Ocean Dress / Crédit photo : Marc Lamey (http://www.marclamey.com/) - Modèle : Ruby Soho (http://rubysoho.portfoliobox.fr/)

La FashionTech avec Alice Giordani de Smooth Wearable

Alice Giordani est une actrice incontournable de la FashionTech. A la fois, auto-entrepreneuse, bloggeuse, créatrice et vice-présidente de la Fédération FashionTech, elle nous raconte son actualité et ses projets.

Quelles sont tes activités professionnelles ?

Depuis 3 ans, je suis auto-entrepreneuse en tant que consultante et développeuse web. Passionnée d’IoT (Internet of Things) ou web 3.0, qui consistent à faire des systèmes internet qui sont reliés à des objets physiques, j’aimerais faire avancer les choses afin que les gens soient de moins en moins devant un écran tout en profitant des nouvelles technologies. Depuis un an, je suis également intervenante dans des écoles d’informatiques sur des matières de programmation.

Par ailleurs, depuis bientôt trois ans, je m’intéresse tout particulièrement à l’électronique appliquée au textile. Je suis partie du constat qu’il n’y avait très peu de documentations et d’éléments en français concernant ce domaine. Du coup, à travers mon site Smooth Wearable que j’ai ouvert il y a 1 an, j’ai voulu communiquer autour de l’e-textile en France. Je suis entièrement autodidacte sur ce sujet et j’aimerais produire plus de contenus dans les prochains mois, même si la matière présente est déjà intéressante. Mon site est moins orienté fashion mais plus DIY et découverte de l’électronique textile et systèmes embarqués en général.

Smooth Wearable

Je fais des expérimentations au DataPaulette, au sein du Jardin d’Alice, qui est un hackerspace textile où j’apprends beaucoup, entourée de gens passionnants. Je co-organise avec Florian Briand des ateliers e-textile à La Paillasse pour le TEXTILab. Je fais également partie de l’association Fédération FashionTech  via laquelle j’obtiens une nouvelle visibilité en faveur du développement de mes vêtements intelligents. Je m’inscris parfaitement dans une démarche de partage open source et toutes mes créations sont dictées par le développement durable en général. Etre entourée de personnes motivées, dans des hackerspaces et fablabs, où chacun s’enrichit de connaissances communes, me permet d’avancer sur mes créations et mon site.

Quel est le but de l’association « Fédération FashionTech » ?

Le but de l’association est d’avoir une voix commune tout simplement. Cela implique beaucoup de choses comme réseauter, fédérer des personnes autour de mêmes sujets, regrouper des informations, se faire connaître, avoir une meilleure visibilité, créer ensemble, avoir plus de poids pour ne pas se faire étouffer par les géants des industries techno ou textiles. Nous voulons démocratiser la FashionTech en France.

Quelles sont les actions menées par cette association ?

Les actions que nous menons pour le moment sont principalement la participation à des évènements. Le mois de Septembre a été assez chargé !

Il y a eu Interlaced à Londres, organisé par le collectif Interlaced dont fait partie Noémie Balmat (@noemiebalmat). Ce fut un salon très intéressant puisqu’il était ouvert au grand public et a regroupé des pionniers de la mode, accès innovation textile, systèmes embarqués, wearables…

Ensuite, il y a eu Who’s Next, le salon de mode parisien avec une journée dédiée à la FashionTech. C’est Annick Jehanne, fondatrice de Hub Mode, qui a ouvert les portes de ce salon à l’association.

Le 13 Septembre, je me suis rendue au défilé FashionTech à Dublin pour présenter l’Ocean Dress, une robe lumineuse éco-responsable, parmi d’autres création des membres de l’association. C’est une robe alimentée par des panneaux solaires, soit une énergie propre, et faite à partir de matériaux de récupération (sachets plastique, filets de pêche, toile de patronage). C’est une robe que j’ai réalisé à la Paillasse, dans le cadre des rendez-vous TEXTILab chaque jeudi soir, en collaboration avec Fang Yang de Hall Couture & Valérie Marsaudon de Studio Maximars. Le message que nous avons voulu faire passer avec cette robe est qu’il est possible de combiner progrès, technologie et environnement.

Ocean Dress 2
Crédit photo : Marc Lamey (http://www.marclamey.com/) - Modèle : Ruby Soho (http://rubysoho.portfoliobox.fr/)

Du 18 au 20 septembre, il y a eu le Greenathon, organisé par WAIR avec Caroline Van Renterghem et en partenariat avec Alice Gras de Hall Couture et d’autres acteurs ainsi qu’en partenariat avec Smooth Wearables. En plus d’être partenariat média, j’ai été mentor pour aider les équipes à mettre en place leur projet. Cette initiative qui rassemble beaucoup d’acteurs de l’association est complètement dans l’optique de développement durable, des nouvelles technologies et d’une démarche sociétale différente. J’ai particulièrement aimé cet événement pour son côté hackathon et le matériel proposé qui était très riche. Mes coups de cœur sont pour les projets Smartglove, un gant clavier, et Jungle, une salopette réalisée par mes collaboratrices de l’Ocean Dress, Fang et Valérie, ainsi que Thomas et Emmanuelle, avec une mixité des matériaux intéressante (impression 3D, bio-plastique…).

Smartglove
Source : https://www.facebook.com/Fashion-Tech-Showroom-Paris-351798608346832/timeline/

Puis le 26 Septembre, il y a eu le FashionTech Showroom organisé Alice Gras et Claire Eliot, où j’ai exposé l’Ocean Dress avec mes collaboratrices et présenté mes créations et mon site. Encore une belle occasion de présenter les initiatives mode innovante, tech et éthique !

Salopette
Source : https://www.facebook.com/Fashion-Tech-Showroom-Paris-351798608346832/timeline

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En Octobre, nous avons été présents à la FashionWeek de Beijing et à la Maker Faire de Rome.

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Quel est ton avis sur la FashionTech ?

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Crédit photo : Romain Dona - Modèle : Alice Giordani

.Ayant un profil plus tech, je pense que ce n’est pas évident pour les milieux de la mode et de la technologie de communiquer : ce n’est peut-être pas bien vu dans la tech’ de faire de la mode et inversement mais les deux se rejoignent indéniablement en ce moment. Les personnes avec qui s’est montée l’association, sont vraiment dans cette optique de réunir les deux univers : de faire de l’innovation textile, de mettre en place de nouveaux process et pour cela il y a forcément besoin de personnes techniques. La FashionTech commence aujourd’hui mais va vraiment faire partie intégrante du futur.

En dehors de mes activités et des personnes avec lesquelles j’échange actuellement, la société est en train d’évoluer. La FashionTech est de moins en moins un marché de niche. Par exemple, Google avec le projet Jacquard, nous prépare le terrain ; ou encore Apple avec la Watch alors que les montres connectées existent depuis longtemps. D’une certaine manière, ils rendent la FashionTech accessible au grand public, ils attisent la curiosité des gens et nous allons forcément en profiter.


Beacon4Store

Beacon 4 Store, une plateforme de marketing de proximité !

Créée en 2011 par Christophe Verdier et Patrick Chatanay, la société Ezeeworld est une agence qui développe des solutions spécifiques innovantes sur le marché du marketing de proximité. Leur volonté est de simplifier l’accès aux technologies mobiles, particulièrement pour les magasins.

Quelle est la mission d’Ezeeworld ?

Ezeeworld était originellement une société de développement dans le monde de l’embarqué. Puis, au fur-et-à-mesure des années, nous nous sommes spécialisés dans le développement de logiciel à destination du retail. Nous voulions répondre à la problématique : Comment générer du contact à partir du smartphone, clairement rattaché à un humain, dans un point de vente ?

Grâce à notre plateforme BeaconForStore, qui est une plateforme logicielle complètement intégrée, nous pouvons créer des interactions et des nouveaux usages dans un point de vente. Cette plateforme repose sur la technologie Beacon, c’est-à-dire des boîtiers qui sont placés dans des lieux physiques et qui ont la particularité de pouvoir émettre un signal qui est reconnu par un smartphone, qui, quand il se situe à proximité peut générer une notification. A défaut d’envoyer une notification, il peut tout simplement compter le passage et récupérer cette information utilisable ultérieurement.

Cette plateforme de marketing de proximité invite finalement à notifier au bon moment, au bon endroit, le bon message à la bonne personne. Nous refusons de faire du spam. Ce que nous voulons c’est comprendre l’individu qui rentre dans le point de vente et lui diffuser un message qui correspond à son besoin. Nous sommes dans l’ultra contextualisation de messages en point de vente.

Filtres MC

Comment faites-vous pour offrir des messages si personnalisés ?

Pour arriver à personnaliser les messages, notre particularité est que nos SDK (Software Development Kit – lignes de codes mises dans les applications partenaires) ont la capacité d’analyser tout le parcours digital d’un mobinaute, c’est-à-dire comprendre son comportement de navigation et finalement son appétence, en se basant sur ses envies et son historique de navigation sur son téléphone. Nous allons être capables de corréler cela avec son parcours physique.

Concrètement quand l’utilisateur passe devant le beacon A, nous pouvons savoir quelles sont ses expériences de navigation dans l’application partenaire de l’enseigne pour lui envoyer un message qui lui correspond. Autrement, le client nous pousse des données CRM qui va nous permettre de proposer des contenus qui correspondent au profil du consommateur qui est devant le beacon.

Est-ce vous qui fabriquez les beacons ?
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Beacon rouge.
Notre particularité c’est que nous maîtrisons l’ensemble de la chaîne de valeur : à la fois la création du beacon mais aussi la suite logicielle qui permet d’interagir avec l’objet. Cet avantage fait partie de notre ADN. Maitriser l’objet, c’est avant tout pouvoir proposer des fonctions logicielles bien plus évoluées : sur la performance de l’information, le moment où l’on va envoyer le message, la sécurité du message envoyé, la mise à jour du parc déployé etc. Ainsi, nous pouvons répondre plus facilement aux différentes normes des entreprises. De plus, tout le design, l’électronique et l’assemblage se font en France. De même que 100% de nos équipes de développement sont à Paris.

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Quelles sont vos cibles ?

Avant tout, nous nous inscrivons dans la deuxième vie des applications.

Nos clients sont de plusieurs types :

  • Ceux ayant déjà développé une application : Ils ont beaucoup investi pour créer leur application et amener les utilisateurs à la télécharger. Ils sont dans une dynamique où ils ont besoin de faire vivre leurs applications, d’apporter un nouvel usage ou un nouveau service à leurs consommateurs.
  • Ceux qui ont de nombreux points de ventes : Ils sont soucieux d’amener de nouveaux usages en points de vente et de dynamiser le retail physique. Ils vont donc se servir du mobile pour parvenir à cet objectif-là.
  • Ceux qui ont à la fois le réseau de distribution et l’application correspondante : ce sont des distributeurs ou de grosses enseignes. Ils représentent la majorité de nos clients.

Nous rapprochons aussi des clients qui ont des points de vente mais sans applicatif, comme les Maisons de la Presse, de ceux qui ont des applications mais sans point de vente, comme les Editeurs de Presse. Leur collaboration permet que l’un prête son véhicule applicatif pour pouvoir créer des interactions quand le consommateur arrive dans le lieu physique.

Pouvez-vous nous citer quelques références clients ?

Justement, nous avons travaillé avec les Maisons de la Presse qui ont effectué un déploiement massif en s’équipant de plus de 5 000 beacons  et, qui avec des applications partenaires, créent des interactions pour générer des offres de proximité.

Nous travaillons beaucoup avec Vente Privée. Pour leur entité Vente Privée Le Pass, qui est leur plateforme de mise en relation de commerces de proximité et de leur audience Vente Privée, nous avons développé, en plus de la partie beacon, une partie applicative. Nous offrons la capacité à des petits commerçants de publier sur la plateforme Vente Privée Le Pass une offre exclusive à tous les clients mobiles Vente Privée. En plus, grâce aux beacons déposés dans chaque point de vente, cela va permettre à l’utilisateur qui passe à côté de réveiller son application et de lui notifier qu’il y a une vente exclusive qui se déroule à proximité.

LePass

Quelles sont vos perspectives de développement ?

Actuellement, nous sommes en pleine croissance surtout grâce à la partie beacon. Nous travaillons en permanence sur des travaux de R&D autour de cette technologie. Par exemple, nous sommes déjà compatibles avec Eddystone, qui est la norme Google autour de la technologie beacon ou encore avec l’Apple Watch. Nous développons  des objets particulièrement innovants qui vont permettre de démultiplier les usages en points de vente autour d’autres technologies complémentaires reliés à l’Internet des Objets autour de LoRa. Nous allons pouvoir créer des maillages de beacons qui vont nous permettre d’aller plus loin dans la proposition de valeur en points de vente. La R&D fait partie de notre ADN, nous sommes très attentifs à garder cette longueur d’avance qui nous définit. Nous avons déposé plusieurs brevets : Ce sont plusieurs brevets déposés autour de technologies de détections du signal, de sécurisation, pour les mises à jour des beacons…

Sur la partie commerciale, nous venons d’ouvrir un bureau en Californie. Le marché est largement mûr et les distributeurs sont totalement aguerris sur la thématique du beacon.

Comment pressentez-vous l’évolution  du marché ?

Nous sommes dans un marché où le commerce physique a plus que jamais besoin d’exister. Bien que le e-commerce et le m-commerce se développent, nous sommes de plus en plus attachés à la contextualisation du message et la valorisation du client.

L’enjeu pour les enseignes aujourd’hui est de comprendre le client le plus possible et de lui proposer rapidement un message qui correspond à son besoin. Bien sûr, Ezeeworld ne détient pas 100% des réponses mais nous avons de nombreux outils pour y contribuer.

Aujourd’hui, tous les acteurs de la distribution sont en pleine mutation et s’orientent vers ces thématiques-là en cherchant des technologies pour y répondre. Le beacon est l’un de ses moyens et nous y croyons fortement.


Dialogue silencieux

Textiles et matières actives : l'innovation technopoétique

Portrait © Florence Bost.
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Florence Bost, designer textile, est spécialiste de l’intégration des nouvelles technologies  dans le textile. Sa démarche innovante et sensorielle s’inscrit dans les nouveaux usages qui démultiplient les possibilités d’utilisation du textile dans de nombreux domaines d’application.

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Comment procédez-vous ?

J’intègre de la technologie sur une base textile existante de manière physique et graphique.  Les éléments techniques doivent être lisibles par l’utilisateur. Il est primordial que l’utilisateur dépasse la technique pour entrer dans la matière et pour cela il faut la rendre transparente soit par la miniaturisation soit en l’intégrant graphiquement dans la conception. Sa présence prend alors tout son sens et se justifie par elle-même.

Papillon2A

Accentuez-vous plus sur l’aspect graphique ou l’aspect technologique ?

Le produit doit avoir sa propre identité graphique au-delà de l’aspect technologique. Il serait difficilement vendable dans le cas contraire. Les clients pourraient porter leur choix sur un autre tissu graphiquement plus intéressant. La technologie doit s’associer au tissu et non l’inverse. Jusqu’à présent la matière textile est essentiellement 2D. Aujourd’hui, les matières actives, les « smart textiles » permettent de créer une 3ème dimension et ouvrent de nouvelles explorations. Ces nouvelles dimensions qui sont souvent immatérielles donnent au textile de nouveaux territoires. C’est très important. Par exemple, un tissu olfactif n’est plus seulement 2D puisqu’il y a une présence au-delà de sa dimension physique. Ce rayonnement augmente son action et entre dans l’imaginaire. Nous voyons le même phénomène pour les leds ou les envois de données dans les vêtements connectés.

Quels sont les domaines de votre métier ?

Il y en a trois. Tout d’abord je développe de plus en plus un service via des passerelles créatives. C’est-à-dire que je me positionne en amont du développement produit par rapport à un cahier des charges prédéfini avec le client. J’apporte une réflexion sur de nouveaux concepts. Le résultat peut prendre la forme d’un cahier d’idées, comme un outil technique et un levier créatif qui décrit les prémisses d’une conception produit, ou d’une veille technologique qui analyse les produits existants, les procédés techniques, les découvertes scientifiques, les composants, les normes, les matières ou/et les matériaux.

Ensuite, je réalise des créations sur-mesure pour des agences événementielles, des boutiques ou des grands magasins comme le rideau lumineux conçu pour l’espace Lingerie du BHV Marais.

Enfin, j’ai un service « démonstrateur » ou prototypage. Lorsqu’un produit met en avant une avancée technologique, il peut se passer beaucoup de temps avant qu’il soit industrialisable.  Par exemple le projet de Faurecia sur l’hypovigilance en voiture ou  les jouets communicants pour France Telecom. Cette étape est indispensable pour les industriels. Elle leur permet d’évaluer les coûts techniques et humains à mettre en œuvre au sein de leur entreprise pour développer de nouvelles technologies. Elle permet aussi d’anticiper les aspects techniques, juridiques mais aussi les valeurs d’entreprise que ces nouveaux produits devront véhiculer.

Enfin - et pas des moindres - le démonstrateur est un formidable outil de communication et de motivation pour les équipes. Le prototypage révèle la capacité de mise en industrialisation.

démonstrateur © Sable Chaud
Le démonstrateur

Quelle vision avez-vous sur les avancées infinies de la technologie ?

La technologie doit rester un outil pour l’homme et non l’inverse ! Le bon sens est donc de mise pour éviter le technologie à tout prix. Souvent, elle n’est pas une finalité mais un passage, comme un révélateur ou un levier d’innovation. Elle permet de créer de nouvelles méthodes de travail et elle est directement liée à notre mode de pensée pour s’intégrer dans la société. Je pense que la technologie reflète notre relation aux autres, notre rapport au corps, notre vision de l’avenir, notre manière de fonctionner. Lorsque des problèmes techniques surviennent, je me suis rendue compte que la cause était le plus souvent liée à des soucis relationnels qui ont entraîné des erreurs de conception.

Dialogue au crépuscule
Dialogue au crépuscule

Quels sont vos projets à court terme ?

Mes projets de passerelles créatives me passionnent. Je suis ravie de voir qu’il y a un intérêt grandissant de la part des industriels et le domaine offre de très belles opportunités. Mon travail consiste souvent à regarder les choses sous un angle différent et il m’est arrivé plusieurs fois de participer à une conception produit qui, au final, ne contient aucune technologie.

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D’où vient l’appellation « Sable Chaud » ?

Je voulais associer à mon travail une marque olfactive, un appel à l’imaginaire. Le sable a des capacités de transformation incroyables : entre souplesse et rigidité, micro et macro, grain épars et vaste étendue compacte. L’expression m’est apparue comme une évidence car c’est le point de départ d’un voyage onirique, d’une évasion sensorielle. Il est à la fois sérieux et intrigant, il est intimement lié à la matière. Et le sable est une source d’inspiration illimitée.

Un grand merci Florence !

Sable Chaud est disponible sur son site Internet : http://www.sablechaud.eu. Actuellement, en refonte, vous pouvez retrouver toutes les informations principales sur : http://www.ancien.sablechaud.eu.


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Popmyday : l'Uber de la beauté !

Lancée en Octobre 2014, l’application Popmyday révolutionne les services beauté et bien-être. Implantée sur Paris, la start-up a reçu le Prix du Meilleur Potentiel de l’Incubateur HEC. Derrière cette initiative, deux jeunes entrepreneurs dynamiques : rencontre avec ses fondateurs Morgane L’Hostis et Charles Berenguer.

Comment vous est venue l’idée de Popmyday ?

Morgane : Pendant mes études à HEC Paris (dans le master Entrepreneur), j’ai effectué une césure dans la Silicon Valley où j’ai découvert l’effervescence pour le numérique et qui m’a conforté dans mon choix d’entreprendre. En 2012, j’ai effectué un stage chez Airbnb alors que ce n’était encore qu’une start-up. J’ai donc appris comment mettre en place et faire fonctionner une marketplace. Je me suis demandé dans quels secteurs il n’y avait pas eu de services de réservation, une rupture comme Uber avait pu en provoquer. Je me suis aperçue que dans le secteur de la beauté il n’y avait aucune application mobile : pas un simple service de réductions mais une vraie application qui permette de réserver où l’on veut, quand on veut et qui propose un service de qualité.

Charles : J’ai une formation d’ingénieur en informatique. Pendant mon Master à HEC, j’ai rencontré Morgane. Par hasard, j’avais travaillé sur un cas d’école sur l’analyse du secteur de la beauté et j’ai réalisé que c’était un marché gigantesque dans laquelle la France était légitime avec des groupes comme L’Oréal ou Yves Saint Laurent. Lors d’un hackathon* organisé par l’Oréal à l’école 42 nous devions répondre à comment révolutionner le lien entre les coiffeurs et leurs clients. Nous avons développé une version bêta de l’application qui rapprocherait les clients et des professionnels de la beauté, recrutés au préalable. Nous avons remporté le premier prix qui nous a permis d’être incubé pendant un mois chez l’Oréal où des experts nous ont conseillés.

*Hackathon : Mix entre Hack et Marathon, cet évènement est une compétition de développement informatique. Des profils commerciaux et ingénieurs sont regroupés pour mettre au point la maquette d’un produit qui répond à une problématique et le présenter devant un jury.

Comment sélectionnez-vous les prestataires ?

Chez nous les prestataires s’appellent les Popartistes. En moyenne, nous recrutons un popartiste sur 10 postulants. La sélection se déroule en plusieurs étapes, tri sur CV suivi de plusieurs entretiens et de plusieurs essais.

Contrairement à des marketplaces, nous avons une forte sélection à l’entrée des prestataires car nous exigeons une vraie qualité dans les services rendus.

Popmyday-app4

Les médias vous ont attribué le nom de « Uber de la beauté », que pensez-vous de l’ubérisation de l’économie ?

Le terme « ubérisation » est souvent employé mais sans être réellement défini.

Du point de vue de l’offre, l’ubérisation c’est la montée des freelances dans l’économie grâce à des applications mobiles qui les connectent en temps réel à des potentiels clients. Du point de vue de la demande, l’ubérisation c’est la généralisation des services à la demande. De ce point de vue là, Popmyday se différencie légèrement d’Uber car nous ne fonctionnons pas qu’en instantané, il est possible de prendre rendez-vous jusqu’à 3 semaines à l’avance.

L’uberisation en cours va rapidement nous obliger à repenser notre modèle économique et social pour adapter nos lois, notre protection sociale à cette nouvelle forme de travail, plus souple, plus flexible mais aussi plus précaire d’un certain point de vue.

Le secteur de la beauté n’est qu’aux prémices de la transformation digitale. Il y a encore beaucoup de choses à faire. Nous sommes passés des Pages Jaunes qui listaient les instituts de beauté à des sites permettant de prendre rendez-vous en ligne. La troisième étape, c’est Popmyday, l’institut de beauté mobile et connecté qui n’a pas de murs.

Quelles sont vos perspectives de développement ?

Il y a deux axes de développement qui s’offrent à nous :

  • Développer de nouveaux services. Suite à un sondage Facebook, nous avons interrogé nos clients sur les nouveaux services qu’ils aimeraient voir et c’est pour cela que nous allons ajouter prochainement du coaching sportif et du yoga.
  • Etendre notre zone géographique. Actuellement nous sommes implantés sur Paris où il y a déjà une demande importante. Par la suite, nous aimerions nous développer vers une autre ville en France ou en Europe.

Quelle est votre cible ?

Nous ciblons majoritairement les femmes mais nous invitons aussi les hommes à utiliser Popmyday. Il y a deux segments  de clients :

  • Les femmes actives qui apprécient la flexibilité  de notre service : nos horaires s’étendent de 7H à 21H, 7 jours sur 7.
  • Les femmes enceintes ou les mamans qui sont à la recherche du confort : elles peuvent bénéficier d’un soin à domicile sans se préoccuper de faire garder leurs enfants.

A quels challenges avez-vous été Popmyday-app-3confronté lors du développement de l’application ?

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Aujourd’hui presque tous les outils nécessaires sont déjà existants quand on veut créer quelque chose. Par exemple pour faire un site de e-commerce, on peut facilement s’inspirer de ce qui existe et s’entourer de prestataires qui savent comment faire. Pour Popmyday, nous avons dû construire à partir d’une page blanche « Comment trouver pour un client un coiffeur à proximité en moins de 10 minutes ? ». C’est un service notateur et risqué surtout quand on propose un service de réservation instantané, tout doit être parfait. C’est un challenge au quotidien.

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 Quel est votre avis sur la FashionTech ?

Morgane : Pour moi, c’est un ultime exemple que le monde digital va toucher tous les secteurs. Les vêtements connectés et les accessoires parviendront à séduire quand ils allieront l’esthétique et la technologie.

Charles : Selon moi, la beauté et le textile sont déjà en retard, la FashionTech est un phénomène inévitable. J’observe deux tendances : la première est une révolution qui met fin à la surconsommation et la deuxième est que nous entrons dans une nouvelle logique de conception du textile. Pour le moment on ajoute de l’intelligence à un objet mais la vraie réflexion devrait se tourner sur comment on peut modifier la nature de l’objet : faire des tissus intachables, qui ne s’abiment pas, certains scientifiques s’intéressent au biomimétisme, c’est-à-dire observer la nature pour comprendre son fonctionnement et ensuite copier ses mécanismes à d’autres domaines comme le textile par exemple.


Les Cachotières

LES CACHOTIÈRES, le site des Princesses 2.0

Agathe  a toujours eu en tête de créer son entreprise. Suite à des études en mode et marketing et après une expérience professionnelle en tant que Chef de Produits dans des marques de prêt-à-porter féminin de renom, à 28 ans, Agathe Cuvelier s’est lancée dans l’aventure de entrepreneuriat. Elle a créé Les Cachotières, un site de location de robes de soirée haut de gamme entre particuliers.

Agathe Cuvelier

Comment vous est venue cette idée des Cachotières ?

J’ai toujours voulu créer mon entreprise. Je suis diplômée d’Esmod et de ModSpé et je voulais créer ma propre marque de vêtement. Mais ça me paraissait très compliqué, les marchés étant saturés. J’ai expérimenté ce moment où je n’avais pas la tenue adaptée à l’événement auquel je devais aller et où j’aurais bien eu besoin d’une robe uniquement pour l’occasion. L’idée a germé, j’ai préparé un dossier l’an dernier pour être intégrée dans l’incubateur d’Euratechnologies à Lille. Il a été accepté, j’ai démissionné en août, j’ai intégré l’incubateur en novembre et j’ai lancé mon premier site test en février.

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En quoi consiste le concept ?

J’aimerais préciser qu’au-delà d’un site ou d’une marque, Les Cachotières c’est avant tout un état d’esprit. Le concept permet de consommer la mode de manière tout à fait différente puisqu’on ne la possède plus. C’est un nouveau tournant.

En plus de location de robes, j’ai créé des partenariats avec des créateurs qui déposent au show-room des accessoires pour agrémenter les tenues. Les clientes ont la possibilité de louer ou d’acheter leurs accessoires.

Quel est votre cœur de cible ?

Je vise la tranche d’âge 25-35 ans. Les jeunes femmes actives qui s’installent dans leur vie personnelle et leur vie professionnelle, qui ont de nombreuses occasions de devoir être bien habillées sans avoir le temps de faire les magasins et qui ne souhaitent pas remettre la même tenue plusieurs fois. Mais en réalité, la tranche d’âge des clientes est bien plus large, elle couvre les 18-60 ans.

D’où viennent les robes ?

J’ai deux sortes de clientes : celles qui m’envoient leurs robes pour que je les mette à disposition au showroom et prochainement sur le site. Ce sont des contrats de 3 mois et elles touchent une commission à chaque location. Et celles qui les louent pour un événement particulier. Nous fixons un rendez-vous dans mon show-room (en métropole lilloise ndlr) pour qu’elles puissent choisir et essayer la ou les robes qui les intéressent. Bientôt elles pourront les emprunter directement depuis la plateforme web.

Le prix de la location varie bien évidemment en fonction du modèle choisi, entre 35 et 60 euros, pressing inclus. Il y a une caution à verser pour éviter toute mauvaise surprise. La durée de location est comprise entre 4 jours et 1 semaine.

Comment avez-vous démarré ?

Tout est venu des réseaux sociaux. J’ai volontairement axé ma communication et ma stratégie sur cet effet communautaire. L’idée est de créer une émulation pour que chaque femme puisse participer. Le démarrage a été très rapide, j’ai reçu 100 robes en un mois. J’ai commencé en mettant les miennes puis d’autres ont suivi. Aujourd’hui j’en ai 150 que je trie chaque semaine.

Pour l’instant la majorité de mes clientes se trouvent à Lille et dans ses environs. Je reçois de plus en plus de demandes de Paris. A terme, l’idée est de pouvoir couvrir le plus large territoire possible.

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Quelle est votre actualité ?

Je suis en pleine recherche de financement. La phase de test depuis février est passée et est très concluante. Je vais donc pouvoir développer le site. Pour le moment, c’est plus une vitrine d’explication du concept. Demain, mon but est que tout se passe via le site : l’inscription, le renseignement des mensurations, le choix des robes. Je travaille avec Fitizzy pour permettre aux clientes d’intégrer leur passeport morphologique directement en ligne. J’élabore également ma stratégie logistique pour être capable de livrer les robes chez mes clientes à leur domicile ou sur leur lieu de travail et de les récupérer par le même transporteur pour leur éviter de les renvoyer elles-mêmes.

Comment vous voyez-vous dans 2-3 ans ?

Dans 2-3 ans, j’espère pouvoir faire travailler une dizaine de personnes, couvrir le marché français et pourquoi pas européen.

Un grand merci Agathe !


Alain-Benssouan-Avocats

Fashiontech's world - Connaissez-vous vos droits ?

Modelab conscient de l’importance du droit dans le domaine de la Fashiontech comme dans tout secteur d’activité est allé à la rencontre de Naïma Alahyane Rogeon avocate et directrice du secteur design et création au sein du Cabinet Alain Benssoussan Avocats, cabinet dédié aux technologies avancées et ce depuis 1978.

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Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis avocate directrice du département design et création. J’exerce au sein du cabinet Alain Bensoussan qui est un cabinet spécialisé dans le droit des technologies avancées et qui dispose de 35 ans d’expertise dans ce domaine.
J’assiste les designers, les stylistes mais aussi des sociétés et fédérations du secteur des industries créatives (tout particulièrement dans le domaine de la mode & du design).

J’anime des conférences, des formations et rédige des articles dans la presse professionnelle et juridique.

J’interviens aussi en partenariat avec des incubateurs.

Cette année, je participe à la Fashion Tech Week qui aura lieu en septembre prochain.

Parlez-nous du droit des technologies avancées ?

Le droit informatique recouvre l’ensemble des dispositions légales, réglementaires et jurisprudentielles relatives aux technologies de l’information et de la communication.

Je travaille tout particulièrement sur les interactions entre la mode et les technologies d’un point de vue juridique. A titre d’exemple, j’interviens sur les problématiques juridiques que peuvent poser le prototypage virtuel, les tissus intelligents, les vêtements connectés, l’impression 3D en matière de mode …

Qu’entendez-vous par le prototypage virtuel ?

Je pense au design d’une robe faisant appel à la CAO 3D.

Sur des logiciels comme Lectra par exemple ?

Oui, c’est exactement ça ! Je m’interroge sur le type de problématiques juridiques auxquelles peut être confrontée une société qui met sur le marché ce type de logiciel ou un créateur qui souhaite commercialiser un vêtement ayant utilisé ce type de technologie.

J’interviens au niveau de la protection juridique de l’innovation, tel que par exemple les textiles intelligents.

J’accompagne également les professionnels de la mode sur un plan contractuel afin de leur proposer les contrats adaptés pour leur création innovante. Je pense tout particulièrement au contrat de partenariat entre créateurs, éditeurs et distributeurs de textiles intelligents.

Je travaille actuellement sur l'écosystème des objets connectés des acteurs de la mode et du design.

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Par exemple je suis un créateur qui créé un tissu innovant, comment pensez-vous m’accompagner ?

Dans un premier temps, je vérifie si l’innovation peut être protégée et comment assurer sa confidentialité.

Sur un plan contractuel, nous réfléchissons ensemble sur le type de contrat  (partenariat, distribution …) envisageable pour pouvoir mettre sur le marché l’ innovation en respectant ses caractéristiques.

J’aborde également la question sous l’angle de l’information du consommateur, puisque il ne s’agit pas d’un produit comme un autre.

Vous accompagnez votre client au niveau juridique de la création à la commercialisation de son produit ?

Exactement.

Au sein du cabinet nous travaillons en mode projet et sur un principe de collaboration avec nos clients.

Votre expertise pour le marché de la Fashiontech ?

J’accompagne notamment des acteurs qui projettent de mettre sur le marché des tissus et vêtements intelligents qui allient mode et technologie (smart textile, objets de mode connectés …).

Je me tiens informée des nouveautés technologiques grâce à des salons, des événements, par la presse spécialisée et par le biais d’échanges et de rencontres avec les professionnels du secteur.

Les acteurs de la mode sont véritablement pionniers au niveau du numérique. C’est un nouveau terrain de création. Les acteurs de la mode et du design sont conscients du potentiel du numérique sur un plan artistique et créatif.

Les innovations technologiques en matière de mode et de design permettent de pousser les frontières de ce marché. L’interaction joue dans les deux sens, les technologies permettent de s’implanter différemment sur le marché (service, produit…) mais ces nouvelles technologies permettent aussi de repenser le travail créatif.

Effectivement, par exemple Modelab a interviewé une créatrice Fashiontech qui crée un nouveau type de tissu en s’inspirant de l’obsolescence programmée des appareils photo.

Je pense également à l’utilisation de l’impression 3D dans le secteur de la mode.

Existe-t-il de nouvelles lois en la matière?

Non, il s’agit des règles existantes mais qui sont à appliquer à ces nouvelles technologies.

satellite©titimel35-Fotolia.com

En tant que professionnel :

Comment mon comportement est surveillé sur internet en tant que professionnel ? Car je connaissais un logiciel qui permettait justement de regarder ce que mes contacts professionnels sur les réseaux sociaux faisaient, avec qui ils interagissaient etc..

Des cookies peuvent exister sur les sites, mais des règles existent en la matière. L'accord des utilisateurs du site est nécessaire.

La finalité des cookies doit être indiquée et également l'information de l'utilisateur qu'il peut s'opposer à ce que ces cookies soient utilisés lorsqu'il navigue sur le site.

Ces cookies peuvent être revendus ? Concrètement, qu'est-ce que l'on va savoir sur les utilisateurs ?

Le cookie est un traceur permettant de récupérer les informations. Non, les informations ne peuvent pas être utilisées sans le consentement du titulaire des données.

D'accord, merci !  Comment bien protégé mon site d'’e-commerce ? (piratage, copie etc). L'année dernière je travaillais pour un site d’e-commerce et un site frauduleux a copié complètement le site, donc des données d'utilisateurs ont été volées…

À titre préventif, pour informer les tiers que vous disposez de droits de propriété intellectuelle, il est recommandé de prévoir une clause Propriété Intellectuelle prévoyant que vous êtes titulaire de ces droits sur votre site et qu'aucune utilisation des signes distinctifs, logos, marques ne peut être effectuée sans votre autorisation préalable.

S'il y a copie du site, il est possible de réfléchir à l'opportunité d'une action en contrefaçon et concurrence déloyale.

Que recouvre la notion de droit de propriété intellectuelle ?

La notion recouvre la Propriété Littéraire et artistique (droit d’auteur) et les droits de propriété industrielle constitués notamment des marques, dessins et modèles, brevets ...

Et un site internet peut-il faire l’objet d’un dépôt de marque ?

Le site internet peut être protégé par le droit d'auteur, mais la société qui exploite le site peut également déposer le nom de son site comme marque.

Data-Protection©Mathias-Rosenthal_Fotolia

En tant que Consommateur :

En tant que consommateur, comment je peux me protéger de toutes ces récoltes de données ? Faut-il que je n’accepte aucun cookie ?

Le consommateur a le choix, mais s'il refuse tous les cookies, il peut perdre des fonctionnalités proposées par le site. Il est recommandé de lire la politique cookies des sites afin de savoir si on souhaite ou non donner son accord.

Où se trouve cette page en général ?

Soit dans les mentions légales (ou notice légale) soit dans une rubrique spécifique appelée Cookies ou Politique cookies, mais le souci est que tous les sites ne disposent pas de ces documents.

Ne sont-ils pas obligatoires ?

Les sites doivent comporter ce type d’informations.

As-tu d’autres choses à rajouter ?

Je suis ravie qu’un webzine comme le vôtre existe car il permet de retracer l’actualité sur la Fashion Tech et donner la parole aux intervenants du domaine.


Grafitee-Homepage

GRAFITEE, la référence T-Shirt Graphique !

Depuis 2008, Grafitee explore le monde en quête de tee-shirts originaux, cools ou décalés. D’abord sous la forme d’un blog, Grafitee opère aujourd’hui sa petite révolution en lançant sa place de marché exclusivement réservée aux labels de t-shirts indépendants ! Découvrez l’histoire de ces Gurus du T-shirt, avec Damien, l’un de ses fondateurs…

Comment est né GRAFITEE ?

L’histoire a démarré en 2008 avec un blog sur les tee-shirts créé par Garry POUPIN. L’idée était de faire découvrir différentes marques aux concepts originaux et créatifs qui existent à travers le monde. Pourquoi le T-shirt ? Parce que c’est le produit textile le plus vendu dans le monde (plusieurs milliards chaque année…) et que c’est un support qui permet une rotation permanente en matière créativité artistique.

Aujourd’hui, 4 personnes composent le noyau dur de l’équipe et un cercle d’une dizaine de personnes gravitent autour du projet pour des collaborations, du rédactionnel, etc. A partir du blog, une nouvelle idée est née : la création d’une place de marché dédiée aux marques indépendantes de tee-shirts. Le projet a mûri pendant 3 ans pour aujourd’hui proposer une plateforme de qualité, qui regroupe à peu près tous les styles qu’on peut trouver (Geek / Streetwear / Trendance / Lettrage…).

Pourquoi avoir attendu 3 ans pour vous lancer ?

Grafitee Responsive

Pendant ce temps de maturation, nous avons beaucoup réfléchi au positionnement du projet et à l’ergonomie de la plate-forme. Nous avons voulu orienté la place de marché autour de 3 valeurs centrales : l’originalité, la qualité et la simplicité. Pour cela, le site a été entièrement réalisé en Responsive Design (l’interface s’adapte aux différents environnements) et en Speed Checkout (le client peut passer une commande sans créer de compte, le tout en moins d’une minute).

Pour garantir la fluidité et la simplicité d’utilisation, nous avons déployé plusieurs filtres de recherche avancés comme le tri par taille, par genre, par type, par couleur, par thème, par pays, par prix, etc. Nos fiches de produits sont ultra-détaillées avec des photos prises par nos soins, la mention de l’artiste qui a réalisé le visuel, et toutes les informations relatives aux matières, aux coupes, au pays de provenance etc. L’e-shop est également multilingue et le paiement en est disponible en 7 devises.

Comment sélectionnez-vous les marques ?

Nous choisissons les marques selon des critères qualitatifs précis : la créativité, l’éthique, l’authenticité. Il faut que ce soit de (vraies) marques indépendantes, qui ont déjà une certaine expérience (…) et qui sont capables d’expédier à l’international. Condition sine qua non pour travailler avec nous.

Pour l’ouverture de la marketplace, nous avons fédGrafitee-Brandséré une première tranche d’une centaine de marques, dans une vingtaine de pays. Certaines griffes sont déjà connues - comme Shaman et Wasted Paris en France, MNKR et Ambitious Collective aux États-Unis ou Daydream Supply et Funkrush au Royaume-Uni (…) - et d’autres sont de jeunes pousses qui ne demandent qu’à être découvertes, comme Californie Française, DRX Legend, Northbeach, Veni Vedi Vici ou encore Natri. Leur point commun : passion, audace et talent. Notre objectif est ainsi de proposer une offre à la fois large et sélective, plutôt middle range…

Quel est votre business-model ?

Aujourd’hui, le site est composé de la place de marché, d’un magazine sur la culture urbaine en générale et d’un blog plutôt dédié aux coulisses du projet. Finalement, nous voulons surtout construire « Un Temple du Cool » et nous projetons également de lancer notre propre marque à terme. Nous allons enfin élargir notre offre sur d’autres produits comme des accessoires ou des produits personnalisés, tout en conservant le Tee-shirt comme élément central.

Du côté pratique, tout se passe en Drop-Shipping, c’est-à-dire que les marques expédient directement leurs produits aux clients en contrepartie d’une commission sur vente. Nous ne sommes donc qu’intermédiaires de vente. En parallèle à la marketplace, nous continuons à développer le Magazine pour asseoir notre rôle d’ambassadeur médiatique. Nous avons également des perspectives de lancement sur différents types de médias (dont un volet sonore en préparation). En synthèse, nous sommes ce qu’on appelle une « Marque-Média », avec des leviers de croissance divers et variés.

Grafitee - Lettering Sessions - 1st Round from Grafitee on Vimeo.

Quel est votre avis sur la FashionTech ?

L’aspect de la FashionTech que je connais le mieux est celui de la chaîne de fabrication et de distribution. Je pense qu’il va y avoir un retour à des circuits de distribution courts et à des marques nationales. En France, on le constate déjà avec de belles initiatives de re-localisation dans le slip, le jean, ou encore les chaussettes, bien que les produits proposés restent encore chers pour des basiques…

La Fast Fashion commence clairement à atteindre ses limites : il commence à y avoir une prise de conscience collective sur le fonctionnement de l’industrie textile et la notion d’ « habillement responsable » émerge de plus en plus. La France étant l’un des pays pionniers du textile (200 ans d’histoire et premier exportateur mondial pendant des années), il me semble absolument vital de conserver nos savoir-faire, d’autant qu’il est déjà impossible de préserver la totalité de l’emploi. La perte du savoir-faire est la dernière limite à ne pas franchir. C’est un point de non-retour.


Awanga

AWANGA, le e-shop de la mode meilleure !

AWANGA c'est la boutique en ligne de la mode meilleure. Ce site d'e-commerce propose une sélection de marques de mode respectueuses et avant tout stylées. AWANGA, inspiré du mot Maori āwangawanga qui signifie préoccupé-concerné, traduit bien l’état d’esprit de cet acteur Fashion Tech.

Comment est né AWANGA ?

L’aventure a démarré suite à un préjugé que l'on a identifié : la mode respectueuse serait incompatible avec le style. Jusqu’à maintenant, cela évoquait des produits type ponchos péruviens, de couleur verte, qui appelaient à la non-consommation, des sites de ventes qui ne mettaient pas en avant les produits etc. Aujourd’hui, il existe des dizaines de marques respectueuses et super stylées mais elles restent inconnues et mal distribuées. Avec AWANGA, le but est permettre de découvrir plus facilement les marques de mode respectueuse et de rendre leur offre compréhensible et sexy afin qu'elles s’adressent à un plus large public.

Nous sommes deux associés fondateurs : Adrien qui s’occupe du développement technique, des partenariats avec les bloggeuses et de la partie happiness - satisfaction client et moi-même, Benoît, qui suis en charge de la partie commerciale et marketing. Ariane a également rejoint notre équipe, elle s’occupe de l’aspect rédactionnel, du design du site et des interviews avec les marques. Nous avons lancé notre e-shop à la fin du mois de mai de cette année et nous préparons de nombreux projets pour la rentrée.

Pour vous, qu’est-ce que la mode responsable ?

Nous préférons parler de mode meilleure plutôt que de mode responsable. D’ailleurs, notre slogan est « Better Clothing ».

Mais meilleure pour qui ?

  • Les clients : pour leur santé et leur peau
  • Les personnes participant à la fabrication des produits
  • La planète

Quels sont vos critères de sélection des marques ?

Nous mettons en avant sur Awanga uniquement les marques qui correspondent à nos critères. Ces marques assurent une traçabilité de leurs produits avec à l'appui des certifications…
Il y a déjà une quarantaine de marques présentes sur Awanga, mais on a signé avec beaucoup d'autres qui arrivent très bientôt sur la plateforme.

Nous avons définis 7 standards qui sont des points de repère pour le client qui lui permettent d'identifier en un clin d’œil en quoi les produits sont meilleurs :

Standards Awanga

  • Made In France : La France étant l’un des pays aux normes sociales et environnementales parmi les plus respectueuses du monde.
  • Eco-friendly : C’est la garantie d’un impact environnemental minime avec des process écologiques qui visent à mieux utiliser les ressources et l’énergie.
  • Coton bio : Le coton biologique est doux et respectueux pour la peau. C’est une matière sans additifs chimiques ni toxiques qui respecte la santé et la planète.
  • Second Skin : Des vêtements « deuxième peau » qui garantissent qu’aucun résidu de produits toxiques ou allergènes ne viennent mettre en danger la peau.
  • Made In Vieille Europe : Rigoureuse sur les normes, la Vieille Europe offre des productions respectueuses de son environnement et de ses travailleurs.
  • Second life : Des matières recyclées sont utilisées dans la conception.
  • Fait-Main avec Respect : C’est la mise en valeur de l’artisanat, les produits sont réalisés à partir d’un savoir-faire unique et dans les meilleures conditions.

Comment expliquer cette plus forte sensibilité de la part des consommateurs pour une mode meilleure ?

Les retours que nous avons sont : « un site comme ça, ça manquait », « cela n’existait pas ». Il y avait une demande de la part des consommateurs mais pas d’offre correspondante. Aujourd’hui, d’un point de vue général, le consommateur moderne est curieux. Il s’intéresse aux procédés de fabrication (qui fabrique ? dans quelles conditions? quelles matières sont utilisées ?) dans plusieurs secteurs que ce soit l’alimentation, les cosmétiques et désormais également la mode. Le drame du Rana Plaza a malheureusement été un élément déclencheur pour de nombreux acteurs. Aujourd’hui, les consommateurs sont connectés et désirent tout savoir. Ils veulent de la transparence et les outils digitaux les ont habitués à tout savoir sur tout en quelques clics. L’industrie textile, encore très opaque, doit s’adapter : la mode du futur sera transparente, il y a aura une obligation de dire ce qu’il y a derrière les produits. Et d'adapter la production en conséquence.

Awanguys

Quelles sont vos perspectives de développement ?

Nous cherchons à gagner en notoriété. Pour la rentrée, nous avons préparé plusieurs projets sympas, des partenariats avec des bloggeuses, des surprises qui arrivent…

Nous souhaitons élargir notre offre et nous sommes en contact avec toujours plus de marques respectueuses pour pouvoir les distribuer sur Awanga.

Enfin, nous aimerions élargir notre communauté #Awanguys pour continuer de faire vivre notre concept de la mode meilleure et ainsi poursuivre notre mission qui est de faire de la mode respectueuse la norme de toute l'industrie !

 


Pixglass

Pixglass, le miroir photographique connecté

D'après une étude réalisée par le magazine belge Gondola, "46% des consommateurs connectés souhaitent avoir des miroirs connectés pour des essais sur point de vente et recevoir des offres personnalisées".  Grâce à Pixglass, le miroir photographique connecté c'est aujourd'hui possible.

Concept Pixglass

Comment est né Pixglass ?

Pixglass est une histoire franco-belge qui est née il y a un peu plus d’un an. C’est la rencontre d’un entrepreneur Belge, Frédéric Dubois, actif dans le domaine des nouvelles technologies depuis plus de 15 ans et d’un ancien ingénieur de chez Dassault System, Stéphane Gosset qui a développé et breveté le concept de Pixglass : un boitier avec une caméra qui se place derrière un miroir sans tain et qui permet via une tablette (iPad ou Android) de pouvoir prendre des photos ou des vidéos. A partir du moment où l’on peut se prendre en photo on offre la possibilité aux utilisateurs de pouvoir partager ces photos directement sur les réseaux sociaux notamment sur Facebook, Twitter, Instagram. Aujourd’hui il existe plein d’écrans interactifs, mais nous nous voulons être au plus proche de la réalité et c’est pour cela que nous avons choisi un miroir qui est un objet familier.

A la base, nous sommes 3 entrepreneurs avec tous les trois des expériences passées dans l’entrepreneuriat dans différents secteurs high-tech. C’est un domaine que nous connaissons bien et nous offrons la possibilité d’utiliser ces technologies (QR code, RFID, NFC…) que l’on peut dériver facilement dans un miroir. Notre structure est implantée en Belgique où nous pouvons tester les concepts et démarrer des projets pilotes avec différents profils de clients. Notre développeur produit est resté en France et s’occupe des améliorations techniques tandis que notre service commercial teste, valide, produit et commercialise le produit au niveau mondial. Nos marchés de prédilections sont la France, la Belgique, l’Italie et les USA puisque ce sont là les principaux marchés qui nous intéressent. On constate énormément de réactivité de la part du marché et une demande claire.

Quels secteurs d’activités sont concernés ?

Notre offre est orientée vers plusieurs applications et plusieurs segments.

Nous avons 3 produits différents : un miroir essentiellement pour de l’évènementiel, un miroir orienté secteur cosmétique/mode et un miroir orienté Retail en général pour des animations produits dans la grande distribution. Nous proposons 3 formats standards mais qui peuvent ensuite être totalement personnalisés : la taille est variable, l’habillage peut être fait sur-mesure (miroirs suspendus, make-up bar…).

Concernant la partie mode/optique, on constate qu’il y a une base installée de miroirs dans les magasins et notre objectif est de les remplacer progressivement par des miroirs connectés.

  • Pour le secteur de la mode, Pixglass est un outil d’aide à l’achat pour les clients qui se trouvent dans le magasin. Le miroir est un support externe aux cabines d’essayage car nous ne voulons pas être intrusifs. Le client essaye différents articles (vêtements, accessoires) et va pouvoir se prendre en photo près des cabines. Ensuite, il pourra partager en direct ses essayages avec ses amis, sa famille et puis valider son choix à travers les réseaux sociaux.Make-up Bar
  • Le secteur de l’optique et de la vente de chaussures sont aussi intéressés par notre concept. Nous travaillons sur des projets pilotes avec plusieurs grandes chaînes qui verront le jour en fin d’année.
  • Le secteur des cosmétiques est également concerné. C’est un secteur très enclin à l’utilisation de miroirs et qui cherche des innovations qui concordent avec la digitalisation des points de vente. Nous travaillons par exemple sur un projet pilote de face make-up, c’est-à-dire qu’une cliente va pouvoir se photographier avant et après une séance de maquillage pour la partager sur les réseaux sociaux. Il y a également un mode vidéo qui là va permettre de filmer la séance où une esthéticienne assiste la cliente et cette dernière pourra s’envoyer par email ou partager sur les réseaux sociaux ce tutoring.

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Quelles fonctionnalités sont disponibles ?

Interface PixglassUne fois les miroirs installés, nous proposons à nos clients d’utiliser une plateforme SAS (Sofware As a Service), une interface web sur laquelle le client peut lui-même configurer les applications qu’il souhaite mettre en place. C’est un produit simple, à la fois hardware et software tout à fait en ligne avec l’ère du phygital.

Pour les magasins qui souhaitent mieux connaître leurs clients, le miroir permet premièrement d’identifier les clients, de récolter leurs coordonnées et donc de développer son programme de fidélisation puis deuxièmement de calculer le taux de fréquentation, la localisation du client dans le magasin et d’analyser pourquoi le client n’achète pas le produit. Par exemple, pour certains produits c’est la taille qui n’est pas adaptée donc avec le miroir le client va pouvoir le signaler et le magasin pourra réorganiser son merchandising.

Il y a également un extranet disponible pour pouvoir consulter et monitorer les miroirs à distance. Ainsi, il y a des statistiques claires sur la fréquentation et le taux d’utilisation des miroirs.

Quelles sont vos perspectives de développement ?

Nos perspectives sont à la fois en terme de produit et en terme d’internationalisation. Il est évident que nous sommes sur un marché international. Nous développons petit à petit de nouvelles versions, qui soient plus ergonomiques, qui permettent plus d’interactivité avec le miroir. Par exemple, nous avons un magasin dont les clients possèdent une carte de fidélité avec un capteur NFC (puce sans contact intégrée dans la carte) et donc le fait de flagger vers le miroir permet une reconnaissance automatique du porteur de carte. Ce sont des technologies qui facilitent la vie et la rapidité dans les magasins. Par la suite, nous pourrions proposer des miroirs parlants ou des vitrines photographiques connectées.

Dans un second temps, nous aimerions arriver à développer une offre pour les particuliers. Par exemple pour le Face Make-Up, il est clair que les clientes qui ont enregistré en vidéo une séance de maquillage seront contentes d’avoir dans leur salle de bain un miroir qui diffuse la vidéo. Il est clair qu’il y a un marché à développer mais cependant c’est une volonté de notre part d’éviter le côté intrusif.

Quelles précautions sont prises d’un point de vue sécurité ?

Nous sommes très attentifs à la CNIL et à la condition de la vie privée. Déjà, notre application est sécurisée : les photos ne peuvent pas être déclenchées n’importe où ni n’importe comment seulement via un réseau Wifi et par le client lui même. Notre volonté est de protéger la vie privée. Nous ne conservons aucune photo sur nos serveurs : elles sont automatiquement supprimées.

Quel est votre avis sur la FashionTech ?

La FashionTech m’évoque surtout la digitalisation des points de vente. C’est le challenge du moment. Dans le secteur de la mode, le parcours d’achat est différent : il y a la prévente qui se passe sur Internet, les magasins permettent de tester et de valider les choix effectués avec des vendeurs qui sont avant tout là pour conseiller puis le service après-vente aux conseils beaucoup plus personnalisés. La question essentielle que beaucoup de marketers se posent dans le secteur c’est : quelles technologies choisir ? Comment différencier les inventions gadgets de celles qui sont viables sur le long terme ? Il faut donc identifier les technologies qui perdureront demain dans les points de vente et qui permettront d’aider à l’achat. Beaucoup de marketers doivent faire appel à des prestataires externes et à des spécialistes de la technologie pour pouvoir les aider à monter de tels projets. Ces derniers sont relativement complexes puisqu’ils demandent de combiner à la fois du physique, du digital et de l’humain.

Avec Pixglass, nous avons réussi à créer un concept unique qui permet une interactivité entre, un consommateur, une marque, un produit, un point de vente et le tout en temps réel avec un partage sur les réseaux sociaux.


L'IFM START : le programme axé Mode et Start-up

L’IFM, l’Institut Français de la Mode, a été créé en 1986, à une époque où l’industrie textile/mode faisait face à de gros  changements (délocalisation, poussée de la distribution organisée…). Pour faire face à ces problématiques de management, des professionnels, des  fédérations, des grandes écoles ont créé cette école qui accompagne le talent créatif et permet de développer une activité où le management « se plie » au désir du créatif.
L’IFM accueille environ 90 étudiants par an, dans son programme de management et a développé pour Septembre un nouveau programme qui met en avant l’entrepreneuriat : IFM START.

Rencontre avec Franck Delpal, Responsable de ce programme.

Franck Delpal

En quoi consiste le programme IFM START ?

C’est un programme post-graduate (après un bac +3 ou +4), qui va permettre de se spécialiser. L’idée c’est de comprendre les spécificités du secteur de la mode et de placer les étudiants dans une logique de professionnalisation. Nous voulons montrer qu’il ne suffit pas seulement de créer mais qu’il faut que la création soit soutenable en termes industriels et commerciaux. Il s’adresse à tous ceux qui souhaitent entreprendre dans les industries créatives et les services innovants liés à la mode, au luxe, aux cosmétiques, aux designs, à l’art de vivre…

Il intervient en amont du parcours entrepreneurial. Chaque participant aura un suivi individualisé. Il arrive avec son insatisfaction, ses bribes d’idées et va développer son projet en cours d’année avec l’aide de mentors, de professionnels, d’experts qui vont l’aider à concrétiser ce projet-là en apportant les bonnes compétences et connaissances sur le secteur et apporter un appui dont il va avoir besoin pour se lancer.

Ainsi, pour Septembre, nous allons partir sur une promotion pilote de 10 étudiants.

Quel sera son contenu ?

Programme IFM

L’année s’articulera autour des différents modules :

  • Les apports fondamentaux IFM, qui sont autour du marketing, de la culture mode et du luxe, la distribution…
  • Les cours spécifiques START pour valoriser l’entrepreneuriat et la créativité. Par ailleurs, le corps professoral de l’IFM est constitué de professionnels qui viennent pour transmettre les notions-clés et des savoir-faire acquis via leur carrière dans le privé. Cela permet de raccorder les pratiques réelles du secteur et de se tenir au fait de ce qu’il se passe dans les entreprises.
  • La mission Start-up : Nous sommes partis du constat que pour les étudiants, faire un stage en fin d’année ne répondait pas à l’objectif de lancer son activité. La mission Start-up, qui se déroulera au milieu de l’année, va donc permettre de prendre en compte la réalité de l’entrepreneuriat et de nourrir son projet. Cela va être un processus de sélection réciproque entre des start-ups qui ont envie d’accueillir des étudiants de l’IFM dans le but de faire évoluer leurs missions et les besoins des étudiants qui sont à la recherche de compétences pour leurs projets personnels.
  • Des ateliers collaboratifs en partenariats avec d’autres écoles comme la London College of Fashion ou l’École 42.
    Par exemple, pour l’École 42, le constat est qu’aujourd’hui entreprendre dans les industries créatives au sens large nécessite une composante digitale. Ce partenariat va permettre d’apprendre le langage de l’autre, que nos étudiants aient des notions de codage et pourquoi pas qu’ils trouvent un binôme pour concrétiser leur projet.

Chacun reste dans son cœur de métier. L’idée est que des projets innovants puissent voir le jour avec des compétences croisées.

Comme vous le disiez c’est une année pilote mais quelle est votre vision à long terme ?

Nous aimerions que le programme puisse faire ses preuves et pouvoir compter parmi nos anciens de nouvelles pousses. Le but n’est pas forcément d’accueillir plus d’élèves car cela demande du temps pour coacher, mentorer, il faut que ça reste à dimension humaine et que l’on puisse suivre chacun individuellement. L’idée est de faire pousser une nouvelle génération et de porter les succès de demain. Par exemple, des cofondateurs de Place des tendances ou de Vestiaire Collective sont sortis de l’IFM. Pour cela je pense qu’il faut croiser les compétences, par exemple l’équipe de Vestiaire Collective n’est pas 100% IFM. Notre force c'est de pouvoir nous entourer de personnes aux compétences variées pour créer de nouvelles activités qui exigent à la fois de la polyvalence et de l’expertise. Finalement, nous devons multiplier les partenariats pour trouver des compléments naturels qui feront que tout se passera bien.

En vous plaçant en ante-création, ne souhaitez-vous pas à terme créer un incubateur ?

DocksNous ne ferons pas un incubateur, premièrement parce que nous n’en avons pas la place. D’autre part, je dirais que ce n’est pas notre métier. Nous sommes plus intéressés par nous positionner dans l’écosystème existant et de ne pas rajouter une énième structure. A Paris, il y a des structures prêtes à accueillir des projets modes comme Creative Valley, Paris & Co, 104Factory, La Paillasse…

Après de notre point de vue, c’est vrai qu’il existe 3 moments-clés dans la création : cette phase en amont où on est au stade de la réflexion qui correspond à IFM START et pour lequel nous allons définir la bonne stratégie, rentrer dans les bons réseaux, mentorer le projet pour qu’il fasse ses preuves…

Puis nous avons aussi un autre programme qui s’appelle l’IFM LABELS, qui correspond plus à des marques d’ores et déjà établies, présentes à l’internationale, qui ont des échos dans la presse.

Mais entre les deux : entre l’amorce du projet et le début de reconnaissance, il y a besoin à combler. Ce sont des gens qui se sont lancés il y a 6 mois, un an et qui ont besoin de passer la 2ème vitesse. Notre réponse à terme sera d’ouvrir IFM START à ces gens-là. Le programme sera un peu plus « light » avec certains modules ouverts mais ce sera toujours dans le but de les aider à penser leur stratégie et valider leur projet aux contacts de professionnels.

Comment l’IFM se positionne face à l’émergence du phénomène FashionTech ?

D’un point de vue historique, l’IFM a plutôt une culture d’innovation immatérielle que d’innovation matérielle : nous sommes très bons sur le marketing, sur cette dimension de création de marque. Cela est très important pour nous et c’est l’un des éléments sur lequel nous sommes reconnus et pertinents. Du coup, sur la dimension technologique, quand on ne sait pas faire on s’adresse à des gens, qui eux, savent faire.

C’est pour cela que nous nous sommes rapprochés de certains acteurs qui soutiennent ces projets-là notamment à travers Créative Valley, la Paillasse, des fonds d’investissements comme Fashion Capital Partners… Nous allons renforcer les ateliers, les enseignements liés aux liens entre mode et technologie qui influencent toute la chaîne de valeur. Le but est de faire connaître tous ces nouveaux modèles économiques, démontrer la façon dont ces nouvelles pratiques bouleversent la chaîne de valeur et remettent en question les méthodes traditionnelles.

Parmi nos participants, il y a une sensibilité majeure à utiliser les outils à disposition pour casser les règles et sortir de la domination de certains leaders du luxe ou de la distribution. Par exemple, le fait de pouvoir rentrer en contact directement avec son client, le fait de pouvoir co-créer avec lui, le fait d’être transparent, ce ne sont pas des pratiques traditionnelles dans le milieu de la mode. Ces nouveaux outils sont vraiment une façon d’inventer un modèle alternatif, c’est vraiment ce que beaucoup de consommateurs recherchent aujourd’hui. On va voir pousser des projets dans ces univers-là qui sont hyper intéressants.