu’il y a beaucoup de choses qui sont un peu difficile à comprendre, donc sous forme d’ateliers.

Sinon on garde le Hackamode : une cinquantaine d’étudiants qui travaillent sur des projets de grandes entreprises. On garde aussi les Keynotes, et les démos de start-ups.

Enfin, cette année, on essayera de retransmettre un peu mieux ce que l’on fait avec plus de vidéos et de streaming.

Bref, on ne va pas s’ennuyer.