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Popmyday : l’Uber de la beauté !

Lancée en Octobre 2014, l’application Popmyday révolutionne les services beauté et bien-être. Implantée sur Paris, la start-up a reçu le Prix du Meilleur Potentiel de l’Incubateur HEC. Derrière cette initiative, deux jeunes entrepreneurs dynamiques : rencontre avec ses fondateurs Morgane L’Hostis et Charles Berenguer.

Comment vous est venue l’idée de Popmyday ?

Morgane : Pendant mes études à HEC Paris (dans le master Entrepreneur), j’ai effectué une césure dans la Silicon Valley où j’ai découvert l’effervescence pour le numérique et qui m’a conforté dans mon choix d’entreprendre. En 2012, j’ai effectué un stage chez Airbnb alors que ce n’était encore qu’une start-up. J’ai donc appris comment mettre en place et faire fonctionner une marketplace. Je me suis demandé dans quels secteurs il n’y avait pas eu de services de réservation, une rupture comme Uber avait pu en provoquer. Je me suis aperçue que dans le secteur de la beauté il n’y avait aucune application mobile : pas un simple service de réductions mais une vraie application qui permette de réserver où l’on veut, quand on veut et qui propose un service de qualité.

Charles : J’ai une formation d’ingénieur en informatique. Pendant mon Master à HEC, j’ai rencontré Morgane. Par hasard, j’avais travaillé sur un cas d’école sur l’analyse du secteur de la beauté et j’ai réalisé que c’était un marché gigantesque dans laquelle la France était légitime avec des groupes comme L’Oréal ou Yves Saint Laurent. Lors d’un hackathon* organisé par l’Oréal à l’école 42 nous devions répondre à comment révolutionner le lien entre les coiffeurs et leurs clients. Nous avons développé une version bêta de l’application qui rapprocherait les clients et des professionnels de la beauté, recrutés au préalable. Nous avons remporté le premier prix qui nous a permis d’être incubé pendant un mois chez l’Oréal où des experts nous ont conseillés.

*Hackathon : Mix entre Hack et Marathon, cet évènement est une compétition de développement informatique. Des profils commerciaux et ingénieurs sont regroupés pour mettre au point la maquette d’un produit qui répond à une problématique et le présenter devant un jury.

Comment sélectionnez-vous les prestataires ?

Chez nous les prestataires s’appellent les Popartistes. En moyenne, nous recrutons un popartiste sur 10 postulants. La sélection se déroule en plusieurs étapes, tri sur CV suivi de plusieurs entretiens et de plusieurs essais.

Contrairement à des marketplaces, nous avons une forte sélection à l’entrée des prestataires car nous exigeons une vraie qualité dans les services rendus.

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Les médias vous ont attribué le nom de « Uber de la beauté », que pensez-vous de l’ubérisation de l’économie ?

Le terme « ubérisation » est souvent employé mais sans être réellement défini.

Du point de vue de l’offre, l’ubérisation c’est la montée des freelances dans l’économie grâce à des applications mobiles qui les connectent en temps réel à des potentiels clients. Du point de vue de la demande, l’ubérisation c’est la généralisation des services à la demande. De ce point de vue là, Popmyday se différencie légèrement d’Uber car nous ne fonctionnons pas qu’en instantané, il est possible de prendre rendez-vous jusqu’à 3 semaines à l’avance.

L’uberisation en cours va rapidement nous obliger à repenser notre modèle économique et social pour adapter nos lois, notre protection sociale à cette nouvelle forme de travail, plus souple, plus flexible mais aussi plus précaire d’un certain point de vue.

Le secteur de la beauté n’est qu’aux prémices de la transformation digitale. Il y a encore beaucoup de choses à faire. Nous sommes passés des Pages Jaunes qui listaient les instituts de beauté à des sites permettant de prendre rendez-vous en ligne. La troisième étape, c’est Popmyday, l’institut de beauté mobile et connecté qui n’a pas de murs.

Quelles sont vos perspectives de développement ?

Il y a deux axes de développement qui s’offrent à nous :

  • Développer de nouveaux services. Suite à un sondage Facebook, nous avons interrogé nos clients sur les nouveaux services qu’ils aimeraient voir et c’est pour cela que nous allons ajouter prochainement du coaching sportif et du yoga.
  • Etendre notre zone géographique. Actuellement nous sommes implantés sur Paris où il y a déjà une demande importante. Par la suite, nous aimerions nous développer vers une autre ville en France ou en Europe.

Quelle est votre cible ?

Nous ciblons majoritairement les femmes mais nous invitons aussi les hommes à utiliser Popmyday. Il y a deux segments  de clients :

  • Les femmes actives qui apprécient la flexibilité  de notre service : nos horaires s’étendent de 7H à 21H, 7 jours sur 7.
  • Les femmes enceintes ou les mamans qui sont à la recherche du confort : elles peuvent bénéficier d’un soin à domicile sans se préoccuper de faire garder leurs enfants.

A quels challenges avez-vous été Popmyday-app-3confronté lors du développement de l’application ?

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Aujourd’hui presque tous les outils nécessaires sont déjà existants quand on veut créer quelque chose. Par exemple pour faire un site de e-commerce, on peut facilement s’inspirer de ce qui existe et s’entourer de prestataires qui savent comment faire. Pour Popmyday, nous avons dû construire à partir d’une page blanche « Comment trouver pour un client un coiffeur à proximité en moins de 10 minutes ? ». C’est un service notateur et risqué surtout quand on propose un service de réservation instantané, tout doit être parfait. C’est un challenge au quotidien.

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 Quel est votre avis sur la FashionTech ?

Morgane : Pour moi, c’est un ultime exemple que le monde digital va toucher tous les secteurs. Les vêtements connectés et les accessoires parviendront à séduire quand ils allieront l’esthétique et la technologie.

Charles : Selon moi, la beauté et le textile sont déjà en retard, la FashionTech est un phénomène inévitable. J’observe deux tendances : la première est une révolution qui met fin à la surconsommation et la deuxième est que nous entrons dans une nouvelle logique de conception du textile. Pour le moment on ajoute de l’intelligence à un objet mais la vraie réflexion devrait se tourner sur comment on peut modifier la nature de l’objet : faire des tissus intachables, qui ne s’abiment pas, certains scientifiques s’intéressent au biomimétisme, c’est-à-dire observer la nature pour comprendre son fonctionnement et ensuite copier ses mécanismes à d’autres domaines comme le textile par exemple.

Estelle
Un brin de curiosité, un œil de lynx pour repérer les dernières tendances de la FashionTech et un clavier pour plume : voilà ma recette pour écrire avec le sourire.