Dialogue silencieux

Textiles et matières actives : l'innovation technopoétique

Portrait © Florence Bost.
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Florence Bost, designer textile, est spécialiste de l’intégration des nouvelles technologies  dans le textile. Sa démarche innovante et sensorielle s’inscrit dans les nouveaux usages qui démultiplient les possibilités d’utilisation du textile dans de nombreux domaines d’application.

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Comment procédez-vous ?

J’intègre de la technologie sur une base textile existante de manière physique et graphique.  Les éléments techniques doivent être lisibles par l’utilisateur. Il est primordial que l’utilisateur dépasse la technique pour entrer dans la matière et pour cela il faut la rendre transparente soit par la miniaturisation soit en l’intégrant graphiquement dans la conception. Sa présence prend alors tout son sens et se justifie par elle-même.

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Accentuez-vous plus sur l’aspect graphique ou l’aspect technologique ?

Le produit doit avoir sa propre identité graphique au-delà de l’aspect technologique. Il serait difficilement vendable dans le cas contraire. Les clients pourraient porter leur choix sur un autre tissu graphiquement plus intéressant. La technologie doit s’associer au tissu et non l’inverse. Jusqu’à présent la matière textile est essentiellement 2D. Aujourd’hui, les matières actives, les « smart textiles » permettent de créer une 3ème dimension et ouvrent de nouvelles explorations. Ces nouvelles dimensions qui sont souvent immatérielles donnent au textile de nouveaux territoires. C’est très important. Par exemple, un tissu olfactif n’est plus seulement 2D puisqu’il y a une présence au-delà de sa dimension physique. Ce rayonnement augmente son action et entre dans l’imaginaire. Nous voyons le même phénomène pour les leds ou les envois de données dans les vêtements connectés.

Quels sont les domaines de votre métier ?

Il y en a trois. Tout d’abord je développe de plus en plus un service via des passerelles créatives. C’est-à-dire que je me positionne en amont du développement produit par rapport à un cahier des charges prédéfini avec le client. J’apporte une réflexion sur de nouveaux concepts. Le résultat peut prendre la forme d’un cahier d’idées, comme un outil technique et un levier créatif qui décrit les prémisses d’une conception produit, ou d’une veille technologique qui analyse les produits existants, les procédés techniques, les découvertes scientifiques, les composants, les normes, les matières ou/et les matériaux.

Ensuite, je réalise des créations sur-mesure pour des agences événementielles, des boutiques ou des grands magasins comme le rideau lumineux conçu pour l’espace Lingerie du BHV Marais.

Enfin, j’ai un service « démonstrateur » ou prototypage. Lorsqu’un produit met en avant une avancée technologique, il peut se passer beaucoup de temps avant qu’il soit industrialisable.  Par exemple le projet de Faurecia sur l’hypovigilance en voiture ou  les jouets communicants pour France Telecom. Cette étape est indispensable pour les industriels. Elle leur permet d’évaluer les coûts techniques et humains à mettre en œuvre au sein de leur entreprise pour développer de nouvelles technologies. Elle permet aussi d’anticiper les aspects techniques, juridiques mais aussi les valeurs d’entreprise que ces nouveaux produits devront véhiculer.

Enfin - et pas des moindres - le démonstrateur est un formidable outil de communication et de motivation pour les équipes. Le prototypage révèle la capacité de mise en industrialisation.

démonstrateur © Sable Chaud
Le démonstrateur

Quelle vision avez-vous sur les avancées infinies de la technologie ?

La technologie doit rester un outil pour l’homme et non l’inverse ! Le bon sens est donc de mise pour éviter le technologie à tout prix. Souvent, elle n’est pas une finalité mais un passage, comme un révélateur ou un levier d’innovation. Elle permet de créer de nouvelles méthodes de travail et elle est directement liée à notre mode de pensée pour s’intégrer dans la société. Je pense que la technologie reflète notre relation aux autres, notre rapport au corps, notre vision de l’avenir, notre manière de fonctionner. Lorsque des problèmes techniques surviennent, je me suis rendue compte que la cause était le plus souvent liée à des soucis relationnels qui ont entraîné des erreurs de conception.

Dialogue au crépuscule
Dialogue au crépuscule

Quels sont vos projets à court terme ?

Mes projets de passerelles créatives me passionnent. Je suis ravie de voir qu’il y a un intérêt grandissant de la part des industriels et le domaine offre de très belles opportunités. Mon travail consiste souvent à regarder les choses sous un angle différent et il m’est arrivé plusieurs fois de participer à une conception produit qui, au final, ne contient aucune technologie.

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D’où vient l’appellation « Sable Chaud » ?

Je voulais associer à mon travail une marque olfactive, un appel à l’imaginaire. Le sable a des capacités de transformation incroyables : entre souplesse et rigidité, micro et macro, grain épars et vaste étendue compacte. L’expression m’est apparue comme une évidence car c’est le point de départ d’un voyage onirique, d’une évasion sensorielle. Il est à la fois sérieux et intrigant, il est intimement lié à la matière. Et le sable est une source d’inspiration illimitée.

Un grand merci Florence !

Sable Chaud est disponible sur son site Internet : http://www.sablechaud.eu. Actuellement, en refonte, vous pouvez retrouver toutes les informations principales sur : http://www.ancien.sablechaud.eu.


Les Cachotières

LES CACHOTIÈRES, le site des Princesses 2.0

Agathe  a toujours eu en tête de créer son entreprise. Suite à des études en mode et marketing et après une expérience professionnelle en tant que Chef de Produits dans des marques de prêt-à-porter féminin de renom, à 28 ans, Agathe Cuvelier s’est lancée dans l’aventure de entrepreneuriat. Elle a créé Les Cachotières, un site de location de robes de soirée haut de gamme entre particuliers.

Agathe Cuvelier

Comment vous est venue cette idée des Cachotières ?

J’ai toujours voulu créer mon entreprise. Je suis diplômée d’Esmod et de ModSpé et je voulais créer ma propre marque de vêtement. Mais ça me paraissait très compliqué, les marchés étant saturés. J’ai expérimenté ce moment où je n’avais pas la tenue adaptée à l’événement auquel je devais aller et où j’aurais bien eu besoin d’une robe uniquement pour l’occasion. L’idée a germé, j’ai préparé un dossier l’an dernier pour être intégrée dans l’incubateur d’Euratechnologies à Lille. Il a été accepté, j’ai démissionné en août, j’ai intégré l’incubateur en novembre et j’ai lancé mon premier site test en février.

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En quoi consiste le concept ?

J’aimerais préciser qu’au-delà d’un site ou d’une marque, Les Cachotières c’est avant tout un état d’esprit. Le concept permet de consommer la mode de manière tout à fait différente puisqu’on ne la possède plus. C’est un nouveau tournant.

En plus de location de robes, j’ai créé des partenariats avec des créateurs qui déposent au show-room des accessoires pour agrémenter les tenues. Les clientes ont la possibilité de louer ou d’acheter leurs accessoires.

Quel est votre cœur de cible ?

Je vise la tranche d’âge 25-35 ans. Les jeunes femmes actives qui s’installent dans leur vie personnelle et leur vie professionnelle, qui ont de nombreuses occasions de devoir être bien habillées sans avoir le temps de faire les magasins et qui ne souhaitent pas remettre la même tenue plusieurs fois. Mais en réalité, la tranche d’âge des clientes est bien plus large, elle couvre les 18-60 ans.

D’où viennent les robes ?

J’ai deux sortes de clientes : celles qui m’envoient leurs robes pour que je les mette à disposition au showroom et prochainement sur le site. Ce sont des contrats de 3 mois et elles touchent une commission à chaque location. Et celles qui les louent pour un événement particulier. Nous fixons un rendez-vous dans mon show-room (en métropole lilloise ndlr) pour qu’elles puissent choisir et essayer la ou les robes qui les intéressent. Bientôt elles pourront les emprunter directement depuis la plateforme web.

Le prix de la location varie bien évidemment en fonction du modèle choisi, entre 35 et 60 euros, pressing inclus. Il y a une caution à verser pour éviter toute mauvaise surprise. La durée de location est comprise entre 4 jours et 1 semaine.

Comment avez-vous démarré ?

Tout est venu des réseaux sociaux. J’ai volontairement axé ma communication et ma stratégie sur cet effet communautaire. L’idée est de créer une émulation pour que chaque femme puisse participer. Le démarrage a été très rapide, j’ai reçu 100 robes en un mois. J’ai commencé en mettant les miennes puis d’autres ont suivi. Aujourd’hui j’en ai 150 que je trie chaque semaine.

Pour l’instant la majorité de mes clientes se trouvent à Lille et dans ses environs. Je reçois de plus en plus de demandes de Paris. A terme, l’idée est de pouvoir couvrir le plus large territoire possible.

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Quelle est votre actualité ?

Je suis en pleine recherche de financement. La phase de test depuis février est passée et est très concluante. Je vais donc pouvoir développer le site. Pour le moment, c’est plus une vitrine d’explication du concept. Demain, mon but est que tout se passe via le site : l’inscription, le renseignement des mensurations, le choix des robes. Je travaille avec Fitizzy pour permettre aux clientes d’intégrer leur passeport morphologique directement en ligne. J’élabore également ma stratégie logistique pour être capable de livrer les robes chez mes clientes à leur domicile ou sur leur lieu de travail et de les récupérer par le même transporteur pour leur éviter de les renvoyer elles-mêmes.

Comment vous voyez-vous dans 2-3 ans ?

Dans 2-3 ans, j’espère pouvoir faire travailler une dizaine de personnes, couvrir le marché français et pourquoi pas européen.

Un grand merci Agathe !


Réalisation Tzuri Gueta

Tzuri Gueta, le créateur de la dentelle de silicone

Tzuri Gueta est designer et ingénieur textile diplômé du Shenkar College de Tel Aviv. Il crée sa marque éponyme à Paris en 2000 et travaille des matières surprenantes à la frontière avec la sculpture qui trompent l’œil et le toucher. En 2005, il mêle art et technologie en inventant la dentelle siliconée qui lui offre un terrain d’expression immense. Cette matière lui permet notamment de s’épanouir dans le bijou, les objets et la haute couture. Il puise son inspiration dans l’environnement naturel qu’il soit terrestre ou sous-marin.

Rencontre avec Tzuri Gueta, créateur d’un univers poétique et mystérieux où la technologie se marie merveilleusement avec l’art et la nature.

Tzuri Gueta

Comment êtes-vous devenu designer ?

C’est grâce à la confiance que j’ai reçu pendant toute mon enfance et la curiosité qui ne me quitte jamais que j’ai évolué très logiquement vers ce métier.

J’ai su très jeune que j’étais créatif. A trois ans déjà, je m’exprimais avec des crayons. J’ai grandi entouré de confiance, ce qui m’a permis de trouver ma personnalité dans mon monde imaginaire. Je suis d’un naturel curieux, j’ai été élevé en bord de mer et mon environnement m’inspirait. Mon entourage me stimulait et me stimule toujours beaucoup. Mes frères sont artisans. J’aime regarder les différentes techniques qui existent dans leur métier (le verre et le bois ndlr), trouver des solutions créatives. Ça m’a donné envie de faire des expériences en mélangeant des matières.

Quand j’étudiais la mode et le textile, il fallait déconstruire un tissu pour le reconstruire ensuite. Mais au lieu de le couper avec des ciseaux ou des outils « normaux », je le brûlais, je le découpais à la scie, je le trempais dans l’acide. Je voulais croiser différents savoir-faire pour voir ce que ça allait donner à la fin. J’aime confronter les matières pour m’exprimer.

C’est trop simple pour moi de dessiner sur du papier. Il me faut du challenge. Dessiner sur du tissu en prenant en compte ses contraintes me convient plus.

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Pourquoi avoir choisi le silicone ?

Je voulais trouver une solution pour utiliser une matière textile comme une surface sur laquelle je pouvais m’exprimer artistiquement. L’encre a besoin d’un support pour se fixer, les traits apparaissent sur les fils et dessiner sur un tissu ajouré, c’est forcément plus compliqué. Il me fallait trouver une solution : je voulais une encre qui pouvait exister sans matière textile. Le silicone est cette encre. C’est une matière d’origine minérale qui se suffit à elle-même. Elle n’a pas besoin de support pour exister.

J’ai approfondi mes recherches et mon intérêt pour cette matière première. J’ai breveté la technique en 2005 et j’en ai fait ma matière d’expression.

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Comment s’est passé cette recherche ?

Toute ma théorie part de l’erreur et de ses interprétations. J’aime faire des erreurs. J’aime ne pas contrôler à 100%. Je laisse la matière s’exprimer et je m’y adapte. Les erreurs servent à cela : attirer notre attention et nous guider. Comme la nature fait ses choix, l’orage s’abat sur les arbres ou non, la matière parle et je prends ma décision en fonction. C’est le « happy accident », l’intégration du spontané dans la maîtrise. Lorsque je fais un geste d’erreur, j’essaie de le recommencer en le maîtrisant pour voir ce que ça donne. En fait, je stimule les accidents pour lire leur message. La technique du silicone vient de là.

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Vous travaillez dans trois domaines : le bijou, les objets et la haute couture, comment répartissez-vous votre temps ?

Je pars d’abord de la matière avant de définir le domaine dans lequel je vais la travailler.  Pour la haute-couture, j’avais envie de voir comment la matière allait vivre en mouvement dans les différents tissus. Quand un designer m’appelle, on ne peut pas imaginer le résultat en avance. Il faut que l’effet visuel se mêle à l’effet technique, qu’il n’y ait pas de frontière. Je travaille la matière comme de l’or. Tout est fait à la main, chaque pièce est unique.

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Quels sont vos projets pour demain ?

Je fais beaucoup de tests plus ou moins étranges pour voir la réaction de la matière. Au plus le domaine semble éloigné de mon univers au plus ça m’intéresse. Par exemple, je pourrais appliquer la dentelle siliconée dans un concept car, un avion, un yacht, un casque de moto.

Je suis en train de réfléchir à travailler plus précisément sur les caractéristiques techniques de la dentelle de silicone pour élargir le spectre d’intervention. Elle est résistante à 300°, elle est transparente comme du cristal, elle est conductrice de courant, elle est antichoc. On peut donc imaginer l’utiliser dans le luminaire, les leds, les arts de la table, les arts culinaires, etc.

Aujourd’hui la décoration prend la majorité de mon temps, il faut que je fasse un peu de place pour développer autre chose. J’aimerais collaborer avec d’autres créateurs et confronter nos deux univers et en créer un autre, encore inconnu.

Un grand merci Tzuri !


Accueil Fitizzy

FITIZZY : Il n’a jamais été aussi simple de choisir la bonne taille sur Internet

Fitizzy, c’est une histoire d’amitié, une histoire de rencontres, une histoire de talents, une histoire d’innovation, une histoire de découvertes.

 Entretien avec Sébastien Ramel, co-fondateur de Fitizzy.

Sébastien Ramel et Gaultier Monier
Sébastien Ramel & Gaultier Monier - les 2 co-fondateurs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Peux-tu nous expliquer le concept Fitizzy ?

Fitizzy commercialise auprès des acteurs de l’industrie du prêt-à-porter des solutions pour améliorer l’expérience shopping de leurs clients tant sur Internet qu’en point de vente physique. Nous proposons en parallèle aux consommateurs de renseigner leurs mensurations afin de sauvegarder gratuitement leur passeport morphologique sur Fitizzy.com. L’intérêt pour le consommateur est de pouvoir connaitre la taille la plus appropriée à sa morphologie et des conseils personnalisés sur le bien-aller du produit en question directement sur tous les sites qui ont intégrés notre solution et/ou en magasin via notre application mobile.

Comment l’aventure Fitizzy a-t-elle démarré ?

Nous étions encore étudiants lorsque j’ai rencontré Gaultier. J’étais en École de Commerce à Bordeaux et lui en Ecole d’Ingénieur à Paris. On s’est retrouvé sur un premier projet d’entreprise qui n’a finalement pas vu le jour, mais nous avons continué d’échanger. Suite à une discussion sur l’achat de vêtements en ligne, nous avions constaté que nous avions tous les deux eu de mauvaises expériences, notamment à cause d’erreurs dans le choix de la taille. Fitizzy est alors devenu le projet de fin d’études de Gaultier et a été reconnu comme meilleur projet de la promotion. En parallèle je commençais à travailler sur tous les sujets non-techniques du projet. Et à mon retour d’échange universitaire fin 2011, j’ai décidé de me consacrer à temps plein sur Fitizzy avec Gaultier.

Quelles ont été les étapes de développement ?

En 2012, nous avons cherché un incubateur d’entreprises spécialisé dans le textile afin de pouvoir bénéficier de conseils pour le démarrage de notre projet. INNOTEX, à Roubaix dans le Nord, était le seul en France. Notre projet a été validé à l’unanimité et nous étions financés à condition d’installer notre entreprise dans le Nord de la France. Nous avons donc quitté la Région Parisienne pour nous installer à Lille. Pendant un an, parallèlement au développement de Fitizzy, nous nous sommes formés au modélisme, aux matières, à la manière de réaliser un vêtement. Nous ne venions pas de ce milieu et il était primordial de comprendre cette mécanique. Le Nord est une magnifique région de tradition textile et accueille également de nombreuses entreprises de e-commerce. Nous avons eu à notre disposition des experts et des techniciens qui nous ont beaucoup aidés dans notre démarche. Il nous a fallu un peu plus d’un an pour valider cet outil innovant capable de déterminer la bonne taille.

Nous avons créé la société en juin 2013. Nous avons intégré l’accélérateur de startup d’Euratechnologies, à Lille. C’est un pôle économique dédié aux TIC (Technologies de l’Information et de la Communication ndlr) qui rassemble des entreprises innovantes, de la jeune pousse comme nous à l’entreprise internationale comme ASOS, Cap Gemini ou IBM. En septembre 2013, nous avons démarré la commercialisation du widget auprès des marques.

Nous avons été lauréats de plusieurs concours d’entreprises innovantes nationaux ou nordistes en 2012 et 2013. Grâce à ces récompenses et à leurs subventions, nous avons pu poursuivre notre déploiement.

 

DashboardWidget

 

Et qu’en est-il aujourd’hui ?

Aujourd’hui, nous sommes 14 collaborateurs dont 5 dans la partie technique, 6 dans le développement commercial, 2 en marketing-communication et un associé entré au capital récemment. Grâce à son expérience de chef d’entreprise dans les technologies, il nous aide à nous organiser, à nous structurer et à lever des fonds pour assurer notre développement.

En plus de notre solution pour les sites marchands d’habillement disponible sur de nombreux sites comme Promod.fr, Devred.fr, NafNaf.com et en cours d’intégration sur près d’une centaines d’autres sites, nous avons développé l’appli IOS/Androïd qui est téléchargeable gratuitement. Grâce à elle, le consommateur peut utiliser Fitizzy en magasin pour éviter d’aller en cabine d’essayage. Pour cela il lui suffit de scanner l’un des codes barres du produit qu’il souhaite acheter.

 

Application Mobile
Captures d'écran de l'application Fitizzy

 

Quels sont vos projets pour demain ?

Sur le plan des ressources humaines, nous avons comme objectif d’être à 30 personnes d’ici la fin de cette année et nous avons démarré l’expansion internationale. Nous avons déjà ouvert le Royaume Uni en janvier, l’Allemagne et l’Espagne en mai. Nous prévoyons d’ouvrir d’autres marchés européens très prochainement ainsi que de se développer en Asie (Japon, Chine etc).

Nous continuons de nous développer sur le marché français afin de maintenir notre position de leader. En parallèle, notre équipe technique et R&D travaille sur plusieurs nouvelles solutions pour élargir notre offre pour les acteurs de l’habillement.

 

Un grand merci Sébastien !


Collection Olympe Jaffre

Olympe Jaffré : artisanat numérique et innovation poétique

Olympe Jaffré a créé sa marque OLYMPE75018 en 2011. Elle construit des collections de Prêt-à-Porter créateur Femme Haut de Gamme. A mi-chemin entre Mode et Art, les collections d’OLYMPE75018 inscrivent le vêtement dans des univers référencés et en font une matière à  réfléchir.

Inspirée par une approche protéiforme de la mode, OLYMPE75018 collabore avec DJ’s, VJ’s, plasticiens, chorégraphes, vidéastes, sérigraphes, photographes pour réaliser des projets inédits mêlant innovation, nouvelles technologies, matières nobles et valeurs humaines.

Entretien avec la créatrice qui a réussi le pari de l’artisanat numérique et de l’innovation poétique.

Portrait d'Olympe Jaffré

  • Comment la mode est apparue dans votre vie ?

Portrait Olympe JaffreJe me destinais à un métier de Chargée de Projets dans la Culture après mon DESS en Direction de Projets Culturels. Je me suis d’abord intéressée sur l’alliance possible de l’art et des nouvelles technologies dans le domaine de la danse (auteure de Danse & nouvelles technologies : enjeux d’une rencontre, Editions l’Harmattan, Paris, 2007). La mode a toujours été présente dans ma vie par héritage familial. Je pratiquais beaucoup à titre personnel. Au retour de New York, après une mission à l’ONU en 2009, j’entreprends de me former en Stylisme/Modélisme, en suivant des cours du soir mis en pratique auprès d’un tailleur parisien. Je décide de m’investir pleinement dans la réalisation de mon projet de  griffe de Mode.

En 2010, en off de la Fashion Week parisienne, je monte mon premier défilé, un « Street défilé » pour présenter ma première collection au public. Puis tout s’est enchainé, j’ai construit mon projet de création d’entreprise, en intégrant la couveuse du GEAI (dispositif d’appui à la création d’entreprise, ndlr), puis j’ai été lauréate de la Résidence des Ateliers de Paris et sélectionnée au Grand Prix de la Création de la Ville de Paris, Mode (débutant) en 2012.

Je créée des collections de prêt-à-porter féminin en petite série, fabriquées en France, vendues en ligne sur mon E-shop et lors de ventes de créateurs. J’ai choisi d’utiliser le Bazin, un coton enduit noble, comme matière signature pour faire connaître ce tissu méconnu. C’est un tissu voyageur, un pur joyau du patrimoine textile mondial, d’abord tissé en Europe et teinté de façon traditionnelle en Afrique. Je le mixe avec des matières nobles (cachemire, soie). Il est évocateur de mon parcours : j’ai vécu 7 ans à Abidjan.

  • Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Je suis avant tout animée par la quête de sens. Chaque collection correspond à un univers total dans lequel on retrouve tous les arts. Mon deuxième défilé, « Low Tech Melancholia » en mars 2012, était un défilé chorégraphié dans un décor d’appartement rétro-futuriste.

Je puise également mon inspiration dans la matière urbaine, l’observation des territoires, et l’analyse des évolutions de l’époque liées aux nouvelles technologies. Actuellement, je développe un travail autour de pièces uniques mode, que j’ai intitulé « artisanat numérique » basé sur la matérialisation d’une nouvelle technologie par le fil.

  • En plus de vos collections, vous travaillez sur des pièces uniques qui relient la mode et les nouvelles technologies, pouvez-vous nous décrire le procédé du QRCode ci-dessous ?

Cape QR code

J’ai démarré en 2011, avec un prototype de broderie QR Code, sous la forme d’une « Robe  intelligente », exposée au CETI (Centre européen des textiles innovants) – Lille 3000. La démarche vise à matérialiser le langage numérique en utilisant des techniques d’artisanat textile. J’ai depuis développé différentes déclinaisons : canevas, boutons, perles de nacre et sequins.

Le lien du QR code renvoie à l’œuvre d’un artiste. Le vêtement devient alors une galerie d’art qui est mobile, l’œuvre est à la fois visible et invisible. Par exemple, si vous flashez le vêtement ci-contre, vous accéder à une œuvre de l’artiste digital (Systaime) un gif animé d’une déconstruction de vidéo de défilé, spécialement conçu pour cette pièce. Chaque vêtement est unique, chaque lien est unique.

Gif animé
Captures d'écran du gif animé (Systaime©)

L’idée de ce projet est de donner du contenu au contenant et d’utiliser les nouvelles technologies dans une finalité purement artistique. Le lien encapsulé développe une émotion chez celui qui flashe le code. J’aime ce côté « innovation poétique ».

J’utilise volontairement la palette de couleurs primaires (RGB) par cohérence esthétique et pour conserver la quête de sens qui m’anime en permanence.

Pull QR CodeCette collection de pièces uniques, intitulée « Artisanat numérique » prend la forme d’un Work in Progress qui s’augmente de nouvelles pièces régulièrement. Le dernier prototype en boutons (120 heures /main) a été présenté à l’occasion des Fashion Tech Days à Roubaix, en mars dernier. Je me considère de temps en temps plus comme une chercheuse dans un laboratoire. C’est à ça aussi que servent les designers de mode et l’artisanat. C’est important de faire avancer la création en testant, en innovant et en expérimentant de nouvelles techniques.

 

  • Pourquoi avoir choisi ce nom OLYMPE75018 ?

    Olympe75018

Profondément inspirée par la matière urbaine j’ai fait de mon code postal, une signature. Le 18ème arrondissement m’inspire au quotidien : du Sacré cœur à Château-Rouge en passant par la Chapelle, il représente, à mon sens, la richesse du spectre des territoires et des cultures qui façonne l’identité des grandes capitales.

Je place au cœur de ma démarche la valorisation de l'économie locale, et je participe au développement d’une filière textile haut de gamme dans le 18ème. Je m’attache à collaborer avec des artisans, brodeurs, fournisseurs et autres acteurs de la chaîne textile de ce quartier, afin de mettre en lumière et pérenniser ces savoir-faire traditionnels, héritiers d’une couture parisienne de haute qualité.

Un grand merci Olympe Jaffré !


Christine Phung - Backstage Défilé Fall-Winter 15-16 - img1

ENTRETIEN AVEC CHRISTINE PHUNG

Christine PHUNG a baptisé sa collection Automne-Hiver 15-16 « Glitchologie ». Une collection inspirée du numérique dans des matières innovantes dont certaines sont développées en exclusivité en collaboration avec des tisseurs.

Entretien avec la créatrice qui aime allier les techniques traditionnelles de la mode à la technologie d’aujourd’hui…

 Après des études à l’Ecole Duperré et à l’IFM, elle fait ses armes pendant une dizaine d’années pour See By Chloé, la ligne enfant de Dior, Vanessa Bruno, Christophe Lemaire, Lacoste, Veja

En 2008, ses pièces sont exposées au Musée d'Art Moderne in Liège pour la Biennale du Design. En 2011, elle crée sa propre marque, puis gagne le Grand prix de la Création de la ville de Paris, dans la catégorie « Mode confirmé ». En 2012, elle termine sa première collection ; elle est également finaliste du concours international Mango Fashion Awards. En 2013, elle remporte le prix de l’ANDAM dans la catégorie « Premières Collections ».

La femme que Christine Phung habille est une « contemporaine qui explore et assume une esthétique digitale »

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Crédit photo : Dorothée Perkins

 

 

  • Pourquoi êtes-vous devenue créatrice de mode ?

J’ai toujours été fascinée par la question de l’identité. Je suis d’origine cambodgienne, mon père a changé son identité pour pouvoir faire échapper son frère pendant le conflit avec les Khmers Rouges en 1974. Il lui a donné son nom et il a pris celui d’un voisin décédé. L’identité est une interrogation existentielle permanente. A mes yeux, le vêtement raconte ça : il est une interface entre le personnel, l’intime et la représentation publique. Je voulais exercer une profession artistique et à la fois très ancrée dans la réalité. L’arrivée d’internet, l’évolution du design et des technologies ont été pour moi une bonne manière d’être dans mon temps, de m’inscrire dans un univers transversal.

  • Comment en êtes-vous arrivée à défiler à la Fashion Week de Paris ?

Après mes études aux Beaux Arts et à Duperré, j’ai intégré le cursus Création de l’Institut Français de la Mode pour acquérir les bases du Marketing et de la Finance. Je me suis rendue compte qu’il me fallait beaucoup d’argent pour démarrer. J’ai donc choisi de travailler pour les autres pendant 8 ans pour apprendre ce qu’il fallait faire et ce qu’il ne fallait surtout pas faire.

Pendant ces années, j’ai tissé mon réseau, j’ai mis de l’argent de côté. A 32 ans, je me suis dit qu’il était temps de se lancer. Et même si je n’avais pas forcément tout ce qu’il me fallait, je me disais que j’allais le trouver. Je n’ai pas d’investisseur extérieur, j’ai toujours tout autofinancé. Les concours que j’ai remportés ont été des leviers pour progresser, pour me donner de la visibilité en presse, pour gagner de l’argent et continuer l’aventure. Le prix de l’ANDAM m’a permis d’intégrer le calendrier officiel de la Fashion Week de Paris.

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Crédit photo : Marie-Amélie Tondu
  • Votre travail sur les matières est remarquable, comment procédez-vous ?

Chaque collection est une histoire, un scénario qui dure 6 mois environ. Je recherche des images, je m’inspire de la géométrie de la nature, des textures, de l'architecture. Je vais sur les salons faire de la prospection, à Première Vision par exemple (NDLR : l'événement mondial des professionnels de la filière mode) . Je développe également des matières en exclusivité avec les tisseurs que je connais. Par exemple, j’ai travaillé avec Tzuri Gueta sur une technique de dentelle injectée de silicone.

 

  • En quoi est-ce important pour vous d’allier la mode et la technologie ?

Le monde d’aujourd’hui est autant bousculé par les nouvelles technologies qu’il ne l’a été hier avec l’arrivée de l’imprimerie. C’est un territoire d’exploration passionnant. Les règles du jeu, le rapport au temps, à l’espace aux gens évoluent en permanence. J’aime faire ce lien entre les techniques traditionnelles de Haute Couture comme les plissés, le patchwork et l’approche contemporaine, voire futuriste, qu’on peut avoir du vêtement.

Lorsque j’étudiais à Duperré, il n’y avait qu’un seul ordinateur pour tout le monde. J’ai vécu cette transition, l’apparition des nouveaux outils, la définition d’une nouvelle esthétique. Il est essentiel d’apprivoiser ces outils, de les maîtriser mais il est encore plus important de savoir les dépasser et de s’en démarquer.

  • Pouvez-vous décrire cette silhouette ? Quelle a été votre inspiration ?
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Crédit photo : Marie-Amélie Tondu

Lors de mes recherches d'images, j'ai trouvé une série de photos de l'artiste Marisha Gulmann qui avait photographié une fleur avec un appareil qui buggait. Elle a malgré tout conservé son appareil et j'ai trouvé magnifique d'aller contre cette obsolescence programmée et d'en tirer une poésie de l'erreur. Nous avons collaboré ensemble et j’en ai fait un imprimé.

Le pantalon est en taffetas de polyester. C’est une structure à la fois raide, souple et ondoyante. Il a un bel aspect laqué.

Le top est en satin de soie bleue. J’ai utilisé l’envers, qui est mat, à côté de l’endroit, brillant et j’ai joué sur un effet déstructuré avec le col. Le final est un genre d’harmonie dissonante.

 

 

Un grand merci Christine Phung !