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Mode durable : une nouvelle génération innovante

« Green is the new black » nous assure Another Magazine en ce début de moi de janvier. La jeune blogueuse Glacier Girl utilise quant à elle le bleu comme nouveau code écolo et redonne un nouveau souffle au mouvement. Qu’importe la couleur, en 2016 la mode se tourne résolument vers une démarche « eco-friendly » pour plus de transparence.

Les jeunes créateurs donnent un nouveau souffle à la mode durable.

Mode et écologie n’ont pas toujours fait bon ménage. On pense aux nombreux scandales qui ont secoués l’industrie de la mode. Des moyens de productions peu éthiques, une sur-consommation, un rythme de plus en plus rapide qui ont un impact environnemental et social désastreux. Mais il semblerait que les temps changent grâce à une nouvelle génération de créateurs qui considèrent la mode durable comme une évidence plutôt que comme une simple valeur ajoutée ou un outil de marketing. Début janvier les vitrines de Selfridges sur Oxford Street à Londres étaient consacrées à leur initiative annuelle « Bright New Things » visant à mettre en avant et à soutenir les jeunes créateurs.

Faustine Steinmetz

Faustine Steinmetz

Cette année Selfridges a décidé de se concentrer sur les nouveaux noms de la mode durable qui mettent au cœur de leur travail design innovant et durabilité. Parmi eux Katie Jones ou Faustine Steinmetz qui appliquent cette idéologie dans des vêtements produits artisanalement et constitués de matières récupérées. D’autres comme Unmade se tournent vers la technologie pour créer des pièces uniques qui sont co-créées par le consommateur. Une nouvelle pratique apparaît dans ces initiatives : la transparence.

Un besoin de plus de transparence pour une nouvelle génération de consommateurs

Les nouvelles technologies, la quantité d’informations disponibles en ligne ont créées une nouvelle génération de consommateurs toujours plus curieux et investigateurs. Ils ne se satisfont plus d’acheter une marque sans avoir fait leur recherche au préalable. Cette nouvelle génération de consommateurs se sent plus concernée que jamais par les problèmes environnementaux. En témoigne le succès de personnalités comme Glacier Girl et d’autres « eco warriors » sur les réseaux socieaux, nouvelles icônes mode et activistes. Elisabeth Farrell aka Glacier Girl utilise les réseaux sociaux pour parler écologie via son projet « Remember the Glaciers ». Activiste DIY, elle s’adresse à la génération internet qui est la sienne, via des photos et une esthétique « sad girl » et des t-shirts à slogans. Ella Goërner, qui se définit elle même comme « eco-punk » est une activiste et artiste qui crée des œuvres digitales pour sensibiliser les internautes à la cause. L’image de « l’ecolo » prend alors une nouvelle dimension plus « trendy » et dans l’air du temps.

Glacier Girl "Remember the Glaciers"

Glacier Girl « Remember the Glaciers »

Les marques, de la petite start-up à Prada, semblent avoir bien compris cet engouement et elles sont aujourd’hui nombreuses à se positionner comme éco-responsables. Les grands groupes de luxe, Kerrings et LVMH s’y sont mis récemment mais les pionnières en la matière étaient Vivienne Westwood, Katharine Hamnett ou encore Stella McCartney. Les marques sportswear ne sont pas en reste. Alors qu’on vient d’apprendre qu’il y aurait plus de plastique que de poissons dans l’océan, Adidas a créé l’année dernière en collaboration avec Parley for the Ocean la première chaussure fabriquée à partir de déchets récoltés dans l’océan (on vous en parle plus précisément dans le n°2 de Modelab que vous pouvez commander ici!)

Adidas x Parley for the Ocean

Adidas x Parley for the Ocean

Certains projets proposent aussi une approche plus littérale et le vêtement lui même devient un outil pour lutter contre la pollution. « Catalytic Clothing » est une initiative collaborative dirigée par la professeure et designer Hellen Story et le scientifique Tony Ryan. Ils utilisent la technologie de « photo-catalyse» et l’appliquent au vêtement qui devient alors capable de purifier l’air environnant tout en restant un objet esthétique. Dans le même esprit le projet WAIR propose des foulards qui indiquent l’état de pollution de l’air et permet de filtrer l’air. Plus que leur véritable efficacité et leur rôle dépolluant, l’importance de ces initiatives est de sensibiliser le consommateur à l’impact environnemental de la mode.

Catalytic Clothing

Catalytic Clothing

Pour aller plus loin, inclure les valeurs éco-responsables au cœur de l’industrie

En août dernier, la célèbre école de design Parsons accueillait un nouveau doyen, Burak Cakmak, spécialiste de la mode durable. Il croit au potentiel de la technologie pour rendre les procédés de création et de production plus « eco-friendly ». Il a par exemple exprimé à WWD sont intérêt pour la technologie de CLIPs Carbon3D (Continuous Liquid Interface Production), un nouveau système de production qui « fait pousser » des éléments plutôt que des les matérialiser par couche comme en impression 3D. Il explique à WWD :

« Je crois sincèrement que l’industrie de la mode est à un tournant […] une approche plus réfléchie du design peut jouer un rôle dans l’amélioration du business model d’entreprise existantes pour ainsi correspondre à la réalité de notre époque. »

L’arrivée de Cakmak à la Parson school est peut être le début d’un type d’éducation pour une nouvelle génération de designers tournés vers le durable et l’innovation, conscients de leurs rôles dans une industrie de la mode toujours plus rapide. A l’image des talents mis en avant par Selfridges qui incluent les valeurs de durabilité dans tous les aspects de leurs projets, de la création à la production, autour d’un véritable état d’esprit.

Sophie
Designer print, curieuse, passionnée de mode et d’innovation.