Rent the Runway

Rent the Runway, un exemple à suivre !

Rent the Runway, c'est l'histoire d'une success story à l'américaine. Considéré par le New York Times comme le "Netflix de la Haute Couture", l'entreprise comptabilise plus de 5 millions de clients, 375 employés et a encaissé plus de 100 millions de dollars en capital-risque.

Le concept

Fondé en 2009, Rent the Runway offre la possibilité aux femmes étasuniennes de devenir la Cendrillon du 21ème siècle.

Dress RTTLe monde a vu une robe.
Nous avons vu une opportunité.

Ce service en ligne permet de louer des robes et accessoires de créateurs. Parmi les 500 références, on retrouve les noms les plus prestigieux comme : Vera Wang,  Narciso Rodriguez, Versace ou encore Balenciaga.

Rent the Runway affiche ses ambitions :

We’re not disrupting an existing market. We’re creating a new one.

Dans cette ère du 21ème siècle, les modes de vie ont évolués (musique, films, automobile, hôtellerie) mais pas les dressings. Rent the Runway propose donc un nouveau modèle, une nouvelle façon de réinventer le magasin, un nouveau mode de consommation.

Ses fondatrices

A la tête de cet empire, deux femmes : Jennifer Hyman (CEO) et Jennifer Fleiss (à la tête du Business Development).

Fondatrices de RTRLes deux Jennifer se sont rencontrées à la Harvard Business School. Lors d'une conversation, elles discutent du fait que les femmes se plaignent souvent de n'avoir rien à se mettre ! Jennifer Hyman avoue alors que sa sœur a déjà dépensé des milliers de dollars pour acheter une nouvelle robe de designer à porter à un mariage, car en dépit de celles qu'elle possédait déjà, elle ne voulait pas être vue sur les réseaux sociaux avec  la même tenue portée plusieurs fois.

L'idée de départ est lancée. Inspirées de l'économie de partage comme Netflix et Spotify, elles décident de l'appliquer à l'industrie textile.

Sans rédiger de business-plan, les filles préfèrent passer à l'action et créent Rent the Runway. Elles effectuent dans la foulée leur première levée de fonds qui atteint un montant de 54 millions de dollars en capital-risque avec des investisseurs tels que American Express ou Conde Nast.

Le business-model : comment cela fonctionne ?

Les clientes peuvent louer des robes et accessoires de luxe depuis le site pour une période de 4 ou 8 jours pour seulement 10% du prix de vente du vêtement. Chaque location comprend la commande d'une taille "de secours" sans coût supplémentaire. A la réception, si la cliente n'est pas satisfaite elle peut obtenir un deuxième vêtement  pour la somme maudite de 32.50 dollars.  Le paquet pour retourner la robe est déjà pré-adressée et pré-payé avec un supplément de 5$ pour l'assurance. Bien sûr, les tarifs comprennent le nettoyage des vêtements.

Un système extrêmement rôdé qui ne s'arrête pas là.  L'entreprise de mode à l'âme technologique valorise 4 étape-clés à son succès :

  1. Des partenariats : Les équipes sont toujours à la recherche de nouveaux designers pour assurer un éventail de choix à leurs clients.
  2. L'ingénierie : Pour aider les clients à s'y retrouver parmi tous ces articles, le site web et l'application sont scrutés en détails par les ingénieurs qui visent sans cesse à en améliorer l'ergonomie. 15 filtres de recherche sont proposés et surtout les avis de la communauté son disponibles.
Avis RTR
Capture d'écran du site

3. Maîtrise de la supply-chain : Chaque étape de la commande est réalisée en interne, ce qui permet un suivi contrôlé et un traitement rapide pour chaque colis. Une fois la pièce revenue, des experts la nettoie, l'inspecte et la recoud si nécessaire.

4. Un apprentissage permanent : Toutes les données récoltées  permettent à l'entreprise d'analyser son service pour perpétuellement peaufiner son modèle et le rendre toujours plus efficace, rapide et flexible.

Grâce à sa bonne gestion, Rent the Runway devient l'un des click and mortar le plus connu des Etats-Unis. Dès  2013, l'enseigne ouvre son premier magasin et compte aujourd'hui 7 points de vente.
Chaque boutique est colorée, adopte les codes du luxe mais n'oublie pas son identité numérique en installant près des cabines des écrans interactifs.

RTR Store

Rent the Runway est également très présente sur les réseaux sociaux qui représentent leur service après-vente. Des stylistes restent disponibles à tout instant via des conversations sur des chats personnalisés. La CEO considère Pinterest et Instagram comme des catalogues virtuels disponibles pour les femmes du monde entier.

Un modèle à copier ?

Grâce à leur succès, les deux entrepreneuses ont décidé d'aider les femmes à connaître la voie de la réussite. En partenariat avec le géant des services financiers UBS Americas, un concours est lancé pour soutenir et encourager les projets des femmes entrepreneurs. Sur les 200 dossiers qui seront pré-sélectionnés les 3 finalistes remporteront une aide financière et un programme de mentorat.

Est-ce que vous aussi cette histoire vous inspire ?
En France des concepts similaires débarquent comme par exemple "Les Cachotières".


LaSlate

Octobre 2015 : la Revue de Presse

Chaque mois, Modelab reprend dans sa revue de presse l'actualité qui a marqué la Fashion Tech. Start-ups, évènements, applications : voici un récapitulatif des articles qui nous ont le plus marqué ces dernières semaines !

Ces innovations qu'on aimerait avoir en France !

  • UNIQLO et son T-shirt qui correspond à votre humeur

UMOODTesté en Australie, Umood permet de trouver le t-shirt en adéquation avec votre humeur. Son utilisation est simple : le client est équipé d'un casque qui examine les ondes cérébrales afin de suivre son état d'esprit. Le client regarde alors une série d'images qui permettront de déterminer son humeur et de recommander une sélection de t-shirts les plus appropriés :

 " Un T-shirt est plus que juste un T-shirt. Il est une expression de qui vous êtes. Où vous avez été. Ce que vous aimez. Et avec des centaines d'éditions limitées de T-shirts à choisir, vous trouverez toujours un qui dit exactement comment vous vous sentez."
  • Like A Glove, le legging qui prend vos mensurations !

LikeaGlove

Le legging Like A Glove résout le problème de ne plus trouver la bonne taille de pantalon sur Internet. Équipé d'un boitier au niveau de la ceinture, celui-ci mesure le tour de taille, de hanches, de cuisses et l'entrejambe. En quelques secondes, les données sont envoyées à l'application dédiée pour proposer les marques et les modèles adaptés à chaque morphologie.

  • La collection Fossil

Les marques haut de gamme s'approprient de plus en plus la FashionTech en ajoutant de la connectivité à leurs accessoires. Cette fois-ci c'est la firme américaine Fossil qui  dévoile une collection de 4 objets connectés : la gamme Q composée de 2 montres et 2 bracelets. Différenciables grâce à un design modern et élégant, les bijoux ont des fonctionnalités basiques comme des notifications lumineuses ou liées au sportech. Chaque pièce est vendue à moins de 200€ (prix unitaire).

Fashion Futures Awards, version US

Fashion Futures AwardsLe webzine WWD (Women's Wear Daily), spécialisé sur la mode, la beauté et les tendances magasins s'est associé à Decoded Fashion pour élire les nominés des Fashion Futures Awards récompensant les innovateurs de l'industrie de la mode.

Selon les organisateurs, l'objectif est que leurs histoires inspirent des leaders de l'industrie de la mode pour qu'elles puissent à leur tour expérimenter les nouvelles technologies.

La liste des candidats balaye 10 catégories telles que la distribution, le design, les applications,  les analyses de données etc. Les noms des gagnants seront dévoilés le 29 Octobre à la suite du Sommet de New York de Decoded Fashion.

Notre start-up du mois : iskn

«  Avec  la  Slate,  votre  crayon  devient  le  crayon  du  futur.  »

Disponible depuis le 1er Octobre, la Slate est le premier produit de l'entreprise grenobloise iskn. Conçue et fabriquée en France, cette ardoise intelligente permet de numériser la trace manuscrite sans ajouter de technologie dans le stylo. En posant une simple feuille ou un carnet sur la Slate et grâce à une bague amovible (the Ring) utilisable avec n'importe quel stylo, crayon, feutre etc. ; le tracé est retranscrit simultanément sur l'application Imagink.  Déjà labellisée "Objet Connecté de l'Année", vous n'avez pas fini d'en entendre parler ;)

 

N’hésitez pas à nous communiquer d’autres articles intéressants qui auraient pu échapper à notre veille, les commentaires sont là pour ça!

 


Ocean Dress / Crédit photo : Marc Lamey (http://www.marclamey.com/) - Modèle : Ruby Soho (http://rubysoho.portfoliobox.fr/)

La FashionTech avec Alice Giordani de Smooth Wearable

Alice Giordani est une actrice incontournable de la FashionTech. A la fois, auto-entrepreneuse, bloggeuse, créatrice et vice-présidente de la Fédération FashionTech, elle nous raconte son actualité et ses projets.

Quelles sont tes activités professionnelles ?

Depuis 3 ans, je suis auto-entrepreneuse en tant que consultante et développeuse web. Passionnée d’IoT (Internet of Things) ou web 3.0, qui consistent à faire des systèmes internet qui sont reliés à des objets physiques, j’aimerais faire avancer les choses afin que les gens soient de moins en moins devant un écran tout en profitant des nouvelles technologies. Depuis un an, je suis également intervenante dans des écoles d’informatiques sur des matières de programmation.

Par ailleurs, depuis bientôt trois ans, je m’intéresse tout particulièrement à l’électronique appliquée au textile. Je suis partie du constat qu’il n’y avait très peu de documentations et d’éléments en français concernant ce domaine. Du coup, à travers mon site Smooth Wearable que j’ai ouvert il y a 1 an, j’ai voulu communiquer autour de l’e-textile en France. Je suis entièrement autodidacte sur ce sujet et j’aimerais produire plus de contenus dans les prochains mois, même si la matière présente est déjà intéressante. Mon site est moins orienté fashion mais plus DIY et découverte de l’électronique textile et systèmes embarqués en général.

Smooth Wearable

Je fais des expérimentations au DataPaulette, au sein du Jardin d’Alice, qui est un hackerspace textile où j’apprends beaucoup, entourée de gens passionnants. Je co-organise avec Florian Briand des ateliers e-textile à La Paillasse pour le TEXTILab. Je fais également partie de l’association Fédération FashionTech  via laquelle j’obtiens une nouvelle visibilité en faveur du développement de mes vêtements intelligents. Je m’inscris parfaitement dans une démarche de partage open source et toutes mes créations sont dictées par le développement durable en général. Etre entourée de personnes motivées, dans des hackerspaces et fablabs, où chacun s’enrichit de connaissances communes, me permet d’avancer sur mes créations et mon site.

Quel est le but de l’association « Fédération FashionTech » ?

Le but de l’association est d’avoir une voix commune tout simplement. Cela implique beaucoup de choses comme réseauter, fédérer des personnes autour de mêmes sujets, regrouper des informations, se faire connaître, avoir une meilleure visibilité, créer ensemble, avoir plus de poids pour ne pas se faire étouffer par les géants des industries techno ou textiles. Nous voulons démocratiser la FashionTech en France.

Quelles sont les actions menées par cette association ?

Les actions que nous menons pour le moment sont principalement la participation à des évènements. Le mois de Septembre a été assez chargé !

Il y a eu Interlaced à Londres, organisé par le collectif Interlaced dont fait partie Noémie Balmat (@noemiebalmat). Ce fut un salon très intéressant puisqu’il était ouvert au grand public et a regroupé des pionniers de la mode, accès innovation textile, systèmes embarqués, wearables…

Ensuite, il y a eu Who’s Next, le salon de mode parisien avec une journée dédiée à la FashionTech. C’est Annick Jehanne, fondatrice de Hub Mode, qui a ouvert les portes de ce salon à l’association.

Le 13 Septembre, je me suis rendue au défilé FashionTech à Dublin pour présenter l’Ocean Dress, une robe lumineuse éco-responsable, parmi d’autres création des membres de l’association. C’est une robe alimentée par des panneaux solaires, soit une énergie propre, et faite à partir de matériaux de récupération (sachets plastique, filets de pêche, toile de patronage). C’est une robe que j’ai réalisé à la Paillasse, dans le cadre des rendez-vous TEXTILab chaque jeudi soir, en collaboration avec Fang Yang de Hall Couture & Valérie Marsaudon de Studio Maximars. Le message que nous avons voulu faire passer avec cette robe est qu’il est possible de combiner progrès, technologie et environnement.

Ocean Dress 2
Crédit photo : Marc Lamey (http://www.marclamey.com/) - Modèle : Ruby Soho (http://rubysoho.portfoliobox.fr/)

Du 18 au 20 septembre, il y a eu le Greenathon, organisé par WAIR avec Caroline Van Renterghem et en partenariat avec Alice Gras de Hall Couture et d’autres acteurs ainsi qu’en partenariat avec Smooth Wearables. En plus d’être partenariat média, j’ai été mentor pour aider les équipes à mettre en place leur projet. Cette initiative qui rassemble beaucoup d’acteurs de l’association est complètement dans l’optique de développement durable, des nouvelles technologies et d’une démarche sociétale différente. J’ai particulièrement aimé cet événement pour son côté hackathon et le matériel proposé qui était très riche. Mes coups de cœur sont pour les projets Smartglove, un gant clavier, et Jungle, une salopette réalisée par mes collaboratrices de l’Ocean Dress, Fang et Valérie, ainsi que Thomas et Emmanuelle, avec une mixité des matériaux intéressante (impression 3D, bio-plastique…).

Smartglove
Source : https://www.facebook.com/Fashion-Tech-Showroom-Paris-351798608346832/timeline/

Puis le 26 Septembre, il y a eu le FashionTech Showroom organisé Alice Gras et Claire Eliot, où j’ai exposé l’Ocean Dress avec mes collaboratrices et présenté mes créations et mon site. Encore une belle occasion de présenter les initiatives mode innovante, tech et éthique !

Salopette
Source : https://www.facebook.com/Fashion-Tech-Showroom-Paris-351798608346832/timeline

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En Octobre, nous avons été présents à la FashionWeek de Beijing et à la Maker Faire de Rome.

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Quel est ton avis sur la FashionTech ?

Ocean Dress 3
Crédit photo : Romain Dona - Modèle : Alice Giordani

.Ayant un profil plus tech, je pense que ce n’est pas évident pour les milieux de la mode et de la technologie de communiquer : ce n’est peut-être pas bien vu dans la tech’ de faire de la mode et inversement mais les deux se rejoignent indéniablement en ce moment. Les personnes avec qui s’est montée l’association, sont vraiment dans cette optique de réunir les deux univers : de faire de l’innovation textile, de mettre en place de nouveaux process et pour cela il y a forcément besoin de personnes techniques. La FashionTech commence aujourd’hui mais va vraiment faire partie intégrante du futur.

En dehors de mes activités et des personnes avec lesquelles j’échange actuellement, la société est en train d’évoluer. La FashionTech est de moins en moins un marché de niche. Par exemple, Google avec le projet Jacquard, nous prépare le terrain ; ou encore Apple avec la Watch alors que les montres connectées existent depuis longtemps. D’une certaine manière, ils rendent la FashionTech accessible au grand public, ils attisent la curiosité des gens et nous allons forcément en profiter.


Les Nouveaux Ateliers

Les hommes à la mode 2.0

La mode réservée aux femmes ? Préjugé ! Depuis quelques années, les marques essayent de séduire les hommes et y parviennent. Aidé par l’effervescence du numérique et de nouveaux modèles, le marché du prêt-à-porter masculin voit son chiffre d'affaires augmenter d'années en années.

Alors comment séduire les hommes à la mode 2.0 ?

Portrait du consommateur type

Dans une étude réalisée par CCM Benchmark pour l'enseigne ChicTypes : pour 78% des hommes interrogés, se sentir bien habillé au quotidien est un critère important alors que seulement 50% d'entre eux avouent aimer faire les magasins. Pourquoi cet écart si important ?

Etude PAP Homme
Cliquer sur l'image pour l’agrandir.

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L'étude entière révèle que le public masculin n'apprécie pas faire du shopping pour les raisons suivantes :

  • un manque d'intérêt pour cette activité considérée comme une perte de temps
  • la difficulté de choisir parmi une large gamme de produits
  • le fait de ne pas trouver ce qu'il cherche
  • le manque de temps pour essayer et se décider

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Sur Internet, certains points énervent également ces messieurs comme :

  • une perte de temps liée à la recherche
  • une déception face à la non-conformité
  • le fait de ne pas pouvoir essayer

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Ces éléments négatifs ressortent parce que le consommateur masculin est différent de la consommatrice de mode. Lui :

  • sait ce qu'il veux
  • cède moins aux achats impulsifs
  • est moins sensible à la Fast Fashion et préfère acheter des pièces intemporelles
  • pose plus de questions sur les produits
  • aime prendre le temps pour choisir et également solliciter une personne de son entourage pour obtenir son approbation.

.D'après le directeur des achats MrPorter.com, Toby Bateman :

""Beaucoup d'hommes veulent des conseils. Et si vous leur donnez les bonnes réponses, ils dépenseront de l'argent. Par ailleurs, ils apprécient que leur expérience soit rapide et sans stress. Tout est question de facilité."

Et avec Internet, il est possible aujourd'hui de proposer des offres à la fois faciles, rapides et efficaces. François Soubien, associé Conseil en Stratégie chez PwC, le confirme, les entreprises qui se lancent sur le marché de l'habillement masculin "ont raison d'y croire car le digital offre une expérience client différent, une possibilité d'accéder plus facilement aux produits et de faciliter l'acte d'achat du client".

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 A la recherche d'inspiration

Comme le montre l'étude précédente, 71% des hommes préparent leur achat. Pour cela, Internet est la 1ère source d'inspiration avec notamment les blogs qui regorgent de bonnes idées .

Dans le top 3, on retrouve :

  1. Comme un camion : le pionnier qui abreuve les 18-35 ans de conseils pratiques et de sélections mode très in.
  2. Very Good Lord : le chic avant tout. Un blog qui mise sur l'élégance et apporte des conseils de style et une vision globale sur l'art de vivre au masculin.
  3. Bonne Gueule : le 1er site de mode français masculin indépendant.

Fondé en 2007, Bonne Gueule prodigue des conseils de mode. Très vite, ils ont eu la bonne idée d'évoluer en collaborant avec d'autres marques pour proposer leurs produits avant de se lancer dans leur propre marque de vêtements.

Bonne Gueule
Retrouvez l'article écrit par Fabrice Jonas sur Comment le digital a modifié notre manière d'acheter la mode ?

En plus des blogs, Instagram devient une source d'inspiration de plus en plus importante pour la mode masculine. Le site The MenLook Tribune a listé les 10 comptes à suivre.

MENLOOK-Instagram-02-iamgalla

Les bonnes adresses

Ainsi, les sites en ligne dédiés aux hommes n'ont cessé de se multiplier depuis quelques années. Difficile alors de s'y retrouver. Pour cela, l'Express a présenté sa liste des 10 sites de mode à connaitre absolument.

Sans surprise, on retrouve en n°1, le leader européen Menlook. Le site affichait en 2014, plus de 17 millions de visites avec un panier moyen de 210 Euros pour plus de 400 000 clients.  Des chiffres qui laissent rêveur et montrent le potentiel de ce secteur.

Outre le prêt-à-porter, d'autres marchés sont aussi intéressants comme la cosmétique avec l'e-shop Horace ou bien la lingerie avec Solendro, une marketplace pour sous-vêtements.

Les produits 100% FashionTech

Évidemment, le digital n'apporte pas que des changements dans la façon de consommer la mode mais aussi dans sa création et sa distribution.

Voici 3 exemples de produits 100% FashionTech faits exclusivement pour les hommes :

  • DUOO, la marque française du boxer innovant et élégant qui protège des ondes des smartphones. Leur mission "Sauvons ce que l'homme a de plus précieux !".
    Soutenez leur campagne de crowdfunding ici.

  • Les Nouveaux Ateliers, une marque de costumes et chemises sur-mesure. Leur procédé en  3 étapes utilisent une cabine de mesures en 3D.

  • Chic Types : Un service qui évite de se rendre en magasin grâce à une styliste qui propose des looks individualisés, la réception chez soi d'une malle avec une tenue complète et une semaine pour essayer les vêtements.

 

En somme, pour séduire les hommes à la mode 2.0, il faut les comprendre. C'est une clientèle exigeante, moins impulsive pour les achats et qui aiment prendre le temps de choisir et surtout d'être conforté dans ses choix. Les sites doivent donc regorger de conseils et de produits associés.


Nexus

Sabine Seymour : "We are the Nexus between silicon & style"

Pionnière de la FashionTech, Sabine Seymour est décrite comme une innovatrice et créatrice de tendances. Depuis plus de 20 ans, elle explore le domaine de la mode intelligente. Récemment, elle a dévoilé une partie de ses recherches portant sur un capteur qui pourrait bien révolutionner la mode de demain.

Retour sur son parcours...

Portrait Sabine Seymour

Tout juste diplômée de l'Université de New York (NYU), Sabine Seymour lance en 1998 : Moondial, un cabinet de conseil sur l'intégration des technologies dans la mode. Les projets se concentrent autour de la conception de vêtements intelligents, les concepts et la direction créative pour les environnements en ligne ou en réseau, les stratégies commerciales... Elle travaille alors auprès d'entreprises internationales telles que HP, Intel ou Motorola.

Soucieuse de partager ses connaissance, elle est à l'initiative  de l'introduction des cours : Fashionable Technologies à la Parsons School of Design  de New York et à l'université des arts appliqués en Autriche.

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Également docteur en sciences économiques et sociales, elle  compte  à son actif 3 publications majeures :
  • Fashionable Technology – The Intersection of Design, Fashion, Science, and Technology (2009) : Étude de l'interaction entre les textiles électroniques et la technologie portable.
  • Functional Aesthetics: Visions in Fashionable Technology (2010)   : Présentations et exemples de projets visionnaires dans le domaine de la mode améliorée.  L'ouvrage liste différentes conceptions portant surtout sur leurs aspects esthétiques et fonctionnelles.

  • Computational Fashion: Topics in fashion and wearable technology (2014) : L'ouvrage recouvre les publications de Eyebeam, laboratoire de R&D dont elle est membre, sur la technologie portable et la mode.

Lors d'une conférence TED sur le thème "The Beauty of the 2nd Skin", elle dévoilait ses ambitions et sa vision sur la FashionTech :

Depuis elle a lancé Moonlab, un Original Design Manufacturer (ODM - soit un producteur de concepts d'origine), qui fabriquera un produit en marque blanche.

Softspot, une nouvelle innovation

En septembre dernier, pour le lancement de sa nouvelle montre connectée la marque Huawei faisait appel à Sabine Seymour pour révéler comment l'intégration de la technologies va transformer nos gardes-robes.  La futurologue de la mode évoque alors des vêtements intuitifs, personnalisables, esthétiques et durables avec croquis à l'appui.

Peu de temps après, elle dévoile Softspot produit par Moonlab.

SoftSpot est la première wearable tech directement intégrée au vêtement. L’écosystème SoftSpot connecte le textile avec l’Internet des Objets et transforme instantanément le vêtement en un système de capteurs intelligents.

Le Softspot est donc un système de capteurs imprimés sur tissu qui transforme instantanément tout vêtement en un accessoire interactif. Il est transparent, invisible et sans fil connecté et apporte les fonctions de la technologie portable. Il pourra, par exemple, réguler les facteurs environnementaux et biométriques, en mesurant la qualité de l'air et le taux d'UV et permettre au textile de s'adapter à l'environnement.

Softspot
Cette innovation de rupture, comparée à celle de la fermeture éclair, commencera sa production pour la FashionWeek de New York. L'entreprise est basée à New York, qui regroupe l'interface client et le marketing, tandis que le design du produit est effectué en Autriche, le pays natal de Sabine.

Pour en découvrir davantage, voici une interview accordée par Sabine au sujet de  Softspot :


Fashion Week & Tendances Tech' - Part2

Part2: Cette semaine Modelab s'intéresse aux techniques de communication novatrices mises en place par les marques de mode pendant la Fashion Week, et vous présente le meilleur de leurs expérimentations pour valoriser leurs productions.

Nouveaux usages liés aux nouvelles techno : jeux d'image et enjeux de notoriété pour les marques.

En dehors des défilés, le spectacle continue avec les photographies street styles.

Picture: Whitney Valverde
Picture: Whitney Valverde

Ici la blogueuse Whitney Valverde met en valeur des pièces tech' de la marque Cute Circuit. Sa veste est "anti-paparazzi", confectionnée dans un textile innovant qui réagit aux flashs, elle permet de plonger le visage dans l'ombre sur les photographies.
La Fashion Tech' se porte dans la rue! Venir incognito aux Fashion Weeks est-ce vraiment le principe? ;)

"Anti paparazzi" by Cute Circuit
"Anti paparazzi" by Cute Circuit

Un des éléments importants dans la communication, est la mise en place de partenariats stratégiques, pour servir l'image des entreprises.
Pendant la Fashion Week New-Yorkaise, Marc Jacobs se rapproche de Vênsette, service dédiée à la beauté. Vênsette permet en quelques clics de prendre rendez-vous avec un maquilleur et/ou coiffeur professionnel, qui rejoint le client à son domicile. Pendant la semaine de la mode, les équipes de Vênsette travaillaient exclusivement à partir des produits de Marc Jacobs, ce qui a permis à la marque de faire connaître ses produits à une large audience de personnes, sensibles au monde de la beauté et adeptes de procédés novateurs.
La marque Rag + Bone a quant à elle ouvert son défilé à des utilisateurs New Yorkais d'Uber, qui ont pu recevoir une invitation en utilisant un code promotionnel le lundi à 17h30 sur la plateforme d'Uber.

Communiquer, c'est aussi jouer avec les images.

Dolce & Gabbana
Selfies sur le podium de Dolce & Gabbana

Chez Dolce & Gabbana, les mannequins ne cherchent pas à conserver un visage dénué d'expression, elles s'amusent et se mettent en scène, prenant des selfies pendant le défilé, qui sont projetés en arrière plan. Cela rajoute encore un point de vue sur l'événement qui est en train de se dérouler. La collection est inspirée de toute l'Italie, les tenues sont comme des cartes postales, et les modèles immortalisent elles-même ce moment.

La mode en Musique !

Pour développer leurs univers, les marques de mode sont friandes d'échanges avec les artistes musiciens.

A Londres, pendant la Fashion Week, la marque Hunter organise aussi des concerts et utilise l'application Periscope pour présenter des lives des groupes Tropics, Oscar et Fear of Men.

Twitter Hunter

Burberry a été la première grande marque à créer une chaine sur Apple music. Par ce biais, elle présente des artistes anglais et renforce son univers artistique. En plus de l'organisation de son défilé, la marque capture le live de l'anglaise Alison Moyet afin d'en diffuser la vidéo sur Apple Music.

Expérimentations technologiques pour vendre différemment des produits de mode

Toujours chez Burberry, qui est décidément la marque qui intègre le mieux les technologies dans sa stratégie marketing,  la commercialisation de la ligne beauté de la marque fait appel à Kakao. Cette application, principalement utilisée en Corée, a permis à ses utilisateurs d'acheter en direct pendant le défilé les produits de beauté Burberry.

Parmi les partenariats avec des applications, celui de Topshop avec le réseau social Pinterest est particulièrement créatif. L'enseigne propose une palette Pinterest qui propose des articles en fonction des tendances et des choix de l'utilisateur.

Topshop pinterest
Palette Pinterest X Topshop

Réseau chéri des amateurs de mode, Instagram était bien sur très utilisé pendant ce mois de Fashion Fête. Pendant le défilé de DKNY, les clients qui utilisent Instagram Direct ont pu par ce biais demander à la marque toutes les informations complémentaires sur les pièces qui attiraient leur attention pendant le show, dans un dialogue personnalisé. Une expérience qui ouvre de nouvelles perspectives pour ce réseau.

2 shot of DKNY Instagram Direct campaign

Chez House of Holland, des VIP se sont vus fournir en plus de l'invitation au défilé une bague tout à fait particulière. Ce bijou réalisé avec Visa, permettait de prendre en compte leurs commandes sur place, et leur a permis de repartir avec les pièces de leurs choix à la fin du défilé.

Alexa Chung, qui commande une pièce de la collection de House of Holland, en apposant sa bague sur la broche de la tenue.
Alexa Chung, qui commande une pièce de la collection de House of Holland, en apposant sa bague sur la broche de la tenue.

Henry Holland s'inscrit dans la Fashion Tech', en incorporant à ses tenues une touche de technicité sans laisser de côté son travail esthétique.

Pendant 4 semaines, nous avons pu voir de nombreux exemples qui montrent que les Fashion week sont pour les grandes marques de mode l'occasion d'innover dans leurs designs, dans leurs communications et dans leurs commercialisations.

La Fashion-Week, c'est tout un langage,  et pour vous y retrouver, Stylight a mis en place un Guide Fashion Week, qui vous fournira le glossaire indispensable!

Retrouvez ici la 1ere partie de l'article, qui présente les défilés les plus innovants de Londres, New-York, Milan et Paris.
Nous l'avons mis à jour, on y parle notamment du show de Iris Van Herpen, une des stylistes les plus prometteuses !

 


Beacon4Store

Beacon 4 Store, une plateforme de marketing de proximité !

Créée en 2011 par Christophe Verdier et Patrick Chatanay, la société Ezeeworld est une agence qui développe des solutions spécifiques innovantes sur le marché du marketing de proximité. Leur volonté est de simplifier l’accès aux technologies mobiles, particulièrement pour les magasins.

Quelle est la mission d’Ezeeworld ?

Ezeeworld était originellement une société de développement dans le monde de l’embarqué. Puis, au fur-et-à-mesure des années, nous nous sommes spécialisés dans le développement de logiciel à destination du retail. Nous voulions répondre à la problématique : Comment générer du contact à partir du smartphone, clairement rattaché à un humain, dans un point de vente ?

Grâce à notre plateforme BeaconForStore, qui est une plateforme logicielle complètement intégrée, nous pouvons créer des interactions et des nouveaux usages dans un point de vente. Cette plateforme repose sur la technologie Beacon, c’est-à-dire des boîtiers qui sont placés dans des lieux physiques et qui ont la particularité de pouvoir émettre un signal qui est reconnu par un smartphone, qui, quand il se situe à proximité peut générer une notification. A défaut d’envoyer une notification, il peut tout simplement compter le passage et récupérer cette information utilisable ultérieurement.

Cette plateforme de marketing de proximité invite finalement à notifier au bon moment, au bon endroit, le bon message à la bonne personne. Nous refusons de faire du spam. Ce que nous voulons c’est comprendre l’individu qui rentre dans le point de vente et lui diffuser un message qui correspond à son besoin. Nous sommes dans l’ultra contextualisation de messages en point de vente.

Filtres MC

Comment faites-vous pour offrir des messages si personnalisés ?

Pour arriver à personnaliser les messages, notre particularité est que nos SDK (Software Development Kit – lignes de codes mises dans les applications partenaires) ont la capacité d’analyser tout le parcours digital d’un mobinaute, c’est-à-dire comprendre son comportement de navigation et finalement son appétence, en se basant sur ses envies et son historique de navigation sur son téléphone. Nous allons être capables de corréler cela avec son parcours physique.

Concrètement quand l’utilisateur passe devant le beacon A, nous pouvons savoir quelles sont ses expériences de navigation dans l’application partenaire de l’enseigne pour lui envoyer un message qui lui correspond. Autrement, le client nous pousse des données CRM qui va nous permettre de proposer des contenus qui correspondent au profil du consommateur qui est devant le beacon.

Est-ce vous qui fabriquez les beacons ?
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Beacon rouge.
Notre particularité c’est que nous maîtrisons l’ensemble de la chaîne de valeur : à la fois la création du beacon mais aussi la suite logicielle qui permet d’interagir avec l’objet. Cet avantage fait partie de notre ADN. Maitriser l’objet, c’est avant tout pouvoir proposer des fonctions logicielles bien plus évoluées : sur la performance de l’information, le moment où l’on va envoyer le message, la sécurité du message envoyé, la mise à jour du parc déployé etc. Ainsi, nous pouvons répondre plus facilement aux différentes normes des entreprises. De plus, tout le design, l’électronique et l’assemblage se font en France. De même que 100% de nos équipes de développement sont à Paris.

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Quelles sont vos cibles ?

Avant tout, nous nous inscrivons dans la deuxième vie des applications.

Nos clients sont de plusieurs types :

  • Ceux ayant déjà développé une application : Ils ont beaucoup investi pour créer leur application et amener les utilisateurs à la télécharger. Ils sont dans une dynamique où ils ont besoin de faire vivre leurs applications, d’apporter un nouvel usage ou un nouveau service à leurs consommateurs.
  • Ceux qui ont de nombreux points de ventes : Ils sont soucieux d’amener de nouveaux usages en points de vente et de dynamiser le retail physique. Ils vont donc se servir du mobile pour parvenir à cet objectif-là.
  • Ceux qui ont à la fois le réseau de distribution et l’application correspondante : ce sont des distributeurs ou de grosses enseignes. Ils représentent la majorité de nos clients.

Nous rapprochons aussi des clients qui ont des points de vente mais sans applicatif, comme les Maisons de la Presse, de ceux qui ont des applications mais sans point de vente, comme les Editeurs de Presse. Leur collaboration permet que l’un prête son véhicule applicatif pour pouvoir créer des interactions quand le consommateur arrive dans le lieu physique.

Pouvez-vous nous citer quelques références clients ?

Justement, nous avons travaillé avec les Maisons de la Presse qui ont effectué un déploiement massif en s’équipant de plus de 5 000 beacons  et, qui avec des applications partenaires, créent des interactions pour générer des offres de proximité.

Nous travaillons beaucoup avec Vente Privée. Pour leur entité Vente Privée Le Pass, qui est leur plateforme de mise en relation de commerces de proximité et de leur audience Vente Privée, nous avons développé, en plus de la partie beacon, une partie applicative. Nous offrons la capacité à des petits commerçants de publier sur la plateforme Vente Privée Le Pass une offre exclusive à tous les clients mobiles Vente Privée. En plus, grâce aux beacons déposés dans chaque point de vente, cela va permettre à l’utilisateur qui passe à côté de réveiller son application et de lui notifier qu’il y a une vente exclusive qui se déroule à proximité.

LePass

Quelles sont vos perspectives de développement ?

Actuellement, nous sommes en pleine croissance surtout grâce à la partie beacon. Nous travaillons en permanence sur des travaux de R&D autour de cette technologie. Par exemple, nous sommes déjà compatibles avec Eddystone, qui est la norme Google autour de la technologie beacon ou encore avec l’Apple Watch. Nous développons  des objets particulièrement innovants qui vont permettre de démultiplier les usages en points de vente autour d’autres technologies complémentaires reliés à l’Internet des Objets autour de LoRa. Nous allons pouvoir créer des maillages de beacons qui vont nous permettre d’aller plus loin dans la proposition de valeur en points de vente. La R&D fait partie de notre ADN, nous sommes très attentifs à garder cette longueur d’avance qui nous définit. Nous avons déposé plusieurs brevets : Ce sont plusieurs brevets déposés autour de technologies de détections du signal, de sécurisation, pour les mises à jour des beacons…

Sur la partie commerciale, nous venons d’ouvrir un bureau en Californie. Le marché est largement mûr et les distributeurs sont totalement aguerris sur la thématique du beacon.

Comment pressentez-vous l’évolution  du marché ?

Nous sommes dans un marché où le commerce physique a plus que jamais besoin d’exister. Bien que le e-commerce et le m-commerce se développent, nous sommes de plus en plus attachés à la contextualisation du message et la valorisation du client.

L’enjeu pour les enseignes aujourd’hui est de comprendre le client le plus possible et de lui proposer rapidement un message qui correspond à son besoin. Bien sûr, Ezeeworld ne détient pas 100% des réponses mais nous avons de nombreux outils pour y contribuer.

Aujourd’hui, tous les acteurs de la distribution sont en pleine mutation et s’orientent vers ces thématiques-là en cherchant des technologies pour y répondre. Le beacon est l’un de ses moyens et nous y croyons fortement.


Fashion Week & Tendances Tech' - Part1

Les tendances mode féminine de l'été 2016 sont analysées par tous les médias depuis le 8 Septembre (lancement de la Fashion Week de New-York) et jusqu'au 7 Octobre 2015 (fin de la Fashion Week Parisienne). De NYC à Paris en passant par Londres et Milan, nous avons suivi les présentations des collections et observé les nouvelles tendances Tech' ! Voici un condensé de tout ce qu'il ne fallait pas louper pour comprendre l'évolution du monde de la mode...

PART 1 :  Cette semaine on observe les créateurs qui conçoivent la mode du futur, et comment la Fashion Week mute au contact des nouvelles technologies.

La technologie comme source d'inspiration pour les créateurs

Les stylistes sont influencés par leurs époques. Parmi les collections présentées cette saison, beaucoup réagissent à notre environnement hyper-connecté, certains en y faisant directement référence.

photo Dazed & Confused
Jefferson Hack pour Each X Other

La marque Each X Other fonctionne comme une maison d'édition et propose pour l'été 2016 une collection de vêtements réalisés par le créateur Jean-Charles de Castelbajac et l'artiste et poète Robert Montgomery. Ici la pièce «  Hack the system » conçue par Jefferson Hack (co-fondateur des mythiques magazines Dazed & Confused et AnOther) est un clin d'oeil et appel pour un élan rebelle et créatif. 

A Londres, Claire Barrow met en scène un univers post-tech, dans lequel elle présente ses vêtements dans une ambiance sombre et exaltante.

Image New York Times
Anrealage - collection Printemps Eté 2016

Sur la scène parisienne, l'un des défilés marquant a été celui du japonais Anrealage. Celui-ci soigne toujours ses dispositifs scéniques et s'intéresse depuis longtemps à la lumière. Son défilé présentant sa collection SS16 (Spring Summer 2016) fait appel au public pour un show interactif et poétique.

anrealage album Facebook
Anrealage SS16, image à gauche prise avec le flash

En éclairant les pièces qui défilent avec le flash des smartphones, des subtilités invisibles auparavant apparaissent.
Dans notre monde actuel où l'on regarde de moins en moins la réalité en face et de plus en plus à travers des écrans, le dispositif pensé par Anrealage est fascinant. 

Toujours à Paris, Hussein Chalayan fait sensation avec ses tenues qui changent de formes quand les mannequins prennent une douche sur le catwalk, avant de reprendre le défilé, trempées mais hyper élégantes.

LE défilé qu'on attendait le plus fébrilement chez Modelab était celui de la talentueuse Iris Van Herpen. Pendant celui-ci, des imprimantes 3D s'occupent d'habiller l'actrice Gwendoline Christie, connue pour son rôle dans Games of Thrones.

Impression d'une robe en 3D pour Gwendoline Christie. Photographie de Benoit Tessier pour The New York Times.
Impression d'une robe en 3D pour Gwendoline Christie. Photographie de Benoit Tessier pour The New York Times.

Certaines marques de mode ont mises en place des collaborations spéciales avec des entreprises reconnues pour leurs technicités afin de créer des vêtements innovants.
A New-York, la robe de Zac Posen réalisée en partenariat avec Google et Maddy Maxey (mentor de Made with Code) , est le premier modèle présenté pendant la Fashion Week possédant des leds. L'éclairage de celles-ci crée différents motifs, l'inspiration de ce modèle est Los Angeles by night: vidéo sur le compte Instagram de la marque.

L'Adrenaline dress et la brassière de Chromat X Intel
L'Adrenaline dress et la brassière de Chromat X Intel

Pendant la Fashion-Week de NYC, Intel était incontournable. Ce géant de la micro-électronique a été récemment nommé à la tête du British Fashion Council (qui a travaillé à la reconnaissance de Londres comme capitale de mode et contribué à la création de la Fashion Week british). L'entreprise collabore avec la marque expérimentale et trendy Chromat. Ensemble, elles créent une brassière sportive qui s'adapte aux changement de température du corps, et (avec le studio Francis Bitonti) l'Adrenaline Dress qui réagit à l'adrénaline, au degré de stress de la personne qui la porte, et peut dans une réaction "animale", se "hérisser". Intel a aussi utilisé des drones pour prendre des photos, installé des miroirs capturant les images des essayages pour faciliter le choix entre plusieurs articles etc...

Image: Courtesy of Tumblr
Courtesy of Tumblr

L'inverse est aussi possible : Tumblr, cette célèbre plateforme de microblog qui a donné naissance à de nombreuses tendances esthétiques ces dernières années, s'est spécialement investie pour sa dixième année à la FW de NYC. Un pop-Up de 10 artistes sélectionnés depuis Tumblr présentait des vêtements réalisés pour l'occasion.
Ainsi, des acteurs en provenance de l'univers technique valorisent leurs utilisateurs créatifs en les invitant à prendre part à la grande fête de la mode.

De nouveaux modes de présentation pour compléter (remplacer?) les défilés

Alexander Mc Queen le disait en 2009 (lorsqu'il a décidé de diffuser son défilé sur Internet), il est plutôt intéressant d'optimiser le coût d'un défilé en lui donnant un maximum de visibilité.
En 2015, c'est la première fois que le programme officiel de la Fashion Week de Londres prend en compte l'intégralité des évènements digitaux!

Les technologies audiovisuelles ne cessent d'évoluer. Cette année, l'application Periscope (appartenant à Twitter depuis Mars 2015) qui permet de diffuser en direct ce qui est filmé, a été très utilisée par les marques, surtout pendant la Fashion Week de New-York. Twitter lance aussi pendant la NYFW "Twitter Halo", qui permet de diffuser des prises de vue à 360°, et ce, toujours en direct. Tommy Hilfiger s'est prêté au jeu en back-stage.
Michael Kors utilise pour filmer son défilé une caméra "6K Red Epic Dragon" qui capture 9X plus de pixels que la HD et qui permet de regarder les pièces en slow motion, et d'en observer très précisément les détails.

Image: Burberry
Défilé Burberry

LE défilé qui a beaucoup fait parlé de lui et celui de Burberry. Selon l'article de  sur Internet Retailing,  40 229 tweets (donc 10% des Tweets sur LFW) l'évoquait! La marque anglaise continue de se positionner à la pointe en dévoilant en avant première des images de sa collections sur... Snapchat! Le directeur artistique de la marque, Christopher Bailey, a déclaré:


"Technology defines our lives more than ever before, but there is no straight line clear to anyone yet as to where products or platforms will evolve and take us in the future, nor is it something any luxury brand can or should consciously force."

Pour de The Gardian, les futures tendances de la mode ne se trouvent plus sur les podiums mais sur Instagram. Comme on achète de plus en plus des vêtements sans "les voir en vrai", les défilés de mode seraient-ils amenés à disparaître? Instagram ou un autre réseau serait-il plus adapté pour présenter les collections et leurs univers?

Image: Instagram de Misha Nonoo show
Misha Nonoo - Compte Instagram créé pour l'Insta-Show

Beaucoup de jeunes designers sautent déjà la case défilé, comme Misha Nonoo qui présente sa collection avec un Insta'show diffusé à un moment bien précis, et couple ceci avec la diffusion d'images de stars "partenaires"  qui publient sur leurs propres comptes des photos où elles portent les nouvelles pièces créées par la styliste pour l'été prochain.

Tom Ford lui même remplace son défilé par une vidéo:

"Having a runway show has become so much about the creation of imagery for online and social media, and watching a filmed fashion show can be like watching a filmed play" Tom Ford

Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite! Nous verrons comment les marques introduisent de nouveaux moyens de communication pour faire valoir leurs créations pendant la Fashion Week, et qu'elles sont les dernières innovations pour la mise en vente de leurs pièces. 

 


Apple Watch Hermès

Septembre 2015 : la Revue de Presse

Chaque mois, Modelab reprend dans sa revue de presse l’actualité qui a marqué la Fashion Tech. Start-ups, évènements, applications : voici un récapitulatif des articles qui nous ont le plus marqué ces dernières semaines !

Youtube se lance dans le e-commerce

Réseaux SociauxLa tendance selon laquelle les réseaux sociaux deviennent des sites de e-commerce ne se dément pas. (Relire : Comment les réseaux sociaux modifient l'acte d'achat ?). En effet, Youtube vient d'annoncer la possibilité d'acheter des produits directement depuis les vidéos.

Pour les annonceurs, le processus sera similaire aux publicités sur Google. Des expérimentations seront faites dès cette semaine puis le phénomène sera déployé début 2016 pour un large public.

Les vêtements innovants en magasin ?

Pendant le salon Who's Next, les créateurs de mode "intelligente" étaient à l'honneur. Le moment de constater, pour les professionnels, que la commercialisation de ces vêtements reste difficile. Pourtant perçus comme une source de dynamisme et d'innovation pour l'industrie textile, rare sont les acheteurs qui sont prêts à distribuer ces nouveautés.

Déjà coûteux à concevoir et  à protéger, la distribution est une nouvelle barrière à l'entrée. Comme l'a souligné Sébastien François, fondateur de "Le Lab" :

Les "textiles innovants" comptent parmi les projets d'industrie du futur pour lesquels le ministre de l’Économie a annoncé en mai une enveloppe de 3,4 milliards d'euros. Mais, nuance de taille, "les financements [publics] sont surtout dédiés à la filière du tissu, pas celle du vêtement. Nous ne fabriquons pas de tissu, mais bien des vêtements"

Lancement de programmes "Textile du futur" par R3ilab

R3ilab, le Réseau Innovation immatérielle pour l'industrie est un laboratoire qui fédère des industriels et des exports mode et textile. Ce pôle de réflexion s'est intéressée au futur de la consommation et des usages du secteur textile.

Au total, 11 programmes sont lancés : Tech&Design, Connectitudes, Futurs Immédiats...  Des programmes qui s'appuient sur des collaborations entre des industriels et des spécialistes de l'innovation (designers, technologues) pour créer de nouveaux produits et concepts.

Pour leurs lancements, BFMTV a réuni 4 interlocuteurs :
- Nelly Rodi, Présidente de l'Agence de prospectives Nelly Rodi
- Yann Rivoallan, Co-fondateur de l'agence The Other Store
- Dan Dorell, inventeur d'une corde lumineuse et modulable
- Olivier Ducattillion, PDG de Lemaitre Demeestre qui développe un projet textile de lin 100% biosourcé themorégulant.

La collection Apple Watch Hermès

Apple Watch HermesEn début de mois, Apple annonce dans sa keynote, une collaboration avec la marque de luxe Hermès. L'objectif pour la marque à la pomme est de faire de sa montre connectée un véritable accessoire de mode. Une combinaison entre un produit innovant et un savoir-faire artisanale.

Pierre-Alexis Dumas, vice-président exécutif d'Hermès en charge de la direction artistique, a déclaré :

"Nous sommes fortement unis par les mêmes idées et les principes profondément ancrées. Je vois cela comme la création d'une alliance dans l'excellence : comme le cheval et sa calèche,  une équipe parfaite ".

La collection sera disponible à partir du 5 Octobre.

 

N’hésitez pas à nous communiquer d’autres articles intéressants qui auraient pu échapper à notre veille, les commentaires sont là pour ça!