Upcycling

Germanier: l'upcycling glamour, entre planète et paillette pourquoi choisir ?

Avec le Copenhagen Fashion Summit la semaine dernière, les Fashion Green Days à Roubaix qui commencent demain, suivis la semaine prochaine par Anti-Fashion,  la sphère mode est ce moment au diapason du changement alternatif. Pour la deuxième industrie la plus polluante au monde (selon un article de l'Officiel daté du 2 février 2018), l'heure est plus que jamais à l'examen de conscience et à la remise en question. Derrière le mantra "si nous changeons l'industrie de la mode, nous pouvons changer le monde", l'évènement de Copenhague affiche clairement l'ambition de modifier profondément le secteur et les mentalités avec des priorités mises à l'honneur (aussi concises que pleines de bon sens) :

  • améliorer la traçabilité de la chaîne d'approvisionnement.
  • rendre plus efficiente l'utilisation de l'eau, des produits chimiques ainsi que des chutes de matières et autres résidus de production.
  • assurer aux travailleurs un environnement sûr et respectueux de leurs droits.

Voeux pieux ou réelle amorce de projets? L'avenir nous le dira mais la démarche a déjà le mérite d'exister et d'impliquer des figures majeures de l'industrie telles que Bill McRaith (Chief Supply Chain Officer chez PHV) et Spencer Fung (CEO de Li & Fung) à Copenhague. Peut-être enfin la mode va-t-elle prendre un chemin nouveau et modifier ses paradigmes. De nombreuses pistes sont à explorer, développer :

  • consacrer des budgets à la recherche de nouveaux matériaux
  • développer un système circulaire pour les matières premières
  • rendre efficient le traitement des déchets et rebuts liés à la production
  • exploiter complètement et durablement les capacités de la révolution numérique

Mais quid du style et de la création me direz-vous?  Où sont les créatifs qui choisissent un autre chemin sans attendre l'impulsion des instances de décision?  Sans convoquer de facto les grands groupes, les gouvernements et les dirigeants de société, chez Modelab nous aimons mettre en lumière les acteurs de l'ombre, ceux qui oeuvrent pour une mode différente dans l'intimité de leur studio. Cette semaine, nous vous proposons de découvrir Germanier ou la rencontre surprenante du glamour et de l'upcycling.

 

Upcycling
Germanier AW18 crédits photo Nikolay Biryukov.

 

Designer pour la maison Vuitton le jour et créateur indépendant la nuit, Kévin Germanier a mené jusqu'à présent une double vie. Désormais décidé à se consacrer exclusivement à ses propres créations, il explique avec aplomb que "oui il aurait pu continuer de mener de front sa carrière et son projet personnel mais qu'à un moment il faut savoir prendre un risque et  saisir sa chance avant que quelqu'un ne le fasse à votre place".

Après une première apparition lors de la Fashion Week de mars 2018, l'annonce du lancement de la marque sur MatchesFashion à l'automne, le jeune homme originaire de Suisse semble avoir le vent en poupe.  Pourquoi s'intéresser de près à Germanier?  Loin d'être la énième coqueluche d'un milieu en mal de nouveaux jouets, Germanier offre la démonstration brillante (et métonymique de surcroît) que mode intelligente peut rimer avec esthétique, que upcycling ne signifie pas négation du style et que l'on peut être à la pointe de la jeune création sans ruiner sa planète.

Avec un style maximaliste et un rapport totalement décomplexé aux formes et aux couleurs, Germanier a su trouver un public auprès de pop stars avec notamment Björk, Lady Gaga, Katy Perry ou encore Rihanna. Que l'on ne se méprenne pas, ici la mode ne se regarde pas avec gravité et sérieux. Point de minimalisme affecté et de camaïeux "matin de printemps au Havre". Chez Germanier la mode se vit comme un feu d'artifice heureux, un véritable appel pour une mode couture qui s'assume dans tous ses codes esthétiques sans piétiner les valeurs sustainables.

 

Upcycling
Germanier AW18 crédits photo Nikolay-Biryukov

 

Mais comment réussit-il ce tour de force ? Simple comme bonjour, Germanier réinvite la bonne vieille méthode de nos grand-mères qui transformaient à loisir les vieux vêtements inusités. À l'affût des pièces défectueuses de fournisseurs premium, le jeune designer transforme les citrouilles en carrosse. Aussi ingénieux que créatif, Kévin Germanier récupère des vêtements abandonnés,  des perles au rebut et des sequins aux couleurs hors d'âge, et invente une technique de collage propre et lavable à sec (grâce à l'alliage du silicone et de vinaigre blanc selon Numéro Magazine). Des bas deviennent des manches, et les corps s'habillent d'une matière quasi onirique, parfois sculpturale. Il réalise ce que nous rêvons tou(te)s de faire ; transformer le vieux trench de notre papa en manteau couture, la robe immettable chinée chez Emmaüs en habit de lumière, sauf que lui, ça marche. Nous sommes loin des clichés d'une mode responsable ennuyeuse et sans parti-pris audacieux. Lui que l'on avait invité "à lâcher du lest dans ses créations" lors de ses études à la HEAD de Genève puis la Central Saint Martins School a bien retenu la leçon. Bienvenu dans un monde de paillettes et de références aquatico-geeko-galactiques. Selon ses propres dires tout est "shiny a.f.". Le ton est donné. Labellisée "fast couture", la mode de Germanier est pourtant loin de la déviance des grands groupes qui nous abreuvent de tonnes de vêtements jetables. Ici le déchet prend la lumière et la seconde vie d'un objet s'inscrit dans un véritable parti-pris artistique, le tout réalisé dans un temps record grâce à son irrévérence salvatrice face aux savoir-faires ancestraux (la broderie à la silicone ne prend "que" deux jours).

 

Upcycling
Germanier AW18 crédits photo Nikolay Biryukov

 

Et vous voulez savoir ce qui est le mieux dans tout ça ? Le PUR hasard de la démarche. Une fois de plus, la réelle innovation ne se niche pas dans l'intention mais dans la sérendipité d'un étudiant fauché. Fraichement arrivé à Londres et légèrement à court de trésorerie pour ses collections d'étudiant, Kévin Germanier a alors trouvé cette incroyable recette de récupération créative. Loin de revendiquer une posture engagée, il est pourtant en passe de devenir le premier "haut couturier de l'upcycling" révolutionnant au passage l'approche du sourcing et du design. Désormais, créativité et durabilité sont au même plan dans sa démarche créative et ni les contraintes ni  l'allongement de son carnet de commandes n'auront  d'influence sur son processus, promet-il. Loin de se soumettre aux impératifs de volume d'une plateforme telle que Matches Fashion, il a instauré avec le distributeur un dialogue sur le même pied d'égalité. Si la commande de 50 pièces induit un changement de paradigme dans sa production la réponse sera simple et décomplexée : non.

Même combat dans la constitution de son studio qu'il veut garder à taille humaine, "sans stagiaires bénévoles ni calendrier oppressant". Lame de fond avez-vous dit? Il se pourrait bien que nous ayons à faire à un vrai visionnaire. Pragmatique mais campé sur ses positions, Kévin Germanier trace un chemin inédit dans le monde des créateurs "désirables" du moment. Dommage qu'un géant comme Vuitton n'ai pas su déceler et retenir un esprit aussi alternatif dans ses équipes. Peut-être aurions nous vu un géant du luxe miser de manière concrète sur l'upcycling sans dénaturer l'idée que l'on peut se faire d'un savoir-faire d'exception et d'une mode exclusive. Comme quoi, l'innovation se cache une fois de plus là où l'on ne l'aurait pas attendue. Comme quoi, une fois de plus, les idées brillantes grandissent à l'ombre des géants aux pieds d'argile.

 

Mise à jour du 25/05/218 : Kévin Germanier vient annoncé parmi les 4 finalistes du prix du label créatifs de l'ANDAM (source Fashion Network). Bonne chance à lui !

 

 

 


Marte Hentschel

Marte Hentschel : la Fashiontech à la sauce berlinoise.

Notre numéro papier sur Berlin et ses innovations étant maintenant épuisé (merci chers lecteurs pour votre enthousiasme!), nous vous proposons aujourd'hui une séance de rattrapage et inaugurons une série d'articles directement tirés de ce numéro spécial.

Nous avions eu le plaisir de rencontrer pour une interview Marte Hentschel, créatrice et PDG de Sourcebook, plateforme dédiée aux professionnels et à leur mise en relation. Sans ambages, elle nous avait livré sa vision de la Fashiontech et des spécificités berlinoises en matière de création de mode. Une rencontre toute en fraicheur et spontanéité à découvrir (ou à re-découvrir) dès à présent.

Modelab : Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Marte Hentschel. Je suis la PDG de Sourcebook, une start-up basée à Berlin que j’ai fondée en 2015. Au départ, nous faisions partie d’un projet de R&D financé par l’Union Européenne pour connecter et mettre en contact les fournisseurs, les fabricants et les designers afin de favoriser des chaînes d’approvisionnement transparentes et locales en Europe. Aujourd’hui, nous sommes la plus importante plateforme gratuite de sourcing en ligne, et nous faisons aussi office de base de données. Nous comptons plus de 2 000 entreprises inscrites, venant de différents secteurs de l’industrie. Notre mission consiste à créer des ponts entre le développement durable et l’innovation technologique, parce que nous sommes convaincus que ces domaines seront capables de faire avancer la mode et l’industrie textile. J’ai une formation en design de mode et gestion de production, je suis conférencière et intervenante et j’aime les produits intelligents, bien faits et résistants !

Marte Hentschel
Équipe Sourcebook - crédits Sourcebook

Que penses-tu de l’écosystème mode à Berlin ?

Marte Hentschel : C’est un domaine très vibrant, en pleine expansion, et pourtant encore très jeune. Il y a une longue histoire de production de textiles techniques en Allemagne, mais la fashion tech en elle-même a fait son entrée il y a environ cinq ans, et cet écosystème est extrêmement segmenté et aurait besoin d’une infrastructure solide. Cela dit, certaines communautés communiquent très bien. L’écosystème mode berlinois regroupe le DIY, les hackers et les makers, les développeurs de logiciels et de hardware et de nombreux designers de mode tout juste diplômés. Il y a dix écoles de mode rien qu’à Berlin ! La plupart de ces acteurs sont de petites entreprises, mais il y a aussi quelques grands groupes. Certains acteurs majeurs encouragent l’innovation et la professionnalisation du secteur, comme Premium Exhibitions. Ils fournissent une plateforme pour la fashion tech, la retail tech et les wearables avec leur conférence FASHIONTECH BERLIN, qui est maintenant un temps fort de la fashion week de Berlin. Ici, on a aussi Zalando, un géant de l’e-commerce qui est un employeur important pour les jeunes diplômés. Ils proposent des programmes et des incubateurs pour la scène fashion tech berlinoise, qui est de plus en plus mise en valeur au sein de l’écosystème tech et start-ups. Les médias tirent aussi leur épingle du jeu, parce que la mode commençait à être un peu obsolète et les Allemands ne la voyaient plus comme un héritage culturel important.

Comment imagines-tu le futur de la Fashiontech d’ici cinq ans, à Berlin et en Europe ?

Marte Hentschel : De nouveaux business models sont en train d’émerger, les marques de produits de consommation vont peu à peu devenir des prestataires de services et les fournisseurs des plateformes. L’ordre traditionnel sera bientôt bouleversé avec à la clé de nouvelles opportunités pour les petites marques et les fabricants spécialisés dans les produits de haute qualité, les technologies de pointe et les services proches du marché. On commence à voir des mouvements à contre-courant, des marques de mode qui proposent des collections pharaoniques pour les défilés et dépensent des milliers pour un événement de 20 minutes qui ne touche qu’un public très limité ne sont plus la norme. Aujourd’hui, les PME peuvent même se permettre de commencer avec un seul produit, qui se teste rapidement et peut être lancé à l’international quasi-instantanément. Un projet centré sur la tech peut se réaliser avec une perspective design et développement durable. C’est une approche plus holistique qui permet d’acquérir une base de fans loyaux. C’est vraiment intéressant, et je crois sincèrement que lorsque l’on disposera d’une infrastructure plus solide, ce genre de business model se multipliera, ainsi que les actions de lobbying. Alors qu’il s’agit pour l’instant d’un sujet de niche un peu geek mais à la pointe de l’innovation, la fashion tech deviendra bientôt un marché de masse avec un vrai poids économique, à Berlin et ailleurs.

Marte Hentschel
Next Tex Innovation Show - crédits Sourcebook

Une injection massive d’argent dans le secteur pourrait essouffler un peu les passions...

Marte Hentschel : C’est vrai. Et si l’on regarde les autres industries, comme l’agroalimentaire ou les produits de consommation, on peut déjà voir ce qu’il se passe quand le marché se consolide : les esprits très indépendants, les hackers et les makers talentueux que Berlin a su attirer pourraient bien disparaître. Dans un écosystème plus commercial, ces pionniers de la fashion tech pourraient devoir sortir du secteur pour trouver des opportunités intéressantes et de l’inspiration. Quand les coûts augmentent, les entrepreneurs doivent prendre plus de risques pour réaliser leurs idées, mais les idées prometteuses peuvent aussi être réalisées de façon plus professionnelle quand il y a plus d’argent. C’est aussi pour cela qu’on a besoin des politiques et des institutions en plus de l’esprit open source et de co-création qu’on trouve dans les labos et les incubateurs. Ce serait vraiment dommage que la fashion tech devienne un secteur de placement comme les autres centré sur les scénarios de sortie, sans apporter de véritable valeur culturelle et créative sur la durée. C’est un challenge important pour une ville au cœur de l’Europe avec une scène start-ups jeune. Comment trouver l’équilibre entre un viviers de talents dans un écosystème qui attire certains des esprits les plus brillants au monde, tout en leur offrant une fondation solide où les idées qui en valent la peine peuvent être développées de façon durable ? Je crois que la collaboration entre tous les investisseurs est la clé, qu’ils soient publics ou privés, grands ou petits.

C’est peut-être la question. Dans la fashion tech, il y a de nombreux projets un peu gadgets. Qu’en penses-tu ?

Marte Hentschel : Pour être honnête, j’aime beaucoup vivre dans une ville où ce genre de projets sans intérêt est encore possible. C’est amusant de faire partie d’un laboratoire local où les idées les plus folles peuvent naître et arriver à recruter une équipe de passionnés. Comme l’Electronic Textile Institute Berlin (ETIB) où l'on hacke des machines de tricot et de broderie. Je crois que nous sommes en ce moment à un point où tout ce que l’on voit sur le marché des wearables, pour l’instant, ce sont des gadgets bizarres. Mais au fur et à mesure que la technologie deviendra plus accessible et plus compréhensible, on devrait pouvoir mêler les secteurs de l’électronique et de la mode pour proposer des solutions plus globales pour le quotidien. Mais malgré ces vagues de croissance et de stabilisation, je crois que certains de ces soi-disant textiles et wearables intelligents ne sont pas si bien pensés ni si bien développés, pas seulement en terme de design mais aussi d’un point de vue économique, éthique et écologique. Je suis assez critique quand on parle de développement durable : lorsque l’on ajoute des composants électroniques au textile et que le produit devient en conséquence toxique et impossible à recycler, je ne suis pas sûre que l’on puisse parler d’intelligence. Alors, chers ingénieurs, s’il vous plaît, travaillez à créer des produits et des services véritablement intelligents, qui ne font pas partie du problème mais bien de la solution. Et les créateurs de mode devraient embrasser la technologie comme nouvel outil de design et se lancer dans la collaboration inter-disciplinaire !

Veux-tu ajouter quelque chose ?

Marte Hentschel : De mon point de vue de conférencière à l’université, l’éducation a besoin d’une révision et les professionnels doivent élargir leurs perspectives. Par exemple, des technologistes créatifs qui comprennent bien l’industrie de la mode et ont accès aux outils numériques et à la technologie. De nombreux créateurs de mode sont encore formés de manière plutôt traditionnelle – ils ont peur de la technologie ! Je crois que tout créateur devrait apprendre à coder, et que tout programmeur devrait avoir une formation en arts manuels. J’espère vraiment que les prochaines générations se comprendront mieux et que l’on pourra former des ponts entre ces mondes séparés que sont le monde des ingénieurs, celui des designers et celui des forces de vente. Et cela doit commencer par l’éducation.


Appear Here : coeur de pop-up

 Les pop-up stores poussent comme des champignons et semblent être la dernière tendance des marques pour se faire connaître.

Face à ce phénomène de grande ampleur, j'ai voulu en savoir plus et j'ai donc échangé avec Élodie d'Appear Here.

Bonjour Elodie, pourrais-tu te présenter ?

 

Je m'appelle Elodie Dessors. J'ai rejoint l'équipe d'Appear Here France au moment de sa création, il y a maintenant un an et demi, en tant que Brand Account Manager.
Élodie au micro lors du Who's Next en 2017.

 

Mon rôle est à la fois d'accompagner les marques dans leur utilisation de notre plateforme, et d'aller à la rencontre de toutes celles susceptibles d'avoir besoin de notre service. Au quotidien, je fais en sorte que chaque idée à Paris, Marseille, Bordeaux, Lyon ou encore Aix-en-Provence voit le jour en suggérant les espaces les plus appropriés aux attentes de chacun.
 
J'interviens aussi sur des panels pour sensibiliser les marques à notre activité, comme lors du salon Who's Next où j'ai eu le plaisir d'échanger avec toi (d'ailleurs si vous revoir la vidéo c'est par ici).
 
Précédemment, cette nécessité de mise en relation entre porteurs de projets et détenteurs d'espaces m'est apparue comme évidente, lorsque j'ai lancé la première série de marchés de créateurs en Tunisie (Elbazar) puis un média dédié à la communauté créative, Fazazine
 

Appear Here, c'est quoi exactement ?

 
Appear Here est, en deux mots, le "AirBnB du retail".
 
Notre mission - "Space for Ideas" - est de donner vie à toutes les idées en facilitant l'accès à la location éphémère d'espaces commerciaux.
 
Nous sommes aujourd'hui le leader mondial dans ce secteur avec plus de 4 000 espaces exclusifs listés à travers le monde, entre le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis.
 
Plus de 125 000 marques  nous ont déjà fait confiance, dont de très établies comme Loewe, Nike, Salomon, ou Adidas, mais aussi de plus jeunes comme Amélie Pichard, Flaneurz, Carolina Ritzler, Satisfy, SOI, Ayede, Building Block, Anja, Louvreuse, LF Markey, House of Dagmar et bien d'autres... 

Là où il fallait auparavant 3 à 6 mois, nous avons rendu la location journalière, mensuelle et même annuelle de boutiques et showrooms aussi simple que de réserver une chambre d'hôtel, en supprimant tous les intermédiaires et en permettant la signature de baux et le règlement des loyers en ligne. 
 

En juin dernier vous avez réalisé un levée de fonds, à quoi a-t-elle servi ? 

Elle nous a servi principalement à recruter et à ouvrir de nouveaux bureaux.

Aujourd'hui, le pop-up store est devenu quasiment incontournable dans le secteur de la mode, comment arrives-tu à expliquer ce phénomène ?

 
En effet, d'après une étude réalisée par IBM, 98% des fameux 'millennials' préféreraient toujours l'achat en boutique et 70% d'entre eux considèrent le shopping comme un hobby.
 
Avec un pouvoir d'achat estimé à 44 milliards de dollars, la dite génération 'z' assure donc la survie et la pérennité des points de ventes physiques. 
Pop-up store
Wear Lemonade x Monoprix

 

Cette même étude révèle également que les nouveaux consommateurs sont devenus de plus en plus exigeants et privilégient à 78% l'expérience d'achat au produit en lui-même.
 
Tout cela a favorisé l'émergence de pop-ups aux concepts toujours plus surprenants, innovants, et surtout 'Instagrammables'. 
 
Par ailleurs, le secteur de la mode est rythmé par les Fashion Weeks, les ventes privées, soldes etc., et se prête donc particulièrement à location 'saisonnière' d'espaces.

Selon toi, quelles sont les règles d'or pour réussir un pop-up ?

Il faut tout d'abord trouver l'espace le mieux adapté à votre idée, au meilleur moment de l'année. Pour cela, vous l'aurez compris, Appear Here est votre partenaire idéal, grâce notamment à notre service de Conciergerie. 
 
Une fois votre réservation effectuée, veillez à bien préparer en amont la communication autour de votre événement. 
 
Mobilisez toute votre communauté sur les réseaux sociaux, trouvez votre muse et n'hésitez pas à vous associer à des influenceurs (comme SOI avec Elsa Muse), voire à d'autres marques (Flaneurz x FILA & Doc Martens), pour créer l'engouement, toucher une audience plus large, et partager les coûts.
Pop-up
SOI x Elsa Muse

 

L'important est de créer une expérience unique en magasin, qui donnera envie aux passants de s'arrêter et à vos clients existants de se déplacer. 
 
Pour cela, faites appel à des professionnels de l'aménagement tels que Label Expérience, qui sauront comprendre votre identité et la reproduire dans l'espace.
 
Pensez à un concept (d)éton(n)ant (Hermesmatic, Chanel's Coco Game Center, mais aussi 'Blanco' d'Edie & Watson) qui durera assez longtemps pour qu'on puisse y retourner.
pop-up
Flaneurz x Doc Martens

 

Créez un sentiment d'urgence, en lançant pour l'occasion une collection capsule disponible exclusivement en magasin. Plus les collaborations seront inattendues (ex. Supreme x Louis Vuitton, Pigalle x Missoni, Amélie Pichard x Pamela Anderson) plus elles feront le buzz et attireront du monde.
 
Jouez la carte de la customization en boutique, comme l'a fait Christelle Noel lors du pop up de Louvreuse.
 
Enfin, ne sous-estimez pas tous les aspects logistiques et votre check list (assurance, terminaux de paiement, stocks suffisants, formation du personnel de vente etc.), et préparez toujours un, ou plusieurs plans B en cas de pépin!  

Dans les années à venir comment le pop-up va-t-il évoluer ?

Le pop-up va se généraliser et devenir la norme. D'ailleurs, c'est un terme qui devient de plus en plus désuet. 
 
Dans cinq à dix ans, la flexibilité en matière de location sera monnaie courante, et vous pourrez voir bourgeonner à Los Angeles, Paris, Berlin, Tokyo ou encore Barcelone des commerces en perpétuel renouvellement. 
 
Aujourd'hui ce qui est intéressant, c'est de retrouver une marque un jour sur un marché, puis de la voir évoluer dans sa propre boutique ou en centre commercial, d'une ville, d'un pays à l'autre. En bref, de créer la surprise, et d'être là où on ne vous attendait pas forcément!