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Labeledby : Fusion du textile et de fermetures imprimées en 3D

Nous revoila aux Pays-Bas,  où deux jeunes ingénieures révolutionnent la confection de vêtements. A force de découvrir des pépites néerlandaises, on se dit qu'il y a quelque chose dans l’air là-bas (où dans la pluie peut-être) qui doit inspirer les designers. Après quelques échanges de mails, Fabienne van de Weiden et Jessica Joosse, fondatrices de Labeledby, nous présentent leurs visions du système de la mode.

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Modelab : Bonjour Fabienne & Jessica, comment votre duo est-il né ?

Fabienne & Jessica : Nous nous sommes rencontrés à la Faculty of Industrial Design d’Eindhoven, et notre vision de la mode et de la tech’ nous a rapidement rapproché ! Peu de gens sont au courant, mais cette université propose une formation dédiée à la mode et aux smart textiles, avec des intervenants spécialisés. C’était l’environnement idéal pour nous. Pendant 4 ans nous avons partagé nos idées, tout en travaillant individuellement sur la plupart des projets, et développant des compétences différentes, correspondant à nos aspirations personnelles.

Après notre diplôme, nous avons décidé de mettre en commun nos forces, et créé LABELEDBY.

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M : Quels sont vos projets en ce moment ?

F & J : Nous élaborons différentes méthodes de production de vêtements, en utilisant les outils que nous a apporté la 4e révolution industrielle, comme les imprimantes 3D et la découpeuse laser. Nous collaborons avec différents fashion designers, pour tester nos innovations, qui bousculent les habitudes de confection de l'habillement. 

Par exemple, nous assemblons les pièces de tissu sans avoir besoin de les coudre, en imprimant des jointures ou fermetures éclairs directement sur le textile. Certains de nos designs sont le résultat d’instructions données au logiciel Processing, basées sur les mathématiques. Les paramètres de ces instructions peuvent être modifiés pour créer des patronages différents en un clin d’œil. Il devient alors facile de produire de multiples variations à partir du design original.
Les nouvelles idées qui apparaissent ainsi sont utilisées pour LABELEDBY.

LABELEDBY. Propose ses services aux stylistes et marques de mode. Avec nos clients, nous créons une collection basée sur des vêtements personnalisés, en utilisant nos techniques de confection novatrices. Ces techniques, basées sur un processus numérique en partie automatisé, permettent d’adapter simplement le design de chaque vêtement, sans coût ni délai supplémentaires. Ceci peut permettre de réaliser des vêtements qui correspondent à l’identité et la vision propre à chaque client. À travers nos services et notre expertise, nous offrons une alternative à l’industrie de la mode, une option pour produire des vêtements autrement.

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M : Qu'est-ce que cela représente pour vous, de créer des vêtements ?

F & J : Nous croyons que la création de mode permet d’explorer et de créer, en quelque sorte, le futur, en anticipant sur la société actuelle et sa culture. Nous faisons des vêtements à la marge des structures installées, notre approche propose une perspective inhabituelle. Ainsi, nous voulons participer au développement d’une culture, où la société dans son ensemble participe à la discussion sur le futur de l’industrie de la mode.

M : Quelle est votre perception de l’innovation de mode ?

F & J : Beaucoup de marques cherchent à réduire encore et toujours les coûts liés à la fabrication des produits, délocalisant leurs productions où la main d’œuvres est très peu chère, comme le Bangladesh, et ce alors que ce coût lié à la main d’œuvre n'est déjà qu'une infime partie du prix de revient. Mais nous avons le sentiment que les problématiques liées au développement durable et l’éthique commencent à peser de plus en plus dans le secteur de la mode.

Les avantages d’une supply chain intégrant des techniques de production numériques, comme nos services, sont que les produits peuvent être localement produits et distribués. Cela permet de réduire à la fois l'empreinte carbone, le temps de livraison, et les coûts de transports, si l’on compare au fonctionnement “traditionnel” de la supply chain.

La combinaison de patrons personnalisés et des techniques de fabrication numériques permet de changer le design rapidement et sans frais. Cela permet aux designers et aux marques d’avoir la possibilité de s’adapter efficacement et de personnaliser leurs produits selon les besoins de leurs clients, qui évoluent rapidement.

Karin Vlug Labeledby
Collaboration avec Karin Vlug

M : Dans notre dernier numéro, nous n’avons pas résisté à l’idée de faire un dossier spécial Pays-Bas. Selon vous, qui connaissez bien la région, qu’est-ce qui est spécifique à la scène “FashionTech” locale ?

F & J : Eindhoven est un environnement particulier en terme de Fashiontech. Avec le campus spécialisé High Tech, l’université où nous avons étudié et le quartier Strijp-S, Eindhoven est un peu le “cœur technologique” des Pays-Bas.
Par contre, il nous manque des écoles de mode. Pour compenser peut-être, la petite scène “FashionTech” d’Eindhoven encourage vraiment le partage entre les différents acteurs, à mutualiser les connaissances, multiplier les échanges entre les gens issus de la mode, et ceux de la tech’. Nous sommes souvent surprises par le fait que de plus en plus d’entreprises du milieu de la tech(comme Philips) soutiennent la scène mode, par le biais de collaborations inattendues souvent très intéressantes.

M : À part Eindhoven, quel endroit recommandez-vous aux Pays-Bas ?

F & J : Rotterdam ! Franchement, cette ville est sous-évaluée. Les collections de ses musées d’art et de design sont remarquables (et souvent liées à la mode !), l’IFFR est un très bon festival de cinéma, et l’architecture de la ville en elle-même vaut le coup d’œil. 

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M : Et en France, qu’est-ce qui vous intéresse ?

F & J :  En fait, nous voulions vraiment venir à Paris pour la FashionTech Week, mais nous étions trop occupées avec l’expo de la Dutch Design Week cette année… Nous sommes d’autant plus impatientes de venir l’an prochain, cette fois, c’est sûr qu’on ne laissera pas passer l’occasion !


M : D’autres projets à venir à l’international ?

F & J : En février, nous allons présenter certaines de nos pièces au Bangladesh Fashionology Summit. Cet événement professionnel s’intéresse aux évolutions du secteur textile et mode, et aux outils technologiques, aux pratiques innovantes et aux nouveaux savoirs.
En parallèle, nous travaillons sur notre candidature pour le WearSustain. Notre ambition est de continuer à améliorer Labeledby avec leur soutien, et celui de notre précieux réseau de mentors et d’hubs. 

M : Comment envisagez-vous l’évolution du secteur à moyen terme ?

F & J :Nous croyons fort au fait que les clients recherchent aujourd’hui des expériences de consommation différentes, uniques et éco-responsables, ce qui pousse un nouveau paradigme sur le devant de la scène. Celui-ci requiert de nouvelles technologies pour que le consommateur puisse participer au design des produits, de nouvelles méthodes de productions plus flexibles, efficace, capables de produire localement et à la demande… et bien sûr un solide réseau de designers avec des compétences et expertises variées, œuvrant avec ces nouvelles technologies dans une communauté valorisant l’open-source.

Merci beaucoup Jessica & Fabienne !
Pour en savoir plus, rendez-vous sur leur site et Instagram.


Loomia

Loomia, prodige du wearable textile !

Topshop, célèbre entreprise anglaise, a créé le Top Pitch,  compétition qui valorisera chaque année un projet "wearable". À cette occasion, la start-up Loomia (qui avant septembre 2016 était connu sous le nom The Crated) s'est de nouveau faite remarquée.

L'occasion parfaite pour ModeLab de vous présenter cette entreprise pleine de promesses. Nous avons rencontré Janett dans les bureaux de Loomia, installés à New York City, dans le bouillonnant quartier de Brooklyn.

à lire aussi : news, Topshop collabore avec bPay 

Le positionnement de Loomia est simple : travailler la matière textile avec la technologie, pour lui apporter de nouvelles capacités (luminosité, conductibilité...).  La start-up, avec sa jeune équipe de 4 employés et quelques freelances ponctuels, réussit aussi bien sur l'aspect technique, la partie recherche, que sur son développement commercial.

Loomia est mobile. Après s'être installée dans les locaux de la School of Visual Arts, au Brooklyn Fashion + Design Accelerator (un espace ouvert à l'initiative du Pratt Institute), elle fixe en septembre 2016 ses bureaux chez New Lab, un espace interdisciplinaire dans lequel travaillent des entreprises spécialisées dans les technologies émergentes.

Loomia, une start-up qui devient vite incontournable

Lancée en août 2013 sous le nom de The Crated, l'entreprise met en place des collaborations prestigieuses, notamment avec Google, et se fait rapidement un nom dans le milieu.

"C'est très « frankensteinisant », de mettre des choses ensemble et d'espérer que ça fonctionne ainsi !" Janett

Elle identifie des problèmes dans l'industrie de la mode, par exemple liés aux batteries, au lavage des composants en machines... et se met au travail pour élaborer des solutions.

"Le feedback des manufactures, des marques, est très important pour nous, ça nous permet de savoir ce qui fonctionne ou non, et comment rendre nos recherches utiles..." Janett

Chaque projet est différent, selon les entreprises qui font appel à leur service, mais toujours basés sur le même savoir-faire, celui d'innover, de créer des prototypes fonctionnels et... adaptés à la production en série !

"No-one is excited about the flour, they care about the cake. We're much more of a flour kind of company" explique la fondatrice Maddy à Wareable.

Loomia est riche des formations différentes de ses employés, et de sa fondatrice qui, a seulement 23 ans, jongle entre les casquettes d' ingénieure, de designer, codeuse... La polyvalence de l'entreprise, son regard transversal, est l'un de ses atouts !

Cette vidéo présente le projet de robe, en collaboration avec Google, pour Zac Posen, présenté à la Fashion Week de New-York l'hiver dernier.

La fondatrice de Loomia, Madison Maxey, a été identifié par Forbes comme l'une des 30 personnalités de moins de 30 ans à suivre !

La FashionTech, soutenue par le gouvernement américain

En 2016, les Etats-Unis ont lancé le programme AFFOA, Advanced Functional Fabrics of America. Il est soutenu par un financement fédéral de 75 millions de $, auquel s'ajoute d'autres fonds (industriels, universitaires...) pour atteindre un total de 137 millions de $. Le projet permettra de développer des textiles high-tech, notamment pour être utilisés par le département de la Défense.

"C'est très intéressant que le gouvernement fédéral soit derrière ce projet, et le porte, l'aide à se développer..." Janett

INTELiTEX, le projet qui séduit TopShop

 

Maddy Maxey développe ce projet lors d'une résidence à Autodesk. Toujours guidée par sa passion pour le matériel textile, elle crée INTELiTEX, qui permet d'avoir une matière flexible et conductible, et ainsi au textile d'être interactif. L'utilisation peut être variée : pour la médecine (électrodes à usage unique pour électrocardiographes...), les vêtements de travail (correction de posture et protections pour les ouvriers, combinaisons d'astronaute...) et pour la mode (robe de gala lumineuse et légère...).

La compétition a duré un mois. The Crated / Loomia est alors en compétition avec d'autres start-up : Luma Legacy (bijoux connectés) et Pins Collective (pins qui ont des gifs pour motifs). Pour Topshop, Loomia utilise sa technologie pour donner naissance a un blazer chauffant. C'est ce projet, permettant de conserver un style moderne tout en ayant une valeur ajoutée très simple à comprendre pour les clients, qui a convaincu le jury. Il sera peut être un jour commercialisé par l'enseigne !

En remportant la compétition de TopShop, Loomia prouve une fois de plus son habilité à comprendre les besoins des entreprises, et développer pour elles, avec son savoir-faire qui lui est propre, un produit adapté au marché.


design textile

5 bonnes raisons de visiter l'expo design textile à Berlin

Présentation de l'exposition "Contemporary textile design" au Bauhaus-Archiv.

 

  1. Le bâtiment est top :

    Bauhaus Archiv
    Image : instagram/colinehill
  2. L'exposition, réalisée en collaboration avec l'Ecole de Burg Giebichenstein, présente une vision du design textile aujourd'hui, de l'expérimental à la production en sérieUn panorama d'objets est présenté : innovants, écologiques, des textiles fabriqués à partir de matières naturelles, de plastique recyclé, un vêtement imprimé en 3D ou encore un textile interactif...

    Textile interactif de Manuela Leite : le mouvement à proximité révèle les couleurs dans les plis du tissus.
    Textile interactif de Manuela Leite : le mouvement à proximité fait s'animer la surface, et révèle les couleurs dissimulées dans les plis du tissu.

    L'exposition, installée au rez-de-chaussée, est organisée en 7 catégories :Tradition - Transfert culturel - Couleurs - Matières - Technologies - Smart-textiles -Écologie.

     

  3. Parmi les textiles présentés, certains utilisent de nouvelles technologies, et/ou des matériaux inhabituels pour créer des designs innovants. Par exemple des fils sont fabriqués à partir de lait, d'autres allient la cire d'abeilles au coton...

    Julia Kortus, textile en coton trempé dans de la cire d'abeille.
    Julia Kortus, textile en coton trempé dans de la cire d'abeille.
  4. Comme il est interdit de prendre des photos, il va falloir vous rendre sur place pour apprécier les détails. Dommage, il est aussi interdit de toucher, et pourtant, ça donne envie d'en tester la texture, et de les faire bouger...
    Josefine Düring. 100% épicéa, sérigraphie avec un colorant réactif, perforé, brodé.
    Josefine Düring. 100% épicéa, sérigraphie avec un colorant réactif, perforé, brodé.

     

     

  5. Parce que toutes ces expérimentations sont porteuses d'inspirations, rien de tel pendant les congés estivaux !

    Stefanie Brendel, sac fabriqué à partir de 10 sacs plastiques du marché.
    Stefanie Brendel, sac fabriqué à partir de 10 sacs plastiques du marché.

INFO PRATIQUES :
Exposition jusqu'au 19 septembre 2016. Entrée 7€ du mercredi au vendredi (réduit 4€) et 8€ du samedi au lundi (réduit 5€).
Gratuit pour les moins de 18 ans.
http://www.bauhaus.de/en/ 


Noa Raviv

Noa Raviv

Les créations de Noa Raviv nous ont tapé dans l'œil, comme vous l'aurez remarqué avec le couverture du n°2 du magazine Modelab !
Aujourd'hui, à l'occasion de l'exposition Manus X Machina au Metropolitan museum of art (MET) de New-York, nous avons interviewé Noa, pour en savoir plus sur son travail !

Front-Cover
Modelab est en vente à la boutique du MET museum à New-York !

Modelab : Depuis quand es-tu à New-York, et pourquoi avoir quitté Tel Aviv ?

Noa Raviv : Je me suis installée à New-York en septembre 2015, pour lancer ma propre marque. Tel Aviv est vraiment ma ville préférée au monde, mais je sentais que New-York serait plus adaptée à ma marque, c'est une ville avec tant de possibilités ! Depuis, je suis toujours convaincue de la pertinence de ce choix.

Noa Raviv au Met Museum pour l'exposition #manusxmachina
Noa Raviv au Met Museum pour l'exposition #manusxmachina

Tu as participé à beaucoup de belles expositions et d'événements passionnants cette année, afin de présenter ton travail, quel est ton souvenir le plus marquant ?

NR : L'Alaska a été un moment vraiment particulier, j'étais invitée pour une conférence au musée Anchorage, c'est un endroit magique, surréaliste ! J'y ai rencontré tellement de personnalités intéressantes, je suis vraiment impatiente d'y retourner.

Glasgow school of ar
Noa Raviv à l'école d'art de Glasgow

Ta collection "Hard Copy" a attiré l'attention de nombreux médias et professionnels de la mode et du textile, dont Modelab ! Peux-tu nous en dire plus sur ce projet ?

NR : Le point de départ pour « Hard Copy Collection » était la sculpture classique, et son évolution.
La sculpture grecque classique avait pour aspiration un idéal de beauté, qui a énormément été copié et reproduit à travers l'histoire, jusqu'à perdre son sens originel pour ne devenir qu'une répétition vide de style et d'expression.
Aujourd'hui nous vivons dans un monde où tout est facilement répliquable, alors quelle est la valeur de l'objet original ?

J'ai délibérément créé des images digitales défectueuses, en utilisant un logiciel de création d'images 3D. Les déformations ont été créées par une commande que le logiciel ne pouvait pas exécuter. Ces objets ne peuvent pas être imprimés, ni produits dans la réalité. Ils n'existent que dans l'espace virtuel.

C'est la tension entre le réel et le virtuel, entre la 2D et la 3D qui m'a inspiré cette collection.
J'ai moi-même développé la plupart des textiles utilisés pour « Hard Copy », en plus d'avoir collaboré avec Stratasys, un des plus grands fabricants d'imprimantes 3D dans le monde. Ils ont produit les pièces qui sont imprimées en 3D.

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Les foulards Noa Raviv disponibles à la boutique du MET, et bientôt sur son e-shop ! Modèle Sarah Gullixson, photographie Paolo Massimo Testa.

Tu as produit des pièces pour l'exposition en cours au MET Museum, peux-tu nous en dire plus ?

NR : J'expose deux pièces au MET, créées en 2014 et appartenant à la collection « Hard Copy ». Je suis ravie et honorée qu'elles fassent partie de l'exposition.
Pour la boutique du MET, j'ai également créé deux foulards, qui sont vendus dans un espace shopping spécial, intégré à l'exposition.

Où peut-on trouver tes créations ?

NR :  Pour le moment, sur l'e-shop du MET et dans la boutique H.Lorenzo à Los Angeles. Pour l'Europe on verra plus tard, nous allons étape par étape ! Je travaille actuellement à la création de mon e-shop, où je proposerai bientôt des écharpes et des accessoires.

Comment s'est mise en place cette collaboration avec H Lorenzo ?

NR : Leur acheteuse m'a approché l'année passée, en me proposant de réaliser une collection capsule spécifiquement pour eux. Elle m'a influencé car à cette époque, je ne savais pas si j'étais prête à lancer ma propre marque. Cette expérience m'a beaucoup apporté, et j'apprécie le résultat !

Les frontières entre art et mode sont souvent troubles, comment te vois-tu ?

NR : Je suis fashion designer, mais aussi tout le reste !

details

Il est difficile de deviner comment sont fabriquées tes créations, de distinguer les parties imprimées en 3D des autres...Était-ce un choix de faire douter l'observateur ?

NR : Exactement, je voulais flouter les frontières entre le réel, le virtuel, les 2es et 3es dimensions.

Tu utilises des technologies de pointe et pourtant, ton esthétique n'est ni futuriste, ni particulièrement technophile. Comment considères-tu la relation entre la technique et l’esthétique ?

NR : Pour moi, tout doit être esthétique. Ça ne veut pas forcement dire joli ou beau, mais je dois apprécier les formes. La technologie, comme les autres techniques, sont le moyen pour moi de parvenir à un certain résultat.

Pour en savoir plus sur Noa Raviv : www.noaraviv.com.


Clara Daguin

Clara Daguin, découverte du festival de Hyères

Au festival de Hyères, la mer n'est pas loin, l'été non plus, on rencontre des artistes internationaux aussi bien que des Parisiens qui déambulent, un peu perdus mais allègres et détendus.
Associer cadre haut-de-gamme, ambiance d'entraide conviviale sans baisser l'exigence de qualité, le festival de Hyères réitère l'exploit avec cette édition. Comme en plus, la FashionTech était le thème d'une table ronde, j'ai pu même prétexter travailler.

Julien Dossena, l'actuel directeur artistique de Paco Rabanne et président du jury mode cette année, avait lui aussi été remarqué en présentant son travail à ce même festival, alors qu'il était encore étudiant. C'était il y a tout juste dix ans. Aujourd'hui, il est à l'aise avec l'univers de Paco Rabanne, sa « sensualité très industrielle ». Les thèmes abordés par la maison résonnent avec ce qui nous touche chez Modelab : la modernité et l'innovation. Les côtes de mailles en aluminium (et non pas en acier hein), si faciles à porter sont devenues emblématiques de la marque. Plusieurs sont exposées à la villa Noailles. En 1966, l'arrivée de cette matière industrielle dans la mode est fracassante. Ces pièces, axées autour du mouvement et de la mise en valeur des corps, séduisent des stars et même si elles étaient très avant-gardistes, la société de l'époque s'en empare. Avec en tête le travail de maillages réalisés avec des imprimantes 3D (comme les robes de Nervous System ou la collection de Danit Peleg), ces pièces vintages retrouvent leur aura de précurseurs.

3D printed collection de Danit Peleg
3D printed collection de Danit Peleg

Dans la salle d'à côté, les images du merveilleux William Klein, président du jury photo. Celles de la fameuse scène de présentation de robes en métal dans le film culte « Mais qui êtes-vous Polly Maggoo » font un clin d'œil agréable à Paco Rabanne, laissant la place au dialogue entre l'art et la mode.

Si le festival de Hyères est reconnu internationalement, c'est pour la qualité de sa sélection. En découvrant le travail des 10 stylistes en compétition cette année, je me découvre des affinités avec les créations de Clara Daguin. Nous convenons d'un rendez-vous post-festival, pour laisser l'agitation retomber et prendre le temps d'échanger autour d'un café.

"Body electric" Clara Daguin - Mannequin : Flora Marchon - Photographe : Alice Brygo
"Body electric" Clara Daguin -
Photographe : Alice Brygo

Comment t'es-tu retrouvé à présenter ta collection "Body Electric" au festival de Hyères ?

Clara Daguin : Après mon diplôme aux Arts Déco, j'ai eu envie de la modifier ma collection. Je ne l'aimais plus. En retravaillant, j'ai monté mon dossier pour Hyères et réalisé une nouvelle pièce. J'ai été sélectionnée et j'ai dû refaire toute ma collection qui n'existait absolument pas avant, en deux mois et demi. Un mois de patronage et un mois et demi de réalisation, j'ai demandé beaucoup d'aide à mes copains !

Clara Daguin, collection - prosthetic gods.
Clara Daguin, collection - prosthetic gods.

Qu'est-ce qui a évolué dans ton travail entre ta collection de fin d'études et celle présentée à Hyères ?

CD : Pour mon diplôme c'était vraiment de l’expérimentation, tout était brodé sur de la soie, c'était transparent, que de la broderie et des effets de matières. Là, j'ai voulu plus réfléchir au vêtement, j'ai refait de vrais vêtements avec de vraies matières opaques dans lesquelles j'ai fait des découpes pour laisser entrevoir des choses...

"Bordy electric" Clara Daguin - photographie : Alice Brygo.
"Bordy electric" Clara Daguin - mannequin : Elise Speicher - photographie : Alice Brygo.

Comment as-tu procédé pour fabriquer tes vêtements ? Quelles techniques utilises-tu ?

CD : Pour les pièce lourdes j'ai choisi des textiles synthétiques parce qu'on avait des découpes de bords francs hyper nets, j'ai fait des soudures à la découpe ultrason, ce qui permet de ne pas avoir de coutures au final, ce n'est possible qu'avec des matières synthétiques. Mes amis m'ont bien aidée pour la broderie, nous avons tout fait à la main.
Avec le festival on avait plusieurs partenariats notamment avec Première Vision. J'ai réalisé un motif en collaboration avec Swarovski, fait fabriquer des pièces en alcantara que je ne pouvais pas travailler avec la soudure ultrason par Conflux, Puntoseta m'a imprimé un motif sur de la soie...

"Body electric" Clara Daguin - photographie : Alice Brygo
"Body electric" Clara Daguin - mannequin : Lydia Ragot - photographie : Alice Brygo

Certains de tes vêtements, équipés de capteurs, transforment en signaux lumineux les battements du cœur de la personne qui les portent. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

On s'exprime par les vêtements qu'on porte, pourquoi pas encore plus, je cherche à élever l'expression, avec des choses qu'on ne contrôle pas. Je trouve ça intéressant de montrer ce qui est toujours là mais invisible habituellement. Ensuite, je suis diabétique, j'ai une pompe à insuline. Je suis tout le temps connectée à un espace d'objet alien au corps, je crois que j'avais envie d'exprimer cette dépendance médicale et physique à la tech.

Pourquoi ce choix d'utiliser la lumière comme matière ?

Avec les fibres optiques, la lumière qui passe l'information c'est ce qu'on voit pas ! J'étais inspirée par les réseaux informatiques et j'avais vu dans un musée des paquets de fibres optiques, avec des gaines de couleurs différentes, je trouve ça hyper beau. Je m'intéresse au rapport visible / invisible.

Tu pratiques aussi bien la couture que le code, comment as-tu développé ces compétences ?

J'ai toujours cousu. J'ai une grand-mère qui était couturière au Printemps et l'autre, polonaise, m'a raconté qu'à l'époque communiste comme tu ne pouvais pas acheter des vêtements dans les magasins, mon grand père ramenait du tissu et elle créait les vêtements. Sa grand-mère à elle avait une maison de mode... C'est elle qui m'a appris la couture.

J'ai étudié en école d'Art au CCA à San Francisco. On faisait beaucoup de choses, de la peinture, gravure, photo... J'ai choisi graphisme comme major donc j'ai fait un peu de web, j'arrive à bidouiller le code.
Ensuite j'ai travaillé six mois en Inde comme graphiste, et là-bas il y a partout des gens en train de faire de la couture, fabriquer des choses... c'est très facile de se procurer des outils, tu as la matière qui t'interpelle partout ! J'ai commencé à faire des chaussures, c'était du grand n'importe quoi (rires). Arrivée en France après cela, je me suis dit que ça serait pas mal d'étudier la mode. J'ai fait un master aux Arts Déco. Lors d'un projet nous avons travaillé avec des objets connectés. C'est là que j'ai été introduite à Arduino et aux microprocesseurs, c'était de la bidouille, pas industrialisable. Puis on se forme soi-même, on regarde des tutos sur internet... et comme mon père est ingénieur il m'a aidée parfois aussi.

"Body Electric" Clara Daguin - photographie : Alice Brygo
"Body Electric" Clara Daguin - mannequin : Lydia Ragot - photographie : Alice Brygo

Tu as fréquenté des maisons comme celles de Yiqing Yin, Chalayan, Iris Van Herpen... que t'ont apporté ces expériences ?

Pour Yiqing Yin c'était bref, juste habilleuse lors d'un défilé, mais on voit les matières de près et ça c'est cool. Chez Iris c'était vraiment la matière qui était intéressante, j'y suis restée quatre mois, le temps d'un été. J'ai halluciné lorsque je suis arrivée, c'est vraiment du savoir-faire manuel, des pièces magnifiques... mais je me suis dit que je voulais pas faire ça, son traitement de la matière est hallucinant, très sculptural mais c'est fait pour être exposé dans un musée. Moi je voudrais plus faire des pièces portables en vrai. Chez Chalayan j'étais à la coupe, c'était intéressant de voir le patron à plat puis de voir les modèles en volume... Les patrons sont vraiment dingues on ne peut pas s'imaginer ce que ça peut rendre après. C'était plus des "vrais vêtements ».

Est-ce que tu es hyper connectée au quotidien ?

Je ne suis pas du tout hyper connectée, c'est un truc qui me fatigue assez rapidement. Je trouve ça drôle de voir des gens tellement connectés, je ne comprends pas comment ils arrivent à le rester aussi longtemps, mettre toutes leurs infos et leurs pensées sur internet, je crois qu'on perd ainsi le contrôle de notre image, ce qu'on raconte ça se propage tellement rapidement...

Quel lien entretiens-tu avec la FashionTech ?

Je suis à la frontière d'un truc, je sais pas si j'ai vraiment envie d'être « fashiontech »... on peut vite tomber dans le gadget et c'est pas du tout ce qui m'intéresse. Mon travail c'est plus quelque chose de mode qui intègre la technologie, j'ai peur d'être catégorisée « fashiontech » en fait je n'ai pas du tout envie de ça, je pense que la mode n'aime pas du tout le fashiontech, c'est un côté un peu gadget qui peut être repoussant.

Défilé de la collection "Body Electric" de Calra Daguin au Festival de Hyères. photographie : Shoji Fuji.
Défilé de la collection "Body Electric" de Clara Daguin au Festival de Hyères. mannequin : Anya Molochkova - photographie : Shoji Fujii.

Penses-tu rester à Paris ? En sortant de Hyères, quels sont tes projets maintenant ?

Paris c'est bien pour la mode, je pense qu'il n'y a pas mieux !
Faire ce concours ça m'a donné envie de rechanger des trucs, quand on a fini un projet on s'en lasse. Je trouve que c'est bien de se remettre en question, de prendre du recul, garder ce qui marche et accentuer ça !
J'ai été contacté par Tranoi pour exposer du 25 au 27 juin, je participe à une table ronde  "La tech est-elle soluble dans les industries créatives ?" avec Nelly Rodi, Stanislas Vandler et Bradley Quinn (au Petit Palais le 20 Juin), et j'expose également pour les Designer Days, dans le cadre de mon ancienne école.

Merci Clara et à bientôt...

Pour en savoir plus, rendez-vous sur Claradaguin.com !


revue de presse

Revue de presse - Mars

Chaque mois, Modelab reprend dans sa revue de presse l’actualité qui a marqué la FashionTech. Start-ups, évènements, applications : voici un récapitulatif des articles qui nous ont le plus marqué ces dernières semaines, et mars s'est avéré être un mois plein d'inspirations !

 

Le webmagazine oai13.com propose un dossier sur la photo de mode, alimenté pendant tout le mois.
Au sommaire : "La photographie de mode peut-elle faire rêver de tout?", "Quand les arts plastiques infiltrent la mode", "une photo de mode qui pense la société"...

Manon Wertenbroek pour Marie-Claire

« Une série mode est belle ou intéressante justement quand elle va au-delà de la mode.» Nathalie Marchetti, rédactrice en chef photo de l’Express Styles à Paris

Marie Delagnes, série Bloom

 

Toujours dans l'image de mode, avec une touche digitale <3, WSGN a publié une interview de Greta Larkins, créatrice de gifs célèbre sur Tumblr (350,000 followers) qui séduit de nombreuses marques et a notamment collaboré avec Calvin Klein, ASOS, Nasty Gal...

FashGIF

Actualité marquante du mois de mars

Pendant le mois de Mars s'est déroulé le festival South by Southwest (SXSW) à Austin, focalisé sur la musique, les vidéos et... l'intéractivité ! Beaucoup de parutions sur le sujet, vous pouvez lire par exemple Instyle sur les 5 tendances Tech qu'ils y ont repéré : développement de la réalité virtuelle, les voitures connectées, des applications pour se nourrir mieux, de nouveaux design de headphone, et la nouvelle génération de wearables, qui peuvent mesurer le développement des muscles et l'accompagner.

Une rumeur prend de l'ampleur : Snapchat se préparerait à la Réalité Augmentée, en s'intéressant de près aux lunettes connectées. 

Tout le monde parle toujours autant de Snapchat, mais pas seulement. Sur Adweed, on rappelle l'importance de Youtube pour les marques de Luxe, notamment par rapport à Snapchat, la plateforme chouchoute du moment. Et sur Digiday on fait le point sur Pinterest et l'intégration des posts sponsorisés

Pour terminer cette revue de presse, un article d'ouverture rappelant la (relative) proximité entre le monde de la mode et celui de la beauté : "Driving Tech Innovation : What can fashion learn from beauty" analyse les relations existantes entre ces univers, et celles qui pourraient se mettre en place (le rôle des applications, Youtube...)

 

Bonnes lectures !


indépendants mode

Rencontre des indépendants de la Mode

La 2e rencontre des indépendants de la Mode s'est déroulée à la cité des congrès de Lyon, le lundi 14 mars 2016. Organisée par la Fédération Nationale de l'Habillement, elle invitait les gérants de boutiques de mode indépendantes à se réunir, pour faire le point sur l'actualité du secteur, et anticiper les mutations à venir. Retour sur les moments marquants de la journée.

photo : Annick Jehanne
photo : Annick Jehanne

« Que nous arrive-t-il ? », entrée en matière détonnante

La première conférence, intitulée « Que nous arrive-t-il ? », a commencé par un état des lieux de la situation économique. Marc Halévy, physicien de la complexité, incarne son propos en mêlant humour, anecdotes et analyse historique, enchantant l'assemblée.

Le modèle économique actuel découle de la révolution industrielle, qui a d'ailleurs rencontré beaucoup d'opposition en Europe, de la part de travailleurs refusant l'industrialisation (notamment les canuts à Lyon, mais aussi en Angleterre...). Aux USA, alors sans passé économique, ce modèle s'est installé plus rapidement, et le pays devient moteur du développement. Dans ce modèle, il faut être GROS, vendre beaucoup, baisser toujours plus les prix de revient... ces objectifs dessinent l'histoire du 20e siècle.

A partir des années 90, la seule possibilité restante pour baisser ces prix de revient est de lésiner sur la qualité. Les gens commencent alors à se révolter : «Je ne suis pas assez riche pour acheter du bon marché !» disait le grand-père adoptif de Marc Halévy, agriculteur de métier, et ce n'était pas le seul... Le prix d'achat n'est qu'une partie du coût total ! Aujourd'hui, nous rentrons dans une économie basée sur la valeur d'usage, l'utilisabilité.

rupture

Avec la rupture écologique que nous connaissons, la pénurie des ressources naturelles, nous sommes dans une période que Mr Halévy qualifie de « frugalité joyeuse », où l'important est désormais de faire moins mais mieux. Plus besoin d'être gros, mais d'être virtuoses !

"Le difficile est différenciant"

Pour restaurer ses marges, il faut augmenter son niveau de virtuosité, injecter des ressources immatérielles (à la différence de l'ancien modèle qui se concentrait sur le matériel et agissait sur les coûts fixes, ce qui n'est plus possible dans le nouveau modèle, comme l'effet d’échelle n'existe pas sur les ressources immatérielles).

La pyramide hiérarchique, le modèle organisationnel le plus lent et le plus lourd, n'est plus adéquat dans un monde où on demande l'agilité... c'est une rupture organique, où les entreprises repensent leur fonctionnement en réseaux, avec des modèles d'organisation réticulés.

Si dans les 20 ans à venir, 40% des tâches qui sont aujourd'hui assumées par des humains sont automatisées, des bouleversements se profilent.

Marc Halévy conférence
Les médias expriment la vision de la courbe rouge, l'ancien modèle qui s'écroule, alors que si on regarde la courbe verte, c'est une vision positive !

« un arbre qui tombe fait plus de bruit qu'une forêt qui pousse »,

Marc Halévy nous invite à changer notre point de vue, et prêter plus d'attention à la forêt.

Dernière rupture relevée dans cette conférence, une rupture philosophique entre deux visions du monde, celle de l'ancienne génération qui cherchait à « réussir dans la vie » et celle de la nouvelle génération qui souhaite « réussir sa vie ».

Comment travailler en réseaux avec évolution des mentalités vers le « moi » ?

Pour donner envie aux jeunes, il s'agit de redonner du sens, de la valeur à ce qu'on vit, répondre à la question « quel est le but de l'entreprise ? » et ce ne peut pas être de « faire du profit » (même si c'est essentiel, le profit est le carburant de l'entreprise).

Le propos de Marc Halévy peut toucher tous les entrepreneurs, pas seulement ceux du secteur de la mode. Prospectiviste analysant le passage de l'économie industrielle à l'économie de l'immatériel, il écrit notamment sur www.noetique.eu, et vous pouvez retrouvez des vidéos de certaines de ces interventions sur Youtube, comme par exemple celle-ci sur l'innovation.

« Prendre en main son futur en affirmant sa différence »

Table ronde avec Bernard Morvan (commerçant, Président de la FNH et Président de la Commission Paritaire Nationale), Frédéric Willems (avocat), Philippe Drhouin (commerçant, président du groupement d'achat Territoire d'Homme), Christian Auque (Agent, dirigeant de la société Vista), Annick Jehanne (consultante, fondatrice de Hubmode).

La Fédération Nationale de l'Habillement prône le lien social et le lien client, ce qui est une importante valeur ajoutée pour le commerce indépendant ! Les différents intervenants de cette table ronde se sont présentés, et ont donné des pistes de réflexion à l'auditoire atour de cette problématique essentielle pour les commerçants et entrepreneurs "comment se différencier"?
Mr Willems, avocat, a montré l'importance  de connaître la législation et de se tenir informé de ses évolutions, pour identifier des leviers commerciaux et des opportunités pour les indépendants.

Mr Drhouin, évoquant Territoire d'hommes, a spécifié les intérêts pour un commerçant indépendant dans le secteur de l'habillement de faire partie d'un groupement d'achat, cela permet de :

  • travailler moins et plus intelligemment,
  • libérer les commerçants de certaines contraintes (comme l'amplitude horaire, les démarches liées à la communication...)
  • faciliter les tâches en les rendants collectives
  • donner l'accès à des fournisseurs en regroupant des petites commandes

Mr Auque a exposé son expérience avec la boutique lyonnaise Casual, notamment sur la mise en place d'un « private label ». Ceci lui permet d'éviter des problèmes liés aux grandes marques (qui cherchent à diminuer les marges, et peuvent faire de la concurrence déloyale en ouvrant une boutique après avoir eu un test clientèle.. ). Cet exercice demande de la virtuosité mais donne des résultats intéressants notamment en terme de marges (Casual peut conserver sur les articles "private label" une marge de 2,65 après soldes).

Fédération nationale habillementNous avons retrouvé avec plaisir Annick Jehanne, fondatrice d'Hubmode, cette entreprise communautaire qui crée des formations innovantes, avec comme conviction que la mode peut et doit être synonyme de : innovation, social, durable.

"Les gens s'ennuient, se sentent isolés, ils ont besoin de points de rencontres virtuels et réels, qui s'enrichissent mutuellement. Je suis optimiste pour le petit commerçant, sympathique et convivial" Annick Jehanne

L'accès au commerce n'est plus le magasin aujourd'hui, il est dans nos poches avec nos téléphones, et bientôt chez nous ou n'importe où avec la Réalité Virtuelle. Une boutique peut par exemple être un lieu où on apprend des choses ! Aujourd'hui on doit tous apprendre pour s'adapter, et les formations sont en effet un moyen essentiel de continuer à se questionner, et évoluer pour se différencier. Le client aime qu'on lui raconte une histoire, Hubmode donne et partage beaucoup des informations gratuitement, l'idée est de développer un éco-système en réseau, des relations amicales...

Pour Annick Jehanne, les grands groupes sont à un tournant important et les indépendants peuvent profiter du temps nécessaire à leur marge de manœuvre pour basculer dans "la mode du bien". Ce tournant éco-durable est incontournable et la demande de la part des clients est bien là, même s'il n'y a pas encore beaucoup d'offres. 

"Comme le chef d'un restaurant, le gérant d'une boutique doit changer sa carte régulièrement, former son équipe, penser à sa décoration... et surtout faire comme il a envie, créer sa communauté, valoriser ce qu'il a de « pas comme les autres » "

« Digitalisation des points de vente : quelle stratégie aujourd'hui ? »

photo : Twitter @CarlaRaffi
photo : Twitter @CarlaRaffi

Table ronde avec Jean-Sebastien Veilleux (commerçant, président de FNH Rhône-Alpes), Thierry Fléchet (fondateur de la place de marché Modz), Julien Bourgeois (Dynamic View), Agnès Mazières (Directrice générale de Référence DMD, spécialiste du marketing digital).

Pour tous les commerçants, la question du phygital se pose aujourd'hui.

"Aujourd'hui, plus de 70% des achats sont précédés par une recherche en ligne" Agnès Mazières

La Canadienne, qui ouvre boutique à Lyon en 1949 et se lance dans le e-commerce dès 2003, offre un témoignage intéressant. L'expérience de la vente en ligne fonctionne bien pour l'entreprise, mais Jean-Sebastien Veilleux attire l'attention sur le fait que cette activité représente actuellement 8 personnes en CDI, que c'est un investissement et demande de la patience. Il conseille d'y aller progressivement, analysant la réussite de son entreprise comme allant de paire avec le fait qu'ils arrivent tôt sur le marché, et qu'ils sont sur un commerce de niche. Il ajoute de plus qu'il est également important de surprendre le client en boutique. Pour cela, il a par exemple mis en place en cabine d'essayage un dispositif composé d'un écran numérique et d'une caméra, qui permet aux client(e)s de voir le tombé des vêtements, élément très important pour les pièces longues, spécialités de l'entreprise.
Jean-Sébastien Veilleux travaille également avec les autres intervenants de la table ronde. Modz, site web spécialisé dans le déstockage de boutiques de prêt-à-porter multimarques, est plus efficace que la petite rubrique "destock" accessible sur l'e-boutique de la Canadienne, du fait de sa spécialisation. Agnès Mazière présente la spécificité de DMD, qui est d'accompagner les PME et ETI dans leur transformation digitale, en proposant des prestataires intégrés en temps partagé. L'entreprise Dynamic View, s'est, quant à elle, positionné sur le secteur de la digitalisation des points de vente, et développe aussi bien des produits que des services adaptés aux commerces et à leur clientèle connectée.

« Les solutions proposées par la FNH pour soutenir les commerçants indépendants de la branche habillement textile »

photo : twitter @carlaraffi
photo : twitter @carlaraffi

Table ronde avec Philippe Dié (président d'Equatis et exploitant de la plateforme FNH Expert), Lucia Lombardo (BPI France), Tarek Ghandour (Président de Retif), Monique Gaiffe (FNH/CNDL)

Pour clôturer cette matinée, la Fédération Nationale de l'Habillement présente ses services et ceux de ses partenaires, pour inspirer les commerçants indépendants. Par exemple, des formations sont proposées tout au long de l'année, les lundi, afin d'être adaptées aux commerçants.
Pour en savoir plus, consultez leur site www.federation-habillement.fr.


Revue de Presse - Février 2016

Chaque mois, Modelab reprend dans sa revue de presse l’actualité qui a marqué la FashionTech. Start-ups, évènements, applications : voici un récapitulatif des articles qui nous ont le plus marqué ces dernières semaines !

Pour introduire Février 2016, la BBC parle de l'influence du digital sur la communication de mode. Un sujet d'actualité qui interpelle un public de plus en plus large.

Expositions FashionTech

Melissa Coleman, Holy Dress, 2012

La mode au musée, ce n'est pas nouveau, et ça fonctionne plutôt bien. Le carnet de tendances de l'Obs présente une interview d'Olivier Saillard, directeur du palais Galliera. Nous vous parlions de l'événement Weareable à Paris, et on dirait bien que la FashionTech inspire de plus en plus d'expositions. Au Pratt Manhattan se prépare notamment "Coded_Couture show".

 "The next wave of designers may very well use pixels in lieu of textiles." Vogue

Le Point Fashion Week !

Si la FashionTech attire de plus en plus d'articles comme celui de fastcodesign.com qui présente les "5 plus beaux wearables de NYFW", ou encore celui-ci de Decoded Fashion sur les défilés de Londres, le thème principal, au coeur des débats de ce mois de Février 2016, était l'avenir des présentations des collections, les Fashion Weeks vont-elles disparaitre?

Fashion Week Paris VS London Infographie de  stylight.fr

Alors nous y sommes ? On nous annonce que la "Fashion week is broken" sur racked.com...
Charlie Porter se demande "Le système s'écroule, mais quel est ce système au juste ?" et revient sur l'histoire des Fashions Weeks, permettant de relativiser la situation, en citant notamment le livre de Caroline Evans :

caroline evans The mechanical smile, modernism and the first fashion shows in france and america

Alors oui, c'est certain, même The Guardian l'affirme : la Fashion week ne sera plus comme avant. Le modèle auquel nous étions habitué, hérité des années 70' et popularisé par les médias, n'est plus adapté. Le rôle des réseaux sociaux pendant les évènements continue d'évoluer et de faire parler de lui (prenons l'exemple de Snapchat à la Fashion Week de NYC décrypté par Fashionandmash.com).

"Fashion continues. Fashion has always been about more than just “the system”. We have to find a way to adapt with it, to understand it, and to report on it." Charlie Porter

Les géants se lancent dans la FashionTech : Google et Apple

Nouvelle collaboration marquante lors de la Fashion Week, celle de Google et Coach, qui permet d'accéder autrement à la présentation de la nouvelle collection se déroulant le 16 Février.

Vogue décrit dans un article la relation d'Apple et la mode.  Apple sponsorise également l'exposition "Manus x Machina: Fashion in an Age of Technology", ce qui marque son envie de continuer à s'investir dans le secteur.


Paris FashionTech - le Weareable

Mardi dernier commençait le festival Weareable, organisé par Look Forward à la Gaité Lyrique.  6 journées d'expositions, ateliers, et rencontres porteuses d'échanges et réflexions sur des thèmes qui nous tiennent particulièrement à coeur chez Modelab.
Une première édition riche, à laquelle s'est ajoutée une journée palpitante à l'atelier néerlandais. Retour sur cette semaine de la FashionTech à Paris.

L'exposition

Les pièces FashionTech présentées à la Gaité Lyrique étaient organisées par thèmes:
- WEARE EXPRESSIVE : ces vêtements qui permettent de communiquer (avec Sensoree, Ying Gao, Local Androids, Lace Sensor Dresses, Caress of Gaze)
- WEARE SMART SHOPPING : le retail du futur (avec Check Hol'in, Follow me, ADN Cloz, Shop Me, Check Out)
- WEARE CONSCIOUS : la mode qui s'engage ( avec Abstract_, Vigour, Spider Dress, Herself Dress, Political Lace)
- WEARE EVOLUTIONARY : la mode comme éternel changement (avec weareable facade, showpiece, biz eyes, kimono musical, mould perceptions, what is real, prepping your body & persiltaltic machine)

Une journée à l'atelier néerlandais

atelier

Click NL, l'atelier néerlandais et l'ambassade des Pays Bas ont organisé un séminaire "Embracing Fashion & Technology", avec comme animateur tout au long de la journée Bradley Quinn, spécialiste des wearables. Les présentations et tables rondes se sont déroulées dans une ambiance conviviale, questionnant l'évolution des frontières entre "objet" et "sujet", des modes d'expression de l'humanité,  des manières de penser, concevoir et vivre avec les vêtements, les limites des modèles actuels, de l'industrie, des business models des entreprises de mode...
Retrouvez ici le détail du programme

Les tables rondes du Weareable festival, disponibles en vidéo:

meetup

Vous n'avez pas pu assister aux tables rondes?
Retrouvez ici les vidéos:
Digital mon amour modérée par Fabrice Jonas de Modelab
Do it your Mode  (vidéo incomplète :()
Afterwork de la mode pitch de start-ups
Shoppe-moi si tu peux modérée par Fabrice Jonas
Le wearable du web, séance de projection par Audrey Billard (l’Oeil de Links)

La présidence du jury, Diane Pernet, annonce le lancement d'un festival dédié aux vidéos FashionTech :

asvoff9

Des conférences inspirantes

Dans sa conférence, Emma Fric de Peclers présente la quête de singularité des consommateurs, les nouveaux rapports aux produits induit par l'ère des makers, et les enjeux du digital story telling.

 

Après une semaine au rythme de la FashionTech, plusieurs constats s'imposent. Déjà, Paris est toujours une ville incontournable pour la mode, où des personnalités créatives internationales aiment se rencontrer. L'eco-système FashionTech commence à s'organiser, créer ses évènements, trouver ses propres institutions référentes, des créateurs et entreprises se font reconnaitre,  et ses médias spécialisés trouvent leur public ;)

 


diy mode

Révolutions dans la confection de mode !

Pour arriver au vêtement que vous portez aujourd'hui, il aura fallu de nombreuses étapes. Tout d'abord choisir et se procurer la matière première, puis la traiter et la transformer en fil, ensuite assembler ces fils en textile, lui donner les caractéristiques voulues (teinture ? texture ?) et enfin découper et assembler ce textile pour réaliser une pièce d'habillement.

Aujourd'hui, de nouvelles technologies permettent de fusionner différentes de ces étapes. Nous vous présentons des Start-ups qui bouleversent les schémas traditionnels et ouvrent les perspectives des secteurs de la mode et du textile.

TAMICARE, textile innovant 

Basée à Manchester, l'entreprise Tamicare s'est spécialisée dans l'impression 3D de textile et matières non-tissées. C'est en 2001 que Tamar et Ehud Giloh se lancent dans ce projet qui permet de produire le textile nécessaire à la création d'un vêtement ou d'une tige de chaussure en une seule étape. C'est une grande première d'utiliser l'impression 3D en vue d'une production de masse. L’intérêt de leur technologie est de faciliter la réalisation de textiles complexes, comme par exemple ceux utilisés dans les chaussures de sport, qui actuellement peuvent demander une centaine d'opérations, là ou Tamicare les réduit à trois !

UNMADE, mélange de créativités pour un vêtement unique

unmade

En B2C aussi de nouveaux modèles émergent. S'inscrivant dans la tendance de personnalisation des services, de customisation des produits, Unmade propose à ses clients d'intervenir sur les motifs de pull-overs et écharpes, qui sont ensuite « tricotés à la demande » par une machine de tricotage industrielle. Cette entreprise, elle aussi anglaise, permet de commander des vêtements en maille personnalisés, un peu comme lorsqu'on demandait à sa grand-mère un tricot. Sauf que les machines d'Unmade réalisent le modèle en un temps record (1 heure), et sans critiquer vos goûts et vous dire que, quand même, vous avez de drôles d'idées.

Pour éviter la faute de goût, le site d'Unmade, où se connecte le client pour passer commande, lui propose des bases de motifs tendances, qu'il peut facilement coloriser, modifier, déformer... Unmade développe ses propres motifs et met aussi en place des collaborations avec des designers contemporains pointus. Le premier à avoir été invité par la marque est le site londonien d'inspirations arty « It's nice that », suivi par exemple de l'illustrateur Peter Judson, l'artiste graphique Ed Carvalho Monaghan, le studio de design Moniker, ou encore l'illustratrice française Malika Fabre...

unmade make yoursEn janvier 2015, Unmade est présenté, parmi une sélection de jeunes marques s'inscrivant dans une démarche de mode eco-friendly, par la célèbre boutique Selfridges sur son site de vente en ligne, ainsi que dans ses boutiques physiques dont celle située sur Oxford Street. Il n'y a pas que la création artisanale, le « fait main » qui peut être considéré comme « éco-responsable ». Unmade est un exemple d'entreprise où la technologie, la programmation par ordinateur de machines industrielles, s'inscrit dans une démarche de « consommer mieux ». C'est pour cela que nous vous en parlions déjà dans notre article sur les nouvelles marques de mode innovantes et durables.

L'intuition de Ben Alun-Jones, diplômé du Royal College of Arts à l'origine du projet, est que participer à la création du vêtement, se retrouver au centre du process de fabrication, donne envie au client de le porter encore plus longtemps. En repensant la production industrielle, Unmade simplifie le process et limite le gâchis : pas de matière superflue, une production à la demande donc pas de stock en surplus.

Les matières utilisées sont la laine mérinos et le cachemire, dont toutes les étapes de production des fils sont décrites sur leur blog, et la production est réalisée à Londres.

 

ELECTROLOOM, imprimer vos vêtements en un seul clic

Passer de l'idée d'un vêtement à sa création en un seul clic, c'est (presque) ce que propose la start-up américaine Electroloom. L'objectif de celle-ci, remarqué sur Kickstarter en janvier 2016 avec 82 344 $ engagés, est d'imprimer directement des vêtements. Plus besoin de fils, d'aiguilles, ni de couture ! Le prêt-à-porter prend un sens nouveau, et toute la conception d'un vêtement ne prend plus qu'une seule étape. Lancée il y a moins de deux ans, l'entreprise est encore en phase de développement. Elle propose aux personnes enthousiastes et intéressées par l'expérimentation de rejoindre l'aventure en utilisant les premiers « Developer Kits ». Electroloom se tient ensuite à leur disposition pour corriger des bugs, recueillir des observations, et améliorer son offre.

Concrètement, tout commence par la conception d'un moule sur un logiciel spécifique. Il est ensuite fabriqué dans un matériau conducteur (comme le métal, l'aluminium...), et installé dans l' « Electroloom Alpha chamber ». Guidée par un champ électrique, une solution liquide est incorporée dans ce moule, et se transforme progressivement en une matière textile souple et uniforme.

Les pièces actuelles sont réalisées dans une matière polyester/coton, de couleur blanche. Le temps d'impression est par exemple de 8h (pour un marcel) et de 14h (pour une jupe). Réduction des délais, gamme de couleur plus étendue, matières réalisées à partir de soie ou d'acrylique sont en cours de développement. Les vêtements sont portables mais Electroloom précise bien être encore en phase de prototypage : la matière n'est pas aussi résistante que les tissus traditionnels, et il n'est pas vraiment possible de la laver...

FABRICAN LTD, du sur-mesure à même la peau

Manel Torres, chercheur et designer, développe en 2003 les 1ers vêtements en spray, qui prennent forme en un seul geste sur le corps, comme une seconde peau.  Ce qui le pousse à réaliser ce projet Fabrican, c'est bien l'idée de réduire les étapes nécessaires à la production d'habillement, de simplifier et accélérer le process.
L'entreprise est aujourd'hui installée dans le Centre d'innovation et bioscience de Londres.

Autre étape qui disparaît : celle d'enfiler le tee-shirt ! Enfin, pour la 1re utilisation seulement si vous en faîtes bon usage...
Malgré l'aspect futuriste du produit, ce n'est pas toujours aussi chimique que ça en a l'air. Oui, la solution vaporisée est un mélange de solvants et microfibres, mais les prototypes utilisent aussi bien des fibres synthétiques que des fibres naturelles. Il est donc possible avec cette technique de se constituer un vêtement en laine, mohair, coton...
Le procédé résisterait au passage en machine à laver, mais n'est pas encore commercialisé.

POST COUTURE

postcouture

À l'origine de Postcouture, le projet de Martjin van Strien de créer une marque ancrée dans son époque, une alternative « sustainable » à la confection actuelle de vêtements, gérée par une industrie conservatrice et inadaptée. Cette start-up s'intéresse donc précisément à l'étape-clé de la confection (la dernière sur notre schéma d'introduction à cet article), et propose un nouveau modèle qui se veut respectueux de l'environnement, une conception slow-fashion. L'entreprise se présente comme la première marque de mode 100 % Open Source, et le modèle qu'elle développe est surprenant. 

Tout d'abord le textile est fabriqué à partir de bouteilles en plastique recyclées. Le design est conçu par un collectif de stylistes à géométrie variable, dont Leonie Tenthof van Noorden par exemple. Les pièces sont pensées pour pouvoir être customisées sur internet, et adaptées aux personnes qui les porteront, du sur-mesure à des tarifs abordables ! La production se fait quant à elle à la demande, dans des lieux de créations situés à proximité du consommateur : les fablabs, et le client prend une part active dans ce processus de fabrication ! Toute une partie du site est donc dédiée au DIY.

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Et demain ?

Tous ces projets vont dans la même direction : réduire les étapes nécessaires à la production d’un vêtement, pour réinventer sa confection. Les thèmes-clés sont également la production à la demande et l'utilisation de matières recyclées.
Si ce phénomène s’accompagne également d’une réduction des frais de production il séduira certainement les investisseurs, et si en même temps il permet de diminuer l'impact sur l'environnement de la fabrication des secteurs du textile et de l’habillement, nous allons vers un vrai bouleversement ! Les marques du futur auront peut-être la possibilité de produire de manière raisonnée des vêtements plus eco-friendly et ce à moindre coût... mais si ces modèles actuellement  minoritaires deviennent les références de demain, pour éviter une mutation brutale qui coûterait à de nombreuses personnes leurs emplois, il nous faudra anticiper...

Vous voulez tout savoir sur la matière qui nous habillera demain ?

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