2138 Vues |  J'aime

Startup : Primo1D invente le fil électronique

Aujourd’hui, j’ai montré patte blanche pour entrer sur le site du Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA). En effet, ce centre de recherche travaille notamment pour l’armée . Mais tout cela en valait la peine, car j’ai pu rencontrer et interviewer Alain Papanti, business developper, de Primo1D.
Cette entreprise détachée (en d’autres termes une spin-off) du CEA a inventé un fil électronique.  Autant vous dire que ça a immédiatement titillé ma curiosité. Quelles pourraient être les implications d’une telle technologie pour le marché de la mode ?

Pourriez-vous, nous expliquer les usages de ce fil électronique ?

Cette invention du CEA permet d’intégrer une fonctionnalité électronique à un fil textile telle que la lecture à distance de son identité. Elle présente de nombreux avantages par rapport aux produits existants tels que les étiquettes.

Un numéro de série, c’est-à-dire ?

Grâce à la technologie RFID (Radio Frequency Identification), nous sommes capables de générer une donnée (le fameux numéro d’identification) et surtout de la collecter à distance. Cela a plusieurs implications.

Tout d’abord, cela permet d’affecter un numéro unique à chaque vêtement et de lutter, par exemple, efficacement contre la contrefaçon mais surtout ce fil permet de connaître en temps réel le stock en magasin. Aujourd’hui, la précision d’inventaire d’un point de vente dans le textile ne dépasse guère 70%.

En d’autres termes, vous allez révolutionner le magasin de détail ?

Plutôt l’aider à se transformer face au défi du digital.  Grâce à notre système, nous allons bousculer une chaîne d’acteurs. Ainsi, pour qu’une marque intègre notre fil,  nous avons dû d’abord rencontrer les acteurs de l’industrie du textile et notamment visiter les chaînes de confection, pour déterminer ensemble un processus d’intégration de notre fil dans la fabrication d’un vêtement.

Ensuite, en magasin, cette technologie implique un déploiement d’une infrastructure  RFID. C’est pourquoi, dans un premier temps,  nous privilégions des enseignes qui l’ont déjà déployé.

Enfin, le système d’information qui permet de suivre le cycle de fabrication d’un vêtement et de son stockage sera optimisé. Par exemple, le vendeur ou le logisticien ne sera plus obligé d’ouvrir les cartons et de viser le code barre de chaque article avec un scanner.  Cela s’effectuera quasiment de manière automatique.

Quelles implications pour le consommateur ?

Aujourd’hui, quand vous allez dans un magasin de détail et que le produit n’est pas disponible, le vendeur ne peut pas faire grand chose. Avec notre système, il sera en mesure de vous dire quand et où l’objet de votre désir sera disponible et dans votre taille. On parle alors de multi-canal.

Justement c’est quoi le multicanal ?

Le consommateur souhaite uniquement trouver son vêtement au prix le plus juste et dans un délai court. Ainsi, il peut soit le commander sur internet, le faire livrer chez lui, le récupérer dans un magasin. Sinon, lors d’une visite dans un magasin de fringues, qui n’a pas la bonnes tailles ou la couleur adéquate, le vendeur peut lui proposer de venir le récupérer le lendemain ou de se faire livrer.

Notre technologie permet à une data (le numéro de série). Grâce à elle le magasin physique devient complémentaire du magasin digital : c’est le multi-canal.

Nous remettons le client au coeur du processus d’achat.

Et, comment ça fonctionne ?

Lors de l’assemblage d’un tissu, on intègre directement le fil. Pour cela nous avons développé un processus industriel. Aujourd’hui, nous recherchons un partenaire mode pour déployer notre invention. Bref, nous sommes en plein dans la fashiontech.

Merci et très bonne continuation

Fabrice Jonas
Créateur du Magazine Modelab, je passe mon temps à rechercher de nouvelles tendances et à les partager.

Sources :