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C’est parti pour le tatouage connecté ?

En 2015, mêler tatouage et nouvelles technologies peut donner des résultats inattendus : faire bugger l’Apple Watch, observer des modifications du motif après son application sur la peau, permettre de se débarrasser d’un geste quotidien… le tatouage connecté va-t-il s’imposer ?

Une apple watch au poignet

Apple Watch VS poignets tatoués

La montre Apple, objet connecté s’adressant au grand public, a fait coulé beaucoup d’encre depuis sa sortie le 24 Avril 2015. Les clients tatoués ont eu la surprise de ne pas pouvoir utiliser le produit… La lumière des capteurs de la montre pouvait être obstruée par l’encre du tatouage… celle-ci en étant complètement perturbée !

Si les testeurs des produits Apple ne sont apparemment pas branchés tatouage, beaucoup d’entreprises se penchent sur la possibilité d’installer leurs technologies à même la peau.

Les recherches sur le tatouage connecté en plein essor

wearing a mood ring

Vous souvenez-vous de la mode des mood rings ? Créées en 1975, ces bagues changent de couleurs en fonction de l’humeur de la personne qui la porte (ou selon la température, choisissez votre version ;)). Ce procédé pourrait-être réadapté par des marques de beautés, imaginez des poudres qui ajustent leur teintes selon votre émotion ! Des tatouages éphémères reprennent cette idée en utilisant la couleur, la luminosité du motif pour transmettre une information.

project by Divya Seshadri and Meghan O'Neill

SafeStamp

Pour déterminer le niveau d’alcool présent dans le sang, le SafeStamp utilise une micro puce qui analyse la sueur de la personne qui le porte. Le prototype a été créé par deux étudiantes américaines :  Chennai Divya Seshadri et Meghan O’Neill, qui avaient déjà travaillé à la création d’un soutien gorge pour détecter le cancer du sein avec la marque Victoria Secret. SafeStamp a remporté le prix Futur Lions 2015 à Cannes et est quant à lui soutenu par la marque Heineken. Le prix de la puce nécessaire à son fonctionnement est actuellement d’1$, abordable pour remplacer les tampons d’entrées en soirée ! 

En attendant d’être tous des cyborgs, on peut déjà s’implanter des petits éléments pour se libérer les mains, remplacer des petits gestes qui nous font perdre quelques précieuses secondes au quotidien.

Des technologies à même la peau, déjà utilisées pour veiller sur la santé

Electronic Skin - John A. Rogers

Electronic Skin – John A. Rogers

Appliquer sur la peau des capteurs permet de pouvoir analyser notre corps, lui donner un nouveau moyen d’expression, le comprendre. La première utilisation des tatouages connectés concerne donc la santé. L’Université UCSD en Californie a mis au point un tatouage temporaire, composé de capteurs électro-chimiques qui peuvent récolter des informations, les analyser et les communiquer. Cette technologie ouvre de nombreuses possibilités. De la même manière, l’invention de la chinoise Lu Nanshu, l’Electronic Tattoos, une membrane en silicone qui épouse les mouvements du corps, permet d’analyser l’état de santé de la personne. Par exemple, lors d’un suivi médical, les informations sont récoltées directement et peuvent être traitées à distance, ce qui permet de limiter les déplacement de la personne malade.

Certains parlent de peaux électroniques, et la plupart des projets actuels n’utilisent pas la technique du tatouage mais créent principalement des motifs applicables sur la peau de manière éphémère.

C’est le cas de Chaotic Moon Studios:

Une autre des problématiques les plus répandue est celle de la connexion avec le téléphone.

Est-il temps de fusionner avec nos téléphones portables?

la meilleure photo

la meilleure photo

Un brevet de tatouage autocollant servant de kit main libre a été déposé par Motorola. Installé au niveau de la gorge il pourrait avec ses émetteurs-récepteurs permettre de passer des appels.

Pour déverrouiller son mobile, la société VivaLnk propose de remplacer le code pin par le simple contact avec un tatouage adhésif.
L’entreprise Dangerous Things a quant à elle développé la puce NFC, qui, implantée sous la peau du doigt peut servir à la même fonction, et permet aussi de stocker des petites quantités de données (comme une liste de contact par exemple). Elle délivre un « kit » après commande sur le web, et laisse ses clients s’implanter eux-même la puce, et choisir ses fonctions. La recherche esthétique n’est pas prise en compte dans leur projet.

puce

Nokia a déposé un brevet pour un « tatouage » pouvant se connecter à un téléphone portable. Il prend la forme d’un patch amovible, et fonctionne avec des ondes dynamiques magnétiques, qui permettent de sentir une vibration lors de la réception d’un appel, d’un message ou d’un mail. Comme la forme du tatouage et son emplacement, la vibration est elle aussi personnalisable. Dans son brevet, Nokia évoque aussi la possibilité de fonctionner avec un vrai tatouage connecté, réalisé avec de l’encre ferromagnétique! 

by NewDealDesign

Le prototype d’Underskin fonctionne grâce à l’énergie électrochimique du corps et a été mis au point par NewDealDesign. Leur projet d’ici cinq ans est de permettre avec un tatouage connecté de débloquer une carte de crédit, la porte de chez soi, ou encore d’échanger des données en se serrant la main. Ce que certain bracelets connectés permettent aujourd’hui.

Le collectif Grindhouse Wetware, composé de biohackers, à développé un implant lumineux, le « Northstar V1″. Les leds se retrouvent sous la peau pour un résultat plutôt bluffant:

Pour en savoir plus, nous vous conseillons cet article sur Ladn.eu.

Va-t-on se débarrasser des objets ?

Patchs pour suivre en temps réel sa santé, autocollants pour remplacer son téléphone, ses clés ou encore son disque dur…

Tous ces projets vont dans la même direction : nous rendre de plus en plus connectés tout en faisant disparaître l’objet progressivement…  la question de l’esthétique disparaîtra-t-elle aussi en emportant la FashionTech?

Coline Vernay
Rédactrice en chef de Modelab, en veille sur l’innovation dans la mode !
J’écris aussi sur l’actualité culturelle et les évolutions de la communication.

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