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Ne doutez plus de votre taille avec Upfit

 

Fondateurs UPFIT photo

Commençons par quelques mots sur vous ? Votre Parcours ?

Nous sommes deux a avoir cofondé UPFIT. Moi, je suis orienté business et mon associé plutôt informatique.

Nous avons voulu créer UPFIT car nous sommes grands et maigres (morphologie difficile à habiller), que faire les boutiques n’étaient pas notre kiff, donc on ne savait jamais où aller acheter nos vêtements.

On s’est dit que nous pouvons essayer par Internet, mais on a une grosse réticence à acheter car nous pouvions pas essayer le vêtement. On l’a quand même fait et on s’est complètement trompé de taille. Et là, on s’est dit « mince pourquoi il n’y a t-il pas un outil simple qui permet de trouver sa taille rapidement et sans se mesurer, ni prendre de photo ?».

À qui s’adresse UPFIT ?

Nous sommes en BtoBtoC. C’est à dire que nous vendons notre plug-in aux entreprises qui est directement installé sur leur site de e-commerce.

Pour le site marchand, nous voulions un outil simple, clé en main et centré utilisateur car nous voulions optimiser son temps d’utilisation.

 

Comment  marche votre plateforme ? 

Deux parcours pour les internautes : soit il connaît ses mensurations, soit il ne les connaît pas.

UPFIT TROUVER MA TAILLEUPFIT  JE NE CONNAIS PAS MES MENSURATIONS

Dans le deuxième cas, il passe sur le deuxième système qui est un algorithme statistique qui demande 4 à 5 informations. Et cela va nous permettre de calculer ses mensurations à partir de données de la population française.

Nous avons ajouté la taille de soutien gorge récemment car renseigner uniquement le tour de poitrine n’était pas suffisant et assez précis.

Tout simplement on a mesuré des personnes et on a créé des équations.

UPFIT JE RENTRE MES INFORMATIONS UPFIT  JE COMMANDE LA TAILLE CONSEILLEE

Nous sommes en train de lancer un nouveau système notamment pour la lingerie.  Nous demandons à l’internaute de rentrer les tailles d’un ou deux vêtements qu’il considère lui aller parfaitement. Nous aurons automatiquement ses données dans nos bases et nous pourrons lui conseiller sa bonne taille.

 

En quoi l’âge est un critère important ?

Ce n’est effectivement pas le plus important ! Mais cela joue sur des types de morphologies. Typiquement quelqu’un qui est grand et maigre aura un certain rapport taille/poids et s’il le dépasse, on sait qu’il va prendre du poids au niveau du ventre et en fonction de l’âge nous savons s’il en a pris plus ou moins. Sachant que ce critère est encore en cours de travail.

Vous avez des partenariats avec des marques ?

Oui beaucoup. Nous avons déjà des partenariats avec des marques tel que : Calipige ou Saint Bror.

Un partenariat avec un site de vente privée va bientôt arriver, nous avons un site de street wear. Et le nouveau partenaire : C-discount avec qui nous avons commencé  le 20 avril.

Calipige

Votre stratégie était d’abord de favorisez les créateurs puis les grands groupes ?

On n’a pas vraiment le choix. Les grosses enseignes mettent du temps avant de se lancer. Alors que les petites sont plus ouvertes et permettent de tester notre produit notamment sur l’ajustement et par exemple pour la lingerie. Sur un petit site de maillot de bain pour femme, nous avons pu faire nos modifications avant de nous lancer chez Etam cet été.

Donc avant d’attendre que les grosses enseignes signent, on en implante des petits et cela nous crée de la visibilité.

Les entreprises vous fournissent-elles leur grille de taille ?

Il y a plusieurs cas de figure, des entreprises nous donnent les données précises sur leurs produits, d’autres nous donnent des guides un peu standard car ils ne possèdent pas de données et d’autres n’ont pas du tout de données.

Si je décide d’acheter une chemise pour un homme, comment je connais la bonne coupe pour sa morphologie? Par exemple, chez Celio, il existe des coupes regular ou slim.

Sur l’application, nous prenons en compte les données précises du vêtement par rapport à la personne. Donc on te conseille une taille et on précise : cela va être ajusté à cet endroit-là, un petit peu serré à cet endroit-là, etc.

Que pensez-vous apporter comme solution aux entreprises de e-commerce ?

La première chose, c’est qu’on vient lever le premier gros doute chez l’internaute : « est-ce que ça va m’aller ? » Statistiquement, une partie de ces internautes ne va pas acheter à cause de ce doute.

C’est d’ailleurs pour cela que la mode en ligne, qui représente le plus gros volume de la vente en ligne, a un taux de vente qui est assez faible par rapport aux autres secteurs de e-commerce.

Ainsi UPFIT a un impact sur la marque car cela va favoriser la vente, augmenter le nombre de mise au panier, augmenter le chiffre d’affaire, réduire le taux de retours. L’idée c’est aussi d’obtenir une expérience d’achat améliorée pour le client, avec une meilleure satisfaction.

Ma crainte à moi, c’est la matière, ne pas pouvoir toucher la matière. Est-ce que vous avez une solution ?

La matière, on ne pourra la faire toucher à travers l’écran ! Mais c’est peut-être quelque chose qu’on pensera à l’avenir, mais qu’on ne fait pas l’instant pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que les marques ne possèdent forcément pas ces données-là, ensuite, si un vêtement est un peu trop serré ou un peu trop large, on va pouvoir, statistiquement avec les retours clients, savoir comment le vêtement est taillé, autant la matière on ne pourra pas savoir.

On pourra peut-être créer une indication qui dira « attention, ce vêtement est en coton, au bout de trois lavages il sera trop petit, prenez une taille au-dessus ».

Comment comptez-vous exploiter votre base données ? 

On va proposer l’emailing ciblé. Par exemple, après les soldes, les e-commerçants se rendent compte qu’ils leur restent des tailles XL ou XXL, l’idée est donc de faire un email ciblé aux personnes à qui cela peut convenir.

Vous êtes sur un marché très concurrentiel, quelle est votre différentiation ?

Déjà, nous avons un module qui est implanté dans les sites et, contrairement à Fitizzy, il n’y a pas besoin de se mesurer.

Mais on propose aussi aux gens de se mesurer et on voit très bien que 85% des internautes n’utilise pas ce module et passent directement au second module qui ne nécessite pas de se mesurer. Donc c’est un apport assez important pour nous, on peut chiffrer et voir qu’il n’y a que 3% des internautes qui se mesurent.

Et il est assez difficile de se mesurer seul, quand on y connaît rien !

Exactement, si tu me demandes de me mesurer, je ne saurais pas faire avec un ruban.

Si on prévoit un système où il faut imprimer un ruban ou télécharger des photos ce sont des efforts en plus et on perd du monde.

Nous, on demande aux internautes des données qu’ils connaissent déjà et cela ne leur demande pas d’efforts supplémentaires. Il faut trouver un juste milieu entre précision et utilisation.

Maintenant, il y aussi WatSize à Grenoble, qui ressemblait un peu à Fitizzy, mais le fait de sortir d’un site sur lequel on est en train d’acheter pour venir sur un autre site qui va, en plus, conseiller la taille de manière très standard, cela me paraît difficile.

Après, il y a tous ceux qui font de la 3D. Fitle propose de reconstituer ton corps en 3D grâce à des photos. Pour moi, cela est voué à l’echec. Une start-up allemande, UpCload  a fait cela il y a 3 ans, mais c’était par webcam. Mais pour moi, le fond du problème c’est que cela demande un effort supplémentaire, que cela n’intervient pas au bon moment. Lorsque j’achète un vêtement et qu’on me demande de me mettre en sous-vêtement, me prendre en photo sur un fond blanc, cela demande un effort. Et une autre raison c’est : où vont les données ? Vous vous prenez en photo avec votre smartphone en sous-vêtement, c’est, pour moi, le premier gros frein. Vous demandez trop de chose à l’utilisateur.

Mais Fitle a une chance avec leur propre plateforme, car les gens seront dans une autre optique, ils viendront car ils savent que Fitle va mesurer mes mensurations en prenant en photo.

Vous comptez bifurquer vers le conseil à l’utilisateur en boutique ?

En fait l’idée, c’est de le conseiller n’importe où, sur le web, dans un magasin, chez lui…

On a vocation à être installé sur les tablettes des vendeurs ainsi, ils auront toutes les informations sur le client, (ce qu’il a acheté avant, etc), pour pouvoir lui conseiller automatiquement des produits qui pourraient lui aller dans la boutique.

Vous êtes premier lauréat du prix Numérique ?

Oui, on a gagné le prix l’année dernière ! On a eu le prix coup de coeur startup digital au salon e-marketing à Paris.

Bravo !


Salon e-marketing : les Vénus de l’innovation par digitalbusinessnews

 

Est-ce que tu peux nous parler de votre modèle économique ?

 Globalement, on propose trois mois de tests gratuits sans engagement, ce qui permet aux entreprises de voir comment cela se passe. Ensuite, ils paient un abonnement mensuel en fonction du nombre d’utilisation .

Peux-tu nous dire quelques mots sur le nouveau marché de la Fashiontech ?

Le marché de la FashionTech, nous on le voit sur le Big Data. Par exemple, avoir les données sur un vêtement : il a été acheté par ces personnes, qui sont taillés comme ci, il a été essayé par ces personnes qui sont taillés comme ça.

En analysant toutes ces données, on va être capable de redesigner des vêtements soit pour qu’ils conviennent à une plus grande majorité de personnes, soit pour qu’ils conviennent à un groupe précis de personnes.

On pourra savoir automatiquement que, cette marque là est plus achetée par des gens qui sont taillés comme ci ou comme ça.

Et puis, il y a les magasins connectés, on a vocation à faire le lien entre l’internaute et les magasins connectés, qu’ils achètent sur le web ou dans le magasin, UpFit les conseille. Mais pour le moment, on y met pas une grande énergie car on sait qu’on en vendra pas pour l’instant.

Un dernier mot ?

Oui, j’aime bien votre webzine Modelab, il n’y en a pas beaucoup !

On a également un blog professionnel qui traite de la mode connectée au sens large. C’est là qu’on se rend compte que c’est vraiment quelque chose d’émergent, et qu’il existe peu de communication sur le sujet. C’est ce que tente de faire Numa lors de la deuxième édition de la FashionTechWeek, l’idée est de commencer à structurer la FashionTech car elle va se développer, au niveau de la donnée, des objets connectés, des magasins connectés, les textiles intelligents, etc.

On aimerait bien créer une journée de rencontre, pour réunir tous ces acteurs avec des start-ups, des grands groupes. Par curiosité, ils viendraient pour discuter et il y aura possibilité de créer des choses.

Laura Martinet
Passionnée de Mode et d’Innovation depuis toujours. Aujourd’hui je vous dénicherai les dernières nouveautés de la Fashiontech.

Sources :