1250 Vues |  J'aime

Noa Raviv

Les créations de Noa Raviv nous ont tapé dans l’œil, comme vous l’aurez remarqué avec le couverture du n°2 du magazine Modelab !
Aujourd’hui, à l’occasion de l’exposition Manus X Machina au Metropolitan museum of art (MET) de New-York, nous avons interviewé Noa, pour en savoir plus sur son travail !

Front-Cover

Modelab est en vente à la boutique du MET museum à New-York !

Modelab : Depuis quand es-tu à New-York, et pourquoi avoir quitté Tel Aviv ?

Noa Raviv : Je me suis installée à New-York en septembre 2015, pour lancer ma propre marque. Tel Aviv est vraiment ma ville préférée au monde, mais je sentais que New-York serait plus adaptée à ma marque, c’est une ville avec tant de possibilités ! Depuis, je suis toujours convaincue de la pertinence de ce choix.

Noa Raviv au Met Museum pour l'exposition #manusxmachina

Noa Raviv au Met Museum pour l’exposition #manusxmachina

Tu as participé à beaucoup de belles expositions et d’événements passionnants cette année, afin de présenter ton travail, quel est ton souvenir le plus marquant ?

NR : L’Alaska a été un moment vraiment particulier, j’étais invitée pour une conférence au musée Anchorage, c’est un endroit magique, surréaliste ! J’y ai rencontré tellement de personnalités intéressantes, je suis vraiment impatiente d’y retourner.

Glasgow school of ar

Noa Raviv à l’école d’art de Glasgow

Ta collection « Hard Copy » a attiré l’attention de nombreux médias et professionnels de la mode et du textile, dont Modelab ! Peux-tu nous en dire plus sur ce projet ?

NR : Le point de départ pour « Hard Copy Collection » était la sculpture classique, et son évolution.
La sculpture grecque classique avait pour aspiration un idéal de beauté, qui a énormément été copié et reproduit à travers l’histoire, jusqu’à perdre son sens originel pour ne devenir qu’une répétition vide de style et d’expression.
Aujourd’hui nous vivons dans un monde où tout est facilement répliquable, alors quelle est la valeur de l’objet original ?

J’ai délibérément créé des images digitales défectueuses, en utilisant un logiciel de création d’images 3D. Les déformations ont été créées par une commande que le logiciel ne pouvait pas exécuter. Ces objets ne peuvent pas être imprimés, ni produits dans la réalité. Ils n’existent que dans l’espace virtuel.

C’est la tension entre le réel et le virtuel, entre la 2D et la 3D qui m’a inspiré cette collection.
J’ai moi-même développé la plupart des textiles utilisés pour « Hard Copy », en plus d’avoir collaboré avec Stratasys, un des plus grands fabricants d’imprimantes 3D dans le monde. Ils ont produit les pièces qui sont imprimées en 3D.

Capture d’écran 2016-06-08 à 15.05.45

Les foulards Noa Raviv disponibles à la boutique du MET, et bientôt sur son e-shop ! Modèle Sarah Gullixson, photographie Paolo Massimo Testa.

Tu as produit des pièces pour l’exposition en cours au MET Museum, peux-tu nous en dire plus ?

NR : J’expose deux pièces au MET, créées en 2014 et appartenant à la collection « Hard Copy ». Je suis ravie et honorée qu’elles fassent partie de l’exposition.
Pour la boutique du MET, j’ai également créé deux foulards, qui sont vendus dans un espace shopping spécial, intégré à l’exposition.

Où peut-on trouver tes créations ?

NR :  Pour le moment, sur l’e-shop du MET et dans la boutique H.Lorenzo à Los Angeles. Pour l’Europe on verra plus tard, nous allons étape par étape ! Je travaille actuellement à la création de mon e-shop, où je proposerai bientôt des écharpes et des accessoires.

Comment s’est mise en place cette collaboration avec H Lorenzo ?

NR : Leur acheteuse m’a approché l’année passée, en me proposant de réaliser une collection capsule spécifiquement pour eux. Elle m’a influencé car à cette époque, je ne savais pas si j’étais prête à lancer ma propre marque. Cette expérience m’a beaucoup apporté, et j’apprécie le résultat !

Les frontières entre art et mode sont souvent troubles, comment te vois-tu ?

NR : Je suis fashion designer, mais aussi tout le reste !

details

Il est difficile de deviner comment sont fabriquées tes créations, de distinguer les parties imprimées en 3D des autres…Était-ce un choix de faire douter l’observateur ?

NR : Exactement, je voulais flouter les frontières entre le réel, le virtuel, les 2es et 3es dimensions.

Tu utilises des technologies de pointe et pourtant, ton esthétique n’est ni futuriste, ni particulièrement technophile. Comment considères-tu la relation entre la technique et l’esthétique ?

NR : Pour moi, tout doit être esthétique. Ça ne veut pas forcement dire joli ou beau, mais je dois apprécier les formes. La technologie, comme les autres techniques, sont le moyen pour moi de parvenir à un certain résultat.

Pour en savoir plus sur Noa Raviv : www.noaraviv.com.

Coline Vernay
Rédactrice en chef de Modelab, en veille sur l’innovation dans la mode !
J’écris aussi sur l’actualité culturelle et les évolutions de la communication.

✌ retrouvez-moi sur les réseaux sociaux: