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Styliz’Me : Le Netflix du personal shopping

Cet été, j’ai enchaîné les séries avec délice. Par exemple « The Americans », l’histoire d’un couple d’espions russes infiltrés sur le sol américain, ou bien « Stranger Things » très beau mixe d’E.T. et des Goonies.

C’est le moment où vous allez me dire « mais Fabrice tu t’égares t’es sur Modelab pas sur Konbini, il faut parler fashiontech« .
Justement ces TV show, je les regarde sur Netflix et leur algorithme de recommandation s’avère vraiment au top !

Au moment précis où je lance un nouvel épisode (comme quoi il n’y a pas de hasard dans la vie) j’ai reçu un mail de Famory Niang qui venait de lancer une start-up fonctionnant avec un algorithme sur le style.

Voici la suite de notre conversation…

Fabrice JONAS (FJ) : Salut Famory, donc si j’ai bien compris ton mail, tu viens de créer une startup : Styliz’Me qui utilise un algorithme basé sur le style des gens, notamment les femmes. Pourrais-tu m’en dire un peu plus ?

Famory NIANG (FN) : En fait, nous ciblons les femmes dynamiques qui n’ont pas forcément le temps de faire du shopping. Mais qui  prennent soin d’elles et cherchent malgré tout des vêtements sympa et originaux.
Nous sommes en quelque sorte leur Personal Shopper.
Ainsi, nous sélectionnons pour chacune de nos clientes  une soixantaine de vêtements parmi des milliers d’articles qui s’allient au goût, la morphologie et évidemment le budget. Notre entré de gamme se situe à  9,90€ par moisLes sélections sont réalisées grâce au savoir-faire de stylistes mais aussi grâce à des algorithmes que nous avons développés. C’est cela qui nous permet d’afficher des prix très attractifs, comparés à un personal shopper qui coutera 80€ de l’heure (pour ce prix là, nous accompagnons nos clientes pendant 1 an !). Bientôt, le système sera complètement automatisé, mais toujours sous le contrôle bienveillant d’une styliste.

Pour résumer : « Ma styliste mon algo et moi, on sélectionne les vêtements les plus pertinents pour mes clientes ».

Styliz'Me

FJ : Comment t’est venue l’idée de Styliz’Me, car tu n’es pas forcément un modeux à la base ?

À la base, comme tu peux t’en douter, je suis ingénieur de formation. Mais je m’y connais pas mal en fringues, même sans être blogueur mode…
J’ai toujours été attiré par l’entrepreneuriat. Ainsi, en 2008, j’avais déjà commencé à développer un projet qui finalement n’a pas vu le jour.
Ensuite, j’ai bossé dans une grosse boîte mais à un moment, j’ai eu besoin de changer d’air et de passer à autre chose…

FJ : … Je vois tout à fait ce que tu veux dire (rires)

Lors d’une discussion avec mon épouse, elle m’a expliqué que si une on pouvait lui sélectionner des vêtements qui lui correspondent, elle gagnerait un temps considérable.

Et là, j’ai compris qu’avec mon background d’ingénieur sur l’automatisation de tâches et le machine learning, je pouvais être utile.

FJ : En revanche, le vêtement c’est surtout de l’émotion. Comment ton algorithme le prend en compte ?

Notre connaissance de la mode, du stylisme et du conseil en image nous ont permis de prendre en compte les aspects de la vie réelle ainsi que les besoins et attentes des clientes en étant constamment à leur écoute. L’algorithme vient enrichir notre connaissance des clientes : ainsi, l’émotion et l’aspect humain restent omniprésent. Et nos clientes en sont très satisfaites.

Enfin, plus mes clientes utilisent l’application plus l’algorithme apprend et prend en compte les goûts de chacune. En d’autres termes, plus il est utilisé plus il apprend.

FJ : Je crois que tu as lancé le site en juin, aujourd’hui combien as-tu de clientes et sont-elles satisfaites du service ?

Aujourd’hui, nous avons réalisé près d’une centaine de sélections. Et, je vais te raconter une anecdote significative.
Un jour, une de mes clients rentre dans un magasin avec sur son smartphone notre sélection de vêtements et demande à la vendeuse de lui sortir les vêtements.
5 minutes plus tard et elle était en plein essayage.
Pour moi c’est une belle preuve de concept.
Aujourd’hui, avec 1 styliste, je peux gérer 5 000 personnes.

Styliz'Me

FJ : En ce moment, on dirait que le personal shopping bas de l’aile, par exemple avec l’annonce du redressement judiciaire de Chic-Types… Comment Styliz’Me peut-il se différencier ?

En fait, Chic-Types effectuait de l’achat-revente de produit, donc forcément, il y avait du stock.
En ce qui concerne Styliz’Me, notre modèle s’avère complètement différent. En effet, nous n’avons pas de stock et notre plus grosse charge budgétaire concerne le développement de l’algorithme.

Nous nous focalisons sur le métier de conseil et d’accompagnement shopping avec une véritable expertise en interne, ce qui n’est pas le cas de Chic-Types.

FJ : Comment imagines-tu l’évolution de ton projet dans quelques années ?

Que nous devenions la plateforme incontournable sur la recommandation de fringues.

Styliz'Me

Avec l’évolution du digital, j’imagine un futur à la « Minority Report » où lorsqu’une de mes clientes rentre dans un magasin, on lui propose une sélection de vêtements qui lui conviennent et qui sont en stock.

Fabrice Jonas
Créateur du Magazine Modelab, je passe mon temps à rechercher de nouvelles tendances et à les partager.