Campagne Y-3

Y-3, une marque avant-gardiste

Créateur réputé Yohji Yamamoto étonne par sa rigueur et ses créations futuristes notamment avec sa marque Y-3. Découvrez en plus sur ce personnage et ses œuvres.

Yohji Yamamoto, designer respecté

Yohji YamamotoNé en 1943, le styliste japonais Yohji Yamamoto a réussi à se faire un nom grâce à sa rigueur. Sa mère étant couturière, c'est elle qui lui donne l'envie de se lancer dans la mode. Après avoir effectué des études de droit, il poursuit sa formation au Bunka Fashion College à Tokyo.

C'est en 1971, qu'il crée sa propre maison. Il connut la notoriété de manière quasi instantanée. En 1981, il fit son premier défilé à Paris en offrant un show extraordinaire dans la Cour Carré du Musée du Louvre. En 1999, il reçoit le prix international du Conseil des créateurs de mode américains.

Depuis 2001, il collabore avec la marque Adidas. Ce discret designer se livre dans un documentaire sur son processus de création dont voici la bande d'annonce :

Y-3,  la marque futuriste

Suite à la demande du couturier à Adidas de lui prêter des sneakers pour sa collection automne-hiver 2001, celle-ci accepte et lui propose de collaborer afin de proposer une vision futuriste du sportswear...  Ainsi née Y-3 avec le Y pour Yohji, le 3 pour les bandes Adidas et le tiret pour les liens entre les deux.

Y-3" Il y a dix ans, nous avons créé avec Adidas quelque chose qui n'existait pas avant et de complètement futuriste. Mon souhait était de rendre le sportswear chic et élégant. Adidas est une véritable source d'inspiration personnelle… qui enrichit ma vie créative." - Yohji Yamamoto, 2011

Encore aujourd'hui, la marque propose des modèles high-tech : avec des matières comme le néoprène, des formes spécifiques ou aux couleurs surprenantes. Même ses défilés et ses campagnes publicitaires sont ancrés dans un univers novateur :

Dès 2017, la marque proposera une nouvelle ligne "B Yohji Yamamoto" qui proposera une garde-robe adaptée au quotidien et au style unisexe.

La 1ère collection pour aller dans l'espace

La marque repousse les limites de la créativité en étant la première à lancer une ligne de vêtements pour aller dans l'espace. Associée avec la société Virgin Galactic (la compagnie du milliardaire Richard Branson) qui a l'intention de développer le vol spatial commercial, Y-3 a dévoilé sa collection à travers une vidéo diffusée en janvier dernier.

Comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous, les vêtements restent fidèles au style de Yohji avec des coupes larges et des tons sombres, l'utilisation du Nomex Meta Aramid une matière qui permet de profiter des propriétés du kevlar tout en disposant de plus de flexibilité.


revue de presse

Revue de presse - Mars

Chaque mois, Modelab reprend dans sa revue de presse l’actualité qui a marqué la FashionTech. Start-ups, évènements, applications : voici un récapitulatif des articles qui nous ont le plus marqué ces dernières semaines, et mars s'est avéré être un mois plein d'inspirations !

 

Le webmagazine oai13.com propose un dossier sur la photo de mode, alimenté pendant tout le mois.
Au sommaire : "La photographie de mode peut-elle faire rêver de tout?", "Quand les arts plastiques infiltrent la mode", "une photo de mode qui pense la société"...

Manon Wertenbroek pour Marie-Claire

« Une série mode est belle ou intéressante justement quand elle va au-delà de la mode.» Nathalie Marchetti, rédactrice en chef photo de l’Express Styles à Paris

Marie Delagnes, série Bloom

 

Toujours dans l'image de mode, avec une touche digitale <3, WSGN a publié une interview de Greta Larkins, créatrice de gifs célèbre sur Tumblr (350,000 followers) qui séduit de nombreuses marques et a notamment collaboré avec Calvin Klein, ASOS, Nasty Gal...

FashGIF

Actualité marquante du mois de mars

Pendant le mois de Mars s'est déroulé le festival South by Southwest (SXSW) à Austin, focalisé sur la musique, les vidéos et... l'intéractivité ! Beaucoup de parutions sur le sujet, vous pouvez lire par exemple Instyle sur les 5 tendances Tech qu'ils y ont repéré : développement de la réalité virtuelle, les voitures connectées, des applications pour se nourrir mieux, de nouveaux design de headphone, et la nouvelle génération de wearables, qui peuvent mesurer le développement des muscles et l'accompagner.

Une rumeur prend de l'ampleur : Snapchat se préparerait à la Réalité Augmentée, en s'intéressant de près aux lunettes connectées. 

Tout le monde parle toujours autant de Snapchat, mais pas seulement. Sur Adweed, on rappelle l'importance de Youtube pour les marques de Luxe, notamment par rapport à Snapchat, la plateforme chouchoute du moment. Et sur Digiday on fait le point sur Pinterest et l'intégration des posts sponsorisés

Pour terminer cette revue de presse, un article d'ouverture rappelant la (relative) proximité entre le monde de la mode et celui de la beauté : "Driving Tech Innovation : What can fashion learn from beauty" analyse les relations existantes entre ces univers, et celles qui pourraient se mettre en place (le rôle des applications, Youtube...)

 

Bonnes lectures !


Une nouvelle vague de créateurs New-Yorkais s'empare de la fashiontech

Lors de la dernière fashion week New-Yorkaise (aw16) une nouvelle génération de créateurs nous a offert une vision inspirante de la fashiontech. Internet continue d'influencer la mode, mais plus qu'une influence, internet devient un état d'esprit, une partie intégrante de la façon de concevoir la mode. Plusieurs défilés dont ceux de Chromat et de Vfiles nous laissent entrevoir une fashiontech qui fait véritablement sens. On dépasse le simple fait de vouloir traduire le potentiel de la technologie dans le vêtement. La technologie devient partie d'une réflexion globale, moyen d'expression, reflet d'une vision sur le monde.

Chromat, la technologie au service de la diversité

La marque américaine Chromat basée à New York et créée par Becca McCharen se présente comme travaillant sur des « expérimentations structurelles pour le corps humain ». La marque fait le lien entre diversité et technologie à travers une mode architecturale innovante. Finaliste du CFDA/Vogue Fashion Fund l'année dernière, concours très influent récompensant les marques les plus pointues, Chromat semble en avance sur les enjeux qui secouent la mode, comme la diversité dans les castings, le décloisonnement des genres ou la wearable technologie.
Depuis toujours intéressée par la technologie dans la mode, Becca McCharen a conçu des pièces souvent très expérimentales et peu exploitables au quotidien. Cette saison automne-hiver 2016 marque peut être un tournant pour la marque. McCharen nous a présenté une collection de vêtements sportswear, de maillots de bain et de lingerie, des silhouettes « body-friendly », faciles, structurées. Un second partenariat avec Intel ajoute à ces silhouettes des structures en LEDs qui entourent et soulignent le corps et sont activées par les mannequins via des bracelets munis des capteurs sensoriels StretchSense.

Chromat aw16

Depuis 2000, l'approche multi-disciplinaire de Becca McCharen lui permet de créer une mode qui casse les codes. L'utilisation de technologies dans le vêtement fait sens chez Chromat et ne se réduit pas à une expérimentation gadget des nouvelles technologies. Elle fait preuve d'une démarche globale dans laquelle les innovations textiles sont un moyen d'expression, un outil, et pas une fin en soi. La créatrice a confié à iQ qu'elle souhaite que les femmes se sentent sûres d'elles dans les vêtements qu'elle crée. La diversité est primordiale dans son processus d'innovation, une approche en ligne avec une pensée post-digitale, une mode transversale, horizontale et démocratisée.

La communauté en ligne Vfiles fait défiler la fashiontech

Démocratiser la mode, c'est bien la mission que s'est donnée la plate-forme en ligne Vfiles depuis ses débuts en 2012. Vfiles est une communauté en ligne qui rassemble une génération Z passionnée de mode. Chaque saison, Vfiles fait défiler trois marques à la fashion week de New-York, trois marques qui ont été élues démocratiquement par la communauté en ligne. Et pour cette saison automne-hiver 2016, la fashiontech était au rendez-vous.
D'abord par le bais d'une collaboration entre VFiles et l'entreprise de fashiontech XO. Les fondateurs de XO, Nancy Tilbury et Benjamin Males sont connus pour des projets tels que Volantis, la robe volante de Lady Gaga ou encore le soutien-gorge incrusté de cristaux Swarovski et de LEDs d'Azealia Banks pour sa tournée Fantasea en 2012.

A travers cette collaboration, VFiles donne une toute autre direction à la wearable tech telle qu'on la connaît, loin des data-driven Fitbits ou Apple Watch, loin également de projets dont la fonction reste trop gadget ou peu adaptée à un usage quotidien. Car en effet, cette collaboration promet d'être la collection la plus abordable de fashiontech à ce jour.

Essentiellement composés de tissus en fibre optique contrôlés par smartphone, les pièces de cette collaboration sont purement esthétiques et tournées vers l'expression de soi. Anne Quay, fondatrice de Vfiles explique :

« Je pense que comme la communauté Vfiles est jeune et très connectée, il est important que nous prenions conscience que la wearable tech aura un effet sur notre façon de nous habiller et sur notre façon de vivre dans un futur proche. Il est aussi important d'apporter une vision « mode » à la wearable tech en opposition à une vision biométrique, ce qui est pour l'instant le plus mis en avant par les wearables. »

Après la présentation de cette collaboration avec XO, vient le tour des trois marques choisies par les internautes de Vfiles. Parmi elles cette saison, Neurocouture. La marque fondée par Nayana Malhotra a présenté deux mannequins portant des capes oversize blanches se tenant au centre du podium, leurs bras écartés afin que leurs capes forment une sorte d'écran sur lesquels des GIFs étaient projetés.

Objets culturels et motifs répétitifs animés, le format GIF choisi par Nayana Malhotra réinterprète le motif traditionnel en évoquant la web-culture. On retrouvait par exemple des memes populaires comme Donald Trump grimaçant ou encore la célèbre « Sad Frog ». Nayana Malhotra explique que l'idée derrière sa collection est de pouvoir « porter internet ».

Neurocouture

Elle cherche à explorer l'espace entre la personne et l'ordinateur, entre les émotions et la mode. En effet, le vêtement, équipé d'un système EEG, permet d'analyser les émotions de celui qui le porte pour les retranscrire en GIFs. Si la personne se sent en colère cela se manifestera par exemple par un GIF de Donald Trump. L'idée est d'utiliser le GIF dans la mode de la même façon que sur internet : pour exprimer ce que l'on ne dit pas, pour traduire l’intangible, a l'instar d'un emoticone. Sur le site de Neurocouture, la marque nous propose ainsi de « porter nos pensées » (« Wear what you think »). Neurocouture se définit comme une marque de l 'ère post-digitale. Un positionnement qui conçoit internet comme partie intégrante de la vie quotidienne, du processus de création, de la façon de penser.

Le projet nécessite cependant une projection en mapping et le système EEG pour fonctionner, ce qui n'est pas commercialisable. Mais ce n'est que le début de ce genre de technologies et Neurocouture nous donne un aperçu pertinent de ses applications futures.

Vers un autre système mode

Internet transforme la mode et ces bouleversements ne font que commencer. La mode semble se transformer en une industrie de l'image plus qu'une industrie de produits. Anne Quay, fondatrice de Vfiles, semble l'avoir bien compris, elle explique à Forbes :

« Nous voulions créer une communauté autour de la mode, et une communauté mode se construit autour d'images. »

Vfiles est une marque/media multi-plateforme qui comprend une archive d'images majoritairement générée par ses utilisateurs (dans l'esprit de Tumblr ou Pinterest), un moteur de recherche, un réseau social, des séries YouTube, un shop en ligne ainsi qu'une boutique à SoHo et un pop-up store à Tokyo.

Au lieu d'essayer de suivre les tendances, Vfiles incite ses utilisateurs à les créer, rassemblant une communauté qui invente de nouvelles façons d'interagir avec la mode en ligne. Vfiles a totalement compris et intégré le fonctionnement de la mode à l'ère d'internet, incarne ce que la mode est aujourd'hui et nous donne à imaginer de qu'elle peut devenir dans un futur toujours plus proche.


indépendants mode

Rencontre des indépendants de la Mode

La 2e rencontre des indépendants de la Mode s'est déroulée à la cité des congrès de Lyon, le lundi 14 mars 2016. Organisée par la Fédération Nationale de l'Habillement, elle invitait les gérants de boutiques de mode indépendantes à se réunir, pour faire le point sur l'actualité du secteur, et anticiper les mutations à venir. Retour sur les moments marquants de la journée.

photo : Annick Jehanne
photo : Annick Jehanne

« Que nous arrive-t-il ? », entrée en matière détonnante

La première conférence, intitulée « Que nous arrive-t-il ? », a commencé par un état des lieux de la situation économique. Marc Halévy, physicien de la complexité, incarne son propos en mêlant humour, anecdotes et analyse historique, enchantant l'assemblée.

Le modèle économique actuel découle de la révolution industrielle, qui a d'ailleurs rencontré beaucoup d'opposition en Europe, de la part de travailleurs refusant l'industrialisation (notamment les canuts à Lyon, mais aussi en Angleterre...). Aux USA, alors sans passé économique, ce modèle s'est installé plus rapidement, et le pays devient moteur du développement. Dans ce modèle, il faut être GROS, vendre beaucoup, baisser toujours plus les prix de revient... ces objectifs dessinent l'histoire du 20e siècle.

A partir des années 90, la seule possibilité restante pour baisser ces prix de revient est de lésiner sur la qualité. Les gens commencent alors à se révolter : «Je ne suis pas assez riche pour acheter du bon marché !» disait le grand-père adoptif de Marc Halévy, agriculteur de métier, et ce n'était pas le seul... Le prix d'achat n'est qu'une partie du coût total ! Aujourd'hui, nous rentrons dans une économie basée sur la valeur d'usage, l'utilisabilité.

rupture

Avec la rupture écologique que nous connaissons, la pénurie des ressources naturelles, nous sommes dans une période que Mr Halévy qualifie de « frugalité joyeuse », où l'important est désormais de faire moins mais mieux. Plus besoin d'être gros, mais d'être virtuoses !

"Le difficile est différenciant"

Pour restaurer ses marges, il faut augmenter son niveau de virtuosité, injecter des ressources immatérielles (à la différence de l'ancien modèle qui se concentrait sur le matériel et agissait sur les coûts fixes, ce qui n'est plus possible dans le nouveau modèle, comme l'effet d’échelle n'existe pas sur les ressources immatérielles).

La pyramide hiérarchique, le modèle organisationnel le plus lent et le plus lourd, n'est plus adéquat dans un monde où on demande l'agilité... c'est une rupture organique, où les entreprises repensent leur fonctionnement en réseaux, avec des modèles d'organisation réticulés.

Si dans les 20 ans à venir, 40% des tâches qui sont aujourd'hui assumées par des humains sont automatisées, des bouleversements se profilent.

Marc Halévy conférence
Les médias expriment la vision de la courbe rouge, l'ancien modèle qui s'écroule, alors que si on regarde la courbe verte, c'est une vision positive !

« un arbre qui tombe fait plus de bruit qu'une forêt qui pousse »,

Marc Halévy nous invite à changer notre point de vue, et prêter plus d'attention à la forêt.

Dernière rupture relevée dans cette conférence, une rupture philosophique entre deux visions du monde, celle de l'ancienne génération qui cherchait à « réussir dans la vie » et celle de la nouvelle génération qui souhaite « réussir sa vie ».

Comment travailler en réseaux avec évolution des mentalités vers le « moi » ?

Pour donner envie aux jeunes, il s'agit de redonner du sens, de la valeur à ce qu'on vit, répondre à la question « quel est le but de l'entreprise ? » et ce ne peut pas être de « faire du profit » (même si c'est essentiel, le profit est le carburant de l'entreprise).

Le propos de Marc Halévy peut toucher tous les entrepreneurs, pas seulement ceux du secteur de la mode. Prospectiviste analysant le passage de l'économie industrielle à l'économie de l'immatériel, il écrit notamment sur www.noetique.eu, et vous pouvez retrouvez des vidéos de certaines de ces interventions sur Youtube, comme par exemple celle-ci sur l'innovation.

« Prendre en main son futur en affirmant sa différence »

Table ronde avec Bernard Morvan (commerçant, Président de la FNH et Président de la Commission Paritaire Nationale), Frédéric Willems (avocat), Philippe Drhouin (commerçant, président du groupement d'achat Territoire d'Homme), Christian Auque (Agent, dirigeant de la société Vista), Annick Jehanne (consultante, fondatrice de Hubmode).

La Fédération Nationale de l'Habillement prône le lien social et le lien client, ce qui est une importante valeur ajoutée pour le commerce indépendant ! Les différents intervenants de cette table ronde se sont présentés, et ont donné des pistes de réflexion à l'auditoire atour de cette problématique essentielle pour les commerçants et entrepreneurs "comment se différencier"?
Mr Willems, avocat, a montré l'importance  de connaître la législation et de se tenir informé de ses évolutions, pour identifier des leviers commerciaux et des opportunités pour les indépendants.

Mr Drhouin, évoquant Territoire d'hommes, a spécifié les intérêts pour un commerçant indépendant dans le secteur de l'habillement de faire partie d'un groupement d'achat, cela permet de :

  • travailler moins et plus intelligemment,
  • libérer les commerçants de certaines contraintes (comme l'amplitude horaire, les démarches liées à la communication...)
  • faciliter les tâches en les rendants collectives
  • donner l'accès à des fournisseurs en regroupant des petites commandes

Mr Auque a exposé son expérience avec la boutique lyonnaise Casual, notamment sur la mise en place d'un « private label ». Ceci lui permet d'éviter des problèmes liés aux grandes marques (qui cherchent à diminuer les marges, et peuvent faire de la concurrence déloyale en ouvrant une boutique après avoir eu un test clientèle.. ). Cet exercice demande de la virtuosité mais donne des résultats intéressants notamment en terme de marges (Casual peut conserver sur les articles "private label" une marge de 2,65 après soldes).

Fédération nationale habillementNous avons retrouvé avec plaisir Annick Jehanne, fondatrice d'Hubmode, cette entreprise communautaire qui crée des formations innovantes, avec comme conviction que la mode peut et doit être synonyme de : innovation, social, durable.

"Les gens s'ennuient, se sentent isolés, ils ont besoin de points de rencontres virtuels et réels, qui s'enrichissent mutuellement. Je suis optimiste pour le petit commerçant, sympathique et convivial" Annick Jehanne

L'accès au commerce n'est plus le magasin aujourd'hui, il est dans nos poches avec nos téléphones, et bientôt chez nous ou n'importe où avec la Réalité Virtuelle. Une boutique peut par exemple être un lieu où on apprend des choses ! Aujourd'hui on doit tous apprendre pour s'adapter, et les formations sont en effet un moyen essentiel de continuer à se questionner, et évoluer pour se différencier. Le client aime qu'on lui raconte une histoire, Hubmode donne et partage beaucoup des informations gratuitement, l'idée est de développer un éco-système en réseau, des relations amicales...

Pour Annick Jehanne, les grands groupes sont à un tournant important et les indépendants peuvent profiter du temps nécessaire à leur marge de manœuvre pour basculer dans "la mode du bien". Ce tournant éco-durable est incontournable et la demande de la part des clients est bien là, même s'il n'y a pas encore beaucoup d'offres. 

"Comme le chef d'un restaurant, le gérant d'une boutique doit changer sa carte régulièrement, former son équipe, penser à sa décoration... et surtout faire comme il a envie, créer sa communauté, valoriser ce qu'il a de « pas comme les autres » "

« Digitalisation des points de vente : quelle stratégie aujourd'hui ? »

photo : Twitter @CarlaRaffi
photo : Twitter @CarlaRaffi

Table ronde avec Jean-Sebastien Veilleux (commerçant, président de FNH Rhône-Alpes), Thierry Fléchet (fondateur de la place de marché Modz), Julien Bourgeois (Dynamic View), Agnès Mazières (Directrice générale de Référence DMD, spécialiste du marketing digital).

Pour tous les commerçants, la question du phygital se pose aujourd'hui.

"Aujourd'hui, plus de 70% des achats sont précédés par une recherche en ligne" Agnès Mazières

La Canadienne, qui ouvre boutique à Lyon en 1949 et se lance dans le e-commerce dès 2003, offre un témoignage intéressant. L'expérience de la vente en ligne fonctionne bien pour l'entreprise, mais Jean-Sebastien Veilleux attire l'attention sur le fait que cette activité représente actuellement 8 personnes en CDI, que c'est un investissement et demande de la patience. Il conseille d'y aller progressivement, analysant la réussite de son entreprise comme allant de paire avec le fait qu'ils arrivent tôt sur le marché, et qu'ils sont sur un commerce de niche. Il ajoute de plus qu'il est également important de surprendre le client en boutique. Pour cela, il a par exemple mis en place en cabine d'essayage un dispositif composé d'un écran numérique et d'une caméra, qui permet aux client(e)s de voir le tombé des vêtements, élément très important pour les pièces longues, spécialités de l'entreprise.
Jean-Sébastien Veilleux travaille également avec les autres intervenants de la table ronde. Modz, site web spécialisé dans le déstockage de boutiques de prêt-à-porter multimarques, est plus efficace que la petite rubrique "destock" accessible sur l'e-boutique de la Canadienne, du fait de sa spécialisation. Agnès Mazière présente la spécificité de DMD, qui est d'accompagner les PME et ETI dans leur transformation digitale, en proposant des prestataires intégrés en temps partagé. L'entreprise Dynamic View, s'est, quant à elle, positionné sur le secteur de la digitalisation des points de vente, et développe aussi bien des produits que des services adaptés aux commerces et à leur clientèle connectée.

« Les solutions proposées par la FNH pour soutenir les commerçants indépendants de la branche habillement textile »

photo : twitter @carlaraffi
photo : twitter @carlaraffi

Table ronde avec Philippe Dié (président d'Equatis et exploitant de la plateforme FNH Expert), Lucia Lombardo (BPI France), Tarek Ghandour (Président de Retif), Monique Gaiffe (FNH/CNDL)

Pour clôturer cette matinée, la Fédération Nationale de l'Habillement présente ses services et ceux de ses partenaires, pour inspirer les commerçants indépendants. Par exemple, des formations sont proposées tout au long de l'année, les lundi, afin d'être adaptées aux commerçants.
Pour en savoir plus, consultez leur site www.federation-habillement.fr.


Créer ses vêtements

5 sites pour créer ses vêtements

Créer ses vêtements : tout le monde en rêve. Bien que la couture soit de plus en plus à la mode et accessible, coudre n'est pas un don offert à tous. Mais avec Internet, tout est possible !

Chez Modelab, nous avons déniché pour vous 5 sites pour créer ses vêtements.

Louis Antoinette Paris : le kit couture

Kit Louis Antoinette

Avec moins d'un an d'existence, Louis Antoinette Paris a réussi à révolutionner la mode.  Créé par 3 jeunes entrepreneurs, l'entreprise propose une expérience unique : des collections de vêtements et accessoires à faire soi-même soient sous la forme du kit complet ou le patron seul. Le kit contient le patron, le tissu, un carnet d'accompagnement, le fil, les accessoires, la griffe et quelques surprises... Déjà plusieurs modèles sont disponibles et on retrouve de nombreux conseils selon les niveaux de couture.

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Trendy Workshop : des collections personnalisables

Trendy WorkshopPrésenté comme un site marchand, Trendy Workshop, regroupe plusieurs modèles qui sont tous personnalisables : couleurs, matières, fantaisies, ajout de texte... Le concept est de satisfaire chaque membre (femme, homme, enfant) en lui permettant de créer le vêtement qu'il souhaite. Chaque membre peut obtenir le statut de "Créateur" et les revendre à la communauté.

MOOD BY ME : apportez votre touche perso' !

Mood By Me

Mood By Me c'est une marque de vêtements personnalisables en ligne pour homme et femme. Né en 2010, le site met en avant le savoir-faire des ateliers partenaires et la qualité des matières premières. Initialement focalisée sur le cachemire, l'entreprise diversifie d'année en année ses produits. Soit on achète le modèle tel quel soit on le personnalise dans le Mood Studio.

Trouver chaussure à son pied avec Shoes of Prey

ShoesofpreyShoes of Prey est une entreprise australienne, créée en 2009.  Destiné aux femmes, c'est le site qui permet de créer les chaussures que vous imaginez !
Parmi 12 modèles proposés, on personnalise les matériaux et la hauteur du talon. Le site explique en détail les 11 étapes de fabrication.  Bien que la sélection des pointures se fassent en unité US, la livraison est disponible sous un mois dans le monde entier et le produit est échangeable sous 365 jours ! Et pour celles qui manquent d'inspiration, une galerie des créations déjà réalisées les attend !

Un répertoire du DIY (Do It Yourself)

Sewing

Pour créer de nouveaux vêtements, il ne faut pas nécessairement partir ex nihilo. La customisation peut être un bon moyen pour offrir une nouvelle vie à nos habits. Ajouter quelques boutons, donner quelques coups de ciseaux, broder... il y a des techniques simples pour avoir un look unique ! La plateforme Hellocoton, dédiée aux blogs, a regroupé dans un dossier 35 idées pour personnaliser sa garde-robe.

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Vous pouvez aussi lire (ou relire) les trouvailles de Modelab sur le même sujet :


Club Monaco

Retail 2.0 : l'expérience client réinventée !

Du 17 au 20 janvier, New York accueillait la Nation Retail Federation (NRF) pour son édition 2016 du NRF Retail's BIG Show, le plus important salon mondial dédié au magasin connecté.  Au cœur de cette ville pionnière, les dernières innovations qui composeront les retails de 2016 étaient présentées. Au-delà des inventions techniques, les nouvelles tendances se focalisent sur l'expérience client.

Mission n°1 : rendre les magasins attractifs

A l'heure de la transformation numérique, les magasins doivent parvenir à passer un cap et continuer à attirer les clients.  Aux États-Unis, la pression est d'autant plus grandes que les magasins classiques doivent faire face à un concurrent de taille : Amazon.
Pour y parvenir, Isabelle Bordry, ex directrice générale de Yahoo France et co-fondatrice de Retency, une start-up de solution d'analytics destinées aux enseignes physiques, énonce la règle des 3P qui doit permettre aux enseignes de se réinventer :

  • Personnalisation
  • Prédiction
  • Pertinence

Le Hub Institute a listé les 8 tendances du retail. Parmi celles-ci, de nouveaux services sont offerts pour inciter les clients à passer plus de temps en boutique.

BrightBox propose des boîtiers de rechargement pour smartphones permettant d'améliorer le drive-to-store et d'augmenter le temps passé en point de vente.

Brightbox
Dans certaines de ses boutiques, Converse offre la possibilité de customiser ses produits dans son espace "Blank Canvas".  Un ensemble de designs, matériaux, couleurs et éléments divers sont à la portée des clients :

Blank Canvas

 

 

 

 

 

 

 

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Le point de vente, un espace multifonctions

Plus que de proposer de nouveaux services, le point de vente doit se réinventer :

« Le magasin ne doit plus seulement être pensé comme un lieu pour acheter »

Catherine Barba, experte du e-commerce

Les marques innovent de plus en plus pour offrir des expériences clients uniques :

  • Lululemon, la marque de vêtements et accessoires de yoga a ouvert un espace de coworking et des cours de yoga
  • Sephora instaure des cours de maquillage dans certains de ses points de vente
  • Club Monaco, en plus de vendre des vêtements, développe la vente de cafés, de livres, de fleurs...

Westfields Lab teste des solutions innovantes avec le projet Bespoke : un espace de 3 000 m² au sein d'un centre commercial de San Francisco pour des start-ups de l'univers du retail.

Bespoke

 

 

En plus d'un espace de coworking, les start-ups bénéficient de pop-ups stores, d'espaces pour organiser des évènements, des démos...

En Chine, l'expérience va plus loin, le centre commercial Explorium élaboré en partenariat avec IBM, mixe shopping et parc d'attraction avec un accès réservé à 12 000 membres.

Explorium

L'expérience client se poursuit hors magasin

Comme l'étudie Catherine Barba, dans son laboratoire expérimental à New York, l'expérience client ne s'arrête pas à l'acte d'achat. Dans sa chronique PEPS (Plein d'Expériences pour Se réinventer) elle fait l'état de ses premières observations.

GafaDès son arrivée "aux States", elle a pu constaté la puissance des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) qui n'hésitent pas à faire évoluer leur offre de leur métier de base dans le but d'occuper le maximum de place dans la "vie digitale" de leurs clients. L'étude Gafanomics de FaberNovel  le prouve puisque les GAFA représentent 55% de nos vies digitales en cumulant tout le temps passé à de la recherche d'informations, l'envoi de mails, l'écoute de la musique, les achats...  Un des clients d'Amazon Prime témoigne même qu'acheter un produit n'est pas le plus passionnant.

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Les GAFA réussissent à penser "parcours client" aussi bien physique et digital et orientent leur discours commercial sur la vie du client plutôt que sur la vente des produits. Un modèle pour tous les commerçants qui n'est plus seulement de vendre avec de bonnes marges mais de fidéliser, d'attirer de nouveaux clients, de communiquer...  C'est combiner un service et devenir une référence dans leur vie quotidienne. Les réponses passent toujours par l'écoute des clients !


revue de presse

Revue de presse - Breves men's fashion week

Chaque mois, Modelab reprend dans sa revue de presse l’actualité qui a marqué la FashionTech.
La FashionWeek présentant la mode de l'hiver prochain, ayant marqué l'actualité, voici un récapitulatif des articles qui nous ont le plus marqué ces dernières semaines !

Le luxe intègre le digital à sa stratégie

L'ADN reprend les chiffres d'une étude de ContactLab et Exane BNP Paribas dans un article détaillé qui montre que le secteur du luxe progresse dans sa digitalisation. Nous parlions la semaine passée de leurs difficultés, aujourd'hui le thème est abordé plus positivement !

Les marques de mode travaillent leur utilisation des nouvelles technologies

Les magazines de mode s'intéressent aussi ponctuellement à l'influence des technologies sur la communication des marques. Pendant la Fashion week, Decoded Fashion se penche sur la question dans un article dédié. Les infos à retenir sont que Burberry continue ses expérimentations en lançant sa chaîne Apple TV pour y présenter sa collection homme Automne Hiver 2016-2017, que Saint Laurent à enfin rejoint Instagram et que J.W. Anderson à choisi de présenter sa nouvelle collection masculine sur... Grindr, réseau social gay. Cette dernière nouvelle a également inspiré un article à Alice Pfeiffer pour le Monde. Diesel investit aussi ce réseau en y diffusant de la publicité, ainsi que sur Tinder, YouPorn et Pornhub (on vous en parlait déjà dans notre article sur la transition digitale des marques).

Les mannequins sont (enfin) plus que des portemanteaux

  • Hari Nef
    Hari Nef at Gucci AW16 Photography Virginia Arcaro

    Les réseaux sociaux ont favorisés l'émergence de nouveaux mannequins. Dazed consacre un article à Hari Nef, ancienne rédactrice du magazine, mannequin transgenre et icône Tumblr, dont la carrière de mannequin prend de l'ampleur avec le dernier défilé Gucci où sa silhouette vêtue de rouge est incontournable ! 24h avant le show, elle prend en main le Snapchat de la marque...

    instagram

    Ceci confirme l'émergence d'un nouveau type de mannequin qui représentent la marque pendant quelques secondes lors du défilé de présentation de la collection, mais pas que ! Ils incarnent la marque sur les réseaux sociaux. En plus d'une plastique intéressante, leur créativité doit donc elle aussi parfaitement s'accorder à l'esprit de la marque ! Et leur influence sur internet devient un puissant laissez-passer !

    Et sinon en dehors des podiums?

  • Intel et Google continuent leur expansion dans la fashiontech', en créant un département "wearable" chez New Balance. FashionUnited consacre un article au sujet, on attend de voir ce que ça va donner pour la marque de sneakers !

mode durable

Mode durable : une nouvelle génération innovante

« Green is the new black » nous assure Another Magazine en ce début de moi de janvier. La jeune blogueuse Glacier Girl utilise quant à elle le bleu comme nouveau code écolo et redonne un nouveau souffle au mouvement. Qu'importe la couleur, en 2016 la mode se tourne résolument vers une démarche « eco-friendly » pour plus de transparence.

Les jeunes créateurs donnent un nouveau souffle à la mode durable.

Mode et écologie n'ont pas toujours fait bon ménage. On pense aux nombreux scandales qui ont secoués l'industrie de la mode. Des moyens de productions peu éthiques, une sur-consommation, un rythme de plus en plus rapide qui ont un impact environnemental et social désastreux. Mais il semblerait que les temps changent grâce à une nouvelle génération de créateurs qui considèrent la mode durable comme une évidence plutôt que comme une simple valeur ajoutée ou un outil de marketing. Début janvier les vitrines de Selfridges sur Oxford Street à Londres étaient consacrées à leur initiative annuelle « Bright New Things » visant à mettre en avant et à soutenir les jeunes créateurs.

Faustine Steinmetz
Faustine Steinmetz

Cette année Selfridges a décidé de se concentrer sur les nouveaux noms de la mode durable qui mettent au cœur de leur travail design innovant et durabilité. Parmi eux Katie Jones ou Faustine Steinmetz qui appliquent cette idéologie dans des vêtements produits artisanalement et constitués de matières récupérées. D'autres comme Unmade se tournent vers la technologie pour créer des pièces uniques qui sont co-créées par le consommateur. Une nouvelle pratique apparaît dans ces initiatives : la transparence.

Un besoin de plus de transparence pour une nouvelle génération de consommateurs

Les nouvelles technologies, la quantité d'informations disponibles en ligne ont créées une nouvelle génération de consommateurs toujours plus curieux et investigateurs. Ils ne se satisfont plus d'acheter une marque sans avoir fait leur recherche au préalable. Cette nouvelle génération de consommateurs se sent plus concernée que jamais par les problèmes environnementaux. En témoigne le succès de personnalités comme Glacier Girl et d'autres « eco warriors » sur les réseaux socieaux, nouvelles icônes mode et activistes. Elisabeth Farrell aka Glacier Girl utilise les réseaux sociaux pour parler écologie via son projet « Remember the Glaciers ». Activiste DIY, elle s'adresse à la génération internet qui est la sienne, via des photos et une esthétique « sad girl » et des t-shirts à slogans. Ella Goërner, qui se définit elle même comme « eco-punk » est une activiste et artiste qui crée des œuvres digitales pour sensibiliser les internautes à la cause. L'image de « l'ecolo » prend alors une nouvelle dimension plus « trendy » et dans l'air du temps.

Glacier Girl "Remember the Glaciers"
Glacier Girl "Remember the Glaciers"

Les marques, de la petite start-up à Prada, semblent avoir bien compris cet engouement et elles sont aujourd'hui nombreuses à se positionner comme éco-responsables. Les grands groupes de luxe, Kerrings et LVMH s'y sont mis récemment mais les pionnières en la matière étaient Vivienne Westwood, Katharine Hamnett ou encore Stella McCartney. Les marques sportswear ne sont pas en reste. Alors qu'on vient d'apprendre qu'il y aurait plus de plastique que de poissons dans l'océan, Adidas a créé l'année dernière en collaboration avec Parley for the Ocean la première chaussure fabriquée à partir de déchets récoltés dans l’océan (on vous en parle plus précisément dans le n°2 de Modelab que vous pouvez commander ici!)

Adidas x Parley for the Ocean
Adidas x Parley for the Ocean

Certains projets proposent aussi une approche plus littérale et le vêtement lui même devient un outil pour lutter contre la pollution. « Catalytic Clothing » est une initiative collaborative dirigée par la professeure et designer Hellen Story et le scientifique Tony Ryan. Ils utilisent la technologie de « photo-catalyse» et l'appliquent au vêtement qui devient alors capable de purifier l'air environnant tout en restant un objet esthétique. Dans le même esprit le projet WAIR propose des foulards qui indiquent l'état de pollution de l'air et permet de filtrer l'air. Plus que leur véritable efficacité et leur rôle dépolluant, l'importance de ces initiatives est de sensibiliser le consommateur à l'impact environnemental de la mode.

Catalytic Clothing
Catalytic Clothing

Pour aller plus loin, inclure les valeurs éco-responsables au cœur de l'industrie

En août dernier, la célèbre école de design Parsons accueillait un nouveau doyen, Burak Cakmak, spécialiste de la mode durable. Il croit au potentiel de la technologie pour rendre les procédés de création et de production plus « eco-friendly ». Il a par exemple exprimé à WWD sont intérêt pour la technologie de CLIPs Carbon3D (Continuous Liquid Interface Production), un nouveau système de production qui « fait pousser » des éléments plutôt que des les matérialiser par couche comme en impression 3D. Il explique à WWD :

« Je crois sincèrement que l'industrie de la mode est à un tournant […] une approche plus réfléchie du design peut jouer un rôle dans l'amélioration du business model d'entreprise existantes pour ainsi correspondre à la réalité de notre époque. »

L'arrivée de Cakmak à la Parson school est peut être le début d'un type d'éducation pour une nouvelle génération de designers tournés vers le durable et l'innovation, conscients de leurs rôles dans une industrie de la mode toujours plus rapide. A l'image des talents mis en avant par Selfridges qui incluent les valeurs de durabilité dans tous les aspects de leurs projets, de la création à la production, autour d'un véritable état d'esprit.


luxe et digital

Les marques de luxe et le digital, une transition difficile

Les dernières campagnes de Louis Vuitton autour de personnages virtuels ont fait beaucoup parler d'elles. Se tournant pleinement vers le digital, la marque de luxe se distingue de certains de ses concurrents qui ont toujours du mal à allier image de marque exclusive et communication en ligne. Chez les marques de luxe, de nombreux efforts sont faits pour s'approprier la culture web et s'adresser à une nouvelle génération de consommateurs connectés.

Les personnages virtuels, nouvelles muses de la mode?

Fin 2015, Louis Vuitton lançait la campagne de sa collection printemps-été 2016 avec pour égérie Lightning, la célèbre héroïne aux cheveux roses du jeu vidéo Final Fantasy XII. S'en suivit un spot intitulé « Space Travel of the Digital Girl » réalisé par Gilles Esteve, célèbre artiste et réalisateur. On y voit une femme robot dans l'espace, très inspirée du travail de l'artiste japonais Hajime Soryama, ainsi que la nouvelle collection de sacs Louis Vuitton dont le logo a été revisité, version plus futuriste pour l'occasion.
Nicolas Ghesquière explique à WWD:

« Lightning est le parfait avatar féminin de l'héroïne universelle faite pour un monde où les réseaux sociaux et la communication sont désormais intimement liés à notre vie ».

"Space Travel of the Digital Girl" Louis Vuitton campagne printemps été 2016
"Space Travel of the Digital Girl" Louis Vuitton, campagne printemps-été 2016

Au delà d'une communication sur les réseaux sociaux, d'un site, d'un e-shop, les marques de luxe intègrent le digital en s'intéressant à la culture du web.
Déjà en 2012, on avait connu une vague de personnages virtuels dans la mode.  Le magazine Arena Homme dédiait en effet 12 pages aux personnages de Final Fantasy, alors habillés en Prada.

Les mondes virtuels se font une place dans le nôtre

La marque américaine Proenza Schouler sortait quant à elle la même année la vidéo « Desert Tide » réalisée dans le monde virtuel en ligne « Second Life » afin de promouvoir leur collection automne hiver 2012. Les vêtements étaient portés par des avatars évoluant dans un désert virtuel.

S'en suivirent la collection printemps-été 2013 « Tumblr » et sa vidéo de promotion réalisée par David Sim faite de collages et de glitchs. Enfin on peut citer leur campagne GIF diffusée sur Twitter et réalisée par la net.artiste Jeanette Hayes.

La marque se créa ainsi une forte communauté en ligne alimentée par une gestion efficace de leurs différents réseaux sociaux.
Humberto Leon et Carol Lim, les fondateurs d’Opening Ceremony et directeurs artistiques de Kenzo ont travaillé avec DIS magazine pour leur collection Kenzo automne hiver 2012 homme. La vidéo s'inspire des images de stock photos pour un résultat surréaliste et humoristique, très inspiré de l'imagerie du web 2.0.
Parfois considérées comme des réappropriations superficielles de la web-culture, ces initiatives n'en montrent pas moins la volonté des marques d'investir le digital dans sa globalité.

Les marques de luxes se transforment pour s'adapter au monde technophile

Burberry est souvent considérée comme la marque de luxe qui a le mieux réussi sa transition vers le digital. Il y a quelques années, Burberry était synonyme de « carreaux » et « british » mais désormais on peut y ajouter « innovation ». La marque a su faire évoluer ses valeurs grâce à une diversité d'initiatives digitales. Continuant sur cette lancée, leur collection printemps-été a été présentée via l'application Snapchat. Ils ont également lancé très récemment leur chaîne Apple TV qui leur permettra entre autre de présenter défilés, tutos, performances d'artistes ...
Les marques ne cessent aujourd'hui de citer la web-culture dans leurs campagnes. Calvin Klein a utilisé de vrais « sextos » dans sa campagne hiver 2015 réinventant ses célèbres pubs « sexy » à l'ère digitale et visant ainsi une génération « Tinder ».

Campagne automne-hiver 2015/2016 Calvin Klein
Campagne automne-hiver 2015/2016 Calvin Klein

La marque Diesel a récemment annoncé qu'elle allait promouvoir sa collection printemps-été 2016 sur les plate-formes PornhubYouporn, Tinder et son équivalent gay, Grindr. Déjà pour leur campagne hiver 2015 ils surfaient sur les codes des messages en lignes. Et J.W.Anderson a proposé en live le défilé de sa collection hiver 2016-2017 sur Grindr il y a quelques jours lors de la Fashion Week de Londres.

L'instantanéité d'internet, incompatible avec l'univers du luxe ?

Les marques de luxe comme Louis Vuitton ou Chanel ont construit leurs identités sur la notion d'exclusivité, évoquant un monde hors de portée de la plupart des gens. Une vision qui se trouve à l'opposé de l'esprit populaire d'internet. Certaines marques ont alors décidé de s'associer à des célébrités très populaires sur les réseaux sociaux, comme Dior et Rihanna, ou Calvin Klein et Justin Bieber, des célébrités qui comptent une audience virtuelle 10 fois plus importantes que les leurs. Ces marques essayent de rattraper leur retard et de toucher un consommateur qui est d'autant plus connecté que le reste de la population.
Elles sont nombreuses à faire appel à des CDO (Chief Digital Officer) qui leur permettent de redéfinir leur stratégie globale d'un point de vue digital. Mais leur rôle est surtout celui d'un porte-parole visant à prouver une évolution vers le digital. Il est rarement source d'un profond changement.
Et l'on peut parfois se demander si le monde de la mode ne considère pas la technologie simplement comme une tendance, passagère, et non pas comme ce qu'elle est, une révolution. La technologie change pourtant tout, de la création à la production jusqu'à la distribution et la communication …
Bien sur les marques de luxe françaises ont tendance à s'appuyer sur leur héritage pour insuffler du prestige à leurs produits. Mais un héritage sans innovation ne suffit plus. Des initiatives innovantes ont lieu dans les domaines du e-commerce ou de la communication digitale. Mais les marques semblent avoir encore du mal à introduire la technologie au sein même de leur façon de penser la mode pour ainsi de la transformer en produits et services innovants.


Starkweather, tissus optimisant la régulation de la température corporelle

Wearables : les vêtements chauffants révolutionnent l'hiver

Après s'être longuement fait attendre, il semblerait que l'hiver soit enfin là, et les plus pessimistes parlent même d'un prolongement de la saison froide jusqu'à fin mars - début avril. Loin de moi l'idée de vouloir écouter ces oiseaux de mauvais augure, mais force est de le constater : le temps des apéros en terrasse est fini, l'avènement des doudounes et moonboots est proche. Ou pas ? Et s'il existait des alternatives wearables permettant de réguler en temps réel la température de votre corps ? Tour d'horizon.

Vêtements techniques, les précurseurs

C'est souvent dans le sport (après l'armée) que se développent les nouvelles technologies, et les vêtements chauffants ne font pas exception à la règle. Toute une flopée de vêtements techniques chauffants est déjà disponible sur le marché, mais ils restent pensés pour un usage précis et ne sont pas nécessairement adaptés à une utilisation quotidienne.

Starkweather, la régulation de la température du corps optimisée

Fonctionnement des tissus Starkweather

Heureusement, nous ne sommes pas les premiers à nous poser la question de vêtements chauffants à porter en ville. Et celle qui réussit avec brio à résoudre cet épineux problème, c'est Lee Anderson, fondatrice de Starkweather. Le principe est simple : des tissus fins mais aux propriétés chauffantes et isolantes reconnues (laine, cachemire, soie) et des superpositions de couches habilement disposées pour former un cocon protecteur qui optimise les capacités de régulation de la température du corps. Le plus : les différentes pièces à superposer peuvent être portées séparément.

Starkweather, tissus optimisant la régulation de la température corporelle

Plus d'infos ? Visitez le site de Starkweather.

SWARM, l'incroyable écharpe de Microsoft Researchers

SWARM, une écharpe intelligente développée par Microsoft ResearchersCertes, il ne s'agit encore que d'un projet, mais l'écharpe SWARM pensée par Microsoft Researchers a de quoi impressionner. Son but : aider son porteur à gérer ses émotions et à interpréter celles des autres, au moyen de capteurs sensoriels. Bien sûr, on pense immédiatement aux implications que cela pourrait avoir pour les personnes atteintes de handicaps physiques ou mentaux, comme les troubles autistiques par exemple. SWARM est télécommandée depuis un smartphone, et peut entre autres réchauffer son utilisateur. Présentée sous forme d'un maillage d'hexagones parcourus de capteurs, elle est destinée à être glissée dans un fourreau et pourra donc potentiellement être utilisée avec n'importe quelle écharpe.

Plus d'infos ? Consultez le PDF de SWARM.

 

ATTACH, le projet de recherche de l'Université de San Diego

Adaptive Technologies with Active Cooling and Heating, ou ATTACH, c'est un projet de recherche mené par des ingénieurs américains de l'Université de San Diego et qui a obtenu une bourse de recherche de la part de l'ARPA-E, l'agence gouvernementale qui finance les projets de recherche avancée sur le thème de l'énergie. Le constat de base est relativement simple : lorsqu'une ou deux personnes seulement sont présentes dans une pièce, réchauffer ou refroidir la totalité de la pièce n'est pas optimal en terme d'efficacité énergétique. Il serait plus intéressant de réchauffer ou refroidir la personne directement, au moyen de vêtements qui s'adapteraient automatiquement à la température du corps.

Plus d'infos : consultez le site de l'ARPA-E.

Allez, respirez : plus que quatre mois d'hiver !

Et pour aller plus loin : consultez notre article à propos de la protection à travers la fashion tech, une autre application pratique des wearables.

Sources :
http://stkwo.com/about-starkweather/
http://research.microsoft.com/pubs/238353/swarm.pdf
http://research.microsoft.com/apps/pubs/default.aspx?id=238353
http://www.technologyreview.com/news/534261/microsoft-researchers-get-wrapped-up-in-smart-scarf/
http://www.kurzweilai.net/smart-clothes-for-personalized-cooling-and-heating