Catherine Barba - Image à la une

Entretien avec Catherine Barba

Catherine Barba, pionnière du Web en France, s’appuie sur son expérience du e-commerce et du digital pour accompagner les entreprises dans leur transition numérique. Chroniqueuse sur BFM TV et dirigeante de CB Group, c’est l’une des personnes les plus influentes sur le domaine du e-commerce en France.

Rencontre avec Catherine Barba, cette expert du numérique.

Catherine Barba

Quelques mots sur son parcours…

Diplômée de l’ESCP Europe, Catherine Barba a toujours été entrepreneuse dans l’âme. Dans le groupe Omnicom, elle intègre l’agence média OMD et fonde OMD Interactive dédiée à Internet et la publicité en ligne. Puis, elle rejoint le site iFrance en tant que Directeur Général. En 2004, elle créée Cashstore.fr, un portail de shopping, revendu en 2010 au groupe Plebicom et ensuite son cabinet de conseil en e-business, Malinéa, revendu en 2011 aux fondateurs de Vente-privée.com.

Impliquée auprès des jeunes et des entrepreneurs, Catherine est membre de l’Association « 100 000 Entrepreneurs » et marraine d’UnionWeb. Elle est également administratrice de start-ups innovantes et business angel. En outre, elle a publié deux rapports référents :

Vous allez prochainement déménager aux Etats-Unis pour développer un observatoire du commerce connecté, pouvez-vous m’en dire plus ?

Oui, ce sera un centre d’observation sur l’innovation du retail basé à New York, qui est la ville référente du domaine omnicanal. Cette nouvelle structure sera lancée en septembre 2015 sous le nom de PEPS (Plein d’Expériences Pour Se réinventer).

Je pense que les marques en France ont besoin de souffle pour innover et donc je pars à la recherche de sources d’inspirations pour accélérer la transition numérique et l’évolution du parcours client.

Pour cela, je vais observer, sur différents secteurs, le parcours client dans les retails (géolocalisation, utilisation du mobile, digitalisation des points de vente, techniques de drive-to-store, vendeurs «augmentés »…). Je vais également interviewer des dirigeants, des salariés pour comprendre comment se déroule la transformation en interne.

Ensuite, je restituerais de façon régulière, sous forme de vidéos et de books ce qu’il faut retenir. J’organiserais des ateliers trimestriels (en France) pour partager mes connaissances. Le but est de donner toutes les clés à nos entreprises pour leur permettre de réussir leur transformation, celle-ci doit se faire au plus vite, et répondre à la question « Comment se réinventer quand on est un magasin traditionnel ? »

Selon vous, comment les entreprises doivent parvenir à réussir leurs transitions numériques ?

Aujourd’hui, il faut oublier les canaux et penser orientation client. C’est en regardant mieux les clients et comment ils ont évolués, que les entreprises peuvent le mieux s’adapter à leurs besoins.

Sur les stratégies multicanales, il y a un décalage entre l’offre et la réalité. C’est comme offrir deux visions de la même entreprise.

Certes, il y a des besoins d’investissements. Par exemple, il est difficile de mettre en place des solutions comme l’e-réservation ou le click-and-collect. Il faut donc s’interroger sur quels sont les indicateurs de performance ?

  • Le contact. Le digital souligne l’importance du lien entre les marques et les clients. Aujourd’hui, les clients peuvent contacter les marques à presque tout instant. C’est un nouveau type de relation plus relationnelle que commerciale. Le secteur bancaire illustre bien cet exemple avec la digitalisation des points de contacts et l’accessibilité à des services à distance.
  • Les datas. Comment font les entreprises pour connaître les consommateurs ? Est-ce que les informations sont partagées entre tous les services ? Investir sur les datas est très important car elles permettent d’être plus pertinent et de personnaliser son offre.
  • L’humain. Le vendeur doit trouver sa place. L’équipement à sa disposition doit être un soutien à la vente et notamment offrir un gain de temps.

De manière générale, il y a de nouvelles valeurs à inventer et la proximité est à redéfinir.

Vous avez aussi des missions tournées vers l’entrepreneuriat, quelle en est votre vision ?

C’est vrai que j’ai deux leitmotivs : comprendre les évolutions du commerce et l’entrepreneuriat. En ce moment, le phénomène entrepreneurial prend de l’ampleur et j’essaye de l’encourager. Par exemple, j’ai lancé le programme « Entreprendre C grandir », diffusé sur M6.

Aujourd’hui, en France, l’entrepreneuriat est valorisé. C’est quelque chose qui fait bonne presse. Il y a un changement de point de vue qui s’opère : les échecs suite à l’entrepreneuriat sont mieux perçus. Je reprendrais la citation d’un de mes amis : « Les échecs en entreprise c’est comme les balafres sur le visage d’un gangster, si tu n’en as pas tu n’es pas crédible ». Cela demande de l’audace et comprendre de ses erreurs et ce sont des qualités qui sont appréciées en entreprise.

Je suis investie dans l’association « 100 000 Entrepreneurs » qui initie à la culture entrepreneuriale auprès des jeunes grâce à des témoignages dans leurs établissements scolaires. Je faisais également partie du jury pour le concours de start-up sur BFM TV. Cette année, le gagnant est David Zhang, avec Prynt, une coque pour smartphones qui imprime vos photos instantanément.

Puis avec Delphine Remy-Boutang, nous avons créé la journée de la femme digitale dans le but de pousser les femmes à entreprendre.

Que pensez-vous de la FashionTech ?

Je pense que c’est génial ! On invente, on teste, il y a beaucoup de nouveautés.  Après je me demande toujours : qu’est-ce ça apporte aux clients ?
En somme, nous avons 90% de gadgets et 10% de projets qui survivent sur du long terme. Pour moi, c’est très important que le produit ou service répond à un besoin, qu’il existe pour résoudre le problème d’un client.

Certes il y a des inventions qui sont plaisantes, divertissantes mais il faut toujours qu’il y ait une valeur ajoutée. En tant qu’investisseur, je me demande toujours quel est le business-model qui se cache derrière.

Selon moi, être un pure-player est difficile aujourd’hui car les coûts sont trop importants. Le business-model qui me semble le plus efficace c’est un modèle mix avec une partie abonnement qui assure une source de revenus récurrente et de la publicité.

Un petit mot pour la fin ?

« Amusez-vous ! Faîtes-vous plaisir dans ce que vous faîtes et soyez créatifs !
Entourez-vous de gens bienveillants qui pourront vous accompagner ! Profitez-en car la vie est courte ! »


Outfither

Outfither : LA communauté mode

Outfither est un site de recommandations dédié à la mode féminine. L’idée est à la fois de permettre aux consommateurs de trouver un endroit où puiser de l’inspiration pour leurs tenues et de créer un lieu pour les annonceurs où ils puissent communiquer en développant un espace convivial et ludique avec des outils dédiés à la promotion de produits.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Benjamin Boccara et je travaille sur Outfither depuis maintenant 2 ans. Nous avons lancé le site en janvier de cette année.

Je m’occupe du développement technique, du business développement notamment avec les plateformes d’affiliation et les annonceurs et également de la stratégie globale du projet. Avant cela, j’ai cofondé deux autres start-ups qui étaient dans le retail (Happun) et une autre dans les médias sociaux (Boosket), et j’ai occupé pendant deux ans un poste de Consultant Social Media en agence digitale. Mon expérience professionnelle m’a beaucoup servi pour créer Outfither.

Mon collègue, Eric Rambeau, s’occupe quant à lui de la ligne éditoriale du site, de la rédaction de contenus, du Community Management et de l’évangélisation du concept. Il s’appuie pour cela de 27 années d’expériences en tant qu’Attaché de presse dans la mode féminine.

Quel est le concept d’Outfither ?

Logo Outfither

Outfither est un site communautaire ludique et d’inspirations dédié à la mode féminine. Il s’adresse à trois cibles principalement :

  • Aux consommatrices mode qui sont à la recherche d’une expérience d’achat qui soit motivée par l’inspiration et la tendance.
  • Aux tendanceurs (blogueuses, personnalités ou simples fashion-addicts) qui recherchent des supports et des outils pour s’exprimer et revendiquer leur style.
  • Enfin aux marques pour lesquelles c’est un enjeu majeur d’être présentes sur un maximum de points de contacts avec les consommateurs afin de pouvoir rentrer en relation avec eux,  comprendre leurs besoins et dans l’idéal de pouvoir ensuite les conseiller et les motiver dans leurs décisions d’achat.

 

La finalité est de pouvoir retrouver une expérience de découverte, de partage de la mode qui soit ludique et sociale. Nous souhaitons proposer que la découverte de produits ne se fasse plus de manière « traditionnelle » comme au travers d’un moteur de recherche mais plutôt en papillonnant d'une curation de looks à une sélection de produits, des idées de looks ou encore des articles qui parlent de tendances et qui seraient illustrés de produits ou de looks créés par la communauté.

Comment vous est venue cette idée de créer Outfither ?

L’idée est venue d’un certain nombre de constats que j’ai fait notamment à travers mes expériences professionnelles. Il y a eu une évolution du parcours d’achat des consommateurs avec la démocratisation de l’information grand public, de l’internet mobile, du e-commerce, des réseaux sociaux et des blogs. Aujourd’hui, il y a de nouveaux points de contacts et des vecteurs d’influences qui sont apparus rendant le parcours d’achat fragmenté.

Outfither se place en amont du parcours d’achat, à une étape de prescription.  C’est l’envie de créer une communauté où influenceurs, marques et consommatrices peuvent se retrouver et (s)’inspirer.

Quels sont les outils que vous utilisez ?

Le concept principal du site tourne autour d’un outil de maquettage qui permet de créer des looks sous forme de collages de produits, à l’instar de ce que l’on retrouve dans les pages mode des magazines, et de s’improviser styliste.

Outil de créationNous proposons d’autres outils qui tournent autour de cet outil principal :

  • Un outil simple de liste pour faire de la curation de produits ou de looks et organiser ses trouvailles pour trouver de l’inspiration plus tard.
  • Un outil rédactionnel pour permettre d’aller plus loin dans l’expression de la tendance en rédigeant des articles qui peuvent être illustrés de contenus multimédia (images, vidéos), sociaux et également issus du site comme produits du catalogue ou des looks créés par la communauté.

Ces outils sont aussi disponibles pour les marques pour qu’elles puissent animer la communauté autour de leur actualité et faire du Content marketing (storytelling, parler d’une tendance ou d’une nouvelle collection) axé sur la promotion de leurs produits.

Les looks sont bien sûr partageables sur les réseaux sociaux.

Les produits que nous proposons sont issus de plateformes d’affiliation : si une utilisatrice est inspirée par un produit, elle peut l’acheter sur le site de nos boutiques partenaires.

Justement, comment faites-vous quand le lien vers lequel vous avez lié le vêtement ne fonctionne plus ?

Notre catalogue est mis à jour plusieurs fois par semaine. De cette façon, nous savons quand un produit n’est plus disponible et nous l’indiquons sur notre catalogue. Néanmoins il est vrai qu’il ne s’agit pas d’une gestion de stock en temps réel.

Si le produit a été rangé dans une liste ou utilisé sur un look ou un article, nous indiquons son indisponibilité et tentons de proposer d'autres articles qui peuvent éventuellement correspondre.

Pour le moment nous sommes sur une offre basique, c’est-à-dire que les recherches s’effectuent sur une base de mots-clés : catégories, sous-catégories, couleurs mais à terme nous voudrions proposer de la reconnaissance d’image afin que nos suggestions de produits soient les plus proches possibles.

Vous avez-mis en place un système de récompenses, comment fonctionne- t-il ?

Schéma du partage des revenusC’est une volonté de notre part de récompenser nos utilisatrices les plus inspirantes. Pour le moment nous proposons un partage de nos commissions à hauteur de 35%. Ce système est à l’essai, et nous réfléchissons à d’autres mécaniques d’incentives en collaboration avec les marques.

 

Quelles sont les marques présentes sur votre catalogue ?

Page MarquePour le moment nous avons presque une vingtaine de marques partenaires (Mango, Naf Naf, La City, Cache Cache, Zalando, Sephora…) et nous en rentrons de nouvelles de manière  périodique.

Les enseignes sont aussi bien des pure-players, des marques et des enseignes multi-marques. Pour animer la communauté et créer des looks, il faut que le catalogue soit diversifié.

Nous ciblons avant tout la mode du quotidien, celle que toute consommatrice peut acheter. Nous voulons répondre à des questions quotidiennes comme : quelles sont les nouvelles tendances auxquelles je vais avoir droit ? Quels sont les vêtements qui pourraient compléter ma tenue ?

Notre contrainte principale pour les produits que l’on intègre dans le catalogue c’est la qualité des visuels : il faut des photos de bonne qualité et que les vêtements soient photographiés soient à plat soient sur un support pour ensuite permettre à notre algorithme d’effectuer le détourage. La proposition de produits est "neutre" et permet aux utilisatrices de jouer sur la mise en page de leurs looks.

Nous aimerions que les marques s’approprient les outils pour venir animer elles-mêmes leur catalogue sur le site.

Pourquoi avoir cibler les femmes ?

En plus d’avoir une forte sensibilité pour la mode, les femmes sont décisionnaires pour leurs propres tenues, et sont très souvent impliquées dans la recherche et le choix de tenues pour leurs enfants ou leurs compagnons.

Aussi à moyen terme nous voulons nous diversifier avec des produits masculins et enfants, mais toujours en nous adressant à ce public féminin qui a cette position dans les choix vestimentaires.

Quelles sont vos perspectives de développement ?

Le site est actuellement en français, mais nous aimerions nous développer à l’international. C’est une nécessité pour nos marques qui livrent déjà en Europe de rendre accessible notre site dans d'autres langues pour leur proposer d’étendre leurs points de contacts.

Quel est votre avis sur la FashionTech ?

La Fashiontech regroupe beaucoup de choses : des services sur Internet, des applications,des matériaux, des services…  J’ai participé en mars à  la FashionTech Week au Numa : on constate que sur un domaine aussi ancien que l’habillement, l’innovation est possible et que cette dynamique est réelle en France. J’espère que les grandes marques porteront de plus en plus d’intérêts envers ces projets et les start-ups qui apportent du renouveau au secteur.


Réalisation Tzuri Gueta

Tzuri Gueta, le créateur de la dentelle de silicone

Tzuri Gueta est designer et ingénieur textile diplômé du Shenkar College de Tel Aviv. Il crée sa marque éponyme à Paris en 2000 et travaille des matières surprenantes à la frontière avec la sculpture qui trompent l’œil et le toucher. En 2005, il mêle art et technologie en inventant la dentelle siliconée qui lui offre un terrain d’expression immense. Cette matière lui permet notamment de s’épanouir dans le bijou, les objets et la haute couture. Il puise son inspiration dans l’environnement naturel qu’il soit terrestre ou sous-marin.

Rencontre avec Tzuri Gueta, créateur d’un univers poétique et mystérieux où la technologie se marie merveilleusement avec l’art et la nature.

Tzuri Gueta

Comment êtes-vous devenu designer ?

C’est grâce à la confiance que j’ai reçu pendant toute mon enfance et la curiosité qui ne me quitte jamais que j’ai évolué très logiquement vers ce métier.

J’ai su très jeune que j’étais créatif. A trois ans déjà, je m’exprimais avec des crayons. J’ai grandi entouré de confiance, ce qui m’a permis de trouver ma personnalité dans mon monde imaginaire. Je suis d’un naturel curieux, j’ai été élevé en bord de mer et mon environnement m’inspirait. Mon entourage me stimulait et me stimule toujours beaucoup. Mes frères sont artisans. J’aime regarder les différentes techniques qui existent dans leur métier (le verre et le bois ndlr), trouver des solutions créatives. Ça m’a donné envie de faire des expériences en mélangeant des matières.

Quand j’étudiais la mode et le textile, il fallait déconstruire un tissu pour le reconstruire ensuite. Mais au lieu de le couper avec des ciseaux ou des outils « normaux », je le brûlais, je le découpais à la scie, je le trempais dans l’acide. Je voulais croiser différents savoir-faire pour voir ce que ça allait donner à la fin. J’aime confronter les matières pour m’exprimer.

C’est trop simple pour moi de dessiner sur du papier. Il me faut du challenge. Dessiner sur du tissu en prenant en compte ses contraintes me convient plus.

Zoom matière

Pourquoi avoir choisi le silicone ?

Je voulais trouver une solution pour utiliser une matière textile comme une surface sur laquelle je pouvais m’exprimer artistiquement. L’encre a besoin d’un support pour se fixer, les traits apparaissent sur les fils et dessiner sur un tissu ajouré, c’est forcément plus compliqué. Il me fallait trouver une solution : je voulais une encre qui pouvait exister sans matière textile. Le silicone est cette encre. C’est une matière d’origine minérale qui se suffit à elle-même. Elle n’a pas besoin de support pour exister.

J’ai approfondi mes recherches et mon intérêt pour cette matière première. J’ai breveté la technique en 2005 et j’en ai fait ma matière d’expression.

.

Comment s’est passé cette recherche ?

Toute ma théorie part de l’erreur et de ses interprétations. J’aime faire des erreurs. J’aime ne pas contrôler à 100%. Je laisse la matière s’exprimer et je m’y adapte. Les erreurs servent à cela : attirer notre attention et nous guider. Comme la nature fait ses choix, l’orage s’abat sur les arbres ou non, la matière parle et je prends ma décision en fonction. C’est le « happy accident », l’intégration du spontané dans la maîtrise. Lorsque je fais un geste d’erreur, j’essaie de le recommencer en le maîtrisant pour voir ce que ça donne. En fait, je stimule les accidents pour lire leur message. La technique du silicone vient de là.

Atelier 1 Atelier 2 Atelier 3

Vous travaillez dans trois domaines : le bijou, les objets et la haute couture, comment répartissez-vous votre temps ?

Je pars d’abord de la matière avant de définir le domaine dans lequel je vais la travailler.  Pour la haute-couture, j’avais envie de voir comment la matière allait vivre en mouvement dans les différents tissus. Quand un designer m’appelle, on ne peut pas imaginer le résultat en avance. Il faut que l’effet visuel se mêle à l’effet technique, qu’il n’y ait pas de frontière. Je travaille la matière comme de l’or. Tout est fait à la main, chaque pièce est unique.

BijouxObjetKrikor Jabotian

Quels sont vos projets pour demain ?

Je fais beaucoup de tests plus ou moins étranges pour voir la réaction de la matière. Au plus le domaine semble éloigné de mon univers au plus ça m’intéresse. Par exemple, je pourrais appliquer la dentelle siliconée dans un concept car, un avion, un yacht, un casque de moto.

Je suis en train de réfléchir à travailler plus précisément sur les caractéristiques techniques de la dentelle de silicone pour élargir le spectre d’intervention. Elle est résistante à 300°, elle est transparente comme du cristal, elle est conductrice de courant, elle est antichoc. On peut donc imaginer l’utiliser dans le luminaire, les leds, les arts de la table, les arts culinaires, etc.

Aujourd’hui la décoration prend la majorité de mon temps, il faut que je fasse un peu de place pour développer autre chose. J’aimerais collaborer avec d’autres créateurs et confronter nos deux univers et en créer un autre, encore inconnu.

Un grand merci Tzuri !


Kimono

La musique est partout même dans les vêtements # Fashion Tech

Modelab a découvert Lise Sansen aux start-ups week-end Fashion Tech à Roubaix et ce fût avec plaisir que j'ai mené cette interview avec cette créatrice  qui invente son propre art  avec un vêtement interactif qui lie tradition et technologie. Un kimono composé de 8 notes avec des sons interchangeables. Un piano, une guitare ou des chants d'oiseaux ? Une multitude de possibilités pour vous envoûter dans l'air de notre temps, quand la Fashion Tech se confronte au monde du spectacle et de l'art...

Bonjour Lise, est-ce que tu peux nous parler de toi ?

Lise-SansenJ'ai fait un bac arts appliqués et Esmod (NDLR : école de mode), ensuite j'ai travaillé pour différentes marques.

Suite à cela, j'ai participé à un concours de jeunes créateurs que j’ai remporté : j’y ai représenté la France. Cela m'a permise de créer ma marque qui a duré 3 ans et ça marchait plutôt bien mais j'étais assez jeune et je voulais tout faire, donc je faisais le marketing, le modélisme, le style, le suivi de prod', vraiment tout ! J'ai beaucoup appris ! Puis, j'ai été démarchée par un prestataire de services qui travaille pour les maisons de couture comme Chanel, Vuitton, Nina Ricci et j'ai été embauchée pour être Responsable Développement pour les maisons de couture pour tout ce qui touche aux maillots de bain, à la lingerie et un peu au prêt-à-porter femme. Je faisais le lien entre ces maisons de couture et les ateliers, grâce à ma double formation de styliste modéliste. Ensuite la boîte a fermé, je suis donc partie travailler à Londres chez Peter Pilotto, et je suis revenue en ayant très envie d'enseigner. Maintenant, je suis enseignante à Paris dans des écoles de mode tout en continuant à travailler en freelance et sur mes projets personnels comme le Kimono par exemple.

.

Aujourd'hui, tu ne crées plus de collections ?

Je ne travaille plus sur ma marque de prêt-à-porter mais je dessine encore des collections pour d’autres marques. Maintenant, j'ai découvert la mode liée aux nouvelles technologies et cela me plaît de plus en plus. Créer des collections dans ce domaine n'est pas évident, donc pour le moment j'en suis au stade de recherche.

Kimono-tendance

Raconte-moi l'innovation de ton Kimono Musical ? Comment en es-tu arrivée là ? Et comment l'as-tu créé techniquement parlant ?

J'avais envie de faire quelque chose de nouveau et quelque chose lié à plusieurs corps de métier. En explorant différents fablab et hackerspace j’ai eu l’occasion de participer à un atelier sur les textiles intelligents, j’ai appris à comprendre comment fonctionnaient les fils, les tissus conducteur ou encore les cartes arduino. Le Kimono est parti de l’envie de mettre ses nouvelles compétences en action.

Étant designer de mode, j'ai fait la structure du kimono sans problème, mais toute la partie code ; électronique, musique c'était plus compliqué. J'ai donc demandé de l'aide à différentes personnes qui m’entourent pour cette partie.

Je voulais hybrider cette technologie à son opposé c’est pour cela que j’ai choisi un kimono, vêtement traditionnel par excellence.  J'ai construit le kimono de manière traditionnelle exactement comme ils le font au Japon, c'est-à-dire en prenant un rouleau de tissu et en ne coupant que des rectangles, aucune courbe. La partie électronique une fois en marche apporte une nouvelle fonction au kimono mais lorsque qu’elle est éteinte le kimono reprend sa fonction initiale de vêtement c’est pour cela que j’ai caché toute la partie électronique. A l'intérieur de la manche du kimono, il y a du tissu conducteur relié à une carte Arduino  programmée ainsi qu’une antenne, une seconde antenne est reliée à mon ordinateur. Les deux Antennes communiquent les informations de mouvements à mon ordinateur qui transmettra la musique en live.

Fiche-technique-Kimono
Patronage Industriel du Kimono

Donc tu peux créer de la musique sur ton vêtement et la basculer sur ton ordinateur ?

Exactement, le son sort de l'ordinateur. Le son ne sort pas de mon kimono pour cela il faudrait que j'installe des enceintes et je voulais que le kimono reste portable et très léger.

Techniquement, le tissu conducteur est une membrane que tu ajoutes entre deux couches de tissus ?

Exactement, il passe à l'intérieur.

atelier-tissu-intelligent-fraunhofer
Exemple de textile conducteur

Quelle était ta démarche artistique en créant ce kimono ?

Sortir du système traditionnel de création dans la mode et mélanger différents corps de métier pour arriver à de nouvelles créations, donner une nouvelle fonction au vêtement en l’occurrence ici c’est la musique ! J’en ai profité pour hybrider tradition et nouvelles technologies.

Habituellement en tant que designer de mode je suis plus dans le vêtement prêt-à-porter haut de gamme, le kimono n'est pas un vêtement que l'on porte tous les jours. Il se dirige donc plus vers la scène. C’est intéressant car je découvre encore un autre aspect du textile.

 

Aujourd'hui c'est un prototype, tu ne le vends pas ?

Pas celui-ci, mais on commence à en discuter pour le monde du spectacle.

Le coût de la création est élevé ?

Oui, ce sont les composants, notamment le tissu conducteur et les cartes qui sont chers. Le tissu n'est pas ce qu'il y a de plus cher.

Kimono-techniquePour ce qui est du nom, tu gardes ton nom pour cette marque ?

Cela serait plus mon nom en tant que Lise Sansen ou soit relié à FashionArtLab qui regroupe d'autres créations liées à la mode, aux nouvelles technologies et à l'innovation. Mais je n'ai pas encore de marque propre pour ce projet.

A long terme, penses-tu créer une collection musicale ?

Non pas forcément une collection musicale. Je travaille actuellement sur d'autres choses, mais ce n'est pas forcément une collection, ce sont des pièces qui découlent un peu du kimono. Ce sera quelque chose qui est plus abordable et plus facile à porter.

As-tu d'autres projets en cours ?

Oui, actuellement je travaille beaucoup sur la mode et les innovations, je cherche de nouvelles idées, de nouveaux collaborateurs, de nouvelles personnes avec des métiers différents avec lesquels je pourrais travailler.

L'idée serait de créer une nouvelle mode, la mode de demain.

Et comme je suis enseignante, j'essaie de le transmettre un peu dans mon enseignement aussi, car c'est quelque qui n'est pas encore enseigné (NDLR : Il est vrai que la fashiontech n’est pas démocratisée à travers l’enseignement, ce qui est dommage & dangereux puisqu’elle façonne les métiers de demain)   . Les élèves savent que cela existe, mais comment faire ? Ils se posent beaucoup de questions donc c'est bien de commencer à intégrer cela dans les écoles de mode, notamment l'innovation et l'éthique. C'est important de commencer à travailler sur des vêtements non polluants, avec de nouvelles fonctions etc.  il y a plein de choses à faire.

Est-ce que tu sens que les élèves sont réceptifs à ces questions ?

Oui, mais il faut l'intégrer tout doucement, par petites doses, car cela n'attire pas tout le monde. Cela reste une niche et les étudiants ont encore cette vision de podium. Je sais ce que c'est, j'ai travaillé pour les maisons de couture et c'est génial, mais il faut essayer de trouver des choses un peu intermédiaires qui pourraient faire avancer la mode. Je ne dis pas que ces maisons ne font pas avancer la mode, car ce qu'ils font est fantastique au niveau de la création, mais il faut aussi chercher de notre côté et voir ce qui est possible de faire.

As-tu quelque chose que tu voudrais ajouter ?

Je trouve l'idée du webzine super. Je pense qu'il faut faire évoluer les choses dans ce domaine de la Fashion Tech. On est peu nombreux, mais c'est tellement nouveau que tout le monde se bouge. C'est super de vivre le début de quelque chose et de voir évoluer la chose aussi rapidement !

Chers lecteurs, seriez-vous sensible à un art innovant ? Moi oui !


Accueil Fitizzy

FITIZZY : Il n’a jamais été aussi simple de choisir la bonne taille sur Internet

Fitizzy, c’est une histoire d’amitié, une histoire de rencontres, une histoire de talents, une histoire d’innovation, une histoire de découvertes.

 Entretien avec Sébastien Ramel, co-fondateur de Fitizzy.

Sébastien Ramel et Gaultier Monier
Sébastien Ramel & Gaultier Monier - les 2 co-fondateurs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Peux-tu nous expliquer le concept Fitizzy ?

Fitizzy commercialise auprès des acteurs de l’industrie du prêt-à-porter des solutions pour améliorer l’expérience shopping de leurs clients tant sur Internet qu’en point de vente physique. Nous proposons en parallèle aux consommateurs de renseigner leurs mensurations afin de sauvegarder gratuitement leur passeport morphologique sur Fitizzy.com. L’intérêt pour le consommateur est de pouvoir connaitre la taille la plus appropriée à sa morphologie et des conseils personnalisés sur le bien-aller du produit en question directement sur tous les sites qui ont intégrés notre solution et/ou en magasin via notre application mobile.

Comment l’aventure Fitizzy a-t-elle démarré ?

Nous étions encore étudiants lorsque j’ai rencontré Gaultier. J’étais en École de Commerce à Bordeaux et lui en Ecole d’Ingénieur à Paris. On s’est retrouvé sur un premier projet d’entreprise qui n’a finalement pas vu le jour, mais nous avons continué d’échanger. Suite à une discussion sur l’achat de vêtements en ligne, nous avions constaté que nous avions tous les deux eu de mauvaises expériences, notamment à cause d’erreurs dans le choix de la taille. Fitizzy est alors devenu le projet de fin d’études de Gaultier et a été reconnu comme meilleur projet de la promotion. En parallèle je commençais à travailler sur tous les sujets non-techniques du projet. Et à mon retour d’échange universitaire fin 2011, j’ai décidé de me consacrer à temps plein sur Fitizzy avec Gaultier.

Quelles ont été les étapes de développement ?

En 2012, nous avons cherché un incubateur d’entreprises spécialisé dans le textile afin de pouvoir bénéficier de conseils pour le démarrage de notre projet. INNOTEX, à Roubaix dans le Nord, était le seul en France. Notre projet a été validé à l’unanimité et nous étions financés à condition d’installer notre entreprise dans le Nord de la France. Nous avons donc quitté la Région Parisienne pour nous installer à Lille. Pendant un an, parallèlement au développement de Fitizzy, nous nous sommes formés au modélisme, aux matières, à la manière de réaliser un vêtement. Nous ne venions pas de ce milieu et il était primordial de comprendre cette mécanique. Le Nord est une magnifique région de tradition textile et accueille également de nombreuses entreprises de e-commerce. Nous avons eu à notre disposition des experts et des techniciens qui nous ont beaucoup aidés dans notre démarche. Il nous a fallu un peu plus d’un an pour valider cet outil innovant capable de déterminer la bonne taille.

Nous avons créé la société en juin 2013. Nous avons intégré l’accélérateur de startup d’Euratechnologies, à Lille. C’est un pôle économique dédié aux TIC (Technologies de l’Information et de la Communication ndlr) qui rassemble des entreprises innovantes, de la jeune pousse comme nous à l’entreprise internationale comme ASOS, Cap Gemini ou IBM. En septembre 2013, nous avons démarré la commercialisation du widget auprès des marques.

Nous avons été lauréats de plusieurs concours d’entreprises innovantes nationaux ou nordistes en 2012 et 2013. Grâce à ces récompenses et à leurs subventions, nous avons pu poursuivre notre déploiement.

 

DashboardWidget

 

Et qu’en est-il aujourd’hui ?

Aujourd’hui, nous sommes 14 collaborateurs dont 5 dans la partie technique, 6 dans le développement commercial, 2 en marketing-communication et un associé entré au capital récemment. Grâce à son expérience de chef d’entreprise dans les technologies, il nous aide à nous organiser, à nous structurer et à lever des fonds pour assurer notre développement.

En plus de notre solution pour les sites marchands d’habillement disponible sur de nombreux sites comme Promod.fr, Devred.fr, NafNaf.com et en cours d’intégration sur près d’une centaines d’autres sites, nous avons développé l’appli IOS/Androïd qui est téléchargeable gratuitement. Grâce à elle, le consommateur peut utiliser Fitizzy en magasin pour éviter d’aller en cabine d’essayage. Pour cela il lui suffit de scanner l’un des codes barres du produit qu’il souhaite acheter.

 

Application Mobile
Captures d'écran de l'application Fitizzy

 

Quels sont vos projets pour demain ?

Sur le plan des ressources humaines, nous avons comme objectif d’être à 30 personnes d’ici la fin de cette année et nous avons démarré l’expansion internationale. Nous avons déjà ouvert le Royaume Uni en janvier, l’Allemagne et l’Espagne en mai. Nous prévoyons d’ouvrir d’autres marchés européens très prochainement ainsi que de se développer en Asie (Japon, Chine etc).

Nous continuons de nous développer sur le marché français afin de maintenir notre position de leader. En parallèle, notre équipe technique et R&D travaille sur plusieurs nouvelles solutions pour élargir notre offre pour les acteurs de l’habillement.

 

Un grand merci Sébastien !


Exocet

Exocet - Réveillez votre côté bestial avec l'impression 3D !

La marque EXOCET allie la mode et la technologie pour des femmes actives qui souhaitent se différencier par un produit unique et original :un sac décoré d'un animal imprimé en 3D.  Modelab est allé à la rencontre de ces créatrices Fashiontech.

PORTRAIT-EXOCET2014
Fondatrices d'EXOCET-  Morning Lau originaire de Hong-Kong & Yasmine Jaber originaire de Beyrouth

Comment Exocet est né ?

Nous nous sommes rencontrées lors de nos études à Esmod Paris en 2009 et nous avons tout de suite senti le besoin de mélanger nos deux univers pour créer ensemble.

Pouvez-vous nous présenter EXOCET ?

Exocet c'est une union entre la technologie et la mode ; un mélange d’un savoir-faire traditionnel (le travail des sacs à main) avec une technique avant-gardiste - l’impression 3D. Nous proposons une gamme de sacs à main novateurs et chaque sac et margé avec un animal hybride en impression 3D.

À qui s’adresse EXOCET ?

Nos clientes sont très spécifiques. Les femmes qui sont très modernes et qui font attention aux détails. Elles sont architectes, artistes… Ce sont des femmes puissantes et ayant du pouvoir. Elles aiment bien se distinguer avec un produit haut de gamme et unique.

J’ai vu sur votre site que : EXOCET est le nom d’un poisson volant des mers chaudes, pouvez-vous m’en dire plus ?

Exocet c’est un poisson volant ; un animal hybride. C'est une caractéristique très importante pour nous car c’est un symbole de nous deux, et de nos origines. C’est notre inspiration.

Exocet-Poisson

Où vous produisez vos sacs à main ?

Tout d’abord, les sacs sont fabriqués dans une usine en Italie, et ensuite nous assemblons les sacs avec les pièces en impression 3D dans notre studio à Paris.

Quelques mots sur l’impression 3D ?

C’est magique ce qu’on peut faire avec l’impression 3D, on peut transmettre toutes nos idées en objet réel. Il y a néanmoins des limites ; par exemple il n’y a pas beaucoup de choix en termes de matériaux, et aussi il y a une taille limite pour certaines machines. Le coût est pour l’instant super-cher aussi. C’est très bien de voir les réactions des gens lorsqu'ils découvrent que c’est imprimé en 3D, ils sont très excités et ils veulent en savoir plus sur la technique de l’impression.

Exocet-Sac-3D

L’animal imprimé en 3D est en quel matériau ?

Les animaux sont imprimés en polyamide plastic poudré, c'est un matériau qui est solide et flexible à la fois.

Comment vous créer cet animal ?

Les animaux sont créés sur le logiciel MAYA. Nous sommes parties d’une base d’un animal en carton et après plusieurs modifications nous arrivons à créer nos propres animaux. C’est très technique quand on dessine sur le programme 3D, il faut faire attention aux détails (épaisseur, largeur, les dimensions des trous,etc.). Parfois nous devons imprimer un animal plusieurs fois pour avoir le bon résultat final.

Pourquoi avoir choisi le thème de l'animal ?

Nous nous sentons très proches des animaux et de l’esprit primitif. Avec le temps, on commence à perdre nos esprits animaux. Nous voudrons exprimer ça à travers une technique assez futuriste (l’impression 3D) pour montrer que la technologie nous contrôle de plus en plus.

Excocet-Sac-3D

Quel est le prix d’un sac ?

Notre gamme de prix se situe entre 200 à 600 euros.

Comment fonctionne votre production ?

Nous imprimons l’animal quand on reçoit une commande.

Quelques projets en cours ?

Nous sommes actuellement en collaboration avec la fondation STARCH à Beyrouth. C’est une  ‘’organisation à but non lucratif’ pour les créations libanaises, et ça nous permet de présenter/vendre nos collections dans la boutique pendant un an. Donc c’est une très belle opportunité pour nous de se lancer dans le marché libanais.

L’avenir d’EXOCET à long terme ?

Nous travaillons actuellement sur d’autres accessoires et souhaiterions élargir nos gammes de produits.

Quelques mots sur la FashionTech ?

C’est toujours très intéressant de voir les autres et leurs créations à l’aide de la technologie et nous sommes contentes de faire parties de ce monde.


Collection Olympe Jaffre

Olympe Jaffré : artisanat numérique et innovation poétique

Olympe Jaffré a créé sa marque OLYMPE75018 en 2011. Elle construit des collections de Prêt-à-Porter créateur Femme Haut de Gamme. A mi-chemin entre Mode et Art, les collections d’OLYMPE75018 inscrivent le vêtement dans des univers référencés et en font une matière à  réfléchir.

Inspirée par une approche protéiforme de la mode, OLYMPE75018 collabore avec DJ’s, VJ’s, plasticiens, chorégraphes, vidéastes, sérigraphes, photographes pour réaliser des projets inédits mêlant innovation, nouvelles technologies, matières nobles et valeurs humaines.

Entretien avec la créatrice qui a réussi le pari de l’artisanat numérique et de l’innovation poétique.

Portrait d'Olympe Jaffré

  • Comment la mode est apparue dans votre vie ?

Portrait Olympe JaffreJe me destinais à un métier de Chargée de Projets dans la Culture après mon DESS en Direction de Projets Culturels. Je me suis d’abord intéressée sur l’alliance possible de l’art et des nouvelles technologies dans le domaine de la danse (auteure de Danse & nouvelles technologies : enjeux d’une rencontre, Editions l’Harmattan, Paris, 2007). La mode a toujours été présente dans ma vie par héritage familial. Je pratiquais beaucoup à titre personnel. Au retour de New York, après une mission à l’ONU en 2009, j’entreprends de me former en Stylisme/Modélisme, en suivant des cours du soir mis en pratique auprès d’un tailleur parisien. Je décide de m’investir pleinement dans la réalisation de mon projet de  griffe de Mode.

En 2010, en off de la Fashion Week parisienne, je monte mon premier défilé, un « Street défilé » pour présenter ma première collection au public. Puis tout s’est enchainé, j’ai construit mon projet de création d’entreprise, en intégrant la couveuse du GEAI (dispositif d’appui à la création d’entreprise, ndlr), puis j’ai été lauréate de la Résidence des Ateliers de Paris et sélectionnée au Grand Prix de la Création de la Ville de Paris, Mode (débutant) en 2012.

Je créée des collections de prêt-à-porter féminin en petite série, fabriquées en France, vendues en ligne sur mon E-shop et lors de ventes de créateurs. J’ai choisi d’utiliser le Bazin, un coton enduit noble, comme matière signature pour faire connaître ce tissu méconnu. C’est un tissu voyageur, un pur joyau du patrimoine textile mondial, d’abord tissé en Europe et teinté de façon traditionnelle en Afrique. Je le mixe avec des matières nobles (cachemire, soie). Il est évocateur de mon parcours : j’ai vécu 7 ans à Abidjan.

  • Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Je suis avant tout animée par la quête de sens. Chaque collection correspond à un univers total dans lequel on retrouve tous les arts. Mon deuxième défilé, « Low Tech Melancholia » en mars 2012, était un défilé chorégraphié dans un décor d’appartement rétro-futuriste.

Je puise également mon inspiration dans la matière urbaine, l’observation des territoires, et l’analyse des évolutions de l’époque liées aux nouvelles technologies. Actuellement, je développe un travail autour de pièces uniques mode, que j’ai intitulé « artisanat numérique » basé sur la matérialisation d’une nouvelle technologie par le fil.

  • En plus de vos collections, vous travaillez sur des pièces uniques qui relient la mode et les nouvelles technologies, pouvez-vous nous décrire le procédé du QRCode ci-dessous ?

Cape QR code

J’ai démarré en 2011, avec un prototype de broderie QR Code, sous la forme d’une « Robe  intelligente », exposée au CETI (Centre européen des textiles innovants) – Lille 3000. La démarche vise à matérialiser le langage numérique en utilisant des techniques d’artisanat textile. J’ai depuis développé différentes déclinaisons : canevas, boutons, perles de nacre et sequins.

Le lien du QR code renvoie à l’œuvre d’un artiste. Le vêtement devient alors une galerie d’art qui est mobile, l’œuvre est à la fois visible et invisible. Par exemple, si vous flashez le vêtement ci-contre, vous accéder à une œuvre de l’artiste digital (Systaime) un gif animé d’une déconstruction de vidéo de défilé, spécialement conçu pour cette pièce. Chaque vêtement est unique, chaque lien est unique.

Gif animé
Captures d'écran du gif animé (Systaime©)

L’idée de ce projet est de donner du contenu au contenant et d’utiliser les nouvelles technologies dans une finalité purement artistique. Le lien encapsulé développe une émotion chez celui qui flashe le code. J’aime ce côté « innovation poétique ».

J’utilise volontairement la palette de couleurs primaires (RGB) par cohérence esthétique et pour conserver la quête de sens qui m’anime en permanence.

Pull QR CodeCette collection de pièces uniques, intitulée « Artisanat numérique » prend la forme d’un Work in Progress qui s’augmente de nouvelles pièces régulièrement. Le dernier prototype en boutons (120 heures /main) a été présenté à l’occasion des Fashion Tech Days à Roubaix, en mars dernier. Je me considère de temps en temps plus comme une chercheuse dans un laboratoire. C’est à ça aussi que servent les designers de mode et l’artisanat. C’est important de faire avancer la création en testant, en innovant et en expérimentant de nouvelles techniques.

 

  • Pourquoi avoir choisi ce nom OLYMPE75018 ?

    Olympe75018

Profondément inspirée par la matière urbaine j’ai fait de mon code postal, une signature. Le 18ème arrondissement m’inspire au quotidien : du Sacré cœur à Château-Rouge en passant par la Chapelle, il représente, à mon sens, la richesse du spectre des territoires et des cultures qui façonne l’identité des grandes capitales.

Je place au cœur de ma démarche la valorisation de l'économie locale, et je participe au développement d’une filière textile haut de gamme dans le 18ème. Je m’attache à collaborer avec des artisans, brodeurs, fournisseurs et autres acteurs de la chaîne textile de ce quartier, afin de mettre en lumière et pérenniser ces savoir-faire traditionnels, héritiers d’une couture parisienne de haute qualité.

Un grand merci Olympe Jaffré !


WEMOOD

Shoppe avec le mood qui te correspond ! # Wemood

Wemood.co , la nouvelle façon d'acheter en accord avec son lifestyle ! Un nouveau réseau social à mes yeux plus utile qu'un Pinterest ! On peut trouver un vêtement associé à un style, un festival qui lui est associé, une playlist musique et vidéo ! Bref, tout est fait pour trouver un univers qui nous ressemble et non un grand melting-pot de "bêtises" pour rester poli ! Je vous invite à découvrir ce nouveau concept dans mon interview avec son co-créateur Florian :)

WEMOOD

Raconte-nous ton histoire et quelques mots sur Wemood ?

Je m'appelle Florian Ardérighi et je suis un des trois porteurs du projet WEMOOD. Nous sommes trois associés avec également un développeur. J'ai un profil plutôt technique avec un DUT informatique, des études de communication web puis un master en direction artistique. Disons que j'ai des compétences à la fois technique et communicationnelle.

Il y a 5 ans, j'ai lancé un webzine qui s'appelle Le Mauvais Coton , c'est un magazine en ligne qui parle de musique, d'art, de cinéma, de culture au sens large. Il fonctionne bien en ce moment, nous sommes une équipe de 30 collaborateurs photographes et chroniqueurs entre Paris et Lyon. Cela représente entre 30 à 40 000 visites par mois. Dans ce cadre-là, j’ai rencontré Nicolas, mon associé sur WEMOOD qui est aussi responsable des partenariats sur Le Mauvais Coton, outil que l'on garde à côté comme média. Mes deux autres associés sont deux anciens étudiants d'écoles de commerce et Claire que j'ai connue en cours. Pour la petite histoire, on était au collège ensemble donc on se connaît tous bien.

L'idée de WEMOOD est de proposer un site qui a pour ambition de référencer le meilleur en termes de mode, design, déco, sortie et musique sur Internet. Référencer toutes les nouvelles tendances qui sortent sur le web à travers un format inédit qu'on a développé et nommé Mood.

Wemood Beta

Qu'est-ce qu'un mood ?

Un mood c’est un format digital qui s'inspire du principe des moodboards, ce que l'on appelle les planches de tendances. A la base, c'est traditionnellement utilisé par les graphistes, les stylistes pour représenter une direction artistique, un univers. C'est très utilisé par Pinterest sur le principe des boards, c'est-à-dire regrouper pleins d'images sur un thème commun.
Nous sommes partis de cet outil, nous l'avons amélioré en lui apportant un côté interactif.

Dans les moods, tu peux intégrer à la fois des produits que tu trouves sur Internet, mais aussi de la musique, des vidéos et un lien vers une billetterie. Une autre différence avec Pinterest, c'est que nous imposons une contrainte créative, dans un mood, tu ne peux pas intégrer une infinité d'images comme dans Pinterest.

Tu peux, au maximum, mettre 9 vignettes. L'agencement est de 3 lignes sur 3 colonnes, comme une galerie d'images, que tu modules comme tu veux. Chaque vignette est interactive et lorsque tu cliques sur une vignette, tu peux directement aller acheter le produit, lire la vidéo, écouter la musique, etc.

weemood.co
La création de mon 1er Mood :D

La plateforme est donc destinée aux professionnels et aux particuliers ?

Nous avons plusieurs types d'utilisateurs, tout d'abord : les ambassadeurs. Il peut s'agir de blogueurs, de journalistes, de personnalités ayant une grande portée virale sur Internet, une influence sur leurs lecteurs et un véritable univers à défendre.
Typiquement Le Mauvais Coton pourrait être un ambassadeur, Modelab pourrait être un ambassadeur. Nous leur apportons un outil de présentation. Nous avons développé une application web qui permet de créer les moods et l'enjeu est de pouvoir en créer un en moins de 5 minutes. De la même manière que lorsqu'on poste une photo sur Instagram, on veut offrir la possibilité de créer cette galerie très rapidement.

Le second avantage pour un ambassadeur est qu'il peut mettre ses liens d'affiliation, si un blog par exemple possède des partenariats avec des marques, il pourrait faire ses propres liens d'affiliations et gérer du cash grâce à notre outil.

Troisième point, c'est que chaque mood est exportable de la même manière qu'un player vidéo Youtube, tu peux l'intégrer partout, le partager sur les réseaux sociaux, l'intégrer sur n'importe quel blog, n'importe quel site. Techniquement, cela génère une iframe comme les vidéos Youtube et tu l'intègres en 3 secondes où tu veux en gardant toutes les propriétés interactives.

Ensuite, nous avons l'acteur : la marque. Ce que nous offrons aux marques c'est la possibilité de toucher une nouvelle cible sur Wemood.co, car à chaque fois qu'un mood est créé via l'application, il est référencé sur notre site WEMOOD. Nous visons les 18/30 ans qui sont un peu connectés, sans s'adresser aux personnes accros aux tendances, on veut quand même avoir un public assez large. Mais il s'agit quand même d'un média qui s'adresse aux personnes qui ont l'habitude d'utiliser les réseaux sociaux, qui ont l'habitude de chercher des produits sur Internet : la génération connectée. Mais on souhaite mélanger les genres et ne surtout pas s'arrêter qu'à la mode, qu’aux musiques super pointues, etc.

Chaque mood sera ciblé en fonction d'une communauté ?

Exactement. L'idée est vraiment de laisser l'outil aux ambassadeurs, ou aux prescripteurs, afin qu'ils se l'approprient et qu'ils diffusent ce qu'ils souhaitent diffuser.
On propose aux marques de toucher une nouvelle cible, de faire un lien vers leur site de e-commerce, car on a une ambition commerciale. Notre but est de booster les taux de transformations, on fait le pari qu'il y aura plus de clics, plus d'achats via WEMOOD car l'outil est plus design, plus interactif, tout simplement plus fun qu'un site de e-commerce traditionnel. Dans l'idée, on veut être l'inverse d'un Amazon dans la présentation.
Suite à cela, on analyse les comportements d'achats sur un mood, le nombre de clics sur tel ou tel produit, qui a intégré les produits de telle marque dans son mood, avec quoi l'a-t-il associé, avec tel type de musique, d'artiste, d'événement, etc. Toutes ces informations sont très intéressantes pour les marques, pour développer leur branding, pour avoir de nouvelles opportunités de partenariats, etc.

En tant que particulier, je peux mettre n'importe quelle photo ou faudra-t-il que je choisisse des photos déjà présentes dans votre site ?

Évidemment, chaque particulier peut mettre n’importe quelle photo à partir du moment où elle provient d’un lien sur le web. L’idée est qu’une photo est forcément reliée à un site web pour préserver l’interactivité qui est notre marque de fabrique.
Aujourd’hui nous limitons le nombre d’inscrits sur WEMOOD car le site est toujours en développement et n’est pas encore tout à fait stable. Nous avons lancé la première version BETA début avril et nous avons aujourd’hui 150 utilisateurs actifs et environ 300 utilisateurs en attente de validation. Nous sommes plutôt content de ces chiffres car nous ne communiquons que très peu sur WEMOOD pour l’instant (c’est d’ailleurs notre première interview web). Nous attendons d’avoir un site vraiment quali, comme nous l’avons imaginé, avant de l’ouvrir complètement.

Ndlr : je n'ai pas pu résister à l'envie de me créer un Mood ;)

Imaginons que plusieurs utilisateurs ajoutent le même groupe de musique que vous ne connaissez pas. Allez vous contacter ce groupe pour créer un partenariat ?

Tout à fait. Nous allons faire remonter l'information soit aux marques, soit aux artistes ou aux maisons de disques derrière l'artiste pour leur dire : « cet artiste a été associé à cette marque de vêtement, il y a peut-être quelque chose à faire ». J'en arrive au Business Modèle : pour obtenir cette information, on va proposer une offre pro qui permettra d'accéder à plus de fonctionnalités et surtout plus de données.
Nous sommes encore en train de travailler sur le projet, cela fait 6 mois qu'on travaille sérieusement à plein temps, on a créé la boite en mars, donc c'est tout récent. On se focalise surtout sur le produit, notre but est d'avoir un outil de création de mood qui soit hyper intuitif, simple et fun à utiliser et accessible à tout le monde. Et la monétisation viendra plus tard.

Pourquoi ne pas créer des événements co-brandé avec des groupes de musique, des marques, des objets d'art ?

C'est pour cela qu'à côté, on a une agence de webmarketing et d'événementiel qui s'appelle Wemood Agency. On travaille avec pas mal de blogs et de marques. On met en relation des marques avec des prescripteurs qui correspondent à leur secteur d'activité, on organise de l'événementiel autour. L'idée est que WEMOOD soit une première approche et que derrière, on aille plus loin en proposant de l'organisation d'événements, des collaborations, de la mise en relation.

Votre agence de communication a-t-elle été créée en même temps que la plateforme ?

On a créé l'agence avant tout pour la plateforme, car on avait déjà nos premiers clients et il fallait qu'on facture. Aujourd'hui, on n’entreprend pas pour l'agence, mais pour le réseau de wemood.co car c'est wemood.co qui est incubé à l'incubateur de EM Lyon et qui a vraiment un potentiel à l'échelle nationale voire internationale.

Avez-vous déjà des partenariats avec des marques ?

Aujourd'hui, on a une trentaine de marques partenaires au lancement qui sont prêtes à tester les moods. Il y a un peu de tout, il y a des shops lyonnais et parisien, des concept stores, des marques de vêtements, des blogueurs. Cela représente un gros lectorat qui est partant pour tester au lancement.

C'est vraiment intéressant pour les petites marques qui se lancent, pour leur référencement.

Oui, et c'est aussi intéressant pour les marques qui ont du mal à valoriser leur image de marque.
Dans les prochains mois, on souhaite développer une application qui s'intègre directement dans Chrome qui permettra de récupérer directement le produit ou alors un bouton qui s'implante directement dans les sites de e-commerce. Actuellement, on est obligé de demander de copier l'url. On travaille aussi avec Instagram pour pouvoir intégrer ses images.

Comment allez-vous rémunérer vos influenceurs partenaires ?

Dans un premier temps, ils pourront mettre leur propre lien d'affiliation. Donc s'ils possèdent un partenariat avec une régie publicitaire, avec une régie d'affiliation, ils pourront mettre un lien.
Dans un second temps, on réfléchit à un aspect plutôt de régie publicitaire internalisée dont l’intérêt est de proposer des partenariats et de la diffusion qu'on aura nous-même dealé avec nos partenaires.

Vous allez donc mettre en relation des blogueurs avec des marques ?

Exactement. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que l'outil est complètement gratuit, tout le monde peut créer des moods gratuitement, un pro, un particulier, un ambassadeur, à partir du moment où on a validé son inscription, il accède à l'outil gratuitement. Les fonctionnalités évoluées sont payantes. Pour les marques, c'est également gratuit, mais cela sera frustrant car elles n’auront pas de données sur leur moods. C'est un levier un peu stratégique, en disant : « C'est bien de créer des moods, mais c'est bien aussi de connaître l'impact sur les clients et les lecteurs ». On a d'autres fonctionnalités sur lesquelles on travaille, notamment pouvoir créer un mood privé qui ne sera visible que sur un code. L'enjeu aussi pour les marques est de pouvoir créer un mood et l'envoyer par mail à tous ses contacts presse et, par exemple, lancer une exclusivité à toutes ces Relations Presse avec un mood privé.

Pour terminer, peux-tu nous parler de la FashionTech ?

Quelques mots à dire, si ce n'est qu'il se passe beaucoup de choses en ce moment. Il y a tellement de choses qui se créent que c'est presque effrayant, mais c'est très intéressant, il y a plein de choses à faire. En ce qui nous concerne, on réfléchit pas mal au transfert entre le digital et le physique, l'idée serait de pouvoir dire à un magazine papier qu'il peut faire sa sélection de produit et les transformer directement en mood.

En apportant une nouvelle façon d'acheter, vous faîtes partie du marché de la FashionTech.

Oui et on essaye de briser les cloisons qui existent entre la mode, la musique et d'autres domaines. Je pense qu'on est une génération qui mélange beaucoup, on réfléchit plus en terme de « Lifestyle », (même si je n'aime pas trop employer ce mot) que de mode Homme, mode Femme. On est davantage sur une approche :

« Comment tu vas t'habiller en festival ce week-end ? qu'est-ce que tu vas manger ? qu'est-ce que tu vas écouter comme musique ?  »

la-boutonniere

La mode collaborative existe enfin !

La Boutonnière est une plateforme innovante puisque c'est la première plateforme de mode collaborative. Kezako ?!  Me diriez-vous.
Tout simplement, La Boutonnière vous invite à collaborer avec des marques pour créer une mini-collection à l'image de sa communauté.

Qui n’a jamais rêvé de créer le vêtement de ces rêves avec une marque qui nous ressemble ? C'est enfin possible. Modelab est allée à la rencontre de ce nouveau concept pour vous en dévoiler ces secrets.  

Fondateurs- La Boutonnière
Ralph Speyser et Coralie Loum - Fondateurs de La Boutonnière

D’où vous est venue cette idée de créer La Boutonnière ?

Ralph et moi nous nous sommes rencontrés il y a 4 ans, en 2010 dans une école de commerce qui s’appelle l’ISEG sur Lyon.

On a appris à travailler ensemble. À la fin de notre cursus on a décidé de faire un master spécialisé à l’EM. J’ai fait le master spécialisé Entreprendre et Ralph le MS Ingénierie Financière. Et durant cette année, nous avons eu la chance de pouvoir rencontrer de nombreuses entreprises. Effectivement, dans le master Entreprendre, différentes entreprises viennent voir les étudiants pour leur soumettre des projets d’activité. J’ai proposé à Ralph de travailler avec moi sur le projet de Michel Augustin. Travailler ensemble a créé un déclic  entrepreneurial.

On en est arrivé à la Boutonnière parce que j’ai toujours voulu travailler dans la mode, je m’y intéresse depuis quelques années. J’avais tenu un blog sur LVMH, j’ai eu la chance de travailler chez Clarins, Christian Dior. J’adore c’est univers de mode et de luxe donc j’ai voulu créer quelque chose dedans.

Quels besoins aviez-vous détectés pour en venir à la Boutonnière ?

Côté consommateur:

Aujourd’hui on se rend compte que tout le monde est très connecté avec les technologies. Du côté du consommateur, il y a plusieurs choses :  il y a un engouement médiatique, aujourd’hui on se rend compte que tout le monde est très connecté avec les technologies ; il devient collaboratif, c'est-à-dire qu’on voit une montée en puissance de tout ce qui est plateforme de crowdfunding et de crowdsourcing. Ce qui prouve une volonté d’implication de sa part.

Dans le monde de la mode on a constaté qu’il n’y avait pas de plateforme qui permettait une implication dans la conception du vêtement. Il y a énormément de soldes, de promotions, ce qui fait que le consommateur voit sa vision flouée, c'est-à-dire qu’il a du mal à voir le savoir-faire des marques, donc on s’est dit pourquoi pas créer un support grâce auquel la personne est impliquée dans la conception de son vêtement et du même coup, cela lui permettrait de rentrer dans les coulisses de la marque et de se rendre compte de toute la qualité du travail. Comprendre d’où il vient avec des explications sur les matières. On veut vraiment qu’il y ait une explication sur le processus de fabrication des vêtements.

Côté professionnel :

Il y a aussi un besoin du côté des marques. Le marché de la mode est très concurrentiel. Elles doivent se démarquer, ont besoin de visibilité et ça passe aussi par des concepts innovants. L’idée de la plateforme est un nouvel outil ludique pour le consommateur et permet de créer du buzz autour de la marque.

Vous pensez que le besoin du côté des marques se présentera plutôt chez les petits créateurs ou est-ce qu’à ce jour les grosses enseignes ont des attentes aussi ?

 

Je pense qu’il y a deux niveaux : le petit créateur pour qui ce sera d’entrer de jeu la visibilité parce qu’il n’est pas connu. Pour les grosses marques telles que Kookaï ou Comptoire des Cotonniers ce serait plutôt une manière ludique pour séduire, fidéliser une clientèle existante ou de cibler une nouvelle ! L’outil est flexible : il est accessible à tous les types de marque en fonction de leurs besoins.

Pouvez-vous nous expliquer comment fonctionne la plateforme exactement ?

La Boutonnière est une plateforme de mode collaborative, dont le but étant d’intégrer le consommateur dans la conception de son vêtement avec la collaboration d’une marque.

Au début le consommateur s’inscrit, il va renseigner ses goûts, en termes de matières, couleurs, motifs,  de pièces aussi (t-shirt, jean). Les besoins de toute la communauté vont constituer la planche tendance de la marque. La marque va simplement s’en servir comme moodboard.

Aujourd’hui une marque fait le même travail de son côté, elle cherche son inspiration, mais là, cela viendra directement des Boutonniers, notre communauté.

La-boutonnière-création

Deuxième étape, la marque, sur la base de ce moodboard, va faire des propositions de croquis inspirés de nos internautes et de son ADN créatif. Les utilisateurs vont voter sur la base des visuels, des explications. Ils ont la possibilité de choisir les croquis qui leur plaisent le plus.

La-Boutonnière-Vote

Et la dernière étape, les croquis qui auront été les plus appréciés sont lancés en production par la marque. On a une partie e-shop ou les gens peuvent commander les pièces.

La-Boutonnière-E-shop
Robe Adèl et Robe Ana

À terme, le consommateur se connectera sur la plateforme et il pourra choisir les marques avec lesquelles il voudrait collaborer ; nous connaissions la vente privée, nous voulons amener la « création collaborative ».

On peut voir aussi la Boutonnière comme un mode de distribution innovant.

On se rémunère sur la revente des vêtements appliquant un markup de distributeur. À terme on aura un e-shop avec tous les vêtements de nos différentes collaborations, les gens pourront les acheter tout le temps. C’est une market place de création.

Au niveau de la marque ce n’est pas trop compliqué de créer une collection en plus ?

Nous allons fonctionner sur un petit nombre de pièces, c'est-à-dire 3-4 pièces revisitées, donc ce n’est pas une collection de manière classique (dizaine de pièces). Le challenge pour nous c’est de trouver des marques qui produisent en petites séries. Et qui produisent si possible en France pour des contraintes de délais de production. Nous voulons que le processus dure entre 4 et 8 semaines. Le consommateur est impliqué, certes mais aujourd’hui il a quand même le choix d’acheter son vêtement en bas de la rue. Il ne faut pas que ça devienne trop long en termes de production. Donc pour se lancer on essaie de cibler des marques qui produisent soit partiellement ou totalement en France.

Ces marques reprennent des vêtements de base qu’elles ont dans leurs collections et qu’elles remodifient en fonction des avis des internautes ?

 Pour Mihacé, la marque avec laquelle nous avons faits notre première collaboration, il n'y a pas eu de patron, on essaie que vraiment que tout parte du consommateur pour ne pas biaiser le processus, maintenant on va forcément se heurter à des marques qui vont nous dire que c’est plus simple pour elles de repartir de patron existant, mais dans l’idéal on essaie que ça ne se passe pas comme ça. Mihacé la marque avec laquelle on a fait notre première collaboration ne l’a pas fait par exemple. 

Vous viser juste le made in France ou à long terme vous visez aussi le marché européen ?

En fait le made in France c’est uniquement pour se lancer, tester le concept, montrer que ça marche, qu’il y a de l’engouement, qu’on arrive à tenir les délais de 4-8 semaines et après collaborer avec des plus grosses marques qui elles ne produisent plus du tout ou partiellement en France et plutôt en Europe, Asie ou Maghreb, là dessus on est complètement ouvert. Par contre nous avons un positionnement plutôt moyen/haut de gamme.

Pensez-vous que le consommateur est sensible au made in France ?

C’est une bonne question : je pense que le consommateur y est sensible jusqu’au moment où il faut payer. Soit dit en passant c’est une idée préconçue aujourd’hui, et ça, je pense que les gens s’en rendent bien compte, que ce soit des vêtements produits en France, en Europe, en Asie ou autre, pour les marques qu’on vise (y compris celles qui produisent en France) on est sur une même base de prix. Il n’y a pas d’impact lié au made in France, made in China, tout le monde vend les vêtements au même prix aujourd’hui.

C’est en termes de méthode de fabrication qu’on aura des différences ?

Exactement. Mais pour les marques qu’on vise, c'est-à-dire moyen/haute gamme ; pour une marque qui produit en Europe voir en Asie on est sur les mêmes prix qu’une marque qui fait du made in France. Et c’est bien pour ça d’ailleurs qu’aujourd’hui c’est compliqué d’en vivre.

Est ce que vous pouvez m’expliquer la collaboration avec la marque Mihacé ?

Mihacé-Veste

Mihacé c’est une marque lyonnaise créée en 2013 qui a l’habitude de faire des collections éphémères. C’était déjà dans l’ADN de la marque, donc quand on lui a présenter l’outil elle a rapidement compris le fonctionnement, et a adhéré au concept.

Cette collaboration à démarrer le 27 février et on a livré les robes aux alentours du 10 avril aux clientes : ça aura donc pris 5-6 semaines de collaboration.

La marque a proposé de revisiter les robes, elles ne sont pas parties de patron existant mais elles ont quand même proposés de revisiter un type de vêtement, pour lui permettre de se cadrer.

Et ça tombait bien avec l’arrivée du printemps, des beaux jours. Donc les consommateurs ont pu exprimés leur goût en matière de style de robe (casual chic, rétro, glamour), en terme de couleurs c’était plutôt des tonalités (pastels, sombres), également ils ont exprimés leur goût en termes de motifs (voyants, discrets, uni) et enfin la possibilité de partager une photo d’un modèle qui leur plaisait bien. Tout ça a constitué le moodboard de la marque qui a fait des propositions de quatre croquis dont deux qui ont été les plus appréciés. La robe Adèle et la robe Ana.

Si les avis des internautes sont trop différents pour la marque ?

C’est plutôt au niveau des possibilités qu’ils ont qui va faire que ça va être très divergeant. Parce que comme on est dans un processus presque industriel, il faut cadrer un minimum les choses. Et si les personnes peuvent exprimer 10 ou 20 choix, oui tout sera hétérogènes, mais si elle a un choix de 4-5 propositions forcément on sera sur une concentration. C'est-à-dire qu’aujourd’hui on ne peut pas se laisser une liberté totale, ou du moins c’est pour une autre évolution de la plateforme. Parce que là on est sur un format influenceur, où les gens donnent leur avis, donc assez cadré. Mais on peut imaginer une version adaptée à des gens beaucoup plus créatifs.

Quelle est la vision stratégique des marques qui utiliseraient La Boutonnière ? Est-ce que c’est rentable pour elles ou est-ce que c’est un canal de communication ?

Pour la rentabilité, lors de la collaboration avec Mihacé on est rentré dans le minima de la marque. Pour cela, nous avons mis en commande que des prototypes, ça engage la marque à hauteur du prototype que nous pouvons prendre en charge. Cela lui permet d’avoir une prévision de ses ventes.

Maintenant pour les autres, on va tout simplement s’entendre sur un stock avec la marque ; qui sera son minimum de production que nous achèterons. Parce qu’en finalité nous sommes distributeur, nous allons passer commande pour garantir à la marque un minimum de vente.

Vous avez quelques marques à me donner pour votre prochaine collaboration ou c’est secret ?

Oui, elle a débuté le 4 mai et se termine le 31 avec la marque française Anna Studio. Nous en sommes à l’étape du vote des croquis :) !

Anna-studio-la-Boutonnière

Vous allez viser le marché de l’homme aussi ?

On aimerait ! Pour l’instant, on n’est pas du tout en démarchage de marques hommes, le marché de la mode reste quand même un milieu très féminin. Le problème c’est qu’on n’est pas dans de la personnalisation ou du sur-mesure, il y a beaucoup de contraintes liés aux tailles, l’ajustement.

Par la suite pourquoi pas des vêtements classiques pour hommes c’est vrai qu’on a pas mal de retours de personnes qui nous disent qu’ils n’ont pas non plus beaucoup d’outils pour s’impliquer et pour se retrouver autour de quelque chose.

Les marques streetwear se retrouveraient chez la Boutonnière car elles animent des communauté qui se réunissent autour d’évènements, ce qui permet de faire du buzz plus rapidement.

Et à long terme, comment voyez-vous l’avenir de la Boutonnière ? Comment va t-elle se développer ?

Déjà à l’international. D’ici un an ou deux on espère pouvoir se développer dans les pays limitrophes.

Dans un deuxième temps, proposer quelque chose pour des gens plus créatifs où ils auraient plus de liberté et donc on pourrait vraiment faire des trucs de fous en terme de collaboration entre ces artistes et les marques. Donc on veut proposer d’autres produits. Se développer en marque blanche, c'est-à-dire une marque qui ne veut pas forcément passer par la Boutonnière mais qui aime bien le processus, on peut très bien le plugger sur le site internet d’une marque. Donc il y a des tas de possibilité.

Et ce processus de collaboration en 3 étapes :

1. Expression, avant sous forme de questionnaire, désormais ce sera plus sous forme de moodboard
2. Vote des croquis
3. Commande

Pour finir est ce que vous avez quelques mots à dire sur le nouveau marché de la Fashion tech ?

Le marché de la Fashion tech pour moi ça évoque beaucoup de choses. Il y a aujourd’hui un vrai challenge au niveau textile, par exemple H&M a testé une nouvelle start-up qui propose un textile intachable. Donc aujourd’hui pas mal de choses se développe autour des matières très spécifiques, pourquoi pas connectées, mais aussi en terme d’outil, de service proposé...


Clothetome

Clothetome : l'application qui révolutionne votre dressing

 Valérie et Adeline sont amies depuis 4 ans. Leur idée est venue d’un problème qu’elles rencontraient tous les jours : "comment je m’habille aujourd’hui ?"

Valérie  « On était tout le temps en retard, et on passait des heures et des heures à ne pas savoir quoi mettre et c’était un réel problème ! »

Deux parcours atypiques :

Fondatrices

Nous nous sommes rendues compte que c’était un problème que tout le monde rencontrait et avons décidé de créer l’application en couplant nos deux parcours !

Les débuts de Clothetome :

Valérie : On a commencé à développer de notre côté l’application et c’est vrai qu’en parlant autour de nous : il y avait des idées et de la demande ! Donc nous avons publié Clothe to Me sur Kisskissbankbank ! Et on a vu qu’il y avait de l’engouement.

Adeline : On a sorti la première version de l’application en novembre 2014 et la version plus approfondie en février 2015 (avec l’intégration des réseaux sociaux et la synchronisation d’un même dressing avec tous les appareils).

Valérie​: Il y a un rapport avec la Fashiontech car outre le fait d’avoir développé une technologie de détourage que nous voulons encore perfectionner, notre objectif est d’utiliser des technologies existantes et d’en développer dans le but de faire gagner le plus de temps possible et d’optimiser le parcours de nos utilisateurs.

Nous souhaitons que la recommandation de looks soit en totale adéquation avec l’utilisateur.

Deux objectifs : gagner du temps et aider à l’inspiration stylistique

Clothetome

J’ai pu voir que si je suis en panne d’inspiration vous me concoctez une tenue ? Comment ça marche ?

Valérie​: Chaque vêtement est doté d’informations rapides à enregistrer : météo, couleur et occasion. L’option “vite une tenue” se charge de composer une silhouette en fonction des envies de l’utilisateur. Cette option va se perfectionner dans les versions à venir. Et nous vous concoctons encore bien d’autres surprises.

ClothetomeTuto#1 from clothe to me on Vimeo.

Donnez-vous des conseils stylistiques si nous sommes en panne d’inspiration ?

Valérie : C’est prévu, mais on garde quelques informations secrètes ;) ! Nous travaillons en ce moment avec des blogueuses et instagrameuses pour inspirer les utilisateurs. Ils peuvent déjà découvrir certains de nos coups de coeur et découvertes chaque semaine à l'intérieur de l'application.

Adeline​: A long terme, nous aimerions rendre l’intégration du vêtement encore plus rapide, nous travaillons encore sur ce chantier.

Vous souhaitez viser plutôt les créateurs ou les grandes enseignes ?

Tout !  Autant des petites boutiques de créateurs car nous voulons faire découvrir des nouvelles marques aux utilisateurs que des grandes enseignes.

Est-ce que vous pensez la développer sur androïd ? (pour mon plus grand bonheur !)

Hahaha (explosion de rire ) ! Évidemment !

Non mais honnêtement c’est par curiosité. Pourquoi avoir choisi de débuter sur IOS plutôt qu’android ?

Valérie​: Alors simplement parce que notre équipe excelle sur le développement iOS. En plus, il y a moins de format et moins d’appareils photo.  De notre point de vue, il était plus judicieux de créer sur iOS et ensuite de l’adapter sur Androïd. Ce n’est pas pour autant que nous oublions les utilisateurs Androïd mais nous ne pouvions pas financièrement faire les deux. Il fallait faire un choix.

C’est vrai ?! Parce qu’au final il y a plus d’appareil dans le monde Androïd que IOS ?

Adeline :  Bien sûr, c’est pour ça que nous voulons nous développer sur Androïd !

Pensez-vous vous développer à l’international ?

Valérie​: Bien évidemment, pour l’instant l’application est traduite en anglais et disponible dans les pays étrangers. Les personnes n’utilisent pas de la même manière leurs applications et n’ont pas le même rapport avec leur dressing donc c’est intéressant de comprendre ce qu’il se passe dans les autres pays. Il est aussi judicieux de profiter de la proximité de nos voisins européens.

Vous avez eu des téléchargements ?

Oui ! Aux Etats Unis, Philippines, Angleterre, Moscou et nous en sommes fières :D

Quel est votre modèle économique ?

Valérie​: Classé confidentiel ;) Mais nous nous concentrons sur la satisfaction de nos utilisateurs. De façon générale nous voulons rester proche d’eux et a​nimer une communauté​ en mettant en avant n​os partenaires.​

Vous récoltez une base de données intéressante. Vous ne pensez pas que vous pourriez vendre du conseil pour les marques ?

Valérie : Nous ne voulons pas vendre de la data. Mais utiliser intelligemment cette dernière pour proposer au mieux des bons plans en adéquation avec le dressing de l'utilisateur.

Aussi, nous ne récoltons pas les données personnelles , il n’y a pas de compte utilisateur. Nous ne voulons pas être intrusifs, nous n’aimons pas ça dans les applications nous mêmes.

 Printemps dans mon dressing

Quelques projets en cours ?

Adeline : Nous avons mis en place des vides dressings, des concours. Comme récemment : « le printemps dans mon dressing ». Nous allons chez l’utilisatrice et nous allons intégrer son dressing dans l’application. Car aujourd’hui c’est l’étape la plus difficile. Nous avons mis en place ce service uniquement sur Paris.

Il y a eu des vides dressing entre utilisatrices de l’application . Nous aimerions créer un partenariat avec une marque pour créer des événements.  D’ailleurs nous organisons le prochain le 31 Mai. Plus d’infos sur notre page Facebook :)

Valérie : On écoute beaucoup les utilisateurs de l’application et nous  essayons de mettre en place des événements en fonction de leurs désirs et leurs besoins.

Et pour l’avenir nous voulons encore développer notre application comme nous te l'avons décrite ! Notre objectif est : facilité l'utilisation. 

Pour qu’elle soit plus rapide, fonctionnelle etc..

Vous allez organiser une deuxième levée de fonds ?

Non, nous avons déjà fait une première levée de fonds sur kisskissbankbank en crowfunding grâce à nos kissbankeurs et la Banque Postale.

Cela nous a permis de faire connaître notre application et de nous faire publier par Glamour Paris.

Mais aujourd’hui c’est la grosse étape ! Nous avons besoin de d’avantage de ressource et nous recherchons activement des investisseurs.

Petit mot sur la Fashiontech ?

L’année dernière, quand nous avons commencé le mot « fashiontech » était presque inconnu ! Aujourd’hui, il est de plus en plus présent ! On sent vraiment qu’il y a​ un gros potentiel sur ce marché​ à tous les niveaux ! Et nous sommes très heureuses de faire partie son développement. Nous sommes d’ailleurs sur les Pépites tech cette semaine,

Venez soutenir le projet pour nous booster sur la French Tech !!!!