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Un Manifeste pour la Fashion Tech

Avant les congés de fin d’année nos ami(e)s de la Fédération de la Fashion Tech avaient eu la bonne idée de nous convier à un séminaire au café Fluctuat Nec Mergitur pour nous présenter leur Manifeste.

Par un jeudi matin pluvieux, toutes les forces vives de la mode innovante se sont réunies afin d’entendre une initiative qui avait pour ambition de bousculer un système mode encore trop endormi.

Autour de la table, nous avions des représentants de la Fédération du prêt-à-porter féminin, du DEFI Mode, de la Chambre de Commerce de l’Industrie (CCI) de Paris ou du Village des créateurs. S’y sont ajoutées de jeunes marques désireuses de connaître ou plutôt de comprendre comment la Mode se transforme.

Ce moment, au-delà de l’aspect convivial, se voulait  un bilan de l’association sur l’année qui venait de s’écouler et également l’annonce d’un programme pour l’année qui arrive.

Un Manifeste comme une mission

Avec la création d’un manifeste, la Fédération de la Fashion Tech a voulu apporté sa vision de la mode. Pour cela, Alice Gras, la Présidente de la Fédération a souhaité placer ce programme sous l’angle de l’inclusion et d’une mode douce.

Ainsi, il se décline sous la forme de 10 commandements :

  1. Participer
  2. Échanger et collaborer
  3. Co-construire et mutualiser
  4. Révéler et transmettre
  5. Soutenir et promouvoir
  6. S’informer & communiquer
  7. Entreprendre et fédérer
  8. S’ouvrir
  9. Bienveillance et entraide
  10. Penser à demain

Au niveau sémantique, il est intéressant de relever que cette Fashion Tech se veut avant tout un mouvement qui pense à l’autre.

Tandis que les marques de mode  qui se sont construites ces dernières années était plutôt tournées vers l’individualisme, voire l’égotisme (sûrement une tendance due à influence de l’émergence des réseaux sociaux), cette fashiontech remet le client/consommateur au centre, ce qui lui permet de co-construire une mode non plus discriminante mais plutôt incluante.

Manifeste

Un Manifeste pour agir

Une fois ce cadre posé, il convient d’agir, de se mettre en marche comme dirait notre cher Président.

Pour cela, j’ai ressenti un bel enthousiasme dans les parties présentes. Elles sont complètement en phase sur le constat d’une filière fashion tech en devenir qui demande juste un peu plus de structuration et peut-être un leader de filière.

En même temps, un leader signifierait une homogénéisation de la pensée. Alors que cette mode innovante s’est développée justement dans la diversité et surtout dans la contradiction 😉

D’un autre côté, le manque de financement public aussi bien que privé pourrait être un facteur de ralentissement ou au contraire une opportunité pour l’innovation. Si vous souhaitez approfondir ce dernier aspect, je vous recommande le livre « L’innovation frugale » de Navi Radjou où il défend trois idées pour innover lorsqu’on n’a pas d’argent : le faire soi-même, le partage et la circularité.

Alors comment faire pour avancer ?

Tout d’abord en s’appuyant sur l’existant. L’outil mis en place, la Fashion Tech Week, le premier grand évènement sur la FashionTech à Paris me semble plus que pertinent. Cet évènement annuel permet de mettre en visibilité tous les jeunes créateurs qui se sentent appartenir à cette mouvance de l’innovation pour la Mode.

Fashion Tech Week

De manière concrète, cette exposition  doit être la rampe de lancement pour créer et développer une attractivité nationale avec des ramifications internationales d’une scène Fashion Tech.

Dans ce sens, Messe Frankfurt l’a bien compris en soutenant La Fédération de la Fashion Tech dès le début. Peut-être que ce signal pourrait inciter d’autres acteurs à s’engager également auprès de cette initiative.

L’autre aspect pragmatique serait d’ouvrir la Fashion Tech à d’autres sensibilités que celles uniquement issues de la mode afin de favoriser la fertilisation croisée. Par exemple, les écoles d’ingénieurs ou les acteurs technologiques d’autres filières comme l’automobile (je vous rappelle que le premier vêtement chauffant vient de la technologie de chauffage des sièges de voiture).

Pour finir, la mode, ou plutôt la Fashion Tech, doit devenir ce terrain d’expérimentation, un peu fou, qui permettrait de mêler la technologie, la créativité et une belle dose d’audace. La Fashion Tech ressemblerait alors à un shaker acidulé et délicieusement doux… Bref, une contradiction sublime.

 

Fabrice Jonas
Créateur du Magazine Modelab, je passe mon temps à rechercher de nouvelles tendances et à les partager. Dandy et flâneur à temps plein comme une philosophie de vivre.