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Rencontre avec Laura Perrard, directrice du Salon du Luxe

Secteur incontournable du patrimoine français, le luxe se réinvente pendant deux jours, les 6 et 7 juillet 2016, à l’occasion du Salon du Luxe qui prendra ses quartiers à la Maison de la Chimie à Paris. Ce salon d’envergure internationale a pour ambition de « rallumer les étoiles », tandis que le Royaume-Uni vient de voter sa sortie de l’Union Européenne. Aujourd’hui, Laura Perrard, directrice du salon, souhaite que Paris redevienne le leader incandescent du luxe mondial. Elle nous explique son rêve et comment elle compte y arriver.

Laura Perrard, directrice du Salon du Luxe

Laura Perrard, directrice du Salon du Luxe

Modelab: Pourquoi avoir créé le Salon du Luxe ?

Laura Perrard: Le début de ma relation avec les professionnels du luxe débute au moment où nous avons lancé le Journal du Luxe . Pendant trois années, j’ai baigné dans le luxe et dans l’événementiel tout en continuant inlassablement à me passionner pour tous les sujets liés à l’innovation et au monde des startups. J’ai observé, pendant cette période, le manque de transmission et partage entre acteurs ne gravitant pas dans le même secteur. De même, la place véritablement offerte à l’innovation y était alors limitée. Évoluant dans ce milieu à la fois riche et extrêmement complexe, il m’a paru évident de créer le Salon du luxe Paris : l’événement référent des décideurs du luxe (C-level executive) au sein de la capitale de la mode et du luxe : Paris.

Le Salon du Luxe a pour but de décloisonner et de mettre en avant le savoir-faire, l’innovation et la créativité à la française tout en prenant le temps de comprendre année après année les évolutions du marché afin de contribuer à développer le tissu économique rattaché.

M: Justement, vous évoquez l’innovation. Aujourd’hui, elle est avant tout digitale.

L. P: La « transformation digitale » est un vaste sujet dont on entend parler depuis plusieurs années à présent. J’observe encore aujourd’hui deux Ecoles : la première qui dit que le Digital risque de venir perturber les interactions « humaines », et la seconde qui l’identifie comme une opportunité nécessaire. Selon cette dernière le digital sublime la relation commerciale, permet d’aller plus loin dans la connaissance des attentes du client, sur le sujet de l’expérience globale (du store physique à la présence en ligne), dans la maîtrise des coûts de production et son impact environnemental, dans la personnalisation proposée, etc. Je fais partie de la seconde Ecole.

Le Salon n’a pas de thématique dédiée au digital, c’est voulu, car c’est un sujet qui est selon nous aujourd’hui tellement intégré au sein de notre société qu’il ne fait plus sens de le dissocier. Nous l’abordons naturellement dans le cadre de chaque conférence. Nous avons néanmoins intégré une thématique « post-digital » drivée par Eric Briones sur l’édition 2016. D’ailleurs, j’invite d’ores et déjà vos lecteurs et vous-même à poser toutes les questions que vous pouvez avoir liées au luxe et au digital sur les réseaux sociaux avec le hashtag #salonduluxe afin qu’Eric Briones et les co-auteurs de son dernier livre y répondent sur scène.

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M: Pourriez-vous nous évoquer le salon de cette année, notamment en terme de contenu ?

L.P: Le cœur du Salon du luxe Paris, c’est le contenu et l’analyse que nous faisons des évolutions du marché au fil de l’année. La rétrospective du luxe et les conférences seront donc extrêmement intéressantes, nouvelles et très rythmées. Nous faisons intervenir des speakers bénévoles qui viennent partager leurs visions durant 2 jours. Au programme, cette année, sont annoncés 30 professionnels exerçant quotidiennement dans le luxe : Lorenz Bäumer, Elodie Sebag (Directrice Générale Cha Ling LVMH), Christophe Pradère (BETC Design). Mais également des speakers atypiques aux parcours uniques, le CEO, d’Havainas interviendra, Jean-François Clervoy, président de Novespace, etc.

Nous aborderons des sujets importants comme la désirabilité de Paris, les nouvelles formes de management, le luxe éthique… Mais nous allons bien plus loin en invitant les visiteurs à se projeter plus loin sur des conférences très prospectives.

M: En parlant de luxe, j’ai l’impression que ce thème est devenu un peu galvaudé.

L. P: Justement, notre ambition est de revenir au sens noble du terme. Le luxe est avant tout un héritage, un culte du beau, de l’excellence et de la perfection. De manière imagée, le luxe est pour moi la locomotive de tête qui va tirer tous les autres wagons. C’est « le Luxe » qui donne la direction et qui va déterminer la manière dont le reste du marché va évoluer. Il y a donc de vrais enjeux.

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M: Concrètement, que va trouver le visiteur lors de ce salon ?

L. P: 2 Des journées de conférences, de nombreux happenings artistiques, des moments de networking et 750m2 d’exposition avec une sélection de pépites qui gravitent autour de l’univers du luxe. Nous sommes vraiment attachés à ces PME et TPE car ce sont, pour de nombreuses, leur première exposition dans l’écosystème luxe. Enfin, la Soirée de Clôture du 7 juillet s’annonce unique en son genre.

M: Dans le luxe souvent, il existe un peu de réticence dû à un aspect guindé et je crois que vous voulez créer un côté convivial ?

L. P: Nous souhaitons surtout que les décideurs échangent. Pour cela, nous jouons sur différents niveaux. Au niveau de l’atmosphère, tout est mis en place pour initier naturellement l’échange (restauration debout, atelier d’initiation au Feng Shui, dégustation de grands crus…). Un concours de pétanque dans le magnifique jardin est également prévu. Et je ne délivrerai pas tout ! Il faut venir pour vivre l’expérience. Tout est mis en œuvre pour que la rencontre entre les participants soit facilitée. Nous ne sommes rien de plus que des facilitateurs et des diffuseurs de messages (qui ont du sens !).

M: Je crois que le Salon a également une ambition internationale.

L.P: Oui, en 2015, une délégation dubaïote a notamment été invitée. Cette année, notre regard sera porté principalement sur l’Amérique du Sud. En outre, nous avons commandé une étude à l’Ifop, concernant les attentes de la Génération Silver (les plus de 50 ans) en matière de luxe, une partie de l’étude sera délivrée sur le Salon, nous commercialisons avec l’Ifop le reste.

M: Pour les prochaines années, qu’avez-vous envie de développer ?

L.P:  Développer la communauté qui nous suit pour davantage de touchpoints, s’internationaliser et participer à la redéfinition du « luxe à la française » car je suis convaincue que c’est un enjeu majeur aussi bien économique que culturel pour notre pays.

Pour en savoir plus sur le Salon du Luxe, rendez-vous les 6 et 7 juillet à la Maison de la Chimie à Paris, ou bien sur le site internet de l’événement : salon-luxe.fr.

Offre exclusive réservée aux lecteurs de Modelab: bénéficiez d’une réduction de -30% sur votre entrée au Salon du Luxe grâce au code « MODELAB2016 ».

Vous pourrez retrouvez également Modelab, lors d’une table ronde sur la Fashiontech organisée durant le Salon du Luxe.

 

Fabrice Jonas
Créateur du Magazine Modelab, je passe mon temps à rechercher de nouvelles tendances et à les partager.