Farfetch, la première plateforme en ligne destinée aux produits de luxe a annoncé le lancement de l’accélérateur de start-up « Dream Assembly ». Un programme ambitieux ayant pour objectif d’accompagner les nouveaux projets à caractère innovants dans le domaine du retail. Dream Assembly s’engage ainsi à poser les bases du commerce de demain en garantissant la pérennité des startups les plus prometteuses. Un pari gagnant pour l’ensemble des acteurs du luxe et de la mode, y compris Farfetch, qui sera le premier à bénéficier de l’aide apportée à la prochaine génération de sociétés œuvrant au futur des nouvelles logiques techniques et stratégiques du e-commerce.

Farfetch

Fondé en 2007 par José Neves, Farfetch est la success story d’un jeune entrepreneur qui mise tout sur le domaine du luxe et de la mode , mais surtout sur l’avenir du e-commerce. Avec la vente d’articles provenant de plus de 500 boutiques, Farfetch est devenue la plate-forme technologique mondiale de la mode et du luxe reliant les créateurs, les conservateurs et les consommateurs d’une trentaine de pays à travers le monde. L’entreprise à la prospérité croissante ayant pour seul mantra, l’ultra-personnalisation de ses offres, prépare son introduction en bourse avec une valeur estimé à 4,5 milliards d’euros. Côté partenariat, Farfetch a initié une collaboration avec la marque française Chanel axée sur la recherche dans l’innovation et l’expérience de vente. Le groupe Chalhoub lui permet d’étendre son marché au Moyen-Orient. Le rachat de CuriosityChina, agence spécialisée dans le marketing social renforce la stratégie commerciale de ce géant de la vente en ligne de produits de luxe. Depuis un an, le site compte parmi ses actionnaires majeurs le géant chinois de la vente en ligne JD.com. Au total, Farfetch propose à ce jour les produits de 3200 marques. Le portail revendique désormais quelques 935 000 utilisateurs actifs, chiffre en progression de 40 % par rapport à l’exercice précédent.

Aujourd’hui l’entreprise se lance dans la création d’un accélérateur de technologie dédié à l’innovation dans le domaine du e-commerce. Le programme Dream Assembly a ainsi pour vocation de réinventer l’expérience de vente en intégrant les bases de l’augmented retails ou le commerce connecté. L’appui financier du mastodonte britannique Burberry et la promesse de travailler sur les innovations parmi les plus révolutionnaires au monde, ont suffit à convaincre et rallier au programme l’entreprise « 500 Startups », un fonds d’investissement et un incubateur de startups fondé par Dave McClure et Christine Tsai en 2010. « 500 Startups » s’engage à offrir son expertise aux jeunes entreprises participantes au travers d’ateliers de formation propres à la politique du commerce connecté.

Farfetch

Dream Assembly prendra place dans les bureaux de Farfetch à Lisbonne et comprendra une série de workshops donnant aux startups un accès direct à l’expertise de Farfetch dans l’industrie des produits de luxe et de la technologie sur une période de 3 mois. Le programme prévoit des séances de coaching individuel avec les dirigeants de Farfetch, la mise en place d’un système de réseautage, des réunions de mentorat sur des sujets tels que le commerce électronique, le marketing, la technologie, la mode, la logistique et les opérations stratégiques commerciales. Les startups participantes seront au nombre maximum de 10 et recevront un montant de 30 000 euros pour donner vie à leur projet. De plus, le programme propose deux journées de démonstration (à Lisbonne et Londres), où les participants présenteront leur entreprise à un groupe pré-sélectionné d’investisseurs externes et auront ainsi l’opportunité de bénéficier d’un financement supplémentaire.

En prodiguant à ces jeunes entreprises la meilleure expertise et le meilleur mentorat que possible, Dream Assembly entend bien mettre fin à cet entre-deux transitionnel numérique de l’écosystème du luxe et de la mode, dont la digitalisation est le plus souvent freinée par le manque de formations et les difficultés techniques.

Alors que de plus en plus d’entreprises ont recours aux solutions digitales ( 44 % selon une étude réalisée par KYU lab en 2017 ) pour le fondateur de Farfetch Jose Neves, la digitalisation des points de vente est le signe probant d’une profonde évolution de la culture du luxe et de la mode qu’il convient d’en saisir le sens stratégique, économique et social. Pour Delphine Vitry, spécialiste dans l’expérience client et le retail, le constat reste le même, les maisons ont le devoir d’adapter leur offre à celui d’un client plus exigeant et de trouver une certaine balance entre créativité et stratégie d’offre.

Farfetch

Malgré l’écrasante majorité des personnes en faveur d’un changement de paradigme, il subsiste encore quelques réfractaires au changement qui évoquent des difficultés techniques ( liées à la compréhension ou à l’intégration des nouveaux outils ) mais également à l’avenir du système de production et de distribution. Quelles seront les nouvelles conditions de distribution engendrées par la digitalisation des points de vente ? Existera t-il encore un pouvoir d’achat ou deviendrons-nous tributaires d’un système commercial ayant la main mise sur nos données personnelles ? L‘ultra-personnalisation que proposent ces solutions digitales ne risque t-elle pas de provoquer la suppression de toutes formes de créativité spontanée ?

La monétisation croissante des datas loguées (données personnelles) , la plausible disparition de certains métiers de la vente sont les facteurs les plus occultés quant il s’agit d’innovation numérique. Il n’en demeure pas moins que l’impact économique et social engendré par tous ces changements, mériterait cependant que l’on s’y attarde. S’il est vrai que l’évolution a toujours apporter son lot de bouleversements , rien ne garantie en revanche qu’elle soit de bonne augure. En attendant d’avoir le fin mot de l’histoire, il est heureux de voir que de plus en plus d’actions sont misent en place pour permettre le développement et garantir la pérennité de jeunes entreprises prometteuses.

Découvrez le programme “Dream Assembly”  ici

Crédits photos :  Jullian Hobbs