Christine Phung - Backstage Défilé Fall-Winter 15-16 - img1

ENTRETIEN AVEC CHRISTINE PHUNG

Christine PHUNG a baptisé sa collection Automne-Hiver 15-16 « Glitchologie ». Une collection inspirée du numérique dans des matières innovantes dont certaines sont développées en exclusivité en collaboration avec des tisseurs.

Entretien avec la créatrice qui aime allier les techniques traditionnelles de la mode à la technologie d’aujourd’hui…

 Après des études à l’Ecole Duperré et à l’IFM, elle fait ses armes pendant une dizaine d’années pour See By Chloé, la ligne enfant de Dior, Vanessa Bruno, Christophe Lemaire, Lacoste, Veja

En 2008, ses pièces sont exposées au Musée d'Art Moderne in Liège pour la Biennale du Design. En 2011, elle crée sa propre marque, puis gagne le Grand prix de la Création de la ville de Paris, dans la catégorie « Mode confirmé ». En 2012, elle termine sa première collection ; elle est également finaliste du concours international Mango Fashion Awards. En 2013, elle remporte le prix de l’ANDAM dans la catégorie « Premières Collections ».

La femme que Christine Phung habille est une « contemporaine qui explore et assume une esthétique digitale »

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Crédit photo : Dorothée Perkins

 

 

  • Pourquoi êtes-vous devenue créatrice de mode ?

J’ai toujours été fascinée par la question de l’identité. Je suis d’origine cambodgienne, mon père a changé son identité pour pouvoir faire échapper son frère pendant le conflit avec les Khmers Rouges en 1974. Il lui a donné son nom et il a pris celui d’un voisin décédé. L’identité est une interrogation existentielle permanente. A mes yeux, le vêtement raconte ça : il est une interface entre le personnel, l’intime et la représentation publique. Je voulais exercer une profession artistique et à la fois très ancrée dans la réalité. L’arrivée d’internet, l’évolution du design et des technologies ont été pour moi une bonne manière d’être dans mon temps, de m’inscrire dans un univers transversal.

  • Comment en êtes-vous arrivée à défiler à la Fashion Week de Paris ?

Après mes études aux Beaux Arts et à Duperré, j’ai intégré le cursus Création de l’Institut Français de la Mode pour acquérir les bases du Marketing et de la Finance. Je me suis rendue compte qu’il me fallait beaucoup d’argent pour démarrer. J’ai donc choisi de travailler pour les autres pendant 8 ans pour apprendre ce qu’il fallait faire et ce qu’il ne fallait surtout pas faire.

Pendant ces années, j’ai tissé mon réseau, j’ai mis de l’argent de côté. A 32 ans, je me suis dit qu’il était temps de se lancer. Et même si je n’avais pas forcément tout ce qu’il me fallait, je me disais que j’allais le trouver. Je n’ai pas d’investisseur extérieur, j’ai toujours tout autofinancé. Les concours que j’ai remportés ont été des leviers pour progresser, pour me donner de la visibilité en presse, pour gagner de l’argent et continuer l’aventure. Le prix de l’ANDAM m’a permis d’intégrer le calendrier officiel de la Fashion Week de Paris.

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Crédit photo : Marie-Amélie Tondu
  • Votre travail sur les matières est remarquable, comment procédez-vous ?

Chaque collection est une histoire, un scénario qui dure 6 mois environ. Je recherche des images, je m’inspire de la géométrie de la nature, des textures, de l'architecture. Je vais sur les salons faire de la prospection, à Première Vision par exemple (NDLR : l'événement mondial des professionnels de la filière mode) . Je développe également des matières en exclusivité avec les tisseurs que je connais. Par exemple, j’ai travaillé avec Tzuri Gueta sur une technique de dentelle injectée de silicone.

 

  • En quoi est-ce important pour vous d’allier la mode et la technologie ?

Le monde d’aujourd’hui est autant bousculé par les nouvelles technologies qu’il ne l’a été hier avec l’arrivée de l’imprimerie. C’est un territoire d’exploration passionnant. Les règles du jeu, le rapport au temps, à l’espace aux gens évoluent en permanence. J’aime faire ce lien entre les techniques traditionnelles de Haute Couture comme les plissés, le patchwork et l’approche contemporaine, voire futuriste, qu’on peut avoir du vêtement.

Lorsque j’étudiais à Duperré, il n’y avait qu’un seul ordinateur pour tout le monde. J’ai vécu cette transition, l’apparition des nouveaux outils, la définition d’une nouvelle esthétique. Il est essentiel d’apprivoiser ces outils, de les maîtriser mais il est encore plus important de savoir les dépasser et de s’en démarquer.

  • Pouvez-vous décrire cette silhouette ? Quelle a été votre inspiration ?
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Crédit photo : Marie-Amélie Tondu

Lors de mes recherches d'images, j'ai trouvé une série de photos de l'artiste Marisha Gulmann qui avait photographié une fleur avec un appareil qui buggait. Elle a malgré tout conservé son appareil et j'ai trouvé magnifique d'aller contre cette obsolescence programmée et d'en tirer une poésie de l'erreur. Nous avons collaboré ensemble et j’en ai fait un imprimé.

Le pantalon est en taffetas de polyester. C’est une structure à la fois raide, souple et ondoyante. Il a un bel aspect laqué.

Le top est en satin de soie bleue. J’ai utilisé l’envers, qui est mat, à côté de l’endroit, brillant et j’ai joué sur un effet déstructuré avec le col. Le final est un genre d’harmonie dissonante.

 

 

Un grand merci Christine Phung !


Upfit

Ne doutez plus de votre taille avec Upfit

 

Fondateurs UPFIT photo

Commençons par quelques mots sur vous ? Votre Parcours ?

Nous sommes deux a avoir cofondé UPFIT. Moi, je suis orienté business et mon associé plutôt informatique.

Nous avons voulu créer UPFIT car nous sommes grands et maigres (morphologie difficile à habiller), que faire les boutiques n’étaient pas notre kiff, donc on ne savait jamais où aller acheter nos vêtements.

On s'est dit que nous pouvons essayer par Internet, mais on a une grosse réticence à acheter car nous pouvions pas essayer le vêtement. On l'a quand même fait et on s’est complètement trompé de taille. Et là, on s’est dit « mince pourquoi il n'y a t-il pas un outil simple qui permet de trouver sa taille rapidement et sans se mesurer, ni prendre de photo ?».

À qui s’adresse UPFIT ?

Nous sommes en BtoBtoC. C’est à dire que nous vendons notre plug-in aux entreprises qui est directement installé sur leur site de e-commerce.

Pour le site marchand, nous voulions un outil simple, clé en main et centré utilisateur car nous voulions optimiser son temps d’utilisation.

 

Comment  marche votre plateforme ? 

Deux parcours pour les internautes : soit il connaît ses mensurations, soit il ne les connaît pas.

UPFIT TROUVER MA TAILLEUPFIT  JE NE CONNAIS PAS MES MENSURATIONS

Dans le deuxième cas, il passe sur le deuxième système qui est un algorithme statistique qui demande 4 à 5 informations. Et cela va nous permettre de calculer ses mensurations à partir de données de la population française.

Nous avons ajouté la taille de soutien gorge récemment car renseigner uniquement le tour de poitrine n’était pas suffisant et assez précis.

Tout simplement on a mesuré des personnes et on a créé des équations.

UPFIT JE RENTRE MES INFORMATIONS UPFIT  JE COMMANDE LA TAILLE CONSEILLEE

Nous sommes en train de lancer un nouveau système notamment pour la lingerie.  Nous demandons à l’internaute de rentrer les tailles d’un ou deux vêtements qu'il considère lui aller parfaitement. Nous aurons automatiquement ses données dans nos bases et nous pourrons lui conseiller sa bonne taille.

 

En quoi l’âge est un critère important ?

Ce n’est effectivement pas le plus important ! Mais cela joue sur des types de morphologies. Typiquement quelqu’un qui est grand et maigre aura un certain rapport taille/poids et s'il le dépasse, on sait qu’il va prendre du poids au niveau du ventre et en fonction de l’âge nous savons s'il en a pris plus ou moins. Sachant que ce critère est encore en cours de travail.

Vous avez des partenariats avec des marques ?

Oui beaucoup. Nous avons déjà des partenariats avec des marques tel que : Calipige ou Saint Bror.

Un partenariat avec un site de vente privée va bientôt arriver, nous avons un site de street wear. Et le nouveau partenaire : C-discount avec qui nous avons commencé  le 20 avril.

Calipige

Votre stratégie était d’abord de favorisez les créateurs puis les grands groupes ?

On n’a pas vraiment le choix. Les grosses enseignes mettent du temps avant de se lancer. Alors que les petites sont plus ouvertes et permettent de tester notre produit notamment sur l’ajustement et par exemple pour la lingerie. Sur un petit site de maillot de bain pour femme, nous avons pu faire nos modifications avant de nous lancer chez Etam cet été.

Donc avant d'attendre que les grosses enseignes signent, on en implante des petits et cela nous crée de la visibilité.

Les entreprises vous fournissent-elles leur grille de taille ?

Il y a plusieurs cas de figure, des entreprises nous donnent les données précises sur leurs produits, d'autres nous donnent des guides un peu standard car ils ne possèdent pas de données et d'autres n'ont pas du tout de données.

Si je décide d'acheter une chemise pour un homme, comment je connais la bonne coupe pour sa morphologie? Par exemple, chez Celio, il existe des coupes regular ou slim.

Sur l'application, nous prenons en compte les données précises du vêtement par rapport à la personne. Donc on te conseille une taille et on précise : cela va être ajusté à cet endroit-là, un petit peu serré à cet endroit-là, etc.

Que pensez-vous apporter comme solution aux entreprises de e-commerce ?

La première chose, c'est qu'on vient lever le premier gros doute chez l'internaute : « est-ce que ça va m'aller ? » Statistiquement, une partie de ces internautes ne va pas acheter à cause de ce doute.

C'est d'ailleurs pour cela que la mode en ligne, qui représente le plus gros volume de la vente en ligne, a un taux de vente qui est assez faible par rapport aux autres secteurs de e-commerce.

Ainsi UPFIT a un impact sur la marque car cela va favoriser la vente, augmenter le nombre de mise au panier, augmenter le chiffre d'affaire, réduire le taux de retours. L'idée c'est aussi d'obtenir une expérience d'achat améliorée pour le client, avec une meilleure satisfaction.

Ma crainte à moi, c'est la matière, ne pas pouvoir toucher la matière. Est-ce que vous avez une solution ?

La matière, on ne pourra la faire toucher à travers l'écran ! Mais c'est peut-être quelque chose qu'on pensera à l'avenir, mais qu'on ne fait pas l'instant pour plusieurs raisons. Tout d'abord parce que les marques ne possèdent forcément pas ces données-là, ensuite, si un vêtement est un peu trop serré ou un peu trop large, on va pouvoir, statistiquement avec les retours clients, savoir comment le vêtement est taillé, autant la matière on ne pourra pas savoir.

On pourra peut-être créer une indication qui dira « attention, ce vêtement est en coton, au bout de trois lavages il sera trop petit, prenez une taille au-dessus ».

Comment comptez-vous exploiter votre base données ? 

On va proposer l'emailing ciblé. Par exemple, après les soldes, les e-commerçants se rendent compte qu'ils leur restent des tailles XL ou XXL, l'idée est donc de faire un email ciblé aux personnes à qui cela peut convenir.

Vous êtes sur un marché très concurrentiel, quelle est votre différentiation ?

Déjà, nous avons un module qui est implanté dans les sites et, contrairement à Fitizzy, il n'y a pas besoin de se mesurer.

Mais on propose aussi aux gens de se mesurer et on voit très bien que 85% des internautes n'utilise pas ce module et passent directement au second module qui ne nécessite pas de se mesurer. Donc c'est un apport assez important pour nous, on peut chiffrer et voir qu'il n'y a que 3% des internautes qui se mesurent.

Et il est assez difficile de se mesurer seul, quand on y connaît rien !

Exactement, si tu me demandes de me mesurer, je ne saurais pas faire avec un ruban.

Si on prévoit un système où il faut imprimer un ruban ou télécharger des photos ce sont des efforts en plus et on perd du monde.

Nous, on demande aux internautes des données qu'ils connaissent déjà et cela ne leur demande pas d'efforts supplémentaires. Il faut trouver un juste milieu entre précision et utilisation.

Maintenant, il y aussi WatSize à Grenoble, qui ressemblait un peu à Fitizzy, mais le fait de sortir d'un site sur lequel on est en train d'acheter pour venir sur un autre site qui va, en plus, conseiller la taille de manière très standard, cela me paraît difficile.

Après, il y a tous ceux qui font de la 3D. Fitle propose de reconstituer ton corps en 3D grâce à des photos. Pour moi, cela est voué à l'echec. Une start-up allemande, UpCload  a fait cela il y a 3 ans, mais c'était par webcam. Mais pour moi, le fond du problème c'est que cela demande un effort supplémentaire, que cela n'intervient pas au bon moment. Lorsque j'achète un vêtement et qu'on me demande de me mettre en sous-vêtement, me prendre en photo sur un fond blanc, cela demande un effort. Et une autre raison c'est : où vont les données ? Vous vous prenez en photo avec votre smartphone en sous-vêtement, c'est, pour moi, le premier gros frein. Vous demandez trop de chose à l'utilisateur.

Mais Fitle a une chance avec leur propre plateforme, car les gens seront dans une autre optique, ils viendront car ils savent que Fitle va mesurer mes mensurations en prenant en photo.

Vous comptez bifurquer vers le conseil à l'utilisateur en boutique ?

En fait l'idée, c'est de le conseiller n'importe où, sur le web, dans un magasin, chez lui...

On a vocation à être installé sur les tablettes des vendeurs ainsi, ils auront toutes les informations sur le client, (ce qu'il a acheté avant, etc), pour pouvoir lui conseiller automatiquement des produits qui pourraient lui aller dans la boutique.

Vous êtes premier lauréat du prix Numérique ?

Oui, on a gagné le prix l'année dernière ! On a eu le prix coup de coeur startup digital au salon e-marketing à Paris.

Bravo !


Salon e-marketing : les Vénus de l'innovation par digitalbusinessnews

 

Est-ce que tu peux nous parler de votre modèle économique ?

 Globalement, on propose trois mois de tests gratuits sans engagement, ce qui permet aux entreprises de voir comment cela se passe. Ensuite, ils paient un abonnement mensuel en fonction du nombre d'utilisation .

Peux-tu nous dire quelques mots sur le nouveau marché de la Fashiontech ?

Le marché de la FashionTech, nous on le voit sur le Big Data. Par exemple, avoir les données sur un vêtement : il a été acheté par ces personnes, qui sont taillés comme ci, il a été essayé par ces personnes qui sont taillés comme ça.

En analysant toutes ces données, on va être capable de redesigner des vêtements soit pour qu'ils conviennent à une plus grande majorité de personnes, soit pour qu'ils conviennent à un groupe précis de personnes.

On pourra savoir automatiquement que, cette marque là est plus achetée par des gens qui sont taillés comme ci ou comme ça.

Et puis, il y a les magasins connectés, on a vocation à faire le lien entre l'internaute et les magasins connectés, qu'ils achètent sur le web ou dans le magasin, UpFit les conseille. Mais pour le moment, on y met pas une grande énergie car on sait qu'on en vendra pas pour l'instant.

Un dernier mot ?

Oui, j'aime bien votre webzine Modelab, il n'y en a pas beaucoup !

On a également un blog professionnel qui traite de la mode connectée au sens large. C'est là qu'on se rend compte que c'est vraiment quelque chose d'émergent, et qu'il existe peu de communication sur le sujet. C'est ce que tente de faire Numa lors de la deuxième édition de la FashionTechWeek, l'idée est de commencer à structurer la FashionTech car elle va se développer, au niveau de la donnée, des objets connectés, des magasins connectés, les textiles intelligents, etc.

On aimerait bien créer une journée de rencontre, pour réunir tous ces acteurs avec des start-ups, des grands groupes. Par curiosité, ils viendraient pour discuter et il y aura possibilité de créer des choses.


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Decoded Fashion : Content, A Brand's Best Friend

Le mercredi 8 avril dernier se déroulait l'événement de Decoded Fashion sous le grand thème du contenu. Il se déroulait à Paris ; au siège de Criteo, 32 rue Blanche, dans le IXe arrondissement. Cette année les challenges étaient autour du brandcontent pour une communication optimale des marques vers les consommateurs.

Le marché de la mode doit prendre un tournant

On le sait, la stratégie éditoriale et les contenus sont devenus le sujet d’occupation numéro 1 des dépenses du marketing digital. Les marques de luxe mode et de beauté n’échappant pas à la règle.

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La stratégie dépend quasi entièrement des contenus, de ce qu’ils génèrent comme trafic, de l’impact final qu’ils ont sur le consommateur et du résultat marketing pur qu’ils engendrent. La règle est simple :

Il faut saisir l’attention (le hook), attirer le « shopper » vers le site en lui faisant utiliser les plus longtemps possible les canaux de communication mis en place, pour au final le faire accéder à l’espace d’achat.

Mais à l’heure de l’hyper-personnalisation des contenus, les marques le savent, il faut avoir une stratégie fine, décalée ou innovante, mais il faut surtout rester centrer autour de l'’acheteur.

Plus ce dernier passe de temps dans le réseau, plus il utilise l’espace d’achat, plus il consomme.

Si le schéma paraît simple et connu depuis longtemps, en revanche le comportement du consommateur, lui, a remarquablement changé. L’évolution digitale via Facebook ou Instagram, ont permis de développer de nouvelles stratégies. Puisque le consommateur est en mouvement, alors les marques ont dû se mettre à son niveau et devenir mobiles.

Morine Oluwole, responsable des partenariats clients du luxe Facebook/Instagram, rappelle quelques chiffres : avec 3 millions de personnes connectées partout dans le monde chaque seconde, nous vivons une révolution.

La révolution digitale !

Le digital est devenu notre quotidien, une activité normale, acquise. Aujourd’hui il est important de souligner que 90% des datas existantes ont été créées les deux dernières années ! Une révolution qui va vite, très vite. On ne peut plus l’ignorer, le digital est au centre de tout.

Mais attention, comme l’étymologie du mot l’indique : digital qui appartient aux doigts, par extension à l’homme. Les gens ne sont quasi plus « off line », la connexion est omniprésente 1,4 billion de personnes se connectent 1 minute sur 5 de leur temps libre.

Sans l’homme pas de digital, il faut alors, selon Morine Oluwole, rendre « humain » le marketing des marques, en s’adaptant au comportement des hommes. Développer une stratégie mobile, plus personnelle, plus proche du fonctionnement du consommateur.

81% des achats sont faits « on line » contre 19% en magasin. Le marketing se fait plus personnel : c’est la stratégie des marques et la raison pour laquelle ça marche ? L’étude du comportement on line.

Tous les paramètres sont analysés, temps de présence sur la « time line » (pas plus de 5 % des news feed), l’intégration de contenus plus attrayants (les vidéos sont devenues le point des campagnes) : tout une mise en scène pour capter de nouvelles cibles.

L’étude du Qui ? Comment ? Combien ? Reste la base de la stratégie des marques qui axent leur campagne de plus en plus sur le brandcontent  et la synergie de applications. Chacune d’elle captant un aspect différent du comportement de l’acheteur  on line  et le dirigeant vers une autre application, dont un nouveau contenu précise l’envie pour un élément  shoppable , et ainsi de suite, jusqu’au site où tout doit être à porter de main du client.

La marque tease sur Instagram par photos ou vidéo courte, dirige sur un contenu plus vaste sur Facebook, qui envoie sur le site où le client obtient enfin ce après quoi il court. Et ceci en créant une histoire qui le place toujours au cœur de l’action : il décide, il a le pouvoir.

Toutes les informations et analysent ont été présentées pour la premières fois, dans le Eshoper Index.

C’est le cabinet international Iventure Consulting, qui propose cet index, gratuit et entièrement téléchargeable sur leur web site. Ce formidable recueil de données montre où le développement des compétences digitales a porté ses fruits.

Il montre aussi que le parcours « omnicanal » du client permet d’identifier des tendances, décrypter le fonctionnement d’une campagne, comment le contenu reste cohérent et directionnel jusqu’à la zone d’achat… On scénarise le produit, on le place bien en vue, soit par possession indirecte des internautes (photos, selfie, wishlists), soit auprès de stars, égéries.

Il réaffirme aussi que le temps passé par le client sur le site est éternisant de ses achats : style insider. Une version papier peut aussi servir, le digital n’a pas l’exclusivité de cette activité, mais au bout du compte le support papier accompagne aussi le consommateur au Web site.

Certaines startups ou grandes marques ont bien compris que devenir un blog, apporter un contenu rédactionnel augmente la fréquentation, le système de plateforme aussi, ou de Windows shopping.

Les cosmétiques redoublent d’inventivité en faisant entrer de nouvelles applications où les utilisateurs peuvent entrer leur photo et se maquiller avec les différents produits, ou encore les shops virtuels.

On reviendra plus amplement sur la très belle initiative de My Precious Life, où l’application permet de créer son carnet de voyage, de restaurant, de shopping, de life style… Une plateforme multitâche à géométrie variable et qui laisse chacun le choix de faire sa version, et de partager ses contenus.my-precious-life-une

Le succès est dans le brandcontent, qu’on se le dise !


Armoire Chaussures

3 tendances des chaussures innovantes

Aaaah les chaussures ! Les chaussures c’est génial ! Des chaussures j’en ai plein ! Ce qui rend Chéri complètement fou ! Mais peut-il comprendre que si j’ai la même paire d’escarpin en double, l’une rouge et l’autre camel, c’est pour que la première puisse s’assortir avec mon sac à main et la deuxième pour les occasions plus détendues ?! Non il ne peut pas, il ne pense pas comme nous, les shoes addicts !

Pour nous mesdames (et vous aussi messieurs, si si vous allez voir) une petite révolution est en marche !
Fini les placards qui débordent sous prétexte que l’on n’avait pas de chaussures assorties à notre nouveau blazer. Fini les sueurs froides quand le 25 du mois on craque pour les petites sandales trop mignonnes qui nous faisaient de l’œil derrière la vitrine (oui oui c’est vrai !) en redoutant que le banquier ne soit pas du même avis…

Pour nous, iShüu Technologie a créé LA chaussure !

                                                                                                                    TADAAAAAAM !

La Volvorii Timeless,
LA CHAUSSURE CUSTOMISABLE

Des chaussures connectées changeant de couleurs et de motifs pour un accord total avec toutes les tenues, via une application pour Smartphones (Android et iOS) !

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(Vous imaginez la place qu’on pourrait avoir dans les placards pour toutes nos autres fringues ?! C’est magique !)

La start-up lituanienne, a eu l’idée de recouvrir la chaussure Volvorii Timeless d’un écran « e-ink » grâce auquel quelques clics suffisent pour changer les motifs et les couleurs. L’ajout d’accessoires est également possible : petits nœuds, perles ou encore chaines pour le tour de cheville. La chaussure est connectée par bluetooth. La batterie, rechargeable, possède une autonomie de 2 à 6 mois, l’ensemble du système étant caché dans le talon.

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Alors, pour celles qui auraient craqué pour la Volvorii, il faudra compter 149$ en précommande pour vous les faire livrer par le père Noël !

Pour ce qui est de la commercialisation, le projet a eu recours au crowfunding (financement par la foule)… A suivre !

Mais l’innovation et la technologie dans le domaine de la chaussure ne s’arrêtent pas à l’assouvissement de nos fantasmes de shoes addicts !

La chaussure peut aussi améliorer d’une manière déterminante le quotidien de nombreuses personnes en difficulté…

 

Ducere Technologies,
créé des CHAUSSURES CONNECTEES POUR MALVOYANTS, Le Chal.

5732270-8545996Le système fonctionne via une application (iOS, Android et Windows Phone) qui utilise la géolocalisation pour guider l’utilisateur dans ses trajets et offre la possibilité d’être piloté par la voix grâce à une commande vocale.

L’utilisateur est ainsi guidé par des vibrations envoyées sur différents endroits du pied en fonction de la direction à prendre. Ces vibrations sont de plus en plus accentuées selon la proximité de la destination. De plus, les informations peuvent être communiqué à l’utilisateur par les hauts parleurs de son téléphone. Ces chaussures disposent d’une autonomie de 3 à 10 jours.

Cette innovation, procédé ingénieux qui révolutionne le quotidien de nombreuses personnes, apparaît comme une réelle avancée technologique au service de la société.

 

Pour le petit coté MADE IN FRANCE, on citera l’entreprise nancéenne qui nous garde les pieds au chaud tout en se préoccupant de notre santé grâce à des fonctionnalités telles que la mesure de l’activité physique, la semelle Digistole.

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Avec un marché dynamique écoulant plus de 400 millions de paires de chaussures en France chaque année, la chaussure a toute sa place au cœur de l’innovation. Celle-ci assurant de beaux jours au secteur de nos précieux souliers.

                                                                                            

 


Biennale Saint-Etienne

Retour sur : La Biennale internationale du Design 2015

Le 3 avril dernier, toute l’équipe de Modelab était présente à la Biennale internationale du Design à St Etienne qui se déroulait du 12 mars au 12 avril 2015. Cette année, pour la 9e édition, le thème était « le sens du beau ».

Modelab-presse

Quel message la Biennale du Design souhaitait transmettre ?

Plusieurs questions étaient au rendez-vous, comme « Quelles valeurs sont véhiculées par l’esthétique ?  Que disent les formes produites sur les modes de vie, les usages et les pratiques d’une société ? Que murmurent-elles sur l’état du monde ? »

Nous avons commencé la visite par l’exposition 2051, qui représentait le futur de notre monde vu par des designers maison EDF R&D .

Exposition inquiétante et qui nous laisse à réfléchir de l'impact qu'ont nos actions sur le monde. Les concepteurs et leurs partenaires ont créé une histoire imaginaire pour montrer les différentes possibilités du futur si notre relation avec l’énergie n’évolue pas.

Contrôle du temps, dépendances aux technologies, nature invisible, auto destruction de notre civilisation mais cela n’est que mon point de vue et ces œuvres permettent de se placer sous un autre angle.

Personnellement, je ne souhaiterais pas que l’évolution de notre société passe par un avenir futuriste représenté dans la plupart des films de sciences-fictions. J’avais l’espoir de trouver des objets avec du sens et qui pourraient apporter une évolution bénéfique en l’occurrence pour le marché de la mode.

Je n’ai pas été déçue ! En effet la suite de cette exposition montrait comment utiliser le design pour améliorer notre mode de vie et de contrer les prédictions de 2051.

 

La Fashiontech au rendez-vous !

Nous avons pu découvrir la chaussure « design to win » de sprint qui a été conçue uniquement pour les athlètes avec des matériaux innovants et des procédés d’impressions 3D. Le but était de réfléchir à comment améliorer les performances de sprint car les chances pour qu’un athlète gagne une course sont nettement augmentées si on améliore les performances de la chaussure de seulement 0,7%.

On se rend compte de l’importance du vêtement dans notre mode de vie. Qu’au-delà du « porter et de l’apparence », il existe une utilité pour faire progresser les capacités de l’être humain : que ce soit à travers le sport, l’éthique, ou la science…

Chaussure-Modelab

 

Florie Salnot - Plastic gold

C’est avec des réfugiés Sahraouis que le projet « Plastic Gold » est né. La designeuse Florie Salnot a voulu prouver qu’avec de simples bouteilles en plastique, il était possible de créer les plus beaux bijoux. La technique est simple, il suffit d'appliquer de la peinture dorée et du sable chaud sur la bouteille en plastique pour ensuite la découper et obtenir un fil doré qui sera tissé pour créer de somptueux bijoux.

Après avoir maîtrisé cette méthode, Florie Salnot a appris aux femmes réfugiées à créer leurs propres bijoux. Une démarche complètement Fashiontech que j’adore et admire. Car grâce à de simples bouteilles ; cette designeuse a permis de relancer une économie locale, de transmettre un nouveau savoir-faire qui passe par le recyclage de nos déchets, une œuvre qui mélange l’éthique, l’écologie et mode.

 

Christophe MACHET, Emilie DE VISSCHER, Audrey GAULARD, Nick PAGET - The Polyfloss Factory

Le plastique est l’une des sources de déchets les plus importantes. Pourquoi ne pas le recycler ? Sans doute que la transformation et la re-création nécessite un coût et des ressources importantes !

The Polyfloss Factory permet de recycler du plastique à l’échelle humaine. Comment ? Me diriez-vous.

Ce procédé permet de créer une grosse barbe à papa de plastique recyclé qui peut être tricotée, emballée, fondue, ou pressée infiniment.

Ces fibres non tissées sont aussi un outil pour l’isolation et utilisées depuis peu par les architectes.

Notre société doit prendre un tournant responsable car même si je suis consciente que tout à un coût, ne pensez-vous pas qu’il est important de prendre soin de notre environnement ? Car finalement c’est grâce lui que l’on tire tous ses bénéfices.

Changement de bâtiment !

Nous avons pu visiter une autre exposition qui était plus axée sur l’impact du digital sur notre mode de vie.

Cityzen Sciences  - D-Shirt

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D-shirt est en cours de développement par la société Cityzen Sciences. Ce tee-shirt intelligent récupère de multiples données durant la performance sportive de l’individu. Le vêtement est composé de capteurs intégrés dans les fibres du tissu qui permettent d’analyser ces performances et de les améliorer en gérant mieux sa charge de travail. Je vous laisse découvrir ce produit à travers la vidéo ci-dessous.

Vincent DUCHE - Olivia BUDNY - Projet Dnsep

Saviez-vous que le visage fait l’objet de divers calculs, mesures et procédés biométriques sur les réseaux sociaux ?

Hier, l’identification était réservée à la justice. Demain, nous pourrons l’utiliser comme outil social et de recherche pour vérifier l’identité numérique de chacun. Le projet d’Olivia Budny et de Vincent DUCHE propose de réfléchir à ce sujet à travers le portrait et les données récoltées d’une jeune américaine présente sur les réseaux sociaux.

Simone C. NIQUILLE - Realface Glamouflage

Heureusement, à chaque problème, Modelab vous trouve une solution :)

Ce projet permet de vous camoufler du détecteur facial ! La technique s’appelle « le camouflage dazzle » et a été inventé pendant la Seconde guerre Mondiale.

Concrètement, il suffit de créer des vêtements avec différentes formes géométriques et visages imprimés. Le détecteur est incapable de faire la différence entre le visage de la personne et celui du tee-shirt porté.

 « Une manière très glam de passer inaperçu auprès des caméras sans être invisible de votre entourage » - Simone C. Niquille

Isao ECHIZEN ET Tsuyoshi ANDO - Privacy Visor

Un peu moins Glam mais toujours aussi utile si on veut trouver une part d’anonymat à l’heure où la société veut tout savoir sur les consommateurs.

Le projet Privacy Visor de Isao Echizen et Tsuyoshi Ando tente de répondre à cette problématique en créant une paire de lunettes qui éblouit les caméras et donc rend inefficace le détecteur facial.

La première paire est composée de LED infrarouges mais elle consomme beaucoup trop d’énergie. C’est pour cela qu’un prototype plus récent permet d’économiser de l’énergie tout en ayant le même résultat.

Laura-Modelab

Ou sinon vous pouvez faire comme moi ! Une technique radicale mais je suis indétectable ! ;)

 

Pour votre plaisir :

Ça aurait pu! Cette exposition a été encadrée par deux enseignants : Denis Coueignoux et Miche Lepetitdidier et une trentaine d'étudiants de l'école supérieure d'art et design de Saint Etienne. Elle représente l'identité visuelle de la 9e Biennale du Design.

Design-Modelab

 

Et pour clôturer cet article je vous parlerais de ma dernière expérience... Juste avant de sortir de l'exposition, mon oreille fut intriguée par un bruit féerique.
J'ai pu voir au loin une pièce fermée de grands rideaux. De nature curieuse, je me suis précipitée à l'intérieur .. Je vous laisse découvrir cette exposition  en vidéo . ;)

 

 


Primo1D

Startup : Primo1D invente le fil électronique

Aujourd'hui, j'ai montré patte blanche pour entrer sur le site du Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA). En effet, ce centre de recherche travaille notamment pour l'armée . Mais tout cela en valait la peine, car j'ai pu rencontrer et interviewer Alain Papanti, business developper, de Primo1D.
Cette entreprise détachée (en d'autres termes une spin-off) du CEA a inventé un fil électronique.  Autant vous dire que ça a immédiatement titillé ma curiosité. Quelles pourraient être les implications d'une telle technologie pour le marché de la mode ?
Pourriez-vous, nous expliquer les usages de ce fil électronique ?
Cette invention du CEA permet d'intégrer une fonctionnalité électronique à un fil textile telle que la lecture à distance de son identité. Elle présente de nombreux avantages par rapport aux produits existants tels que les étiquettes.
Un numéro de série, c’est-à-dire ?
Grâce à la technologie RFID (Radio Frequency Identification), nous sommes capables de générer une donnée (le fameux numéro d’identification) et surtout de la collecter à distance. Cela a plusieurs implications.
Tout d’abord, cela permet d'affecter un numéro unique à chaque vêtement et de lutter, par exemple, efficacement contre la contrefaçon mais surtout ce fil permet de connaître en temps réel le stock en magasin. Aujourd’hui, la précision d'inventaire d'un point de vente dans le textile ne dépasse guère 70%.
En d’autres termes, vous allez révolutionner le magasin de détail ?
Plutôt l’aider à se transformer face au défi du digital.  Grâce à notre système, nous allons bousculer une chaîne d’acteurs. Ainsi, pour qu'une marque intègre notre fil,  nous avons dû d'abord rencontrer les acteurs de l'industrie du textile et notamment visiter les chaînes de confection, pour déterminer ensemble un processus d'intégration de notre fil dans la fabrication d'un vêtement.
Ensuite, en magasin, cette technologie implique un déploiement d'une infrastructure  RFID. C'est pourquoi, dans un premier temps,  nous privilégions des enseignes qui l'ont déjà déployé.
Enfin, le système d’information qui permet de suivre le cycle de fabrication d'un vêtement et de son stockage sera optimisé. Par exemple, le vendeur ou le logisticien ne sera plus obligé d'ouvrir les cartons et de viser le code barre de chaque article avec un scanner.  Cela s'effectuera quasiment de manière automatique.
Quelles implications pour le consommateur ?
Aujourd’hui, quand vous allez dans un magasin de détail et que le produit n’est pas disponible, le vendeur ne peut pas faire grand chose. Avec notre système, il sera en mesure de vous dire quand et où l’objet de votre désir sera disponible et dans votre taille. On parle alors de multi-canal.
Justement c’est quoi le multicanal ?
Le consommateur souhaite uniquement trouver son vêtement au prix le plus juste et dans un délai court. Ainsi, il peut soit le commander sur internet, le faire livrer chez lui, le récupérer dans un magasin. Sinon, lors d’une visite dans un magasin de fringues, qui n’a pas la bonnes tailles ou la couleur adéquate, le vendeur peut lui proposer de venir le récupérer le lendemain ou de se faire livrer.
Notre technologie permet à une data (le numéro de série). Grâce à elle le magasin physique devient complémentaire du magasin digital : c’est le multi-canal.
Nous remettons le client au coeur du processus d’achat.
Et, comment ça fonctionne ?
Lors de l’assemblage d’un tissu, on intègre directement le fil. Pour cela nous avons développé un processus industriel. Aujourd’hui, nous recherchons un partenaire mode pour déployer notre invention. Bref, nous sommes en plein dans la fashiontech.
Merci et très bonne continuation

Hussein Chalayan

Entre mode et innovation : retour sur le parcours créatif de Hussein Chalayan

« J’envisage la mode comme une œuvre d’art tout comme un produit industriel. »

1. Portrait - Chris Moore

Le triomphe d’un créateur multifacette

Styliste d’origine turque installé en Grande Bretagne depuis son enfance, Hussein Chalayan est un designer innovateur qui réalise des créations conceptuelles et expérimentales hors du commun. Il érige en art vestimentaire tous types de supports tels que l’architecture, la nouvelle technologie, les sciences, la vidéo, les arts plastiques, le mobilier… En 2000, le Vogue américain le considère comme « l’un des douze designers susceptibles de changer le cours de la mode au cours de la prochaine décennie ». Avant de devenir ce designer futuriste que l’on connait bien, Hussein Chalayan suit des études à la Warwickshire School of Arts puis à la Central Saint Martin et c’est lors de son projet de fin d’étude qu’il fait réellement parler de lui.

Il travaille dès ses débuts pour les plus grands comme la chanteuse Björk, la boutique Colette, la marque Cachemire TSE, Mark & Spencers, Swarovski, TopShop… Il est aussi multiplement reconnu ; il reçoit la première place du Top London fashion design award en 1995 et défile pour la Fashion Week de Londres. En 1999 et 2000 il est nommé «Designer britannique de l’Année » et plus tard en 2006, il reçoit l’Ordre de l’Empire britannique par la Reine d’Angleterre elle-même.

Un designer engagé et ancré dans le monde

La richesse de l’univers du créateur témoigne de ce qui l’intéresse avant tout : le vêtement en lui-même, c'est-à-dire la relation entre le corps et les formes. Il revendique en effet le caractère pleinement conceptuel de ses créations qui s’inscrivent dans le sillage d’une forme d’art contemporain. En effet, son processus fondamentalement créatif ne permet que difficilement le port de ses vêtements. Hussein Chalayan suscite également à travers ses créations la proposition d’une nouvelle vision de la société.

Il livre moins une dénonciation qu’une prise de conscience sur les grands sujets de l’actualité ou de la société en général. Il évoque souvent le thème de l’identité, de l’isolement mais aussi les questions du voile islamique, de la guerre, de la diaspora. Empreintes de ses origines multiculturelles, de ses voyages, de son ouverture d’esprit, ses collections racontent son histoire comme elles racontent l’Histoire. La guerre du Kosovo est un sujet qui le touche particulièrement, ce qui va grandement influencer ses recherches et susciter une volonté d’utiliser le vêtement pour guérir le corps mutilé. (cf. Surgical Corset)

2. surgical corset- The Kyoto Costume Institute, photo by Takashi Hatakeya_fichiers

 

 

 

 

 

 

 

 

Des créations originales mais surtout conceptuelles

Entre étonnement et interrogations, les créations d’Hussein Chalayan s’affirment dès son entrée dans le monde de la Mode. Si nous devions faire un résumé de ses principales œuvres, il faudrait bien évidemment s’arrêter avant tout sur ce qui lui a servi de tremplin au succès : sa première collection Tangent Flows. Celle-ci présente des œuvres comme Buried Dresses qui est directement rachetée par le concept store anglais Browns. Cette série de robes faites de fils de fer rouillés a été enterrée pendant six semaines avant le défilé. Elle soulève la question de la dualité entre l’esprit et la matière.

Une des œuvres les plus marquantes de Chalayan est sa collection printemps-été de 1998 nommée Between. Il y aborde un sujet politique sensible : celui du voile islamique. Le défilé met en scène tout d’abord une femme nue avec pour seul vêtement un masque noir. Une seconde est à moitié cachée par le masque qui tombe sur le milieu de son ventre et ainsi de suite jusqu’à la dernière, entièrement recouverte par un voile noir. Ici, loin de vouloir critiquer la religion musulmane, il pointe du doigt la perte d’identité de l’individu et en particulier de la femme à travers cette occultation du visage. Hussein reprend ce processus « d’habillage-déshabillage » dans sa collection Ambimorphous. Les mannequins sont vêtus de tenues traditionnelles turques et au fur et à mesure du défilé, la tenue s’épure jusqu’à devenir un costume noir classique très actuel et occidental. Ici, l’idée transversale est la métamorphose. L’auteur dit s’être inspiré de l’univers à la fois réaliste et surréaliste d’Alice au Pays des Merveilles mais aussi de la guerre « en tant que force de vie réelle ».

3. Between- Dazed

 

Entre mode et technologie

La véritable singularité du génie créatif de Chalayan réside en sa vision futuriste et innovante qu’il propose lors de ses créations. Dans certaines collections, en particulier celle du printemps-été 2000, il aborde la question de l’innovation en intégrant directement la technologie dans le vêtement. Nous pensons immédiatement à la robe avion Airplane Dress composée de fibres de verre et qui possède la particularité de se commander à distance pour se déployer et s’amplifier en volume. Ici, le corps se trouve métamorphosé et contrôlé par la technologie. Selon la même idée d’un vêtement qui pourrait se déployer ou se rétrécir dans l’air, il conviendrait de citer la collection printemps-été de 2007 One Hundred and Eleven qui met en scène une série de vêtements se modulant à distance.

Airplane dress Chalayan

 

Encore plus avide de repousser les frontières de la mode et désireux de défier les stéréotypes, Chalayan évoque la notion de rapidité dans deux de ces défilés. La collection Inertia, printemps-été 2009, souligne la rapidité des déplacements au sein d’une ambiance issue du monde automobile. Des robes en latex semblent se figer, témoins et victimes d’un crash qui apparaît comme la métaphore de l’accélération du rythme de vie des individus.

5. Inertia -Condé Nast Archives

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De la même façon, la collection Readings un an auparavant, voit défiler des mannequins aux tenues ornées de cristaux Swarovski et équipées de plus de deux cents lasers mobiles qui produisent des rayons rouge à forte intensité, créant ainsi une performance et jeux de lumières spectaculaires.

6. readings - © 2015 by Moritz Waldemeyer

La lumière et en particulier les cycles des climats est une thématique importante pour Chalayan en tant qu’ils apparaissent comme les cycles de la vie et de la mort. Il propose une collection Automne-hiver en 2007 intitulée Airborne qui voit l’installation de plus 15 000 ampoules LED avec d’autres accompagnements de haute technologie pour un défilé tout en lumière.

7. Airborne - From fashion and backConclusion

Innovant, visionnaire et inimitable, tels sont les mots que l’on peut utiliser pour décrire sommairement Hussein Chalayan. Ce grand designer a su révolutionner le monde de la mode en proposant des créations au même titre que des œuvres d’art. Cependant, même s’il étonne avec l’intégration de la technologie dans ses œuvres, il n’est pas le seul à repousser les limites de la mode. Dans ce domaine, on peut aussi citer Alexander MacQueen avec en particulier sa collection Automne-hiver de 2011-2012 qui allie des matériaux métallisés et des volumes 3D.

 

 


Barlenn, la nouvelle expérience d'achat

Comment Barlenn va modifier notre façon d'acheter ?

Barlenn est une plateforme innovante qui permet de créer des pop-ups store directement chez le consommateur. Une pop-up store chez le consommateur est simplement une nouvelle sorte de réunion tupperware mais pour la mode :) . La marque est basée sur la valeur du relationnel et veut donner une nouvelle expérience aux marques partenaires et aux consommateurs. Pour en savoir plus, je suis allée à la rencontre de Justin Brisset, fondateur de Barlenn.com  pour comprendre comment cela va modifier notre façon d'acheter. 

Justin, avant de nous expliquer le fonctionnement de Barlenn.com, pouvez-vous nous raconter votre histoire ?

Je m’appelle Justin BRISSET. J’ai toujours été passionné par la mode et l’événementiel.

À 15 ans, j’ai commencé à organiser des soirées. C’était mon astuce pour pouvoir rentrer en boîte sans avoir à montrer ma carte d’identité aux physios. C’était les soirées Supermercado, ça marchait pas mal.

Pendant mes études, j’ai fait tous mes stages dans la mode à Paris. Ils m’ont permis de découvrir des marques et de rencontrer des créateurs vraiment talentueux.

Je suis diplômé du programme IDEA de l’EM Lyon et l’École Centrale de Lyon. C’est une formation en entrepreneuriat et innovation.

Pouvez-vous nous présenter Barlenn.com

Barlenn c’est un réseau de vente à domicile qui met en scène les marques pour créer une expérience client ciblée et originale.

Nos vendeurs à domicile créent des pop-up stores de quelques heures chez nos consommateurs. Chaque évènement est l’occasion de passer un bon moment entre amis et de découvrir une sélection exclusive de vêtements. Barlenn utilise la vente à domicile pour recréer un lien direct avec les consommateurs et fédérer une communauté grâce à des concepts originaux.

Comment vous avez eu l’idée de créer Barlenn?

Barlenn est né du constat que la relation entre les marques et les consommateurs se digitalise de plus en plus. Avec Barlenn, on a voulu redonner de la valeur à l’expérience d’achat en apportant convivialité, conseil et proximité.  La vente à domicile est également un canal de vente très flexible qui nous permet de déployer des ventes rapidement.

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Comment fonctionne la plateforme  ? 

La plateforme est un outil qui nous permet de faciliter l’organisation des ventes et la communication avec nos conseillers.

Les consommateurs peuvent directement s’inscrire sur la plateforme. Nous leur proposons nos concepts d’évènements puis un conseiller prend contact avec eux.

La plateforme est en train de s’enrichir mais c’est encore en cours.

Comment sélectionnez-vous vos créateurs  ?

Barlenn est un mot breton qui signifie « le vêtement du travailleur ». Pour nous c’est un vêtement de qualité qui est lié à un savoir-faire. Nous sélectionnons les marques que nous aimons et que nous pourrions acheter. Parmi elles, il y a des créateurs en devenir, des fabricants plein de talents et des marques oubliées.

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Quelques noms ?

Cae qui est une marque de prêt à porter.

Nous organisons un gros évènement avec des marques d’ici un mois. Pour en savoir plus je vous invite à vous inscrire sur : Barlenn.com

Favorisez-vous le made in France ? 

Non. On favorise la qualité et le talent. En France, il y a beaucoup de savoir-faire et de très beaux produits qu’on a plaisir à distribuer. Mais il y a aussi d’autres pays qui font de très belles choses et qui les font différemment. Ça fait partie de notre richesse de les partager avec notre audience.

Comment recrutez-vous vos conseillers ? Quels avantages pour eux ?

Les conseillers que nous recrutons ont la mission de transmettre nos valeurs. Nous recherchons des personnes qui aiment le contact social et qui ont la passion des beaux produits. Ils bénéficient d’une rémunération liée au chiffre d'affaire qu'ils réalisent et des avantages exclusifs que nous avons avec nos marques partenaires.

popup-store-barlenn

Je fais un événement chez moi, comment allez-vous procéder pour sélectionner des vêtements qui me ressemblent et qui conviennent à mes amis ?

Nos conseillers connaissent nos produits mieux que personne. C’est eux qui vous accompagneront pour sélectionner les produits et les marques qui vous conviendront le plus.

Barlenn c’est avant tout une question de conseil et de relationnel.

 

Qu’apportez-vous aux marques partenaires de Barlenn ?

Nous permettons à nos marques partenaires de recréer du contact avec leurs consommateurs. Elles se positionnent au plus près des consommateurs pour valoriser leurs produits et leur savoir-faire. Les marques développent leur notoriété et positionnent leur image. La richesse et l’originalité de nos concepts de ventes permettent de recréer de la fidélité entre les marques et les consommateurs.

Quel est votre modèle économique ?

On réalise une marge sur nos ventes.

L’avenir de Barlenn ?

 On souhaite développer notre réseau sur tout le territoire français et faciliter l’accès de nos clients à des espaces d’achat privilégiés. Barlenn veut faire de chaque expérience d’achat un moment exceptionnel. Les outils numériques que nous développons nous aideront à atteindre ce but.


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La réalité augmentée et la fashiontech

A l'heure ou les innovations technologiques révolutionnent le monde de la mode ; un procédé audacieux et prometteur attise toutes les curiosités : la réalité augmentée !

Que ce cache t-il derrière cette nouvelle innovation, comment se manifeste t-elle ? Et surtout, qu'elles surprises va t-elle nous réserver ?

Nous avons donc planché sur le sujet pour vous préparer un article tout frais, prêt à consommer !

Mode in Motion : une montre virtuelle à votre poignet

ModeInMotion

C'est une PME de Besançon qui lance le concept sur son site vitrine e-commerce , Mode-in-motion ! Vous pouvez dorénavant essayer vos montres chez vous, confortablement installé devant votre ordinateur grâce à la réalité augmentée. Télécharger en un clic votre bracelet d'essai sur le site, puis admirer le modèle sélectionné sur votre écran. C'est magique !

Un millier de modèles de marques réputées (Casio, Festina, Fosssil, ...) vendues par le biais du site de la boutique, deviennent dorénavant  "essayables" sur un écran d'ordinateur et très prochainement sur des smartphones (IOS et Androïd).

Une fois que vous avez jeté votre dévolu sur une montre, il vous suffit de télécharger et d'imprimer le bracelet d'essai disponible sur le site. Une fois attaché à votre poignet, vous le placez devant le capteur photo/vidéo de votre ordinateur ou smartphone, afin qu'ensuite la montre sélectionnée vienne se placer, taille réelle, sur votre poignet. Magique je vous avais dis !

Après avoir fais un selfie à vos amis, histoire d'avoir leur avis, il ne vous reste plus qu'à commander la dite montre, que vous recevrez par la poste ou en vous rendant dans la boutique.

Bientôt la même chose pour le vestiaire ? Patience ...

Pour en savoir plus, allez voir du côté de Mode-in-Motion.

Sur le même sujet, je vous invite à voir ce que nous prépare Apple.

RideOn : la réalité augmentée sur les pistes

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casque réalité augmentée
casque
casque réalité augmentée Ride on

La réalité augmentée s'invite sur les pistes de ski. En effet, une start up israélienne devrait lancer en septembre prochain, un masque doté d'un écran capable d'afficher des informations en réalité augmentée.

Muni de ce casque sur la tête, vous aurez le loisir de vous lancer des défis en affichant des pistes de slalom virtuelles,  de localiser vos amis sur les pentes enneigées, que le temps soit clair où enfoui dans un brouillard cotonneux, d'envoyer des messages à vos contacts (uniquement en Bluetooth par l'intermédiaire de votre smartphone), d'afficher diverses informations relatives aux pistes empruntées (météo, temps d'attente aux remontées mécaniques, position des chalets ou des sapins ...). At last but not least, vous filmerez vos exploits afin de les partager sur les réseaux sociaux.

Pour ceux et celles qui meurent d'impatience d'essayer le Rideon, il faudra attendre la saison prochaine et débourser la modique somme de 899 dollars.

Reste à savoir comment le RideOn s’intégrera à l’infrastructure des pistes pour récolter, afficher toutes ces informations et en cas de prise dans une avalanche, faciliter votre positionnement par les secours.

logo Fitle
logo Fitle

Essayage virtuel

Grâce à Fitle, une plateforme de vente en ligne créée par deux français, il est bientôt possible d'essayer des habits sur le net via un avatar en 3D.

Comment ça marche, je vous explique !

D'abord, vous devez vous photographier de face, puis de profil (les 2 côtés), enfin votre dos ... tout cela en gardant vos sous-vêtement.Une fois que vous aurez bien gesticulé, n'oubliez pas de renseigner honnêtement votre poids et votre taille.  Avec ces informations,  Fitle promet de modéliser votre avatar en un temps record.

C'est donc votre avatar qui essaiera pour vous les vêtements que vous aurez sélectionné sur ce site multi marque ; ceux qui iront à votre modélisation 3D, vous ira comme un gant.

Ce n'est pas tout, Fitle retient tous vos achats et essayages, pour ensuite vous soumettre des suggestions en fonction de vos préférences et de votre taille. De cette façon, l'internaute peut ainsi voir si la chemise qui lui plait, se marie bien avec le pantalon qu'il a acheté quinze jours auparavant. Oh, et vous pourrez faire tout ça depuis votre smartphone. Génial non ?

Tentez par l'aventure ? Allez voir du côté de Fitle. En attendant que cela soit possible, entraînez- vous à vous photographier !

A bientôt pour d'autres innovations très wearable !