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La Fashion Tech à l’école Shenkar

Puces textiles électroniques, impression 3D, procédés de fabrication textiles qui visent une meilleure durabilité des vêtements... Autant d’outils avec lesquels se familiarisent les élèves de l'école Shenkar, pour pouvoir imaginer notre dressing de demain.

Créée en 1970, SHENKAR fait partie des 5 écoles les plus influentes à travers le monde (selon Business of Fashion). Elle a formé de grands noms de la mode, comme Albert Elbaz, Alon Livné, ou encore plus récemment Noa Raviv et Danit Peleg.

Le pôle Mode est divisé en 7 départements. Sa directrice, Léah Peretz, a pour philosophie de décloisonner les modules : de la conception du vêtement à l’étude des textiles en passant par le design industriel ou l’architecture… Par exemple, de l'association entre le département Mode avec celui du génie logiciel, est né il y a 3 ans le projet "Smart Garment Required, preferably sensitive with a good sense of humour..."

Pour mieux comprendre cet enseignement atypique, c’est toute l’équipe d’enseignants qui nous a ouvert les portes de la classe de 4e année, composée d’une douzaine d’étudiants. De mars à juillet, Ayelet Karmon (architecte et professeur de mode), Maya Arazi (professeur de mode), Zohar Messeca (support électronique et informatique) et Amnon Dekel (professeur au département d’ingénierie informatique), accompagnent chaque étudiant individuellement, pour qu’ils y développent leur projet… Modelab vous présente ses coups de cœur.

La technologie au service du wearable : thème de prédilection de la promo 2016

C'est en binôme que les élèves de la promotion 2016 ont travaillé sur ce thème : « La technologie au service du wearable », qui n'a pas manqué d'interpeller Modelab.

Des robes qui communiquent entre elles

Danny Kuchuck (robe blanche) et Eden Edelson (robe beige). Photographie : Achikam Ben Yosef
Danny Kuchuck (robe blanche) et Eden Edelson (robe beige). Photographie : Achikam Ben Yosef

Danny Kuchuk et Eden Edelson, ont créé chacun leurs robes, avec leurs spécificités, mais qui peuvent communiquer entre-elles.

La tenue d'Eden Edelson est équipée de capteurs et de leds. Celles-ci s'activent lorsque le corps se met en mouvement. Pour lui, il s'agit de donner à voir un élan de vitalité et de bonheur.

La robe de Danny Kuchuk, elle aussi équipée de capteurs, produit un souffle qui soulève délicatement les pans de la robe. Passionné par la nature, Danny nous a confié s’être inspiré du vent, de son action sur ce qui nous entoure : les nuages, les arbres…

Lors de leur collaboration, Eden et Danny décident de lier leurs projets, ce qui fait que lorsque la robe d'Eden s'active, celle de Danny se met, en réponse, à bouger dans un rythme similaire. « Ensemble, avec  Eden Edelson, que nous avons créé un langage entre deux modèles. Nous avons imaginé deux personnes, que l’éloignement empêche de communiquer… Nous avons eu l’idée de les connecter via des capteurs placés stratégiquement sur le vêtement tout en mettant un point d’honneur à ce qu’il reste portable. Grâce à une collaboration avec différents orfèvres, des spécialistes métalliques, et des techniques comme l’impression 3D, nous avons réussi notre pari : réaliser une robe en soie pure et coton organique dont le mécanisme permet de créer le lien entre deux êtres." explique Danny

Eden Edelson Danny kuchuck
Danny Kuchuck (robe blanche) et Eden Edelson (robe beige). Photographie : Achikam Ben Yosef

Un vêtement qui s'adapte à la météo

Noga Levi
Noga Levi

Noga Levy a quant à elle conçu une robe "multi-saisons". Grâce à un capteur de température placé à l’intérieur, la robe s’adapte à la température extérieure. Certaines parties du vêtement s’ouvrent automatiquement pour créer une meilleure circulation d’air. En plus de cette technologie, d’autres peuvent s’ajuster manuellement.  Noga s’est inspirée de représentations florales, notamment de dessins japonais et de photographies noir et blanc de Robert Mapplethorpe. Comme elle nous l’a confié, ce sont ces images qui lui ont donné l’idée de concevoir une robe qui pourrait s’ouvrir et se fermer, comme une fleur.

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La promotion 2016 de Shenkhar  « passe le relai »

La nouvelle promotion d'élèves pour l'année 2017 est à peine arrivée qu'elle initie un projet prometteur, qui s'inspire d’un jeu populaire (souvent mis en place pour des groupes d'enfant lors d'un anniversaire par exemple). La règle est simple : assis en cercle, les enfants se passent un paquet de papiers enveloppés, et celui qui reçoit le paquet a un gage. Dans le cadre du cours d’introduction à l’informatique physique appliqué à la création des vêtements, l’idée est détournée, et chaque vêtement sert a en activer un autre. Ainsi,à la lumière des nouvelles technologies qui feront partie intégrante du spectacle, les élèves devront repenser les défilés de mode traditionnels, chaque pièce ne sera que la partie du maillon d’une grande chaine... L’objectif est ici de montrer l’importance de la solidarité dans un groupe.

Nous conclurons sur cette citation de Lidewij Edelkoort : « l’avenir, c'est le travail d’équipe ».

A lire aussi : Création collectives, quelles perspectives pour la mode ?


Israël défi fashiontech

Startup Nation : Israël au défi de la Fashiontech

Israël est classé deuxième plus grands centres high-tech au monde, juste derrière la Silicon Valley ! Le pays, friand d'innovation, abrite 7000 Startups pour une population de 8,5 millions d’habitants. De la clé USB en passant par l’application « Waze », la Fashiontech n’est pas en reste : retour sur le phénomène de la Start up Nation.

Israël : Quand la mode et la technologie s’associent pour le premier défilé dans la rue.

Pour Victoria Kanar la dirigeante de GeekChic Tel-Aviv « l’association de la mode et de la technologie est une évidence, à la fois B to B et B to C, c’est assurément l’avenir du retail ».

Quel meilleur terrain de jeux que le plus grand festival de l’innovation DLD (digital life design) pour démocratiser ce concept en plein essor? Ce festival DLD qui se tient chaque année à New-York, Munich et Tel-Aviv vise à mettre en relation les start-ups, les investisseurs et les principaux acteurs du digital : Google- IBM- Facebook... Des délégations du monde entier font le déplacement (pour la France par Exemple Axelle Lemaire et Emmanuel Macron).

Israël défi fashiontech
Axelle Lemaire au DLD

C’est dans ce contexte que Victoria a coproduit avec la Mairie de Tel-Aviv et l’école de Mode Studio6b, le 1er défilé de« Mode et Technologie », sur le Boulevard Rotschild de Tel-Aviv. En présence de 7 Start-Ups Fashion-tech et de 10 créateurs, le succès est au rendez-vous.

Dans ce HUB de la création, nous avons eu 3 coups de cœur : assister en direct à la Fashion Week via HEED, acheter le même blouson que notre voisine de métro grâce à AWEAR ou encore scanner son corps en 3D avec Nettelo : focus.

Heed : assister en direct à la Fashion Week

Heed est une Joint-venture fondée par Mati Kochavi (business man Israélien déjà à la tête de nombreuses Start-Ups) et Emanuel Ari, le frère du maire de Chicago. Partenaire officiel de la Fashion Week de New York (2016), l’application Américo-Israélienne permet d'assister en direct à la Fashion Week.

Israël défi fashiontech
"Heed"

Des coulisses au premier rang, la Fashion Week n’a plus aucun secret pour nous. Pour Mati Kochavi « l’application à vocation à permettre aux gens d’accéder aux événements qui étaient auparavant réservés aux initiés ». C'est une plongée au cœur du système mode. « HEED » nous offre la possibilité de chater avec des designers connectés comme Preston Konrad qui a travaillé aux côtés de stars comme Chris Pine, Renee Zellweger ou Sam Escobar et d’acheter nos looks préférés juste après le show. Dotée de nombreuses fonctions l’application nous permet également d’accéder aux coulisses des défilés ou encore de participer à une loterie pour gagner des vêtements de créateurs….

Acheter le même blouson que notre voisine de métro grâce à AWEAR

Awear Solutions: Fondé par Liron Slonimsky, ancienne écrivain, l’idée de AWEAR lui est venue alors qu’un inconnu l’a abordé pour lui demander où elle avait acheté son sac. Elle a imaginé incorporer des puces dans les vêtements, afin de permettre à n’importe qui, grâce à l’application, d’analyser le produit, et de connaitre sa provenance. Un système qui en réalité offre des possibilités infinies : connaitre le créateur, le bon lavage à adopter….

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"Awear"

La marque Américaine DKNY a testé l’application au cours d’une chasse aux œufs de Pâques organisée dans sa boutique de Madison Avenue. Les oeufs étaient remplacés par des vêtements et les clients devaient les retrouver grâce à l’appli AWEAR !

Pour Liron, l’objectif de l’équipe est désormais de recruter un maximum de boutiques partenaires. Pour celles-ci, l’intérêt est multiple : une visibilité accrue, un peu de fraicheur au niveau marketing... Pour les Maisons de luxe comme Louis Vuitton ou Prada, c’est aussi un moyen de combattre la contrefaçon, et donner ainsi de la valeur ajoutée aux produits.

Scanner son corps en 3D avec Nettelo

Pour finir, nous avons rencontré Yael Chojnowski, la co-fondatrice de NETTELO. Il s'agit du premier scanner corporel sur smartphone, qui fonctionne simplement avec deux photos 2D. Dores et déjà téléchargeable gratuitement sur AppStore, c’est une petite révolution pour nos achats en ligne. Mais Nettelo à bien d’autres utilités : comme celle de partager son évolution morphologique avec son médecin, ou visualiser l’impact de son régime... Avec le boom du e-commerce, la première idée de Nettelo est de pouvoir offrir aux clients d’essayer virtuellement des vêtements à partir de leur clone 3D.

Israël défi fashiontech
L'application Nettelo, permettant d'essayer un vêtement To&Guy (lire à ce sujet Modelab 2)

Pour Yaël « mieux évaluer la taille d’un vêtement peut permettre des économies considérables à des marques de e-commerce ». Il suffit de poser son smartphone sur une table, se placer à deux mètres de l’appareil, déclencher la prise d’une photo de face puis une photo de profil. En 2 à 3 minutes, l’appli transforme les deux photos en une parfaite réplique de son corps en 3D et calcule automatiquement toutes les mensurations de l’utilisateur, ce qui permet aujourd’hui de comparer ses mensurations avec les guides de tailles des sites de e-commerce et d'obtenir des recommandations de taille pour différents systèmes (US, UK, France, Italie, Allemagne).

Mais ce n’est pas tout. Yael nous a confié que le lancement de la version Pro est imminent. Dès Janvier 2017, les utilisateurs pourront connecter leurs données morphologiques à un partenaire professionnel... De New-York à Paris en passant par Israël, une chose est sure, l’innovation du e-commerce à de beaux jours devant elle.