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Selectionnist : une sélection mode

Dans le monde des interactions entre le digital et le papier, je demande le magazine. En effet, en feuilletant mes revues préférées, j’ai forcément envie d’en savoir un peu plus sur un vêtement ou un accessoire que j’ai repéré. Et, là il existe une coupure entre le monde réel et digital. Ainsi, je dois prendre les références et après je m’aventure sur le web. SELECTIONNIST, créé par Lara Rouyres et Tania Jama, a résolu ce problème en intégrant directement des liens entre le magazine et votre téléphone, notamment grâce à une application. Mais en fait comment ça fonctionne. Pour en savoir un peu plus, j’ai interviewé Lara.

Fabrice Jonas: Bonjour Lara, vous êtes cofondatrice de The Selectionnist, pourriez-vous expliquer à nos lecteurs votre parcours ?

Lara Rouyres : En fait, c’est ma seconde aventure entrepreneuriale. En effet, j’avais lancé Dealissime,  permettant des réductions, racheté  en 2011, pour 3 millions d’euros. À la base j’ai une formation juridique comme mon associée, Tatiana Jama qui était déjà là pour l’aventure de Dealissime.

FJ: Aujourd’hui, c’est quoi The Selectionnist ?

LR : Nous avons créé l’application Selectionnist en 2014 dans le but de proposer une solution qui permet aux lectrices de magazine, grâce à la reconnaissance d’images, de retrouver un produit directement sur le site de la marque. En effet, nous nous sommes aperçus que trois lectrices sur quatre veulent aller plus loin lors de lors lecture, alors elles prennent une photo des pages de magazine comme aide mémoire. En d’autres termes, nous créons un lien entre le contenu off et online. Nous enrichissons ce qu’il y a dans le magazine ou la revue.
the selectionnist

 FJ : Combien de magazines et de marques avez-vous pu référencer ?

LR: Notre idée à la base n’est pas de réaliser quelque chose de marchand, mais plutôt de développer un usage. Aujourd’hui,  Selectionnist fonctionne sur tous les produits et toutes les pages des magazines. Ce qui nous a le plus surpris, c’est que finalement la lectrice flashe énormément  des publicités.  Pour résumer,  Selectionnist référence tout ce qui a une photo et un nom de marque et peut être identifié par une lectrice.

FJ : Selectionnist, en chiffres cela donne quoi ?

 
LR: Nous avons 200 000 utilisateurs avec un flash toutes les trois minutes. Cela nous donne plus d’1 000 000 de produits flashés. Au niveau de la catégorisation des flashs, 40% portent sur la publicité et 50% sur la mode. Grâce à notre algorithme, je peux vous affirmer que quand on flash, c’est que le lecteur a une vraie intention.

FJ : Au-delà de votre technologie, pourriez-vous nous expliquer votre modèle économique ?

LR : Il se situe à deux niveaux. Tout d’abord, celui de la connexion: nous mettons en lien les publicités et les retombées éditoriales des magazines avec les e-shops. Bien évidemment nous collectons les données. Ensuite, celui de la conversion, notamment avec du retargeting online ou mobile. Ainsi, nous captons et nous transformons. Enfin, nous avons également un logiciel de tracking, comme Google Analytics.
The selectionnist

FJ : Comment imaginez-vous le développement de Selectionnist ?

LR : Nous voulons connecter toutes les images sur papier du monde entier : magazine, catalogues de marques devenus aujourd’hui « magalogues », publicités…
La recherche par l’image représente l’avenir. C’est une vraie conviction chez nous ; il n’y a qu’à regarder Facebook ou Google. À court-terme, nous allons également référencer les magazines internationaux. Enfin, nous nous orientons également vers les médias qui se définissent comme un croisement entre le catalogue et le magazine.

FJ : Le digital influence de plus en plus le secteur de la mode et vous êtes une start-up qui tentent de modifier les lignes, quelle est votre vision de cet écosystème Fashiontech ?

LR: Pour moi, les choses bougent rapidement, principalement grâce à l’impulsion donnée par les grands groupes qui se mobilisent sur ces sujets.

« Toutes les startups rêvent d’être le Shazam de la mode ».

 Par exemple, nous étions notamment invité par LVMH pour Vivatech.
Je note que le secteur de la beauté, la beautytech, a pris de l’avance, les marques innovent.

FJ : … Justement vous évoquez Vivatech. Et cet événement a été diversement apprécié, comment l’avez-vous vécu  ?

 
LR: Pour nous, côté startup cela a  été vraiment grandiose.
En effet, nous avons pu avoir de belles rencontres et l’organisation a été top. Par exemple, Bernard Arnault est venu sur notre stand.
Nous avions des lunchboxs, ce qui est rarement le cas pour un salon. J’en garde un très bon souvenir !

 

 
 
Fabrice Jonas
Créateur du Magazine Modelab, je passe mon temps à rechercher de nouvelles tendances et à les partager.