Lisa Lang

Lisa Lang, le trait d'union de la FashionTech berlinoise

Collants assortis à sa mèche rose fluo - couleur de son atelier ElektroCouture - Lisa Lang salue les uns, embrasse les autres, au fil des ses déambulations sans fin dans les couloirs un brin décrépis – "So Berlin !" s’extasiaient des visiteurs outre-manche - de cette vieille bâtisse industrielle du quartier montant de Kreuzberg.

Tandis que les pièces des grands noms de la haute couture allemande défilent sur les catwalks de l’huppée Mitte, au centre-ville de la capitale, Lisa Lang met biotech et textiles intelligents sous les feux de la rampe. L'ancienne ingénieure allemande a lancé, pour la deuxième année consécutive, l’exposition FashionTech Berlin. En marge de la traditionnelle Fashion Week, elle prouve, via sa sélection d'une vingtaine de designers exposants, que la mode combinée à la science « is real and now », affirme-t-elle dans un anglais parfait, tinté d'accent US.

Rencontre avec celle qui incarne l'une des scènes fashiontech les plus renommées d'Europe.

Lisa Lang

Modelab : La FashionTech, pour le public non-averti, se résume à enfiler une drôle de combinaison futuriste… importable ! Comment changer l’image du secteur et montrer au public que la mode technologique, ce n’est plus de la prospection ?

Lisa Lang  : L’idée de la Fashion Tech de Berlin, c’est d'exposer le haut potentiel du domaine. Il y a 2 ans, on a lancé notre événement dans un tout petit coin, aujourd'hui on expose sur 2 étages, dans un quartier influent...  C’est la preuve que la mode technologique se développe à grands pas !
La problématique actuelle, c’est de faire connaître les acteurs du secteur, de créer des rencontres, mettre en place des passerelles entre la mode et la tech. Moi, j'adore la tech, j’adore la mode, pour moi, ça tombe sous le sens que les domaines se rencontrent, se plaisent mutuellement et fassent des bébés (rires). Mais ce n’est pas évident pour tout le monde, pour les entreprises et les designers. Mon rôle c’est d'être entremetteuse.

Comment avez vous sélectionné les participants de cette année, ceux qui font aujourd'hui la vitrine de la FashionTech berlinoise ?


J'ai besoin de sentir une vision et une personnalité artistique dans le travail du concepteur. Les inventions gadget, un peu bordéliques, très gimmicks, très peu pour nous. La FashionTech reste un événement connecté à la Fashion Week, le design est primordial. Dans " Fashion Tech", il y a le mot "Fashion" en premier, d'ailleurs... J'aime les designers qui apportent chaque année de nouveaux projets, qui ne présentent pas toujours les mêmes modèles. C’est eux que je sélectionnent.

Lisa Lang, comment définiriez-vous la FashionTech de 2017 ?


2017 rime avec : " attention, c'est devenu du sérieux!" Le secteur de la mode a enfin réalisé qu’il avait un problème : en ciblant le marché mondial et en ayant pour seul objectif de produire à grande échelle et vite, ils manquent l'aspect innovation. Car innover, ça prend beaucoup de temps ! Il faut parler à des chimistes, à des ingénieurs, c'est long et fastidieux. La mode a toujours été influencée par les innovations technologiques, mais elle a dernièrement oublié de leur prêter attention, obnubilé par la production à toute allure. Cela, le secteur commence à le réaliser. Du côté de la tech, on comprend aussi, de plus en plus, que développer du wearable textile est vain si ça n'est pas "portable". Les nouvelles technologies ont besoin d'une interface qui plaise, qui séduit. Les deux secteurs sont en train de s'en rendre compte progressivement et ont commencé à communiquer très sérieusement.

Lisa Lang

Pourquoi ces dialogues se font mieux à Berlin qu’ailleurs ?


Parce que c’est Berlin, tout simplement ! (rires).  Berlin, pour moi, c'est un atelier créatif à ciel ouvert. La ville attire tellement de talents internationaux, comme Paris ou New York le faisaient autre fois... parce que le coût de la vie est ici moins élevée que là-bas. D'autre part, le courant punk, underground vit encore très fort ici.  La culture alternative est beaucoup plus acceptée, cela fait partie du paysage.  La ville est aussi celle des grandes fêtes, et quoi de mieux pour faire des rencontres ! Comme les conventions sociales sont moins prégnantes, des gens d'univers complètement différents peuvent se rencontrer au même endroit, à la différence des soirées très jet-set  à Paris par exemple. C'est comme si tous les ingrédients étaient réunis à Berlin pour générer de la création.

Quels sont les plus grands défis auxquels les acteurs du domaine doivent à présent faire face ?


Pour les designers, c'est de regarder à gauche et à droite, d'élargir leur spectre ! Il faut sortir de son domaine : allez discuter avec ceux qui produisent vos textiles, allez voir les industriels, essayez de nouvelles collaborations !  Et pour les tech, il faut apprendre à ressentir la mode. Quand je rencontre des ingénieurs,  je leur demande souvent "avez-vous déjà porté une veste ou un T-shirt de très belle qualité ?". Il faut qu'ils soient davantage sensibilisés. La mode, c'est quelque chose de très sensible. Si on ne sent pas les choses, on ne peut pas avancer.
Il faut aussi que les gens se parlent et qu’ils apprennent à comprendre le langage de l'autre. Je me dis même parfois qu'on devraient inventer de nouveaux mots, créer un dictionnaire de la fashiontech, pour que les domaines communiquent mieux, et plus facilement.
Mais je suis très optimiste, je travaille dans ce domaine depuis longtemps maintenant, et ElektroCouture commence à être reconnue, on reçoit des coups de fil tous les jours.
De plus en plus d'entreprises veulent entrer dans la danse, ils ne savent juste pas comment pénétrer l'univers, complexe au premier abord. A moi de faciliter leur compréhension.


design ingénierie

À Berlin, ingénieurs et designers pensent ensemble la mode du futur

Conjuguer mode et pluridisciplinarité. C’est le crédo d’ArcInTexETN - comme Architecture, Interaction et Textile – un réseau épaulé par Horizon 2020, ambitieux programme-cadre pour la recherche financé par l’Union Européenne. Objectif du projet transnational : faire se rencontrer de jeunes chercheurs issus de divers horizons (biologie ou art, chimie ou design) et venus des quatre coins de l’Union, qui questionnent tout ce qui touche à notre environnement et à ses diverses enveloppes, du cocon architectural à l’habillement. Pour renforcer les connexions entre les disciplines, le programme subventionne des ateliers « qui explorent les formes futures de notre quotidien » dixit la présentation du programme.

Comment nous adapter à un mode de vie plus en phase avec notre temps, c’est à dire inévitablement connecté mais qu’il faut aussi réinventer pour être davantage durable ?

FashionTech Berlin

Fashiontech Berlin à l'Universität der Kunste

C’est à l’Universität der Künste de Berlin que cinq doctorants – deux ingénieurs et trois designers – ont été mis au défi de monter un workshop à deux têtes : rencontre entre la mode et la science. Le sujet ? Carte blanche. Seule obligation : collaborer. Un vrai défi selon Angella Mackey, designer canadienne installée en Suède qui esquisse un sourire en coin derrière ses larges lunettes : « nous ne parlons pas la même langue. Combiner la mode et la technologie, c’est faire dialoguer deux personnes aux codes et approches très différentes, qui possèdent des compétences bien spécifiques, parfois difficilement compréhensibles et évoluent dans des mondes opposés ». Le point commun des recherches des uns et des autres n’a malgré tout pas mis longtemps à émerger, raconte la française Marion Bertin, ingénieure basée à Edimbourg où elle s’applique à concevoir un fil à coudre à base de graphène, matière conductible et résistante à la chaleur : «  on s’est rendu compte qu’on était tous fascinés par les nouveaux matériaux et leur impact social. C’est ce qui nous a amené à baptiser notre projet Future ways of wearing et à conceptualiser un vêtement du futur ».

FashionTech Berlin
Angella Mackey est designer canadienne et membre du projet d'ArchInTex

Bleu de travail et astéroïdes

Dans le hall de l’université berlinoise où le groupe a monté son exposition qui clôture le projet, ni mannequin, ni textile, mais un film, projeté sur les hauts murs blancs de la fac. Athi, du nom du personnage principal, une poupée-mannequin virtuelle que les cinq étudiants ont habillé d’une combinaison imaginée tout spécialement pour être adapté à l’activité professionnelle du jeune homme : Athi travaille, chaque jour, à recueillir de l’eau sur les astéroïdes! Nous sommes en 2076 et Athi est le premier homme né dans l’espace. « Pour créer un vêtement du futur, il fallait qu’on imagine à quoi allait ressembler notre monde. On a pensé un scénario un peu noir, certes, mais qui pourrait devenir réel si on ne change pas nos habitudes. La Terre, asséchée par l’activité des hommes est devenue hostile et les êtres humains n’ont plus d’autres choix que de vivre dans l’espace », décrit Angella Mackey. Problèmes de gravité et exposition aux radiations fragilisant son corps : l’homme du futur, en proie à divers problèmes de santé, a besoin d’une combinaison pensée spécifiquement pour lui, que le film raconte sous toutes les coutures.

FashionTech Berlin
Le script du film Ahti détaille le potentiel de la combinaison seconde peau imaginée par les doctorants

 

De la prospective ? « Sans aucun doute », rit Angella. « Mais c’est aussi un sujet très sérieux car il pose des questions essentielles. Il montre que mode et technologie doivent collaborer pour s’adapter à notre environnement, que nous allons être de plus en plus dépendants des nouvelles technologies et que la science peut apporter bien des choses à notre confort »
       Et pour prouver à leur auditoire que les travaux actuels menés dans le très jeune domaine sont on ne peut plus réels, le groupe de doctorants a invité deux designers à découvrir leurs travaux. Becky Stewart et Marina Wilhlem font rimer mode et technologie depuis plusieurs années… et de façon diamétralement opposées. D’un coté, Becky Stewart, chercheure à l’Université Queen Mary de Londres, manie composants et circuits pour imaginer des e-textiles qui habillent des danseurs.

FashionTech Berlin
Becky Stewart présente son dernier projet : un vêtement connecté pour danseurs, contrôlé à distance par le chorégraphe

 "On a besoin d’événements de ce type dans le secteur. Il faut montrer au public que la technologie peut soutenir la création. C’est aussi une façon d’interpeller la fast-fashion et de la faire ralentir un peu en montrant qu’un vêtement peut être utilisé pour différents usages. En concevant une veste qui peut s’adapter aux différentes conditions climatiques ou qui peut changer de couleur, on va créer mieux et moins. La science peut aussi nous aider à trouver des solutions moins coûteuses en matière première particulièrement adaptée à l’univers textile. Le graphène par exemple est très facile à récupérer et coûte peu d’argent, et ses propriétés conductrices sont extraordinaires. La science peut aider le secteur à sortir de la mode jetable", Becky Stewart

De l’autre, Marina Wilhelm, fashion designer low tech, qui ne manie ni moteurs ni circuits, mais conçoit des structures pour créer, chez soi, et sans savoir coudre, son propre vêtement.

FashionTech Berlin
Body Loom System, le prêt-à-coudre en kit individualisé qu'a imaginé Marina Wilhelm.

 

 "Le projet d’Athi a beaucoup de résonances avec mon propre travail, car nous proposons tous, en fait, des modèles alternatifs à l’industrie de la mode. Et ceux qui la produisent aujourd’hui sont doucement en train de réaliser que le vêtement doit être valorisé, estimé. Dès qu’il y a une relation, une histoire, une mémoire, un savoir-faire, on le garde. Une fois, je suis passée devant Primark et j’ai vu des gens avec 5, 6 sacs de shopping. Je voulais comprendre comment ils pouvaient acheter autant. En rentrant dans le magasin, j’ai réalisé que cela s’expliquait par un grand mépris pour le vêtement. Or la nouvelle génération de créateurs veut faire valoir qu’un habit, c’est d’abord une technologie qui a mis du temps à être conçu. C’est comme ça qu’on peut donner une âme aux vêtements et changer notre rapport à ce qu’on porte", Marina Wilhelm.

La pluridisciplinarité, solution au malaise du secteur textile ?

L’approche reste ardue, reconnaît Becky Stewart : « il y a tellement de disciplines engagées dans un vêtement tech ! C’est difficile de devenir expert en matériaux, en électronique, en programmation, etc. Il faut nécessairement à apprendre à collaborer, ce qui prend du temps et beaucoup d’énergie et a déjà découragé plus d’un designer ».

 


medtech

Medtech et Fashiontech

La ville de Lyon accueillait en novembre dernier son tout premier Hacking Health. Sur un weekend, cet événement dédié à l’innovation dans la santé a vu naître et se développer une vingtaine de projets s’attaquant à des domaines aussi variés que la communication des personnes malentendantes (Logos, prix médico-social), l’accompagnement à la prise de traitement contre l’asthme chez les jeunes enfants (Joe, prix start-up, également lauréat du grand prix du RespirHacktion en septembre 2016) ou encore le suivi de la polyarthrite rhumatoïde (HandstaCare, prix sanitaire).

Hacking Health au service de la Medtech

A l’origine de cet événement d’ampleur mondiale, une volonté de révolutionner le domaine de la santé en mettant en contact des professions qui, en temps normal, ne se croisent que très rarement : designers et médecins, hackers et patients, développeurs et professionnels de santé. Depuis le premier Hacking Health à Montréal en 2012, 45 weekends se sont succédés en quatre ans sur les cinq continents, amenant plus de 7000 participants à travailler en équipe autour de 600 projets dans ces weekends qui allient goût de l’entrepreneuriat et M&Ms à volonté.

2016 oblige, les objets connectés ont occupé une place de choix dans ce Hacking Health lyonnais. Qu’ils soient là pour mesurer, accompagner, conseiller ou communiquer, ces sympathiques compagnons technologiques du quotidien prennent tout leur sens dans des applications liées à la santé. Autant la frénésie actuelle qui voit tout objet devenir impérativement connecté peut parfois sembler futile voire « gadget » dans certains cas (avez-vous vraiment besoin de toilettes connectées ?), autant la santé lui offre des défis urgents, indispensables et à la hauteur de ses possibilités.

Figure : les toilettes connectées Numi Comfort Height de Kohler, développées en 2014, sont équipées d’un détecteur de présence et d’une cuvette chauffante.
Les toilettes connectées Numi Comfort Height de Kohler, développées en 2014, sont équipées d’un détecteur de présence et d’une cuvette chauffante.

Afin d’être capables de mesurer de manière fiable des signaux physiologiques (rythme cardiaque, respiratoire, température du corps, …), ces objets connectés healthtech requièrent bien souvent d’être en contact avec le corps pendant de longues périodes. Or le plastique et le métal, traditionnellement employés, se révèlent lourds, rigides et inconfortables lorsqu’il s’agit de les porter ceux-ci à même la peau. Le Rapael Smart Glove, un gant connecté conçu par l’entreprise coréenne Neofect, apporte certes une solution innovante et efficace pour la rééducation des patients ayant souffert d’un AVC ; mais difficile d’imaginer que cette structure entièrement plastique soit confortable pour son porteur… et donc que le patient à qui cette invention est destinée s’en servira volontiers.

Medtech
Le Rapael Smart Glove de Neofect

Les questions liées au confort d’utilisation, à l’ergonomie et à la discrétion sont essentielles pour s’assurer du succès d’un dispositif médical connecté. En cela, les textiles connectés apportent une solution nouvelle, alliant la performance de ses capteurs au confort, à la souplesse et à la facilité d’usage.

Plusieurs des projets initiés durant ce Hackathon lyonnais envisagent d’employer des textiles connectés. Le projet BeActive cherche à encourager la mobilité des personnes âgées. Rien de mieux pour rester en forme que de maintenir une activité physique : c’est vrai à tout âge, et cela devient essentiel pour les seniors, chez qui le maintien de 30 minutes de marche quotidiennes permet de conserver des capacités musculaires, de retarder la dépendance et de fuir la solitude. Parce qu’on n’arrête pas de jouer avec l’âge, BeActive a choisi de proposer le levier de la gamification pour encourager l’activité physique. Une semelle connectée, comme celles proposées par Feet Me ou Digitsole, est reliée à une application sur plate-forme mobile ou sur ordinateur. Vous avez atteint 3000 pas par jour ? Félicitations, vous débloquez le niveau suivant… et gagnez 10 % de réduction chez votre pâtissier préféré, partenaire de l’opération, qui (comme ça tombe bien !) se trouve justement à quelques minutes de marche de chez vous, encourageant une nouvelle sortie. Votre médecin traitant, en parallèle, suit vos progrès au quotidien. Le choix d’une semelle connectée amène une discrétion, une facilité d’usage et un confort que n’auraient pas eus un podomètre ou une montre connectée.

Medtech
La semelle connectée de FeetMe

HandstaCare : Medtech et Rhumatologie

Le projet HandstaCare, auquel j’ai eu le plaisir de contribuer, s’est quant à lui attaché à améliorer le suivi des patients atteints de maladies rhumatismales. En effet, le rhumatologue adapte le traitement de son patient en fonction des retours que lui fait celui-ci sur l’évolution de sa maladie entre chaque consultation. Efficace si ce dernier prend le temps de noter au quotidien chaque événement, chaque nouveau symptôme et la fréquence de ses poussées inflammatoires… Mais lorsqu’on sait que six à neuf mois peuvent s’écouler d’une consultation à l’autre, et que ces maladies touchent aussi bien les jeunes actifs que les seniors, on comprend que cette prise de notes puisse être laborieuse et décourageante. Les consultations se déroulent donc fréquemment sur la base du ressenti immédiat du patient. HandstaCare se propose de faciliter ce suivi tout en lui apportant des éléments objectifs complémentaires. Une application sous la forme d’un journal de bord, ergonomique et simple à prendre en main, est accompagnée d’un gant connecté 100 % textile. Ce dernier emploie des capteurs de pression et d’allongement, capables de quantifier la raideur et le gonflement des articulations. Ces capteurs sont formés de fils conducteurs en nanotubes de carbone, des matériaux qui voient leur conductivité électrique changer en fonction de leur déformation. Un prototype est actuellement en cours de préparation, et le groupe de travail souhaite désormais développer une start-up développant commercialement cette technologie.

Medtech
Prototype de gant connecté 100% textile par Handstacare

Medtech et Fashiontech  : l'esthétique en avant

Et la Fashiontech dans tout ça ? L’aspect esthétique est essentiel dans le développement de ces nouveaux produits. Inutile de développer un textile connecté lourd, inconfortable et inesthétique : il aura beau avoir toutes les propriétés techniques nécessaires, personne ne le portera. Une fois leur maladie maîtrisée et stabilisée, de nombreux patients n’ont qu’une envie : l’oublier. Le développement d’une solution technique affichant de manière trop visible son caractère de « dispositif de santé » a donc toutes les chances de ne pas être utilisée ; et ce, alors même que son utilisation pourrait simplifier la vie de son porteur, voire accélérer sa guérison. Un aspect particulièrement essentiel pour les solutions de gérontechnologies (les innovations destinées aux seniors). Proposez un objet connecté à votre grand-mère en lui soutenant que « mais si, mamie, ça a été développé tout exprès pour les vieux ! », vous avez toutes les chances de vous entendre rétorquer que ça va très bien, merci. Une solution medtech efficace devra prendre en compte ces aspects de design, de confort, d’ergonomie et d’esthétique. La sphère fashiontech a donc tout à lui apporter.  Et n’oublions pas que, dans de nombreux cas, les innovations développées pour le médical ont tendance à se démocratiser par le sport… et que le vêtement connecté développé aujourd’hui pour le suivi des maladies cardiaques a toutes les chances d’être votre T-shirt de marathonien de demain.