Loomia

Loomia, prodige du wearable textile !

Topshop, célèbre entreprise anglaise, a créé le Top Pitch,  compétition qui valorisera chaque année un projet "wearable". À cette occasion, la start-up Loomia (qui avant septembre 2016 était connu sous le nom The Crated) s'est de nouveau faite remarquée.

L'occasion parfaite pour ModeLab de vous présenter cette entreprise pleine de promesses. Nous avons rencontré Janett dans les bureaux de Loomia, installés à New York City, dans le bouillonnant quartier de Brooklyn.

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Le positionnement de Loomia est simple : travailler la matière textile avec la technologie, pour lui apporter de nouvelles capacités (luminosité, conductibilité...).  La start-up, avec sa jeune équipe de 4 employés et quelques freelances ponctuels, réussit aussi bien sur l'aspect technique, la partie recherche, que sur son développement commercial.

Loomia est mobile. Après s'être installée dans les locaux de la School of Visual Arts, au Brooklyn Fashion + Design Accelerator (un espace ouvert à l'initiative du Pratt Institute), elle fixe en septembre 2016 ses bureaux chez New Lab, un espace interdisciplinaire dans lequel travaillent des entreprises spécialisées dans les technologies émergentes.

Loomia, une start-up qui devient vite incontournable

Lancée en août 2013 sous le nom de The Crated, l'entreprise met en place des collaborations prestigieuses, notamment avec Google, et se fait rapidement un nom dans le milieu.

"C'est très « frankensteinisant », de mettre des choses ensemble et d'espérer que ça fonctionne ainsi !" Janett

Elle identifie des problèmes dans l'industrie de la mode, par exemple liés aux batteries, au lavage des composants en machines... et se met au travail pour élaborer des solutions.

"Le feedback des manufactures, des marques, est très important pour nous, ça nous permet de savoir ce qui fonctionne ou non, et comment rendre nos recherches utiles..." Janett

Chaque projet est différent, selon les entreprises qui font appel à leur service, mais toujours basés sur le même savoir-faire, celui d'innover, de créer des prototypes fonctionnels et... adaptés à la production en série !

"No-one is excited about the flour, they care about the cake. We're much more of a flour kind of company" explique la fondatrice Maddy à Wareable.

Loomia est riche des formations différentes de ses employés, et de sa fondatrice qui, a seulement 23 ans, jongle entre les casquettes d' ingénieure, de designer, codeuse... La polyvalence de l'entreprise, son regard transversal, est l'un de ses atouts !

Cette vidéo présente le projet de robe, en collaboration avec Google, pour Zac Posen, présenté à la Fashion Week de New-York l'hiver dernier.

La fondatrice de Loomia, Madison Maxey, a été identifié par Forbes comme l'une des 30 personnalités de moins de 30 ans à suivre !

La FashionTech, soutenue par le gouvernement américain

En 2016, les Etats-Unis ont lancé le programme AFFOA, Advanced Functional Fabrics of America. Il est soutenu par un financement fédéral de 75 millions de $, auquel s'ajoute d'autres fonds (industriels, universitaires...) pour atteindre un total de 137 millions de $. Le projet permettra de développer des textiles high-tech, notamment pour être utilisés par le département de la Défense.

"C'est très intéressant que le gouvernement fédéral soit derrière ce projet, et le porte, l'aide à se développer..." Janett

INTELiTEX, le projet qui séduit TopShop

 

Maddy Maxey développe ce projet lors d'une résidence à Autodesk. Toujours guidée par sa passion pour le matériel textile, elle crée INTELiTEX, qui permet d'avoir une matière flexible et conductible, et ainsi au textile d'être interactif. L'utilisation peut être variée : pour la médecine (électrodes à usage unique pour électrocardiographes...), les vêtements de travail (correction de posture et protections pour les ouvriers, combinaisons d'astronaute...) et pour la mode (robe de gala lumineuse et légère...).

La compétition a duré un mois. The Crated / Loomia est alors en compétition avec d'autres start-up : Luma Legacy (bijoux connectés) et Pins Collective (pins qui ont des gifs pour motifs). Pour Topshop, Loomia utilise sa technologie pour donner naissance a un blazer chauffant. C'est ce projet, permettant de conserver un style moderne tout en ayant une valeur ajoutée très simple à comprendre pour les clients, qui a convaincu le jury. Il sera peut être un jour commercialisé par l'enseigne !

En remportant la compétition de TopShop, Loomia prouve une fois de plus son habilité à comprendre les besoins des entreprises, et développer pour elles, avec son savoir-faire qui lui est propre, un produit adapté au marché.


Instagram stories

Instagram Stories : une nouvelle fonctionnalité pour les pros

Racheté en 2012 par Facebook, Instagram affiche fièrement un réseau de 500 millions d'utilisateurs pour plus de 4 milliards de likes par jour... Pas mal ! Alors pourquoi le réseau social spécialisé dans le partage d'images a-t-il choisi de copier la fonctionnalité phare de Snapchat, à savoir les stories ? Réponse ici...

Instagram, un incontournable de la stratégie de communication des marques de mode

Avec une qualité d'image élevée et un grand nombre de marques présentes, Instagram peut se vanter d'être le réseau préféré des fashionistas. Une récente étude révélait que 50 % des utilisateurs du réseau suivent au moins une marque... soit 250 millions ! Pour 45 % des usagers européens, suivre une marque est un bon moyen de trouver de l'inspiration vestimentaire, tandis que 35 % se prennent en photo pour montrer leur look, et que 16 % partagent les trouvailles qu'ils dénichent en magasin.

Facehunter

Les usagers européens, non contents d'être nombreux, sont aussi bien plus actifs que la moyenne mondiale. Ils consultent leur fil d'actu une quinzaine de fois par jours et publient trois fois plus de posts que les autres. Les Français, notamment, sont particulièrement généreux du like, avec quatre fois plus de posts likés que les autres utilisateurs. Les Britanniques suivent plus de marques, et les Espagnols sont les plus connectés. Quant aux Italiens et aux Allemands, ils se distinguent par leur proportion plus importante d'utilisateurs masculins.

Alors qu'Instagram est donc évidemment un outil de communication indispensable et diablement efficace, il s'agit aussi d'une mine d'informations précieuses pour déceler les tendances actuelles ou à venir, comme l'engouement général pour le denim dans toute l'Europe cet été, tandis que la France affiche un penchant pour la dentelle.

Alors que peuvent bien apporter les stories, cette nouvelle fonctionnalité d'Instagram copiée sans vergogne sur Snapchat ?

Instagram Stories : une dimension ludique et narrative qui manquait

Les dirigeants d'Instagram n'ont pas tenté une seule seconde de s'en cacher : Instagram Stories est une copie conforme des Stories de Snapchat, filtres langue de chien et couronne de fleurs en moins. Avec des fonctionnalités simples et intuitives, les Stories Instagram ont su séduire les utilisateurs, même les plus perplexes quant à leur intérêt.

Et pour cause : les utilisateurs d'Instagram dénoncent parfois le manque d'originalité et le côté lisse et léché des contenus, tandis que Snapchat séduit par son côté spontané, fun et ludique. En ajoutant les Stories à son application, Instagram garde à l'intérieur de son réseau des contenus qui auraient probablement été partagés sur Snapchat.

Côté fonctionnement, on retrouve tous les éléments des Stories Snapchat : une séquence d'images animée conservée pendant 24 heures et qui s'efface automatiquement après. Il est possible d'utiliser les émoticônes et filtres d'Instagram dans les Stories.

Instagram Stories

Alors quel est l'intérêt d'Instagram Stories pour les pros ?

Le principal bémol de Snapchat pour les professionnels est la difficulté à mesurer l'impact de ses publications et le succès de son compte. De plus, les utilisateurs ne tombent pas sur les comptes Snapchat de leurs marques préférées par hasard, comme cela peut être le cas sur Instagram, le réseau social au fantôme n'intégrant pas de fonction d'exploration. Instagram Stories est donc une vraie carte à jouer pour les pros.

Le côté narratif des Stories permet en effet aux marques de publier des contenus plus scénarisés, générant plus d'adhésion de la part du public que des photos parfois perçues comme un peu froides. Il est plus facile de conquérir des utilisateurs avec du contenu narratif ! Bien entendu, l'aspect éphémère des Stories interdit likes et commentaires, mais les utilisateurs peuvent envoyer un message à l'auteur du contenu (s'il n'a pas désactivé cette fonctionnalité). Et la marque peut également consulter le nombre de vues par Story avec le détail des personnes qui l'ont vue.

Comment les influenceurs se servent d'Instagram Stories

Prenons par exemple le cas d'Ivan Rodic, le fameux blogger mode, alias FaceHunter.

Il convient tout d'abord de préciser qu'Ivan s'avère  un fan absolu de Snapchat. Il a d'ailleurs été le premier à créer une agence dédiée à ce réseau social  : A Little Nation.

Il met en en scène ses nombreux déplacements lors des fashions weeks avec un ton ludique et décalé. En voyant arriver Instagram Stories, il a commencé par être sceptique sur son intérêt. Puis finalement, il l'utilise allègrement avec un ton plus pro et léché que sur Snapchat.

Facehunter

Conclusion

En voyant le spot de présentation, on comprend de toute façon très rapidement qu'Instagram a pensé cette nouvelle fonctionnalité pour les pros : du tourisme, de l'événementiel, et bien entendu de l'e-commerce. Une nouvelle opportunité pour les marques de susciter de l'engagement de la part des consommateurs en publiant des contenus plus abordables, avec le côté ludique et accessible qui manquait jusqu'ici à Instagram. Gageons que le succès ne va pas se faire attendre...

De votre côté, si vous utilisez Instagram Stories, qu'en pensez-vous ?


Stylizme

Styliz'Me : Le Netflix du personal shopping

Cet été, j'ai enchaîné les séries avec délice. Par exemple "The Americans", l'histoire d'un couple d'espions russes infiltrés sur le sol américain, ou bien "Stranger Things" très beau mixe d'E.T. et des Goonies.

C'est le moment où vous allez me dire "mais Fabrice tu t'égares t'es sur Modelab pas sur Konbini, il faut parler fashiontech".
Justement ces TV show, je les regarde sur Netflix et leur algorithme de recommandation s'avère vraiment au top !

Au moment précis où je lance un nouvel épisode (comme quoi il n'y a pas de hasard dans la vie) j'ai reçu un mail de Famory Niang qui venait de lancer une start-up fonctionnant avec un algorithme sur le style.

Voici la suite de notre conversation...

Fabrice JONAS (FJ) : Salut Famory, donc si j'ai bien compris ton mail, tu viens de créer une startup : Styliz'Me qui utilise un algorithme basé sur le style des gens, notamment les femmes. Pourrais-tu m'en dire un peu plus ?

Famory NIANG (FN) : En fait, nous ciblons les femmes dynamiques qui n'ont pas forcément le temps de faire du shopping. Mais qui  prennent soin d'elles et cherchent malgré tout des vêtements sympa et originaux.
Nous sommes en quelque sorte leur Personal Shopper.
Ainsi, nous sélectionnons pour chacune de nos clientes  une soixantaine de vêtements parmi des milliers d'articles qui s'allient au goût, la morphologie et évidemment le budget. Notre entré de gamme se situe à  9,90€ par moisLes sélections sont réalisées grâce au savoir-faire de stylistes mais aussi grâce à des algorithmes que nous avons développés. C'est cela qui nous permet d'afficher des prix très attractifs, comparés à un personal shopper qui coutera 80€ de l'heure (pour ce prix là, nous accompagnons nos clientes pendant 1 an !). Bientôt, le système sera complètement automatisé, mais toujours sous le contrôle bienveillant d'une styliste.

Pour résumer : "Ma styliste mon algo et moi, on sélectionne les vêtements les plus pertinents pour mes clientes".

Styliz'Me

FJ : Comment t'est venue l'idée de Styliz'Me, car tu n'es pas forcément un modeux à la base ?

À la base, comme tu peux t'en douter, je suis ingénieur de formation. Mais je m'y connais pas mal en fringues, même sans être blogueur mode...
J'ai toujours été attiré par l'entrepreneuriat. Ainsi, en 2008, j'avais déjà commencé à développer un projet qui finalement n'a pas vu le jour.
Ensuite, j'ai bossé dans une grosse boîte mais à un moment, j'ai eu besoin de changer d'air et de passer à autre chose...

FJ : ... Je vois tout à fait ce que tu veux dire (rires)

Lors d'une discussion avec mon épouse, elle m'a expliqué que si une on pouvait lui sélectionner des vêtements qui lui correspondent, elle gagnerait un temps considérable.

Et là, j'ai compris qu'avec mon background d'ingénieur sur l'automatisation de tâches et le machine learning, je pouvais être utile.

FJ : En revanche, le vêtement c'est surtout de l'émotion. Comment ton algorithme le prend en compte ?

Notre connaissance de la mode, du stylisme et du conseil en image nous ont permis de prendre en compte les aspects de la vie réelle ainsi que les besoins et attentes des clientes en étant constamment à leur écoute. L'algorithme vient enrichir notre connaissance des clientes : ainsi, l'émotion et l'aspect humain restent omniprésent. Et nos clientes en sont très satisfaites.

Enfin, plus mes clientes utilisent l'application plus l'algorithme apprend et prend en compte les goûts de chacune. En d'autres termes, plus il est utilisé plus il apprend.

FJ : Je crois que tu as lancé le site en juin, aujourd'hui combien as-tu de clientes et sont-elles satisfaites du service ?

Aujourd'hui, nous avons réalisé près d'une centaine de sélections. Et, je vais te raconter une anecdote significative.
Un jour, une de mes clients rentre dans un magasin avec sur son smartphone notre sélection de vêtements et demande à la vendeuse de lui sortir les vêtements.
5 minutes plus tard et elle était en plein essayage.
Pour moi c'est une belle preuve de concept.
Aujourd'hui, avec 1 styliste, je peux gérer 5 000 personnes.

Styliz'Me

FJ : En ce moment, on dirait que le personal shopping bas de l'aile, par exemple avec l'annonce du redressement judiciaire de Chic-Types... Comment Styliz'Me peut-il se différencier ?

En fait, Chic-Types effectuait de l'achat-revente de produit, donc forcément, il y avait du stock.
En ce qui concerne Styliz'Me, notre modèle s'avère complètement différent. En effet, nous n'avons pas de stock et notre plus grosse charge budgétaire concerne le développement de l'algorithme.

Nous nous focalisons sur le métier de conseil et d'accompagnement shopping avec une véritable expertise en interne, ce qui n'est pas le cas de Chic-Types.

FJ : Comment imagines-tu l'évolution de ton projet dans quelques années ?

Que nous devenions la plateforme incontournable sur la recommandation de fringues.

Styliz'Me

Avec l'évolution du digital, j'imagine un futur à la "Minority Report" où lorsqu'une de mes clientes rentre dans un magasin, on lui propose une sélection de vêtements qui lui conviennent et qui sont en stock.