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Morph : le tee-shirt du futur

Depuis des années les marques de mode se bâtent afin de faire baisser le taux de retour de leur site e-commerce. En effet, comme vous et moi, nous ne pouvons pas ne pas encore essayer le vêtement de nos rêve de manière virtuelle, de manière satisfaisante et cela tourne souvent à la cata. Et, on se retrouve à la poste du coin pour renvoyer notre jolie commande.

Et, là Niels Thoné a eu une idée plutôt simple et ingénieuse. Au lieu de vouloir optimiser ce fameux taux de retour, il convient plutôt modifier le patronnage des vêtements afin que celui-ci s’adapte mieux à chaque personne, notamment pour les hommes.

D’ailleurs, chez ModeLab, nous avions déjà abordé la mode 2.0 dans un article précédent.

Pour mettre en oeuvre son concept, il a décidé de lancer un Kickstarter, en plein mois d’août. Et, en à peine 8 jours, il a déjà atteint son objectif de 12 000€.

 

Rencontre, avec un entrepreneur pas comme les autres.

Fabrice Jonas (FJ) : Salut Niels, pourrais-tu nous parler de ton parcours qui t’a permis de te lancer dans cette aventure pour Morph ?

 

Niels Thoné  (NT) : Salut Fabrice, je suis d’origine belge et notamment de Bruxelles (d’ailleurs pour la petite histoire nous effectuons l’interview en anglais). J’ai effectué des études en psychologie du travail, puis j’ai réalisé un diplôme en  Luxury Fashion à l’école de commerce de Belgique.

Ensuite, je me suis lancé activement dans le monde de la mode en étant manager trainer pour Suit Supply. Malheureusement, ce job ne m’a pas vraiment plu et j’ai décidé de me lancer comme Consultant à l’âge de 23 ans. Imagine qu’à cet âge tu n’as pas de réseau. J’étais un peu fou et je crois que je le suis encore (rires)…

Très rapidement, j’ai remarqué qu’il y avait un manque entre le monde de la technologie et celui de la mode. Grâce à cela, j’ai pu développer un réseau en un temps record. En effet, il n’y avait personne qui assurait le lien entre ces deux écosystèmes.

Morph : le tee-shirt du futur

Ainsi, j’ai pu voyager entre Paris, Milan, Londres…

FB : Justement, Niels pourquoi as-tu quitté si rapidement ton poste chez Suit Supply ?

NT : ils avaient une culture d’entreprise plutôt négative et qu’ils ne tenaient pas leurs promesses.

De mon côté, j’ai toujours été attiré par l’innovation et principalement par la data. Ainsi, les tailles de vêtements sont différents par pays. Et, cela devient un vrai casse-tête pour le client, notamment quand vous voyagez. Par exemple, Fabrice toi qui fait 1m80 pour 65kg si t’achètes un tee-shirt aux USA, normalement du dois faire un Médium, Et, bien à NY, il va t’arriver au niveau des genoux.

Bref, je me suis demandé comment les marques pouvaient résoudre cette problématique. Je me suis donc rapproché de l’Imperial College avec qui j’ai tenté de catégoriser les tailles de vêtements pour chaque pays : un travail colossale.

Dans nos conclusions, nous nous sommes rendus compte que pour 80% des vêtements pour homme ne « fittaient » pas. C’est complétement fou !!!!

FJ : pourquoi un tel problème ?

NL : Tout simplement à cause du patronage qui est standardisé. C’est pour cela que j’ai décidé de créer Morph, un tee-shirt qui irait à l’ensemble des garçons. Pour cela, j’ai créé 3 typologies :

  • Mince,
  • Athlétique,
  • Costaud.

Qui se déclinent, en 9 catégories.

Je précise que je ne veux pas créer un marque.

Morph : le tee-shirt du futur

FJ : mais tu veux en faire quoi de tes tee-shirts ?

NT : je suis allé voir quasiment toutes les marques pour parler de ma démarche et afin qu’elle change le patronage. Par exemple  H&M m’a répondu que si Inditex le fait nous on le fait. Bref, ce n’était pas gagné.

Pour eux s’il n’y avait pas immédiatement de cash cela ne valait pas la peine d’essayer quelque chose de nouveau.

Donc, si les mecs se sentent mal dans leurs fringues ce n’est pas à cause d’eux mais à cause des marques qui imposent des standards.

FJ : ta campagne Kickstarter marche super bien, vous avez déjà dépassé le 12 000€ de prévu. Comment vous l’avez organisé ?

NT : En fait, nous avons eu beaucoup de chance. Valery, du blog Jamais Vulgaire me donne un coup de main sur le projet.

Et, j’ai pu rencontrer le CEO de Merci Alfred et il a adoré le produit.

Bref, le jour du lancement de la campagne, il a envoyé sa fameuse newsletter et nous avons démarré en flèche.

FJ : Niels merci pour tout et très belle continuation  pour la suite.

 

Fabrice Jonas
Créateur du Magazine Modelab, je passe mon temps à rechercher de nouvelles tendances et à les partager.